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Le Quatrième Homme, film noir de Phil Karlson, en Blu-ray

En éditant Le Quatrième Homme (Kansas City Confidential), Rimini Edition nous permet de découvrir un film noir solide réalisé par Phil Karlson, avec John Payne et un jeune Lee Van Cleef.

Dès ses premières images, ce Quatrième homme s’inscrit dans la lignée du film noir. Le cadre urbain est filmé de façon hyper-réaliste. Dans le casse qui se prépare, les différents personnages sont présentés avec leur personnalité, leur caractère ; chacun a ses propres motivations pour accepter (de plus ou moins bon gré, d’ailleurs) cet étrange marché.
Il s’agit donc d’attaquer des convoyeurs de fonds et de leur prendre plus d’un million de dollars. L’originalité, ici, c’est qu’à part l’organisateur, aucun des participants au casse ne connaît les autres. Ils sont tous masqués et ne savent rien des autres (procédé qui inspirera le casse qui ouvrira L’Affaire Thomas Crown, de Norman Jewison, seize ans plus tard). Puis, une fois le vol accompli, ils se séparent et doivent se retrouver plus tard, dans un lieu qui leur sera communiqué en temps voulu, pour effectuer le partage du butin. Ce début de film est fulgurant : rythme, tension, violence brute et frontale, personnages que l’on pourrait qualifier de « badass » : en peu de temps, nous sommes plongés dans l’action.
Le Quatrième Homme prendra alors une autre tournure qui, au film noir, ajoutera une intrigue et une ambiance proche du western. Un livreur de fleurs sera accusé à tort d’être complice des voleurs et emprisonné. L’occasion pour Phil Karlson de mentionner, au travers d’ellipses très suggestives, les violences policières. Le cinéaste sait parfaitement bien faire monter la tension dramatique, en mettant son personnage principal dans une situation difficile.
Voyant sa vie ruinée par cette accusation, Joe Rolfe n’a plus qu’une idée en tête : retrouver les participants au casse. Commence alors une seconde partie qui relève plus du western : les adversaires se regardent en chiens de faïence, le spectateur sait qu’un duel final est inévitable, une fille se trouve au milieu (bien que sa présence ne soit pas franchement indispensable, mais il fallait une fille pour mettre en valeur le protagoniste). Le décor change complètement, mais la violence, filmée au plus près des personnages avec une impression de brutalité nettement affirmée, est toujours là.
Ce mélange entre film noir et western est une des belles réussites du film, et constitue une marque de fabrique d’un cinéaste qui a partagé son œuvre entre les deux genres.
L’ensemble donne un film atypique, film noir nerveux et tendu. L’interprétation est forte et convaincante. Nous sommes, certes, dans le cadre de la série B, avec ses moyens limités, mais Phil Karlson parvient à tirer le meilleur parti des situations qu’il crée.

Le Quatrième Homme est accompagné d’une présentation de l’œuvre de Phil Karlson par Jean-François Rauger et surtout d’un livret qui évoque aussi bien le cinéaste que les interprètes du film. Out ce qu’il faut pour donner envie de s’intéresser de plus près au cinéma de Phil Karlson, réalisateur trop méconnu mais recommandé par Scorsese et Tarantino…

Caractéristiques Blu-ray
Version originale anglaise DTS HD Master Audio sous-titrée en français
Format image : 4/3 format respecté 1.33
Qualité :Pal
Durée : 99 minutes
Suppléments :
Présentation de l’œuvre de Phil Karlson par Jean-François Rauger (11 minutes)
« Ces hommes qui avancent masqués » Livret 28 pages

Les Oiseaux de passage, de Ciro Guerra et Cristina Gallego en DVD et Blu-ray

En 2015, le cinéaste colombien Ciro Guerra nous fascinait avec son troisième long métrage, L’Étreinte du serpent. Même si le sujet et l’époque paraissent différents, on trouve dans Les Oiseaux de passage, qu’il a réalisé avec Cristina Gallego, de nombreuses similitudes avec ce film.

Tout d’abord, Les Oiseaux de passage nous parle d’une tribu indienne, les Wayuu, installée dans le nord de la Colombie, dans la province de la Guajira. La vie quotidienne de cette tribu nous est présentée avec une rigueur documentaire doublée d’un sens esthétique rare. La composition des cadres, les couleurs nous offrent des images splendides, mélange, comme le film dans son ensemble, de réalisme cru et d’onirisme mystique.

