Les éditions Librio (Flammarion) lancent une collection pédagogique intitulée « En chiffres et en dates », qui vise à mieux appréhender certains des moments les plus déterminants de l’histoire mondiale. Cette série d’opuscules, pour l’heure composée de quatre titres écrits par Diane Pradal et Jean-François Bonhoure, fournit un condensé de faits et de dates cruciales sur la Révolution française, la Guerre froide et les deux Guerres mondiales.
Ces ouvrages concis se veulent des outils à la fois éducatifs et accessibles, idéaux pour ceux qui cherchent à s’initier ou à approfondir leur connaissance des dynamiques historiques et géopolitiques.
Dans La Révolution française en chiffres et en dates, Diane Pradal reprécise les tenants et aboutissants d’une époque de bouleversements majeurs qui a défini les contours de la France moderne. L’accent est mis sur des événements et figures marquants, tels que la Terreur, les États généraux, et la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La professeure d’histoire-géographie explique comment la France est passée d’une société féodale à une République influencée par les idées des philosophes des Lumières, avec un focus particulier sur des figures comme Jacques-Louis David et Chateaubriand. Elle n’omet pas non plus la Révolution industrielle, rappelant que les transformations économiques et sociales en cours ont participé à la création d’une nouvelle identité républicaine.
Dans La Guerre froide en chiffres et en dates, la même Diane Pradal détaille la tension constante entre les États-Unis et l’URSS de 1945 à 1991, une période marquée par des confrontations idéologiques et militaires indirectes. Le livre clarifie les enjeux de la construction et de la chute du mur de Berlin, le rôle de l’OTAN et les conflits périphériques en Asie et au Moyen-Orient. Des éléments probablement moins commentés, tels que le maccarthysme, les crises comme celle de Suez, et les mouvements de jeunesse, sont également explorés. On retrouve par ailleurs dans l’ouvrage, en plus de la présentation des acteurs majeurs du conflit (récurrence dans ces opuscules), un petit encadré sur le livre 1984 de George Orwell, un focus sur trois conférences séminales, celles de Yalta, de San Francisco et de Potsdam, ainsi que des explications sommaires sur les deux modèles idéologiques qui s’opposaient alors.
Jean-François Bonhoure se penche quant à lui sur les deux guerres mondiales. Dans La Première Guerre mondiale en chiffres et en dates, il retrace les alliances, les batailles et les innovations militaires qui ont caractérisé ce conflit dévastateur. Le livre revisite des moments cruciaux comme l’attentat de Sarajevo, les horreurs des tranchées et l’introduction des chars d’assaut. Il met également en lumière les conséquences du Traité de Versailles, posant les fondations pour les tensions qui mèneront à la Seconde Guerre mondiale.
La Seconde Guerre mondiale, justement, est au cœur du dernier ouvrage qui nous intéresse.Jean-François Bonhoure décompose les phases du conflit, des prémices à la Libération. Le traitement détaillé des événements, de la montée du fascisme à la chute du Troisième Reich, offre une perspective nouvelle sur les dynamiques de pouvoir et les stratégies militaires. Le livre met en relief des événements tragiques comme la rafle du Vél d’Hiv et la Solution finale, tout en discutant les retombées économiques et politiques post-guerre. Il revient aussi sur la politique d’aryanisation, sur la bataille de Stalingrad ou sur le rôle des Américains, sans oublier les conséquences de l’Occupation et l’exode des Français vers le sud du pays…
Cette nouvelle collection de Librio, très bien organisée (découpages, focus, dates et acteurs-clés, etc.), offre une porte d’entrée précieuse et compréhensible à des périodes déterminantes et fondatrices de notre Histoire. Chaque ouvrage, tout en étant bref, est riche d’enseignements et met en lumière l’interdépendance des événements historiques et leur influence sur le monde contemporain. Ces synthèses sont essentielles pour quiconque souhaite saisir les nuances des dynamiques globales qui ont façonné notre présent.
