transformers-the-last-knight-critique-cine

Transformers : The Last Knight, un film de Michael Bay : Critique

Michael Bay montre qu’il en a encore sous le capot ! Dynamisant la saga qu’il a lui-même créée à grand coups d’idées nouvelles, et bien entendu d’effets pyrotechniques en tout genre, il propose avec Transformers : The Last Knight une aventure assumant à 100% son délire SF, créant ainsi en filigrane un univers, voire une véritable mythologie, autour desdits robots.

Synopsis : Humains et Transformers sont en guerre. Optimus Prime n’est plus là… La clé de notre salut est enfouie dans les secrets du passé, dans l’histoire cachée des Transformers sur Terre. Sauver notre monde sera la mission d’une alliance inattendue : Cade Yeager, Bumblebee, un Lord anglais et un professeur d’Oxford. Il arrive un moment, dans la vie de chacun, où l’on se doit de faire la différence. Les victimes deviendront les héros. Les héros deviendront les méchants. Un seul monde survivra : le leur… ou le nôtre.

Aventures explosives et créatives pour les uns, divertissements décérébrés affligeants de bêtise pour les autres, la saga Transformers laisse rarement indifférent. Et il serait de mauvaise foi que de nier que le bashing l’entourant croît d’opus en opus. Il suffit de voir, lors des premières bandes annonces et retours de projections de presse, la déferlante de critiques négatives accompagnant Michael Bay et ses robots, les assimilant à un cancer cinématographique. Ce dernier volet n’échappe pas à la règle. A tel point que défendre la saga et chercher en elle sa moelle qui la rend si particulière n’est pas réellement pris au sérieux. Mais osons le dire : non, Michael Bay n’est pas un cancer cinématographique. Et oui, Transformers : The Last Knight est réussi!

Une mécanique bien huilée et plus originale…

transformers-the-last-knight-mark-wahlberg-critique-cine

Bien qu’il reste fidèle à lui-même, nous sommes tout d’abord étonnés de voir à quel point Bay s’est assagi au niveau de sa réalisation au fil de la saga. Tombant souvent dans les travers de la suite bigger and lounder, dont Bad Boys II et justement Transformers : La Revanche en sont les dignes représentants, il poursuit ici une relative accalmie en adoptant un ton résolument plus sérieux, voire mature. Amorce déjà présente dans le quatrième volet, L’Age de l’extinction, qui malgré des scènes d’action disproportionnées confirmant que le bonhomme prend toujours autant de plaisir à détruire des villes entières, nous avait séduit par ce tournant, cherchant à s’éloigner des codes de la trilogie originale. Poursuivant l’histoire avec ces nouveaux personnages, Marc Wahlberg en tête, bien que les récurrents soient de retour pour des prestations plus ou moins importantes (John Turturro et Josh Duhamel), le réalisateur avec The Last Knight affiche donc de nouveau un caractère plus modéré au niveau de ses scènes d’actions. Certes, nous avons toujours un quota de combats au ralenti ravissant la rétine et courses poursuite automobiles, mais qui affichent une certaine sobriété face à l’action débridée et au potentiel de destruction qu’a connu la saga. Pas d’immeubles qui s’effondrent, ni de villes détruites au centre de combats entre Transformers. Cet aspect plutôt novateur n’empêche pas d’être impressionné face à la maestria visuelle de Bay. En témoigne cette dernière demi-heure éblouissante et épique au possible, où la Terre se fait littéralement absorbée par la planète Cybertron. Réussissant là où Emmerich a échoué avec son Independance Day : Resurgence, la démesure est toujours visible et identifiable à l’écran, renforçant l’immersion du spectateur.

Et si des nouveautés se trouvent du côté action, il en est de même question humour, second fer de lance de l’ami Bay. Car une autre bonne surprise se pointe : l’absence d’humour résolument gras et graveleux, à majorité constitué de blagues sous la ceinture. Certes, à deux ou trois exceptions près, le naturel revient au galop, notamment un quiproquo impliquant des femmes quinquas de l’aristocratie londonienne. Mais on se surprend à rire franchement devant le postulat de certaines situations, qui passe essentiellement par les personnages. Ils sont plutôt nombreux, que ce soit l’abattage d’Anthony Hopkins, visiblement très content d’être là, et loin du cabotinage outrancier qu’il peut parfois nous servir (coucou Red 2 !), son majordome robotique, adepte de la répartie qui fait mouche, ou encore Laura Haddock, nouvel atout charme de la saga, mais très loin de l’hyper sexualisation un brin vulgaire de Megan Fox. Pourtant, les frayeurs se pressentaient, notamment face à des Decepticons caricaturés sous forme de prisonniers dangereux, et présentés de manière expéditive se résumant à des arrêts sur image avec apparition en gros caractère de leur nom. Procédé plutôt ringard et humour lourdingue, faisant instantanément disparaître le peu de terreur qu’ils réussissaient encore à dégager auparavant. Fort heureusement, ils sont rapidement mis de côté, car ils ne seront ici pas la menace principale (désolé Megatron !).

transformers-the-last-knight-optimus-prime-bumblebee-critique-cine

… pour un résultat des plus jouissifs !

