« Carnage » au camp de vacances

Chez Rimini Editions voit le jour en DVD et blu-ray le film Carnage, de Tony Maylam. Sorte de Souviens-toi… l’été dernier avant l’heure, il épouse tous les traits caractéristiques du slasher movie et apparaît grandement influencé par le Vendredi 13 de Sean Cunningham, sorti quelques mois plus tôt.

Carnage s’appuie sur un exosquelette déjà bien éprouvé. Une mauvaise blague tourne mal dans un camp de vacances et un moniteur, grièvement brûlé, est transporté d’urgence dans un hôpital. Il s’en sort miraculeusement grâce aux soins qui lui sont prodigués mais est condamné à conserver à jamais une apparence terrifiante. Cinq années plus tard, de nouveaux jeunes adultes investissent les lieux. Des chambrées aux lits superposés deviennent des endroits propices aux confidences et aux commérages, une vaste cantine rapproche des filles et garçons aux sens en éveil et des douches rudimentaires permettent aux voyeurs de faire leur œuvre. Tous les canons du genre sont respectés : le lieu apparaît comme retiré du monde, il borde un lac et est exclusivement constitué de jeunes gens dont la principale préoccupation consiste à s’adonner aux plaisirs de la chair. Difficile de ne pas y voir une reproduction de Vendredi 13, sorti quelques mois plus tôt.

On le sait, le tournage de Carnage a été rapide, dicté par l’urgence, et les changements de cap scénaristiques furent nombreux. Le moniteur Cropsy fait l’objet d’une détestation unanime, mais peu explicitée. Il se comportait mal avec les pensionnaires de la colonie, c’est tout ce qu’on sait, et cela explique qu’on ait cherché à l’effrayer en plaçant à côté de son lit un crâne rempli de vers et comportant des bougies à l’intérieur des orbites (ce qui provoqua l’incendie initial). Cet argument de base ratiboisé va pourtant initier toute l’intrigue. Qu’à cela ne tienne, Tony Maylam a d’autres intentions que celles de la profondeur scénaristique : il cherche avant tout à échafauder un slasher fun et sanglant, aidé en cela par les effets plastiques (notamment les prothèses) de Tom Savini. C’est plutôt réussi, et notamment dans l’introduction du tueur : on aperçoit d’abord un bras, puis un pied, ensuite une silhouette progressivement dévoilée, avant d’enfin scruter ce visage défiguré qui horrifiait au début du film les soignants de l’hôpital. Comme de nombreuses icônes de slasher, Cropsy est doté d’une arme emblématique : une cisaille qu’il porte volontiers au cou de ses victimes.

Bien rythmé, placé à hauteur d’adolescents, Carnage lie souvent le sexe à la mort, se pose en adepte des ruptures de ton (du kayak sur une musique entraînante entre deux meurtres sanguinolents) et s’essaie même occasionnellement à l’humour. Conversation post-coït :

– T’as froid ?

– T’as pas fait grand-chose pour me réchauffer.

Finalement, la séquence la plus intéressante est peut-être celle du canoë, avec ses vues subjectives, son approche graduelle et ses mises à mort gores à souhait. Elle symbolise bien Carnage : quelques fragilités, des ficelles un peu trop visibles, mais un charme désuet duquel on a du mal à se détacher.

TECHNIQUE & BONUS

Pas grand-chose à souligner en ce qui concerne l’aspect technique de l’édition blu-ray. Les pistes sonores apparaissent satisfaisantes et l’image est stable et propre – bien que lissée. Les bonus sont précisément les mêmes que ceux de l’édition de 2016 : ils contiennent des interventions du comédien Lou David, du monteur Jack Sholder et de l’actrice Leah Ayres. Il y est question du tournage (rapide), du personnage de Cropsy (dont Lou David espérait étoffer le background), des effets spéciaux de Tom Savini, du montage du film ou encore de l’ambiance qui a présidé à sa réalisation. Ces documents de courte durée se distinguent davantage pour les anecdotes qu’ils rapportent que pour d’éventuelles analyses – dont ils sont relativement dépourvus.

1.85:1
Langue : Anglais (DTS-HD 2.0), Français (DTS-HD 2.0)
Sous-titres : : Français

Distribué par Arcadès. 

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3

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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