Divisé en cinq parties, Les Oiseaux de passage se déroule comme une tragédie chantée par une sorte de berger-aède. A l’origine de tout se trouve le désir. Désir d’un homme pour une femme. La scène d’ouverture nous présente la jeune et belle Zaida qui sort d’un rite initiatique qui fera d’elle une femme. Séduit, Rapayet est prêt à tout pour qu’elle devienne sa femme, mais la dot demandée, composée presque exclusivement de têtes de bétail, est très élevée pour ces familles pauvres vivant dans une région désertique.

Travailleur acharné, Rapayet va rencontrer par hasard de jeunes Américains qui, sous le prétexte fallacieux de mener une lutte contre le communisme, vivent en communauté hippie sur une plage colombienne et sont à la recherche de grosses quantités de marijuana. Ce sont peut-être eux les « Oiseaux de passage » du titre : chez les Wayuu, les oiseaux sont des animaux de mauvais augures qui annoncent (ou apportent ?) le malheur.

A partir de là, la « machine infernale » est en route, et elle va broyer les individus un par un. Jamais aucun personnage ne semblera contrôler quoi que ce soit dans cette histoire et le spectateur sait très vite que tout cela finira mal. Tous les signes de la tragédie à venir sont là, présents dès le début. C’est la mère de Zaida qui le dit.

Comme le chamane de L’Étreinte du serpent, la mère des Oiseaux de passage sait lire les signes de l’au-delà. Elle est en connexion avec un autre monde. Le film mêle avec bonheur le réalisme documentaire et l’onirisme mystique. La frontière entre les mondes est abolie, et c’est la mère de Zaida qui sert souvent de passage. Du coup, le film offre des scènes de rêves d’une beauté rare. « Les rêves sont la preuve que l’âme existe » : c’est bien une question d’âme qui se joue dans ce film. L’âme des hommes, qui se noircit dans cette quête de l’argent rapide qui coule à flot et où les problèmes se règlent à coups de fusils, et non plus selon les discussions traditionnelles.

Mais au-delà des individus, c’est aussi l’âme de la tribu qui est en jeu. Depuis le début, l’honneur et l’unité de la famille (au sens strict de noyau familial mais aussi au sens élargi, englobant toute la tribu) sont désignés comme les enjeux essentiels. Or, si des étrangers entrent bien en ligne de compte (les trafiquants américains par exemple), c’est bien au sein de la famille que la tragédie va s’enraciner. Les clans vont s’affronter, la violence va monter, la lutte pour le pouvoir va gangrener toute la tribu.

« Nous avons perdu notre âme, plus rien ne nous protège »

Finalement, la tragédie se noue très vite. Le reste du film se contente de dérouler inexorablement les conséquences des actes des personnages, qui les éloigne de plus en plus de la période d’insouciance de l’avant-catastrophe. Le sentiment de l’irréparable, de la perte d’un Âge d’or, irrigue tout le film et lui donne une ampleur mythologique. La Chute racontée ici n’est pas seulement celle de cette tribu à cet instant, elle a une dimension universelle. C’est la décadence des peuples qui s’éloignent de leurs racines, quand les considérations d’argent passent au-delà des traditions séculaires.

Leonidas, petit frère de Zaida, est l’exemple de cette décadence morale. Égoïsme, alcoolisme, violence, manque de respect envers les autres, il cumule sur sa personne tous les maux qui déciment la tribu.
Avec ces Oiseaux de passage, Ciro Guerra et Cristina Gallego nous livrent ici un film aussi beau que douloureux, doté d’images splendides et renforcé par un onirisme mystique. Un film superbe, à voir et revoir.

