bosch-saison-trois-critique-serie-titus-welliver-michael-connelly

Bosch saison 3, une série d’Eric Overmyer : critique

L’inspecteur créé par Michael Connelly, Bosch revient pour une saison 3 qui est la meilleure depuis le début de la série.

Synopsis : William Meadows, un SDF vivant dans un camping-car, est abattu en pleine nuit. Le seul témoin, un jeune tagueur, s’enfuit.

Voilà donc la troisième saison de la série Bosch, inspirée des romans de Michael Connelly. Le principe reste le même que pour les saisons précédentes : adapter l’intrigue de plusieurs romans en une saison. Harry Bosch se trouve donc confronté à plusieurs affaires en même temps : le meurtre de William Meadows, un ancien soldat des Forces Spéciales qui a combattu en Irak et en Afghanistan ; le meurtre d’Edward Gunn, un homme qu’il surveillait illégalement car il le soupçonnait d’être un tueur en série ; un mystérieux tueur à vélo surnommé KTK (Korea Town Killer) ; et une affaire judiciaire au sujet d’un réalisateur, Andrew Holland, suspecté d’avoir tué une jeune femme.

bosch-saison-trois-critique-serie-michael-connelly-titus-welliver

Toutes ces affaires en même temps créent un petit flottement lors du premier épisode. Le scénario est alors un peu embrouillé et le spectateur a du mal à s’y retrouver entre tous ces cas (plus les rappels de l’affaire de la saison 2). Mais cette difficulté à mettre les choses en place ne dure que le temps d’un épisode. Dès l’épisode 2, la série prend son rythme de croisière et retrouve les qualités qui sont les siennes depuis le début : suspense, ambiance nocturne, réalisme dans la description du fonctionnement du système policier et judiciaire californien, et personnages fouillés.

bosch-saison-trois-critique-serie-arnold-vosloo

Justement, l’une des principales qualités de cette saison est de laisser plus de place aux personnages secondaires. Bien entendu, Bosch est toujours là, avec son caractère irascible et son art de s’attirer les foudres de ses supérieurs. Il est toujours autant détesté, aussi bien par ses collègues que par le procureur Rick O’Shea, qui accuse l’inspecteur de lui avoir fait perdre les élections. La saison propose plusieurs face-à-face savoureux entre Bosch et ses adversaires (qui sont parfois ses collègues), et en particulier avec Rudy Tafero (interprété par un excellent Arnold Vosloo, l’acteur qui jouait dans La Momie face à Brendan Fraser en 1999), un ex-flic devenu chef de la sécurité du réalisateur Andrew Holland.

Le problème, c’est que la vie privée de l’inspecteur n’est pas très reposante non plus. Sa fille Maddie vit désormais avec lui, mais Bosch a du mal à communiquer avec l’adolescente. De plus en plus, on lui reproche de ne pas avoir de vie en dehors de son métier. « La plupart des mecs auraient déjà quitté le boulot. Toi, le jour où tu partiras, tu te flingueras. Tu n’as pas de vie. » « Trouvez-vous donc une vie ». Des accusations qui font mouche dans l’esprit de l’inspecteur qui est toujours sur la corde raide, cerné de près par les Affaires Internes.

A côté de Bosch, la saison développe surtout le personnage de son co-équipier, Jerry Edgar. On le voit de plus en plus enquêter seul, se défaire de l’influence de Bosch, voire se méfier de lui. Le personnage prend de l’épaisseur et ne sert plus uniquement de faire-valoir au célèbre policier.

bosch-saison-trois-critique-serie-michael-connelly

En règle générale, la saison parvient à mêler les séquences policières et les scènes plus intimes sur la vie privée des personnages principaux. Des scènes qui sont suffisamment bien écrites pour proposer des pauses sans trop ralentir le rythme.

Pour le reste, la série continue son travail exemplaire d’adaptation des romans de Connelly. Son mélange de réalisme et de suspense s’y retrouve avec plaisir. La saison essaie d’implanter l’action dans la réalité quotidienne de Los Angeles, depuis les beaux quartiers jusqu’aux bas-fonds, en passant par les aspects politiques, judiciaires, la guerres entre les services policiers, etc.

Cette saison se permet même une critique acerbe contre le fonctionnement de la justice, avec des procureurs soumis à des échéances électorales et qui agissent non pas forcément dans l’intérêt de la justice mais dans leur intérêt propre, pour leur image personnelle.

En bref, cette saison 3 paraît être la meilleure depuis le début de la série. Riche et aboutie, elle est constamment dans l’action et l’approfondissement de ses personnages. Une belle réussite.

Bosch saison 3 : Bande-Annonce

Bosch saison 3 : Fiche Technique

Créateur : Eric Overmyer
Réalisateurs : Alex Zakrzewski, Ernest R. Dickerson, Adam Davidson…
Scénaristes : Michael Connelly, Eric Overmyer
Interprètes : Titus Welliver (Harry Bosch), Jamie Hector (Jerry Edgar), Lance Reddick (Chef Irving), Madison Lintz (Maddie), Arnold Vosloo (Rudy Tafero)
Musique : Jesse Voccia
Photographie : Patrick Cady, Michael McDonough
Montage : Steven Cohen, Kevin Casey, Lawrence Curtis
Producteurs : Michael Connelly, Titus Welliver, Eric Overmyer
Sociétés de production : Hieronymus Pictures, Fabrik Entertainment, Amazon Studios
Société de distribution : Amazon Instant Video
Genre : policier
Durée : 10 X 45 minutes

États-Unis- 2017

[irp]

Rédacteur LeMagduCiné
Plus d'articles
rebecca-ben-wheatley-lily-james-armie-hammer-kristin-scott-thomas-netflix-2020
Rebecca : l’ombre du passé