La Révolution française en chiffres et en dates, Diane Pradal Librio, avril 2024, 96 pages
La Guerre froide en chiffres et en dates, Diane Pradal Librio, avril 2024, 96 pages
La Première Guerre mondiale en chiffres et en dates, Jean-François Bonhoure Librio, avril 2024, 96 pages
La Seconde Guerre mondiale en chiffres et en dates, Jean-François Bonhoure Librio, avril 2024, 96 pages
Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.
En apparence, ce "Wedding Nightmare : Deuxième partie" promettait d'être une suite qui se démarque de la surexploitation des studios. Le film de Matt Bettinelli-Olpin et de Tyler Gillett s’inscrit pourtant dans cette triste réalité, après un premier volet qui avait su encapsuler tout le plaisir régressif d'une série B, avec ce qu'il faut de suspense, d'effusion de sang et de maladresse calculée pour que le spectateur s'amuse ludiquement dans une partie de cache-cache à mort.
Cinquième long métrage du Slovène Olmo Omerzu, "Pour Klára" embarque une famille décomposée sur les rivages ensoleillés de l'Adriatique pour mieux l'observer se noyer à sec. Un drame familial d'une subtilité redoutable, porté par un regard qui n'accuse personne — et qui, du coup, nous met tous en cause.
Carla Simón n'a jamais vraiment cessé de filmer sa propre histoire. Avec "Romería", son troisième long-métrage en compétition à Cannes 2025, elle va plus loin que jamais : reconstituer la jeunesse de ses parents, morts du sida, à travers le regard d'une fille de 18 ans qui débarque en Galice pour la première fois. Un film sur les origines, les silences de famille et le pouvoir du cinéma à combler ce que la vie n'a pas laissé le temps de vivre.
Voilà une œuvre qui montre qu’un certain nouvel Hollywood (ici A24 mais ça pourrait être Neon ou FilmNation) peut nous offrir des bons films dits du milieu. Deux stars à l’alchimie indéniable, un scénario original et impeccablement écrit et la réalisation alerte d’un cinéaste qui confirme une voie singulière pour un petit bijou. Une œuvre dont on ne saurait dire si c’est un drame ou une comédie ou les deux, en tout cas accouchée d’une veine romantique acerbe.
Il y a des films qui arrivent comme arrivent les souvenirs d'enfance : par effraction, sans prévenir, avec cette netteté particulière des choses qu'on n'a pas cherché à retenir. "Un jour avec mon père", premier long métrage du réalisateur britanno-nigérian Akinola Davies Jr., est de ceux-là. On entre dans ce film comme on entre dans une journée ordinaire et on en ressort changé, sans trop savoir pourquoi, avec quelque chose de chaud et de douloureux logé quelque part dans la poitrine.
Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
Avec "La Rom-com à tout prix", publié aux éditions Playlist Society, le lecteur curieux a tout le loisir de se pencher sur le renouveau d’un genre longtemps jugé mineur. À travers sept entretiens, l'opuscule montre comment la comédie romantique française s’émancipe des modèles hollywoodiens pour épouser les lignes de fracture du présent.
"Trois maîtres du cinéma modeste" se concentre sur Joseph H. Lewis, Don Siegel et Budd Boetticher, trois réalisateurs dont les parcours éclairent différemment le fonctionnement de Hollywood entre la fin du système des studios et l’émergence du Nouvel Hollywood.
Paru aux Presses universitaires de Rennes, "Théories critiques du film" est un ouvrage collectif dirigé par Édouard Arnoldy, Cécile de Coninck, Mathilde Lejeune, Matthieu Péchenet et Sonny Walbrou. Prenant appui sur Walter Benjamin et Siegfried Kracauer, les auteurs interrogent ce que les théories critiques apportent, méthodologiquement, à l’écriture de l’histoire du cinéma et à l’analyse des films, en alternant mises au point conceptuelles, études de cas et rencontres.