Les Oiseaux de passage : bande annonce

Caractéristiques du DVD :
DVD-9 zone 2
PAL
Format du film : 2.35 (16/9 compatible 4/3)
Couleurs
Langue : espagnol
Formats audio 2.0 et 5.1
Sous-titres : français
Durée du film : 120 minutes

Caractéristiques du Blu-ray :
BD-50 zone B
PAL
Format du film 2.35 (16/9 compatible 4/3)
Couleurs
Langue : espagnol
Formats audio 2.0 et 5.1
Sous-titres : français
Durée du film : 125 minutes

Compléments :
_ La production du film (5 minutes) : le documentaire insiste surtout sur les difficultés naturelles rencontrées sur le tournage : pluies diluviennes, fleuves en crue, construction d’une digue…
_ La culture Wayuu (4 minutes), qui est aussi un making of montrant comment le film se construit autour de la communauté Wayuu.
_ La Bonanza (3 minutes) : l’épopée du trafic de drogue à la Guajira.
_ Bande annonce

« Ody-C » : une odyssée spatiale, psychédélique et féminisée

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L’omnibus Ody-C a été publié chez Glénat en avril 2019. Le scénariste Matt Fraction et le dessinateur Christian Ward façonnent une bande dessinée sensorielle, envoûtante et en tous points singulière. Dans une structure à trois corps, ils revisitent L’Odyssée d’Homère, modifient son assise – époque, lieux – et y greffent de nouveaux enjeux – questions liées au genre.

Ody-C est une expérience. Avant de s’adresser à l’intellect, chacune de ses planches en appelle aux sens. Débauche de formes et de couleurs, partis pris non affadis par les concessions, découpage ambitieux, psychédélisme se situant quelque part entre Philippe Druillet, Alex Grey et Keiichi Tanaami : l’apparat graphique de la bande dessinée de Matt Fraction et Christian Ward invite à l’évasion et se suffit presque à lui-même. Le temps passé à examiner les planches excède probablement celui de la lecture, rendue insolite par l’emploi quasi exclusif de dialogues rapportés (au lieu des bulles habituelles) et de vers numérotés. Rarement le visuel aura tant phagocyté un comics. Et pourtant, c’est peu dire que l’écriture recèle, elle aussi, de qualités.

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Crédits : Glénat.
Extrait de « Ody-C », visible sur le site de l’éditeur.

Homère décrivait un voyage sur mer dans la Grèce antique (VIIIe av. J.-C.). Matt Fraction et Christian Ward féminisent son odyssée et la transforment en une aventure cosmique au XXVIe siècle. L’un des récits pionniers de la civilisation européenne s’en trouve relifté, gorgé de questions liées aux genres, amarré à la violence, dispersé entre trois glorieuses héroïnes, Gamen, Enée et Odyssia. Si tout commence à Troiia dans une bataille légendaire, les cadres et les personnages se succèdent ensuite les uns aux autres : le lecteur croise la route de la Cyclope de Kylos, découvre des Sebex hybrides capables de féconder un ovule, parcourt le territoire de Q’af ou d’Éolia, valse au rythme de Poséidon, Zeus, Prométhée, Héraclès ou Apollon.

Éole enfante des filles qu’elle fait ensuite disparaître lorsqu’elles se révèlent incapables de donner naissance à un garçon. Zeus craint qu’Odyssia ne vienne revendiquer son héritage. La Cyclope de Kylos se nourrit des Achéennes. Les petites-filles de Poséidon habitent un monde de sciences pures. Deux frères élevés par des tribus différentes se livrent bataille sans même connaître les liens de sang qui les unissent. L’homme est présenté comme le prédateur originel des femmes. Il est question de pouvoir, de vengeance, d’avidité, de sexe, de traîtrise, de vie et de mort… Et « partout les gens confondent leurs désirs et leurs besoins, et dépensent pour les combler ».

Si Ody-C est une entreprise ambitieuse aux qualités formelles et narratives évidentes, elle laissera certainement nombre de lecteurs sur le bord du chemin. Ses partis pris radicaux (planches, récit) s’avèrent en effet de nature à fasciner les uns autant qu’à rebuter les autres. Sa lecture, exigeante, se clôture en outre de façon abrupte, puisqu’une suite attendue depuis des années est censée compléter ce premier volume. Quoi qu’il en soit, Matt Fraction et Christian Ward parviennent à détourner les codes de la Tragédie grecque pour proposer au lecteur une expérience unique, follement ambitieuse, où chaque planche constitue une œuvre d’art à elle seule.

