Critique The Mandalorian – Chapitre 3 : Le chasseur a péché

Après le Chapitre 2, où Pedro s’était retrouvé coincé par des Jawas sur Arvala-7, le chasseur de primes s’apprête à terminer sa mission peu conventionnelle. Là où la Force était grande en Guizmoda, le doute l’est en Pedro qui se retrouve confronté à son passé et ses semblables. Pour son Chapitre 3, intitulé Le Péché, The Mandalorian plonge plus en profondeur dans les valeurs morales du chasseur réputé.

Jamais il n’aura enlevé son masque. Jamais son visage ne nous aura été révélé. Jamais une seule mimique ne nous aura permis de déceler ne serait-ce qu’une lueur de sensibilité de la part de Pedro. Le mec ne lâche aucune info. Si ! Le timbre de sa voix et quelques interrogations nous permettent, éventuellement, de sentir que Pedro n’est pas non plus hyper enclin à l’idée de livrer ce bébé à l’Empire. Bien qu’il ait pris le chemin du retour à la fin du deuxième chapitre, la question était donc légitime en ce début de chapitre 3 : va-t-il réellement livrer Guizmoda à l’Empire ? 

Car Guizmoda a deux avantages : il est aussi mystérieux que mignon. Et Pedro, on avait sentit que derrière cette armure de beskar se trouvait un cœur qui pouvait être sensible, qu’en-dessous de ce casque se cachait un chasseur intelligent et consciencieux. It was a match! Guizmoda semblait être l’être qui pouvait changer ce chasseur orphelin intrépide en une nounou attentionnée et protectrice.

Mais dès le début de l’épisode, nos espoirs fondent comme le beskar chez la forgeronne. Car Guizmoda fait une erreur, une grave erreur : déboulonner une manette de commande pour jouer avec. Sauf que Pedro n’aime pas qu’on joue avec son vaisseau. Pedro se comporte comme un aficionada du tuning. Et comme les amoureux des néons verts et des becquets, il ne tolère pas qu’on touche pas à son vaisseau, à son bébé. Allez hop, retour au bercail, je t’emmène à l’Empire, on verra si t’es toujours aussi curieux.

Comme dirait Dewey : “ On ne s’attendait à rien, mais on est quand même déçu “. Sauf que là, non. On s’attendait à ce qu’il ait plus d’empathie, plus de jugeote, qu’il se remette en question. Ce beskar valait-il plus que Guizmoda ? Il semblerait malheureusement que oui. Seules quelques interrogations à l’égard du sort réservé par l’empire à Guizmoda témoignent d’une infime considération. Les germes de la culpabilité naissent en lui, mais c’est la main lourde d’un camtono de beskar que sa mission s’achève. 

Durement gagné par celui qui a été sauvé par Guizmoda contre le mudhorn, le beskar ne restera pas longtemps dans son camtono. Dans les sous-sols sombres où se terrent ses frères Mandaloriens, Pedro s’en va voir retrouver la forgeronne pour s’offrir une armure toute fraîche, l’autre ayant été endommagée par le mudhorn qui était censé l’avoir tué si Guizmoda n’avait pas été là (oui, on en a gros). Là où deux chapitres plus tôt, une épaulière lui avait été forgée par une seule plaque de beskar, c’est avec plus d’une demi-douzaine qu’il vient se forger une nouvelle armure pour être beau comme un camion. Mais autant de beskar attire les curieux. Et non les envieux.

L’impartialité de la forgeronne contraste avec l’indignation d’un des chasseurs, qui voit en Pedro un « pleutre qui partage la table de l’Empire ». Empire qui a décimé les Mandaloriens lors de la Grande Purge et les oblige à vivre  » comme des rats « . Pedro devient le petit chat noir, le collabo sans valeur qui semblerait avoir mis sa dignité et son passé au placard. En bon malandoriens qui se respectent, ce petit désaccord d’ordre moral se règle par quelques mandales bien placées, jusqu’à ce que la forgeronne, dont les talents de diplomate nous avait bien été cachés. D’un ton placide, deux phrases suffirent à calmer la situation. L’empire n’est plus et le beskar leur est retourné. C’est pas faux.

Car les Mandaloriens ne sont finalement que des chasseurs chassés. Ayant eu aussi subi leur Ordre 66, ils se sont retrouvés orphelins et livrés à eux-mêmes, persécutés, obligés de se cacher dans les confins de la galaxie pour survivre. Car la clandestinité est leur survie. C’est dans cet instinct survivaliste qu’ils se distinguent des autres espèces.  » This is the way  » comme ils disent.  Leur façon de faire perdurer leur espèce et leur réputation.

