Festival de Cannes 2018 : La programmation de la 26e édition de l’ACID

Les cinéastes de l’ACID (l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) vont présenter à Cannes neuf longs métrages sur la Côte d’Azur. En plus de la programmation classique, une séance spéciale « ACID Patrimoine » et un focus sur le cinéma portugais, l’ACID TRIP #2 Portugal, sont prévus.

Neuf films, dont huit premiers longs, seront présentés cette année et accompagnés par les cinéastes de l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID) et les équipes des films en parallèle du Festival. Pour cette édition 2018, parmi les onze cinéastes accueillis à l’ACID, sept sont des femmes.

En 1992, 180 cinéastes signent un manifeste intitulé « Résister ». Dans la foulée, ils créent l’ACID ou Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion. Depuis 1993, l’ACID a sa propre programmation au Festival de Cannes. Elle y montre 9 longs métrages, choisis par une quinzaine de cinéastes de l’association, parmi plusieurs centaines de films en provenance du monde entier.

L’ACID est une association née en 1992 de la volonté de cinéastes de s’emparer des enjeux liés à la diffusion des films, à leurs inégalités d’exposition et d’accès aux programmateurs et spectateurs. Ils ont très tôt affirmé leur souhait d’aller échanger avec les publics et revendiqué l’inscription du cinéma indépendant dans l’action culturelle de proximité.

Dans un marché cinématographique où les 10 premiers films occupent chaque semaine 93% des écrans, les cinéastes de l’ACID soutiennent et accompagnent chaque année une vingtaine de nouveaux longs métrages réalisés par d’autres cinéastes, français ou internationaux. Choisir ces films, c’est pour eux se poser la question du renouvellement et de la pluralité des regards en donnant de la visibilité à des œuvres insuffisamment diffusées, et en proposant une alternative à l’hyperconcentration et au regard unique.

L’édition 2018 promet donc une belle dose d’évasion et de découvertes.

Ausculter le monde, trouver au fond de soi le geste le plus juste pour en témoigner, le rejeter, puis l’aimer encore et à nouveau. Le filmer en réinventant sans cesse le regard. Saisir ses névroses carabinées comme sa folie douce, discerner la force vitale, résistante et libre des êtres comme la fragilité imprévisible de leur destin et la vanité de leurs ambitions, mais toujours célébrer quelque part leur délicate et éphémère beauté de vivants. Ainsi font les cinéastes qui ont frappé à notre porte cette année, riches de la variété de chacune de leurs propositions formelles et de chacun de leurs récits.

Les cinéastes programmateurs pour cette édition 2018 : Aurélia Barbet, Laurent Bécue-Renard, Karim Bensalah, Marie Dumora, Alice Fargier, Philippe Fernandez, Jean-Louis Gonnet, Ilan Klipper, Mathieu Lis, Chloé Mahieu, Vladimir Perisic, Lila Pinell, Idir Serghine, Pierre Vinour.

La programmation ACID Cannes 2018 :

L’Amour debout de Michaël Dacheux (France – Fiction)

Bad Bad Winter de Olga Korotko (Kazakhstan – Fiction)

 Cassandro, the Exotico ! de Marie Losier (France – Documentaire)

 Dans la terrible jungle de Caroline Capelle & Ombline Ley (France – Documentaire)

 Il se passe quelque chose de Anne Alix (France – Fiction)

 Seule à mon mariage de Marta Bergman (Belgique – Fiction)

 Thunder Road de Jim Cummings (Etats-Unis – Fiction)

 Un violent désir de bonheur de Clément Schneider (France – Fiction)

 Nous, les coyotes de Hanna Ladoul et Marco La Via (France – Etats-Unis – Fiction)

Une séance spéciale du film Reprise de Hervé Le Roux, en partenariat avec La Cinémathèque du documentaire, est également programmée pour le mardi 15 mai à 14h. La séance sera présentée par Julie Bertucelli et Régis Sauder.

Une sélection spéciale est également planifiée : la sélection de l’ACID Trip #2 Portugal, en partenariat avec l’APR.

En 2017, l’ACID a ouvert une nouvelle fenêtre de programmation à Cannes : l’ACID TRIP, offerte à une association étrangère de cinéastes indépendants, partenaire de l’ACID, impliquée dans les problématiques de diffusion et de formation des publics.

Après l’ACID TRIP #1 Serbie en 2017, des cinéastes membres de l’ACID ont sélectionné trois longs métrages portugais parmi un panel de films proposés par l’APR, Association Portugaise de Réalisateurs, afin de mettre à l’honneur le cinéma portugais contemporain. Les films seront projetés lors du premier week-end du festival, en présence des cinéastes.

Les errances fêtardes d’une jeunesse qui se cherche un futur. La dérive d’une famille que les problèmes économiques fait lentement imploser. La constance inébranlable d’un pêcheur du Tage et des siens. Ce panorama traversé par les conséquences de la crise qui mine le Portugal, raconte pourtant en trois films, deux fictions et un documentaire, l’énergie irréductible d’un peuple. A l’image de son cinéma, opiniâtre et résilient qui, malgré les difficultés de production, invente ses propres conditions pour continuer à exister et créer.

La programmation ACID Trip #2 Portugal :

COLO – un film de Teresa Villaverde

TERRA FRANCA – un film de Leonor Teles

VERÃO DANADO – un film de Pedro Cabeleira

La sélection de l’ACID au Festival de Cannes avait déjà révélé les films suivants par le passé :

Kaouther Ben Hania – Le Challat de Tunis, Olivier Babinet – Swagger, Sébastien Betbeder – 2 automnes, 3 hivers, Serge Bozon – L’Amitié, Djinn Carrénard – Donoma, Benoit Forgeard – Gaz de France, Marielle Gautier, Ludovic & Zoran Boukherma, Hugo P.Thomas – Willy 1er, Alain Gomis – L’Afrance, Emmanuel Gras – Bovines, Sébastien Laudenbach – La jeune fille sans mains, Damien Manivel – Le Parc, Ursula Meier – Des épaules solides, Yolande Moreau et Gilles Porte – Quand la mer monte, Ioanis Nuguet – Spartacus & Cassandra, Justine Triet – La Bataille de Solférino ou bien encore Patrick Wang – Les secrets des autres.

A l’heure de la polémique avec les films Netfix bannis de Cannes, l’ACID va donc permettre de concrétiser les rêves de jeunes cinéastes du monde entier, d’encourager de futurs talents et de proposer des œuvres originales. La 26e édition de l’ACID Cannes se tiendra du mercredi 9 au vendredi 18 mai 2018. Après Cannes, les neuf films sont accompagnés dans divers festivals et soutenus par l’association jusqu’à leurs sorties en salles. Les séances sont prévues à Cannes dans les salles suivantes : Les Arcades, Studio 13, Théâtre Alexandre III, Cinéma Le Raimu – MJC Ranguin.

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.