Interview exclusive : Matt Passmore, à Paris pour « NOX » de Keyvan Sheikhalishahi

L’australien Matt Passmore nous accueille dans sa suite parisienne, après le tournage de « NOX », le prochain court-métrage de Keyvan Sheikhalishahi (réalisateur de Vesper).

Grand, châtain clair et le teint hâlé, l’acteur est souriant, simple, bien loin des clichés des stars hollywoodiennes inabordables. Vedette pendant 4 saisons de la série américaine The Glades, où il incarne un flic peu orthodoxe dans sa façon de conduire une enquête, et au cinéma, dans le dernier volet en date de la franchise Saw « Jigsaw », le comédien plus habitué, pour l’instant, au petit-écran qu’au grand se confie. Interview en vidéo exclusive en bas de l’article.

J’ai grandi en Australie dans un milieu très ouvrier. Dire que l’on voulait devenir acteur était ridicule…

A 44 ans, l’acteur connu surtout pour ses rôles de flic a commencé sa carrière sur les planches après être tombé amoureux d’une représentation, dans son école, de la pièce « La mégère apprivoisée » de William Shakespeare.

Tous les autres enfants sortaient en disant : « c’était ridicule ! » Alors que j’étais tout excité ! Je n’arrivais pas à me remettre de ce que je venais de voir. Et c’est cette magie qui émanait de la scène qui a été mon premier amour du jeu…

L’acteur entame une carrière en Australie, au grand dam de ces parents qui, nous confie-t-il, sont toujours inquiets aujourd’hui face à une profession où la montée au sommet est dure, mais dont la chute peut, elle, être très simple et rapide comme pour son ami Clayne Crawford (vedette de la série adaptée de L’arme Fatale). Puis il part pour les États-Unis et décroche la timbale en jouant le premier rôle de la série The Glades pendant 4 saisons.

Si Matt Passmore a déjà une belle carrière derrière lui avec également les deux saisons de Satisfaction, l’acteur rêve de pouvoir travailler avec de nombreux metteurs en scène comme Shane Black :

Shane Black sait faire de l’action, mais sait surtout y mêler beaucoup d’ironie et c’est un vrai réalisateur de divertissement. J’ai été emporté par tous ses films. Predator est toujours un de mes films préférés et, même s’il ne l’a pas réalisé, il a certainement eu un rôle dedans.

Mais que vient donc faire Matt Passmore à Paris peu après la sortie du huitième film de la franchise Saw « Jigsaw » où l’acteur brillait encore dans un rôle de flic trouble ?

J’ai dû être présenté à Keyvan et à son travail. J’ai vu son premier film Vesper… J’ai toujours aimé le cinéma français et j’étais curieux de voir ce qu’un jeune réalisateur de 19 ans avait à dire en France. J’ai lu le script et j’ai pensé que ce serait très intéressant d’en faire partie… Ce qui est sûr, c’est que l’on a pas fini d’entendre parler de Keyvan…

Si l’on en sait peu sur le nouveau court de Keyvan Sheikhalishahi, l’intéressé nous confie, après le tournage, que Passmore y est tout simplement excellent s’étant donné à fond dans le rôle d’un cambrioleur qui pénètre dans la demeure d’un sénateur pour remplir une sombre mission . Réponse normalement en fin d’année. Affaire à suivre…

En Vidéo Interview de Matt Passmore, vedette de la série The Glades et du film Jigsaw :

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.
Olivier Pastorino
Olivier Pastorinohttps://www.lemagducine.fr/
Auteur du recueil de nouvelles "Nouvelles des Morts" aux éditions Edilivre et du livre de science fiction "Avant la Fin". Féru de Cinéma, de littérature et de Rock.

Entretien avec Victoria Verseau sur « Trans Memoria »

Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.

Rencontre avec Tudor Giurgiu pour « Libertate »

Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.

Cinemania 2024 : Interview portrait de la réalisatrice Zabou Breitman pour Le Garçon

Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.