Cannes 2024 : Horizon : une saga américaine, conquête au pas de cheval

Plus de trente ans après Danse avec les loups, Kevin Costner a monté les marches cannoises pour introduire le premier chapitre de son Horizon : une saga américaine, un western ambitieux sur la conquête de l’Ouest américain. Si le film nous offre des paysages magnifiques, il se perd dans l’exposition fastidieuse, très lente et étirée, d’un panel d’intrigues entremêlées. Espérons que le second volet corrige le tir de cette course au colonialisme lancée au ralenti. Et pas franchement palpitante.

Synopsis : Avec HORIZON : AN AMERICAN SAGA, le réalisateur oscarisé Kevin Costner dépeint l’incroyable épopée de l’expansion de l’Ouest américain, avant et après la guerre de Sécession. Entre les Amérindiens qui ont vu leurs terres colonisées et ceux qui étaient décidés à s’y implanter parfois à n’importe quel prix, l’Histoire s’écrit. Dans une fresque flamboyante où s’entrecroisent de multiples destins, les rêves et les espoirs affrontent les obstacles et la cruauté pour offrir un spectacle cinématographique d’une ampleur et d’une profondeur émotionnelle hors norme.

La présentation d’Horizon, une saga américaine, en développement depuis trente-cinq ans, sonne pour Kévin Costner comme un aboutissement. Ce projet phénoménal, divisé en quatre films et d’une durée vertigineuse de dix heures, s’étend sur une quinzaine d’années avant et après la guerre de Sécession. Le réalisateur américain, qui a financé la production de sa propre poche, renoue ainsi avec le western pour partager sa vision personnelle, rigoureusement démocratique de l’Amérique.

Dans cette fresque imposante, Kevin Costner aborde la conquête de l’Ouest à travers les points de vue de colons, d’officiers, d’indiens, de cowboys et de malfrats, dans un format à rallonge qui se serait sans doute bien mieux prêté à la série. Les deux premiers chapitres d’Horizon : une saga américaine, sortiront respectivement en France le 3 juillet et le 11 septembre 2024.

Il était une fois en Amérique…

Kevin Costner adore filmer les grands espaces, et Horizon : une saga américaine, lui donne l’occasion rêvée de parcourir avec sa caméra les paysages sauvages de l’Ouest américain. Vallées, plaines dépeuplées, désert aride, montagnes du Wyoming composent ainsi le cadre parfait, sublime d’une épopée retraçant l’histoire de la colonisation.

Au sein de ces vastes étendues naturelles, le western met en scène des Apaches qui se battent pour la protection de leurs territoires contre des colons qui cherchent à s’y installer. Mais ce n’est pas tout, loin de là, car le film multiplie les personnages et les arcs narratifs. Il nous fait donc suivre le parcours d’une femme et sa fille, Frances et Lizzie, toutes deux rescapées d’une attaque d’indiens. Elles intègrent un camp militaire avant de rejoindre un convoi de colons sur la route de Santa Fe. Le western s’intéresse également à un groupe d’Apaches, à une bande de malfrats en quête de vengeance, et, bien sûr, à un cowboy solitaire, Hayes, campé par un Kevin Costner relativement absent, qui fuit des poursuivants en compagnie d’une prostituée, Marigold. Un ensemble bien trop dense, qui, en trois heures, permet à peine d’esquisser tous ces protagonistes. La longueur des scènes, très inutilement étirées, en devient si éprouvante que l’on peut se demander si Kevin Costner ne s’est pas égaré, comme les premiers colons, dans cette interminable traversée du désert.

Grâce à cette mosaïque narrative, Horizon : une saga américaine donne malgré tout à voir une certaine image de la colonisation à travers différentes perspectives. Les colons, des hommes et des femmes de tout niveau social, révèlent comme un miroir toute la diversité du peuple américain. Leur recherche d’une terre promise, d’un paradis dont la publicité mensongère se réalise par des prospectus, témoigne tout autant de leur naïveté, de leur courage et de leur espoir envers ces nouveaux territoires inexplorés, susceptibles d’abriter des richesses qui pourront changer le cours de leur vie. Mais un tel voyage n’est malheureusement pas sans danger.

Humanité barbare

Avec Danse avec les loups, Kevin Costner défendait déjà des valeurs de paix et de tolérance contre toute forme de violence. Horizon : une saga américaine rajoute une couche à cet idéal pacifiste en exposant la violence de l’Humanité lors de cette période de conquête. Blancs ou indiens, le réalisateur américain ne prend pas parti et laisse le spectateur témoin de ces atrocités barbares.

Le western nous plonge ainsi en plein cœur d’une attaque d’Apaches dans un camp de colons. Sans nul doute, le passage le plus réussi de ce film bavard très avare en action. Juste en face de ce village, un cimetière dédié aux précédents colons témoigne du passé et de l’avenir possible des hommes qui osent s’aventurer et s’installer sur ces terres. En guise de revanche, les colons collectionnent et revendent des scalps d’indiens, donnant lieu à un véritable trafic de marchandises humaines dont l’origine réelle demeure invérifiable.

La présentation de cette réalité, sûrement documentée, ne suffit cependant pas à faire jaillir l’émotion. La faute à un film empêtré dans ses longueurs, qui ne sait plus où donner de la tête face au vertige de l’Histoire et à l’éclatement de son récit. Il n’est donc pas sûr, malheureusement, que la majorité du public poursuive le voyage de cette saga américaine.

Horizon : une saga américaine est présenté en Hors Compétition au festival de Cannes 2024.

Bande-annonce

Fiche technique

Réalisé par : Kevin COSTNER
Année de production : 2023
Pays : États-Unis
Durée : 181 minutes

Festival

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Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

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