Ody-C, Matt Fraction (scénario) & Christian Ward (dessins, couleurs)
Glénat, avril 2019, 336 pages

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4

« Joyride : Ignition » : liberté conditionnelle

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Chez Glénat est récemment parue Joyride : Ignition, une bande dessinée de 320 pages narrant l’évasion spatiale de trois jeunes adultes. Puisque la terre est devenue une gigantesque prison à ciel fermé, les trois héros vont explorer l’espace en quête de liberté. Ils y découvrent toutes sortes d’entités inconnues, pas toujours amicales…

Dystopie. Joyride : Ignition s’ouvre sur une vision terrifiante de la terre. Recouverte d’un dôme la privant d’horizon, la planète bleue se trouve sous l’emprise des Cosanova, une dictature héréditaire ayant restauré une forme exacerbée de fascisme. Les journaux télévisés sont entièrement acquis à la cause du pouvoir en place, le peuple se mue en une masse d’individus grégaires, les Jeunesses alliées sont aux ordres et contaminent les esprits, et la peur de l’autre (extraterrestre) tient lieu de puissant incubateur au service de l’autoritarisme et des privations consenties. Les Akkolyte forment cependant un groupe de résistants imperméables à l’idéologie officielle, pourchassés et décrits comme des « aberrations ».

Famille. Ces insoumis nous mènent à une autre interrogation, portant sur la famille. Dans Joyride : Ignition, celle-ci prend les traits les plus divers. Les Cosanova règnent en maîtres sur une terre où la liberté s’est éteinte, mais Catrin, la fille et héritière du Chef suprême, pose un regard critique sur les agissements de son clan. Elle a grandi enfermée, a cherché à fuguer, puis a été contrainte de rejoindre les Jeunesses alliées, jusqu’à rompre définitivement avec la dictature mise en place par sa famille. Les Akkolyte ne sont quant à eux pas liés par le sang, mais par les idéaux et les valeurs, ce qui fait d’eux une famille certes artificielle, mais bien plus solide et unie que les Cosanova. Dewydd est confronté à un autre problème : entiché d’Uma Akkolyte, il la suit dans sa fuite cosmique, mais se voit traqué par son frère, promu intercepteur spatial, avant que ce dernier ne se joigne à sa cause.

Espace. Le space opera est un genre popularisé par Star Wars et très présent dans les bandes dessinées de science-fiction. Chez Glénat paraîssait d’ailleurs, au même moment que Joyride : Ignition, l’édition intégrale d’Ody-C, tandis que Dargaud et Ludovic Rio présentaient quant à eux, un mois plus tard, Aiôn. Dans l’ouvrage qui nous intéresse ici, l’espace est une double invitation à l’évasion : à celle des personnages, déjà évoquée, se couple celle du lecteur, amené à croiser la route de Kolstak le vagabond, d’une baleine de l’espace en huit dimensions qui exauce des vœux, de vides absolus génocidaires, d’une Régulatrix remodelant les modes de vie, de vaisseaux en reconfiguration constante ou d’un mini-dinosaure évolutif. Cet univers, pluriel, dense et soumis à des lois diverses, constitue l’une des forces de Joyride.

Questions connexes. La notion de liberté sous-tend toute la bande dessinée. Elle constitue d’ailleurs son point de départ, puisque c’est sa quête qui conditionne la fuite d’Uma et Dewydd, à laquelle va bientôt se mêler Catrin. Même le vaisseau « vivant » sur lequel voyagent les trois héros s’y montre sensible, pour des raisons liées à son histoire personnelle et clanique. L’amour, l’art, la liberté, la musique sont présentés comme les choses les plus nobles au monde. C’est en leur nom qu’Uma veut « briser » la cage et « détruire ce système », terrestre et totalitaire. L’homosexualité, l’amitié, la fraternité plutôt que la compétition, la question de l’action ou de la fuite irriguent également le récit, riche mais parfois malmené par des retournements de situation trop fréquents (dont la mutation du statut de certains personnages).

Style. La beauté et l’élégance des dessins, le dynamisme du découpage, l’ironie des dialogues sont autant de qualités appréciables. Les tirades fusantes collent parfaitement à la caractérisation d’un personnage comme Uma, ivre de liberté et d’audace. Pour le reste, le lecteur aura affaire à un bestiaire varié et se trouvera plongé dans des poursuites échevelées, tous deux au service d’enjeux bien plus profonds qu’il n’y paraît.

Crédits : Glénat.
Extrait de « Joyride : Ignition », visible sur le site de l’éditeur.

