Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
Gérardmer 2026 : Veuf éploré, Stoners anthropophages, Pissenlits survivalistes et French Dreamer envieux
Gérardmer 2026 : les vertiges de la maternité et le poids des origines, en toutes langues, allemande, anglaise et indonésienne
Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
Accueil Cinéma Critiques films PartagerFacebookTwitterPinterestEmail Une chronique sociale éclatée mais pas éclatante Après plusieurs courts-métrages remarqués en festival, l’ancien basketteur Fara Sene a réussi à trouver les financements pour réaliser son premier long-métrage. Assumant de prendre pour modèles les films d’Alejandro González Iñárritu (Amours Chiennes, 21 Grammes, Babel) et Collision de Paul Haggis, le jeune réalisateur a signé un film choral réunissant une dizaine de personnages qui, comme le veulent les codes du genre, vont se croiser et affronter leur destin. Cette trajectoire toute tracée par ce type de narration ultra-balisée est sans nul doute ce qui a rapidement mis fin à la mode lancée par les chefs d’œuvre susnommés il y a dix ans. Car, oui, le processus n’est plus du tout attractif : Qui a fait attention à 360, un film choral qui réunissait pas moins que Jude Law, Anthony Hopkins et Jamel Debbouze ou encore à Puzzle, le dernier Paul Haggis avec Liam Neeson? Avec des profils aussi stéréotypés que le flic au bord de la dépression, les jeunes désireux de fuir leur quotidien ou encore l’arabe tout droit sorti de prison, et une construction explosée qui empêche à chacun d’être approfondi, on ne s’étonne que Sene, désireux d’étendre son discours à une large fourchette de personnages, nous servent une chronique sociale dans laquelle il devient difficile de se reconnaître. Un téléfilm amateur et déprimant En dehors de Bruno Solo dans la peau du policier, l’ensemble du casting est composé d’acteurs non-professionnels. Et il en va de même pour l’équipe technique. Sous la houlette d’un metteur en scène sans réelle expérience, le résultat ne pouvait –à moins de faire face à un génie– avoir que les allures d’un film amateur. Et en effet, même si le montage alterné s’avère par moment ingénieux, avec son esthétique visuel de téléfilm de fin de soirée et son mixage sonore qui rend chaque haussement de voix inaudible, on ne peut que constater qu’Être est loin de la qualité technique d’une œuvre de cinéma. Si certains acteurs (Sophie Leboutte et Karina Testa essentiellement) sont convaincants, la plupart des jeunes comédiens ne tiennent pas la route, ce qui participe à rendre difficile l’empathie envers leurs personnages. Le parcours de chaque personnage, réduit sur 24 heures, passe par des moments aussi émouvants que prévisibles. Mais, si la fin de leur journée n’est pas forcément celle que l’on ne s’était pas empêcher de prédire, c’est parce que la morale qu’a mis Sene dans son scénario est, à l’inverse de la caractérisation des personnages, aux antipodes du genre. Là où tout long-métrage classique aurait défendu l’émancipation de ses jeunes héros et le volontarisme de leurs ainés à fuir leur routine, Être prône au contraire, à travers une succession de soi-disant happy-end parfois improbables, les valeurs familiales et le repli sur soi, ce qui au final se révèle plus triste qu’une réelle tragédie s’assumant comme telle. Coup d’essai sans prétention, Être accumule les défauts en se construisant sur un mécanisme narratif dont on n’attend plus rien, en se basant sur un amas de clichés, en faisant confiance à une équipe artistique et technique maladroite et en distillant un message discutable. Espérons pour Fara Sene que, s’il retente l’expérience du long-métrage, il saura s’entourer de vrais professionnels et travaillera sur un scénario plus élaboré. Synopsis : Une journée à Paris. François, est un policier aigri qui ne supporte pas plus ni son travail ni sa vie conjugale. Mohammed est un jeune repris de justice devenu garagiste et rêvant quitter sa cité. Ester est une fille vit mal son statut de fille adoptée. Christian veut abandonner son village et la boulangerie familiale dans laquelle il travaille. Une SDF erre dans les rues parisiennes. Leurs destins vont se croiser. Être : Bande annonce Être : Fiche Technique Réalisation: Fara Sene Scénario: Fara Sene et Daniel Tonachella Interprétation : Bruno Solo, Salim Kechiouche, Benjamin Ramon, Djena Tsimba, Kevyn Diana, Karina Testa, Sophie Leboutte… Distribution: Cinétévé Photographie: Federico D’Ambrosio Musique: François Petit Décors: Damien Hamon Montage : Véronique Lange Production : Fabienne Servan-Schreiber, George Nicolas Sociétés de production : Cinétévé Genre : Drame Durée: 85 minutes Sortie en salles: 10 juin 2015 France – 2015
La rédaction LeMagduCiné·MusiqueMarty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes