Avec The Fountain, son troisième film, Aronofsky signe un chef d’œuvre majeur du 21ème siècle qui transcende les questionnements sur la mort, l’amour et de la transmission au sein d’une odyssée obsessionnelle fascinante.
Synopsis : Espagne, XVIe siècle. Le conquistador Tomas part en quête de la légendaire Fontaine de jouvence, censée offrir l’immortalité. Aujourd’hui. Un scientifique nommé Tommy Creo cherche désespérément le traitement capable de guérir le cancer qui ronge son épouse, Izzi. Au XXVIe siècle, Tom, un astronaute, voyage à travers l’espace et prend peu à peu conscience des mystères qui le hantent depuis un millénaire.
Attention, cet article est une analyse critique du film qui contient des spoilers majeurs
Malgré le succès très mérité de son précédent film, Requiem for a Dream, Darren Aronofsky aura eu du mal à donner jour à son troisième bébé. Il faut dire que The Fountain représente encore aujourd’hui sa proposition de cinéma la plus radicale mais aussi sa plus personnelle. Initialement prévu avec Brad Pitt et Cate Blanchett, le film aura connu une gestation difficile de presque 5 ans avant de voir le jour, avec cette fois-ci de Hugh Jackman et Rachel Weisz dans les rôles principaux. The Fountain est un long métrage qui a divisé et qui divise encore par son récit complexe et nébuleux qui crée généralement la confusion et l’incompréhension chez le spectateur. Parce que la complexité du film d’Aronofsky ne vient pas seulement du fait qu’il faut décrypter le fond de l’œuvre, mais qu’il faut aussi décortiquer sa forme. Avec maestria, le cinéaste compose un tableau fascinant qui se joue à diverses échelles, et même s’il offre toutes les clés nécessaires à son spectateur pour donner sens à ce qu’il voit, jamais il ne va venir lui faciliter la route. Puisant ses influences dans la mythologie maya et les récits bibliques, il va venir questionner les fondements de la croyance sans jamais tomber dans un récit religieux, préférant soumettre la religion à ses propres thématiques.
Divisé en trois parties, le récit prend faussement la forme d’une lutte à travers les âges d’un homme qui tente de sauver sa femme, atteinte d’un cancer. Sa femme qui écrit un livre et qui lui demandera de le finir pour elle une fois qu’elle sera partie. L’apparition du titre au début se fera d’ailleurs par la jaquette du livre, car celui-ci porte le même nom que le film. C’est une manière assez symbolique discrète pour signifier que l’intégralité du récit se passe dans le livre même et que donc la plupart des choses qui nous sont montrées sont fictives, nous racontant une histoire dans une histoire. Le cinéaste va appuyer cela avec subtilité, grâce à la mise en scène en adoptant un code de formes et de couleurs selon que l’on se retrouve dans la fiction ou la réalité du film. Ce qui symbolisera l’obsession de son personnage et la fiction du livre sera représenté ici soit par des halos de lumières dorés, signe de divinité et donc de croyance, soit sous forme d’éclairages naturelles ou de sources de lumières plus abstraites, tandis que ce qui symbolise la réalité est représenté par des lumières blanches rectangulaires, signe de révélation et de vérité. C’est seulement après avoir repéré cet astucieux procédé de mise en scène que The Fountain est plus en mesure de révéler tout ses secrets.
Aronofsky déploie une audace et un savoir-faire hors du commun dans sa réalisation. Esthétiquement l’ensemble est sublime, arrivant à faire cohabiter plusieurs ambiances et époques sans jamais tomber dans un mélange dissonant. Au contraire, The Fountain est un patchwork fabuleux, aidé par une photographie somptueuse notamment dans sa gestion brillante de la lumière et de la composition des plans qui les font souvent passer pour des toiles de maîtres. Avec sa direction artistique sans fausse note et sa mise en scène appliquée, Darren Aronofsky signe une odyssée épique et vertigineuse enveloppée à merveille par le score mémorable de Clint Mansell et du Kronos Quartet. Et le brio vient du fait que la forme ne sert pas qu’à emballer le fond, elle lui donne sens parce que The Fountain est indissociable de ses visuels ; en effet, pour le comprendre il se doit d’être vu. Car comme il le montre, la révélation passe par la vue et c’est donc par ce procédé que le cinéaste raconte son histoire. Une histoire qui finit par dépasser les questions de vie et de mort. Même si l’on est face à une œuvre délicate sur le deuil et l’acceptation, The Fountain est avant tout un formidable récit à propos de la création et d’héritage. Ici la création est sous une forme artistique, qui vit au delà de son créateur et qui représente la forme ultime d’héritage. La réponse du cinéaste à ce qu’est l’immortalité.