En découvrant le nouvel antagoniste d’Optimus Prime et consorts (dont nous tairons l’identité), le film creuse davantage l’origine et l’histoire des Transformers … tout en réécrivant notre propre Histoire. En effet, le scénario va encore plus loin en démontrant qu’en plus d’être présents sur Terre depuis fort longtemps, ils ont participé et alimenté les principales légendes et faits historique de notre temps. Ainsi, on apprend que la légende du roi Arthur ne serait rien sans les chevaliers, non pas de la Table Ronde mais bien de Cybertron, ou encore que la victoire face au nazisme est en grande partie due à Bumblebee. Certes, le scénario n’est pas parfait, certains points étant passé rapidement au crible. On aurait par exemple davantage voulu voir la montée de la colère de Prime, dont le point d’orgue est sa confrontation avec Bumblebee, plutôt qu’un retournement aussi facile. Mais si la quête d’un nouveau McGuffin reste la trame principale (ici, le bâton de Merlin), elle est rejointe par des intrigues parallèles aboutissant à ce tout cohérent qu’est le développement de l’univers des Transformers, et non un scénario sans queue ni tête. Et ce développement permet à The Last Knight, plus qu’à n’importe quel autre opus de la saga, de faire un pas plus prononcé dans l’univers de la science-fiction. Le résultat n’en est que plus jouissif : au-delà du final démentiel s’apparentant à une bataille spatiale, une véritable mythologie s’installe autour des robots, et on n’est pas surpris des futurs projets de Paramount de créer un univers entier basé sur des spin off et origins stories.

transformers-the-last-knight-anthony-hopkins-critique-cine

Reste à savoir si ce nouvel horizon conviendra au public. Car les premières retombées en matière de chiffres sont plutôt catastrophiques outre Atlantique. On dénote un week-end de lancement US à 69 millions de dollars, soit nettement moins que le précédent volet. Le public se lasserait il de ces aventures robotiques justement au moment où la saga amorce un nouveau tournant ? Ou est-ce ce tournant qui n’emporte pas l’adhésion ? L’intention aura eu le mérite d’être présente, louable, sincère et réussie !

Avis donc à tous ses détracteurs : Michael Bay est de retour et en grande forme ! Fermement décidé à ne laisser ses jouets robotiques à personne, bien que des rumeurs affirment le contraire pour la suite prévue en 2019 (à titre informatif, il devait arrêter depuis le numéro trois…), l’artisan dopé au carnage planétaire et à l’action mécanique offre avec Transformers : The Last Knight un nouveau visage à la franchise, tout en en assumant son héritage et sa profonde débilité. Sincère et jouissif, il ne réconciliera pas les détracteurs de la saga, mais constitue ce qui se fait de mieux en blockbuster parfaitement calibré pour l’été.

[irp]

Transformers : The Last Knight: Bande-annonce

Transformers : The Last Knight: Fiche technique

Réalisation : Michael Bay
Scénario : Art Macum, Matt Holloway, Ken Nolan, Akiva Goldsman
Interprétation : Mark Wahlberg (Cade Yeager), Isabela Moner (Izabella), Anthony Hopkins (Sir Edmund Burton), Laura Haddock (Vivien Wembley), Stanley Tucci (Joshua Joyce), Josh Duhamel (lieutenant-colonel William Lennox), John Turturro (agent Simmons)…
Doublages (VO) : Peter Cullen (Optimus Prime), John Goodman (Hound), Ken Watanabe (Drift), Franck Welker (Megatron), John DiMaggio (Crosshairs), Jess Harnell (Barricade), Omar Sy (Hot Rod)…
Photographie : Jonathan Sela
Montage : Roger Barton, Adam Gerstel, John Refoua, Mark Sanger
Direction artistique : Jason Knox-Johnston
Costumes : Lisa Lovaas
Décors : Jeffrey Beecroft, Karen Frick, Andrew McCarthy, Richard Roberts
Musique : Steve Jablonsky
Producteurs : Tom DeSanto, Akiva Goldsman, Lorenzo di Bonaventura, Ian Bryce, Don Murphy, Michael Bay et Steven Spielberg
Sociétés de production : Paramount Pictures
Distribution (France) : Paramount Pictures France
Durée : 149 minutes
Genre : Action, science-fiction
Date de sortie : 28 Juin 2017
États-Unis – 2017

Plus d'articles
it-must-be-heaven-elia-suleiman-film-critique-gael-garcia-bernal-elia-suleiman
It must be Heaven de Elia Suleiman : la comédie du désespoir