« Dragon Ball : Le Super Livre » de retour aux éditions Glénat

L’éditeur français emblématique de l’univers Dragon Ball propose un second « super livre » consacré cette fois à l’animation. L’occasion de revenir sur les étapes itinérantes de Son Goku et ses amis, face à des adversaires aux armes de mieux en mieux fourbies.

Quand petit Son rencontre Bulma, il n’est encore qu’un garçonnet ingénu. Les premiers mangas d’Akira Toriyama mettent en scène un enfant aussi gauche qu’attachant, incapable de différencier une fille d’un garçon, vivant seul dans une jungle hostile où, pour se nourrir, il doit chasser des monstres bien plus imposants que lui. Des années plus tard, devenu père par deux fois, doublé d’un guerrier Super Saiyan repoussant toujours plus loin ses propres limites, il est désormais le héros discret d’une Terre qui lui doit, sans même le soupçonner, sa survivance. Entre ces deux moments, l’extraterrestre envoyé de la planète Vegeta pour décimer une espèce humaine à laquelle il a fini par se lier profondément, aura affronté des créatures glaçantes, sans pitié, perpétuant des instincts de mort et de prédation. Freezer, Cell ou Boo, pour ne citer que les trois principaux, ont fait office d’adversaires obstinés, d’ampleur mythologique, dont la caractérisation sophistiquée – et changeante – a été porteuse d’effroi et d’une puissante iconisation.

Découlant des grands livres, ce second Super Livre consacre l’essentiel de son corpus aux différents arcs narratifs de Dragon Ball. Richement illustré, doté d’une édition très soignée, l’ouvrage fait revivre au lecteur les grands moments de Son Goku et ses proches, du premier tournoi Tenkaichi Budokai aux récits Red Ribon, Piccolo, Saiyan, Namek, cyborgs et Majin. C’est toute une constellation de personnages (de l’ami indéfectible – Krilin – aux frères ennemis – Vegeta ou Piccolo – en passant par les rivaux mortels – Freezer, Cell ou Boo) qui se voie verbalisée, narrée avec passion, recontextualisée dans les grands enjeux dont l’univers d’Akira Toriyama s’est fait le précieux réceptacle. On y retrouve autant de légèreté et d’humour que de gravité et de tragédie, des facéties de Son, Tortue géniale ou Yamcha aux menaces existentielles induites par Freezer, mégalomane et effroyable, ou Boo, multiforme, incontrôlable et mû par ses seules pulsions immédiates.

Ce Super Livre revient sur des arcs absents du manga d’origine, présente succinctement Dragon Ball Kai ou Le Plan d’éradication des Super Saiyans, se penche sur l’histoire de Trunks, Vegeta ou Piccolo et se clôture par une interview inédite d’Akira Toriyama, au cours de laquelle il revient sur l’humour, le choix des voix, les fans et leurs lettres ou encore sa consommation de jeux vidéo. Il indique aussi, détail amusant, que si Son Goku devait être une musique, il serait une mélodie enjouée au tempo rapide. La spontanéité, la bonhomie et l’énergie débordante du personnage – avec pour corollaire une faim insatiable – semblent en effet parfaitement solubles dans un tel choix. Et quelque part, c’est justement cette mélodie inconsciente que ce second Dragon Ball : Le Super Livre se propose de rejouer, en passant en revue les principaux traits constitutifs d’un univers étendu – ici : l’animé – qui a exercé une fascination vertigineuse sur des générations entières de téléspectateurs.

Dragon Ball : Le Super Livre (tome 2), l’animation – 1ère partie
Glénat, novembre 2022, 358 pages

Note des lecteurs0 Note
4

Festival

Cannes 2026 : La Vie d’une femme, portrait d’une guerrière moderne

Récompensée l'année dernière par un César pour son rôle d'enquêtrice dans "Dossier 137", sélectionné en Compétition au Festival de Cannes, Léa Drucker foule à nouveau le tapis rouge. L'actrice tout terrain interprète dans "La Vie d'une femme" une chirurgienne épanouie, libre et hyperactive, qui assume pleinement ses choix. En brossant le portrait de ce personnage affirmé par le prisme de ses relations à autrui, Charline Bourgeois-Tacquet compose un drame rythmé au cœur d'un monde hospitalier en déclin. Une bonne leçon de vie qui rend les femmes maîtresses de leur destinée sans les victimiser.

Cannes 2026 : Dua, un corps en guerre

Présenté à la Semaine de la Critique 2026, "Dua" de Blerta Basholli raconte l’adolescence dans un Kosovo au bord de la guerre, entre désir d’émancipation, peur de l’exil et mémoire intime.

Cannes 2026 : Quelques jours à Nagi, ce que le bois retient

Présenté à Cannes 2026, Quelques jours à Nagi est un drame sensible où Kōji Fukada explore l’art, le deuil et la reconstruction dans un Japon rural suspendu.

Cannes 2026 : In Waves, quand les émotions déferlent

Après le merveilleux "Planètes" de la précédente édition, la Semaine de la Critique cannoise propose en ouverture un nouveau film d'animation, "In Waves". Une splendide histoire d'amour et d'amitié au creux des vagues qui déferlent sur nous par salves d'émotions. Grâce à son animation sublime et à son traitement sensible de la perte et du deuil, "In Waves" compose une œuvre à la fois lumineuse et mélancolique. Une magnifique ode au cinéma et à la mer.

Newsletter

À ne pas manquer

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

« Censure & cinéma » : une collection mise à l’honneur

De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.

« Questions de cinéma 2 » : un art en mouvement perpétuel

À travers une série d’entretiens d’une remarquable densité, Nicolas Saada propose aux éditions Carlotta une plongée dans les strates invisibles du cinéma, là où se nouent les enjeux entre la technique, l'intuition et le regard.

Les 100 plus grands joueurs de foot mis à l’honneur

Les éditions L'Imprévu consacrent un ouvrage richement illustré aux 100 plus grands joueurs de football des années 2000.