Banana Fish : la revanche du lynx

Note des lecteurs0 Note
4

A l’origine Banana fish est un manga de Akimi Yoshida publié entre 1985 et 1994 dans un magazine. Il est adapté en série d’animation en 2018 pour fêter les 40 ans de la carrière de son autrice.

L’histoire traite d’un jeune chef de gang de 17 ans, surnommé Ash Lynx, dont la vie déjà tourmentée va être chamboulée lorsqu’il assiste à la mort mystérieuse d’un homme dans la rue. Celui-ci va lui donner une substance inconnue avant de prononcer ses dernières paroles : « banana fish ».

L’intrigue semble appétissante sur le papier, et force est de constater qu’elle tient ses promesses. Elle est bien menée de bout en bout et mêle rixes de gangs, violences par armes à feu, violence tout aussi bien physique que psychologique. En effet, l’autrice Akimi Yoshida n’a pas eu froid aux yeux en dessinant cette histoire et n’hésite pas à intégrer beaucoup de bagarres, de la violence qui peut sembler gratuite (et l’est parfois) mais surtout en maltraitant son personnage principal. Plusieurs fois dans l’animé, son passé de prostitué et victime de violences sexuelles est évoqué, et certaines scènes traitant de ce sujet sont suggérées, même si le studio d’animation MAPPA choisit de ne pas les montrer. Comme dit précédemment, Ash est régulièrement maltraité dans cet animé, et cela parfois gratuitement. Ceci est aussi un moyen scénaristique pour montrer que les adversaires auxquels il se frotte sont véritablement malveillants, et à quel point Golzine (le chef de la mafia) veut faire de lui son jouet malsain.

Un des principaux thèmes de Banana Fish semble être la manipulation mentale, qu’elle soit délibérée ou subie. La drogue en est le catalyseur, point central de l’histoire, ce par quoi tout commence (et finit). Ash en est une victime, dans le sens où son rival et « maître » Golzine essaie sans cesse de le faire craquer. D’ailleurs, un autre personnage lui ressemble en ce point, il est similaire à Lee Yut-Lung (le plus jeune du clan Lee, une des plus puissantes mafias chinoises). Sauf que celui-ci n’arrive pas à trouver la rédemption dans l’amour, là où Ash la trouve dans son « amitié » avec Eiji. L’histoire traite aussi de la perte de l’innocence, en se concentrant sur le point de vue d’Eiji, un jeune japonais débarqué fraîchement à New-York pour être l’assistant d’un photographe. Son destin se retrouve mêlé à celui des gangs et de la mafia, et il va découvrir les horreurs qui s’y passent.

Le plus gros point fort de cette série est sans conteste le développement des personnages, et surtout celui de Ash, qui est très charismatique et attachant, mais également celui d’Eiji, qui apporte une touche de sérénité dans cette histoire très sombre. Ils restent réalistes, même si le côté surhomme de Ash est peut-être trop exploité. En effet, il y a parfois trop d’exagérations quant à son intelligence (il est dit qu’il a 200 de Quotient Intellectuel) et ses capacités physiques (il se prend des coups et des balles, mais n’est jamais à terre bien longtemps). En revanche, son côté presque divin renforce sa solitude. Il ne trouve personne à sa hauteur, sauf en la personne d’Eiji, qui lui fait retrouver un semblant de joie et d’amusement, dont il n’a pas pu bénéficier enfant. Et en un sens, la fin semble cohérente avec son développement, bien qu’assez convenue finalement. Mais difficile de dire comment cette histoire aurait pu se terminer autrement.

MAPPA a donc fait un travail de très bonne qualité, en terme d’animation (très fluide, avec de beaux traits et des chara-design satisfaisants) et quand on regarde le résultat du travail produit, force est de constater qu’il est très satisfaisant. N’hésitez donc pas à regarder Banana Fish, si vous êtes amateur de série d’animation japonaise.

Banana Fish : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=Kz3Sg5RYTgY

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
Flora Sarrey
Flora Sarreyhttps://www.lemagducine.fr/
Biberonnée au cinéma depuis toujours, je suis passionnée par les films danois et asiatiques. Egalement férue de littérature et rock'n'roll.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.