Car sous ses airs de récit biblique, le scénario parle avant tout de l’enfant qu’un homme et une femme mettent au monde pour que leur amour et leurs vies perdurent même après leur mort. Un enfant qui n’est pas de chair et de sang mais d’encre et de papier. La période du conquistador est ici la partie du livre qui est écrite par la femme, la période dans le présent est le moment où elle passe le flambeau à son mari qui le reprend et écrit cette transition entre fantasme et réalité. Cette partie oscillant visuellement entre les teintes jaunes liées à la fiction et les passages réels éclairés par des lumières blanches plus cliniques. D’ailleurs le moment où le mari décide de se tatouer avec la plume de sa femme symbolise bien le moment où il accepte d’achever son roman. Et la dernière partie avec le « cosmonaute » est le récit entièrement imaginé par le mari, qui accepte enfin la mort de sa femme et sa propre mortalité, faisant son deuil. Ce n’est que dans l’épilogue que l’intrigue vient se situer hors du livre. Après un plan entièrement immaculé de blanc, symbole de réalité, on retrouve le mari sur la tombe de sa femme pour lui faire ses adieux et annoncer qu’il a terminé son écrit assurant ainsi leur héritage. Il accomplit son deuil, il lève les yeux au ciel et une étoile dorée s’éteint pour laisser place à un éblouissant éclair de lumière blanche. La mari ayant vaincu ses peurs, son obsession et trouvé la vraie réponse à l’immortalité.
C’est à travers la délicatesse de The Fountain qu’Aronofsky interroge sa propre place de créateur mais aussi la capacité que nous tous avons de l’être. Brassant toutes ses thématiques, il offre un récit universel sur l’acte de création qui se révèle tout à la fois destructeur et libérateur. Le cinéaste signe assurément son morceau de cinéma le plus personnel et le plus complexe mais qui s’apparente surtout comme son œuvre la plus intelligente et la plus aboutie esthétiquement. The Fountain est un long métrage exigeant mais qui fascine et récompense le spectateur qui fait l’effort de s’y perdre. Avec sa mise en scène brillante, sa finesse d’écriture et aussi la qualité de son casting (Hugh Jackman dans un de ses meilleurs rôles) Darren Aronofsky ne fait pas que signer le meilleur film de sa carrière, mais aussi un chef d’oeuvre hors norme qui continuera encore à faire parler de lui au fil des décennies.
The Fountain : Bande annonce
The Fountain : Fiche technique
Réalisation : Darren Aronofsky
Scénario : Darren Aronofsky d’après une histoire de Darren Aronofsky et Ari Handel
Casting : Hugh Jackman, Rachel, Weisz, Ellen Burstyn, Mark Margolis, Stephen McHattie,…
Décors : James Chinlund
Costumes : Renée April
Photographie : Matthew Libatique
Montage : Jay Rabinowitz
Musique : Clint Mansell
Producteurs : Arnon Milchan, Iain Smith et Eric Watson
Distribution : TFM Distribution
Budget : 35 millions de dollars
Durée : 96 minutes
Genre : Drame
Dates de sortie : 27 décembre 2006
Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.
Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…
Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.
Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.
Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.
Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.
Passionné de cinéma depuis mon plus jeune âge, j'articule depuis ma vie autour du 7ème art, un monde qui alimente les passions et pousse à la réflexion. J'aspire à faire une carrière dans le cinéma, ayant un certain attrait pour l'écriture et la réalisation. J'aime m'intéresser et toucher à toute sorte d'arts ayant fait du théâtre et de la musique. Je n'ai pas de genres de films favoris, du moment que les films qui les représentent sont bons. Même si je tire évidemment mes influences de cinéastes particuliers à l'image de David Lynch, mon cinéaste fétiche, Michael Mann ou encore Darren Aronofsky. Ces cinéastes ayant en commun des univers visuels forts et un sens du romantisme qui me parlent particulièrement.
Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…
Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.
Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.