La querelle familiale terminée, l’armure flambant neuve portée, Pedro retourne à la Cantina pour reprendre son train-train quotidien. C’est là qu’il est accueilli par la grande gueule vantarde de Greef Karga qui voit en lui son héros. Car là où tous ont échoué, seul lui a réussi la tâche d’une mission peu conventionnelle qui a rapporté gros au fournisseur de palets. Car là où l’hypocrite veut fêter une prime qui lui a valu d’être riche sans se salir les mains, Pedro ne souhaite qu’une chose : un nouveau palet. Un nouveau palet pour retourner au boulot. Comme pour oublier une ex, reprendre le taf est la seule solution pour essuyer ses remords, fuir la responsabilité qui est la sienne d’avoir livré Guizmoda à l’Empire. Aux responsables de la Grande Purge.

Alors, avant de partir, le remord refait surface. Une dernière fois. Que feront-ils de lui ? Réponse nette et précise. La curiosité n’est déontologiquement pas permise selon la Guilde. Oui, mais la Guilde est-elle bien pensante ? La Guilde va t-elle décider des valeurs morales de Pedro ? La Guilde peut-elle protéger ceux qui ont fait de lui un orphelin ? Il semble bien que oui.

Sauf que, comme une boule dans la gorge, celui de la manette déboulonnée par Guizmoda dans le vaisseau du chasseur de primes sonne comme un rappel du destin. L’Empire a fait de lui un orphelin, alors doit-il laisser cet orphelin aux mains de l’Empire ? Une hésitation s’empare de lui. Une introspection même. Qui aura raison de lui. On coupe les moteurs, allons distribuer des mandales.

Alors on avait eu une ambiance western dans le Chapitre 1, un côté chevaleresque dans le Chapitre 2. Dans le Chapitre 3, Pedro a activé le mode Splinter Cell. Sa furtivité est proportionnelle à la naïveté des Stormtroopers qui se font dégommer comme des quilles, dépassé par un chasseur dont la détermination est nourrie par le remord. Et c’est avec facilité insolente qu’il finira par libérer Guizmoda. Merci quand même à la forgeronne qui lui aura filé des oiseaux siffleurs qui lui ont sauvé les miches.

Le voilà sorti d’affaire. Enfin, pendant un court instant. Jusqu’à ce que la Cantina soit envahie par le tintement de dizaines de capteurs aux voyants rouges. Car l’Empire dispose d’un atout considérable sur cette planète : une armée de mercenaires avides de beskar et qui n’ont eu, aucun remord. La chasse est ouverte.

Pour la deuxième fois de l’épisode, Pedro se retrouve pris au piège. Sauf que ce n’est pas par 4 Stormtroopers mais des dizaines de chasseurs, le tenant en joue. Greef Karga joue au cow-boy insupportable et va servir une solution à Pedro sur un plateau d’argent : un speeder dans lequel il veut déposer le bébé. Lui servant de bouclier mobile sur une courte durée, il se retrouvera dos au mur. Mais ça ne l’empêchera en rien de se dégonfler, puisqu’il réitère sa volonté de regagner son vaisseau avec Guizmoda, coûte que coûte. Ouais mais bébé est trop fatigué pour lui sauver les miches une seconde fois. Et il commence peut-être à en avoir marre aussi. Donc, Pedro se retrouve dans la merde, une énième fois.

Jusqu’à ce qu’un groupe de libellules casquées vienne finalement à son secours pour lui montrer la Voie.  » This is the way  » comme ils disent. La fraternité mandalorienne est de retour, tout le monde est best friends, ça fait chaud au cœur. Pedro est repenti. Faute avouée à demi pardonnée. À cause de toi, on peut plus vivre sur cette planète mais tant pis, on voyait pas le soleil de toute façon puisqu’on vivait dans le sous-sol comme des rats. Les commentaires Airbnb vont pas être élogieux.

Cette contre-attaque permet à Pedro de rejoindre son vaisseau sans encombre. Ah bah non. Le méchant, le terrible, le Grand Greef Karga l’attendait sournoisement. Sauf que Greef Karga, c’est pas Dark Maul. Allez hop, un peu de vapeur, un coup de blaster et il se retrouve le cul hors de vaisseau. Non mais oh, c’est quoi ces manières.

Et c’est ainsi que Pedro rejoint l’hyperspace avec Guizmoda, de nouveaux potes, de nouveaux horizons, de nouvelles aventures. Cherchera-t-il les origines de la petite bête verte ? En apprendra-t-on plus sur le passé de Pedro ? Est-ce que les Mandaloriens se cacheront aussi bien que Xavier Dupont de Ligonnès ? Réponse dans le Chapitre 4 !

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