Bosch saison 2, une série d’Eric Overmyer : critique

Après une première saison de haut vol, qui savait aussi bien miser sur le suspense d’une histoire complexe que sur l’ambiance urbaine nocturne, cette deuxième saison était attendue. Et, pour commencer, il faut dire que l’on retrouve bien des qualités présentes l’année précédente.

Synopsis : Après six mois de suspension, l’inspecteur Harry Bosch revient à la brigade criminelle de Hollywood. Là, on lui confie l’enquête sur le meurtre de Tony Allen, un producteur de films pornographiques retrouvé abattu dans le coffre d’une voiture.

Le héros de Michael Connelly est de retour

Qualité de l’interprétation pour commencer. Titus Welliver est formidable. Il incarne réellement Bosch, avec ses coups de colère, ses certitudes, mais aussi ses doutes, ses émotions, ses peurs. Son interprétation évolue avec son personnage et il sait magnifiquement bien mettre en valeur toutes les facettes d’un caractère complexe.

Les autres acteurs n’ont rien à lui envier, et la série développe avec intérêt toute une galaxie de personnages secondaires qui sont de vrais caractères. C’est d’autant plus important que les deux histoires qui se croisent dans cette saison ont des retentissements dans la vie personnelle des deux protagonistes de la série. Ainsi, l’enquête sur la mort du producteur de films pornographiques va mener Bosch à Las Vegas, auprès de son ex-femme, qui pourrait ne pas être étrangère à cette histoire.

L’autre histoire, présentée d’abord en parallèle, concerne le chef Irving (interprété par Lance Reddick, que les amateurs de la regrettée série Fringe connaissent bien). Son fils, George, infiltre un réseau de flics ripous qui participent à un trafic de drogue. De plus, le chef Irving est pris dans un conflit politique autour de la course à la mairie de Los Angeles.

A ce titre, il faut préciser que, pour bien comprendre tous les enjeux de la saison 2, il est indispensable d’avoir suivi la précédente. Cela permet, entre autre, de bien saisir tous les aspects politiques, très présents. Car la série ne montre pas que le côté policier de l’histoire : comme dans les romans de Connelly, fin connaisseur du système policier et judiciaire californien, Bosch nous montre qu’une enquête a des répercutions privées et publiques, médiatiques et politiques. La saison alterne d’ailleurs les scènes personnelles, dans la vie privée des personnages, avec les scènes policières.

Une saison plus inégale cependant

Si les qualités concernant le réalisme de l’enquête et la complexité des enjeux sont toujours présentes, cette saison présente un véritable problème de rythme. Après un premier épisode vraiment réussi, la série devient plus lente, plus stagnante. Les épisodes s’enchaînent sans que l’on ait l’impression d’une réelle progression dans les histoires.

Ce ventre mou s’achève brutalement à l’épisode 7, où Bosch reprend brutalement de l’intérêt. Et les quatre épisodes finaux (de 7 à 10) retrouvent la grande qualité de rythme et d’ambiance qui faisait la joie des spectateurs l’année précédente. Le final est rapide, musclé et émouvant en même temps (difficile de retenir des larmes lors du dernier épisode), complexe et passionnant. Un final qui, de plus, tisse déjà une partie du canevas possible de la saison 3 (puisque l’on a appris que la série a été renouvelée pour une troisième année consécutive).

En conclusion, si cette saison deux est plus inégale que la première, au final les qualités sont les mêmes, celles d’une série noire urbaine sombre et réaliste, parfois violente, et ne cédant pas aux facilités habituelles du genre. Ceux qui ont apprécié la première saison ne devraient pas être déçus.

Bosch saison 2 : bande-annonce

Bosch saison 2 : fiche technique

Créateur : Eric Overmyer
Réalisateurs : Pieter Jan Brugge, Adam Davidson, Tim Hunter…
Scénaristes : Michael Connelly, Eric Overmyer, d’après les romans de Michael Connelly
Interprètes : Titus Welliver (Harry Bosch), Jamie Hector (Jerry Edgar), Amy Aquino (Billets), Lance Reddick (Chef Irving), Sarah Clarke (Eleanor Wish), Madison Lintz (Maddie), Robbie Jones (George Irving)…
Montage : Steven Cohen
Photographie : Patrick Cady
Musique : Jesse Voccia
Producteurs : Patrick McKee, Tara Duncan, Jim McKay, Rachel Rusch, T. L. Lankford.
Sociétés de production : Amazon Studios, Fabrik Entertainment
Société de distribution : Amazon
Genre : Policier
Format : 10 épisodes de 45 minutes
Chaîne de diffusion : Amazon.com
Diffusion aux USA : 11 mars 2016

Etats-Unis-2016

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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