Joyride : Ignition, Marcus To (dessin) & Jackson Lanzing et Collin Kelly (scénario)
Glénat, avril 2019, 320 pages

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3.5

Tony Scott : le cinéma familier d’un génie méconnu

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Esthète, ambitieux, accessible, exigeant, humble, avant-gardiste, populaire, moral, fédérateur… Tony Scott, c’était tout ça et bien plus à la fois. A l’occasion du septième anniversaire de sa mort survenue le 19 août 2012, LeMagduciné consacre la semaine à revenir sur le travail d’un réalisateur bien trop sous-estimé.

Filmaker for the people

Même si un début de reconnaissance commence à lui être accordé du bout des lèvres, la filmographie de Tony Scott continue d’être considérée à l’unité plutôt que comme une œuvre à part entière. Il faut dire que son cinéma est un archétype du « film du dimanche soir », catégorie que l’on pourrait définir comme des divertissements pour les adultes, conçus avec respect du spectateur et amour du travail bien fait, dont les prétentions artistiques ne dépassent jamais la vocation d’efficacité. En fait, s’il existait une définition dans le dictionnaire, vous trouveriez probablement sa photo avec sa casquette rose, son gilet de pêche et un barreau de chaise à la bouche.

Car Tony Scott n’était pas qu’un emblème de ces péloches qui vous rendaient les fins de week-end moins amères. Il incarnait le niveau le plus élevé de ce standing qui présidait à la conception des films de studios dans les années 80-90. Que ce soit précisément cette dimension qui se heurte à une validation plus franche de son cinéma en dit moins sur son importance que celle des prescripteurs culturels institués. Les mêmes qui disent oui au populaire pour mieux le cantonner derrière les gradins du grand cinéma qui extériorise son surmoi pour signaler sa noblesse.

Or, son propre surmoi arrivait largement en queue de wagon des priorités de Tony Scott. Loin derrière le spectateur et les besoins d’un récit qu’il refusait de surplomber de son égo. Pour ceux qui pensent l’articulation entre l’artisanat et l’auteur à l’aune de l’empreinte visible de ce dernier, c’est un critère éliminatoire, et presque paradoxal avec le caractère de Scott. Car le réalisateur de Top Gun n’était pas ce qu’on pourrait appeler un réalisateur « discret ». Avec son style reconnaissable en quelques plans et ses élans expérimentaux quasiment d’avant-garde, il faisait même partie de ces cinéastes qui ont définitivement imprimé l’époque dans laquelle ils ont évolué.

Pourtant, jamais Tony Scott (à quelques exceptions près) ne semble imposer sa présence, pour la simple et bonne raison qu’il se met toujours au service de la limpidité de ses enjeux. Le cinéaste peut changer plusieurs fois de vitesse de défilement de la pellicule, jouer avec la ligne des 180°C  et oser les arrêts sur images au sein d’une seule et même séquence de Man On Fire, on ne s’offusque pas. Parce qu’il s’agit en permanence de traduire l’état d’esprit du personnage, de nous immerger dans son point de vue et sa façon de décrypter son environnement.

Questions de cinéma

On pourrait se surprendre à questionner l’intérêt de déployer autant de moyens pour les rendre « invisibles». Mais si Scott pouvait se comporter comme un réalisateur d’arts et d’essai sur une production grand-public, ce n’est pas par velléité arty mais pour fluidifier la médiation de l’essentiel au spectateur. C’est qu’à l’instar de Steven Spielberg, il ne confond jamais la complexité inouïe de ses dispositifs avec leur accessibilité émotionnelle. Un souci aigu du spectateur, qui se traduit jusque dans la sophistication de la fabrication, reflet du respect dans lequel il tenait son public. Matez-vous n’importe quel film de Tony Scott : en deux minutes vous aurez plus de générosité cinématographique et de production value que dans 95% de la production actuelle. Celle où des blockbusters ne prennent même plus le temps d’étalonner correctement l’image.

Ou mieux, prenez-vous 5 minutes pour vous remater cette séquence de L’attaque du métro 123. L’un de ses films réputés les plus simples, mais qui témoigne de la volonté de Scott « d’ajouter » quelque chose, d’enrichir la scène pour en faire un instant-prégnant sans en avoir l’air. Regardez le héros joué par Denzel Washington, assis, exposé au regard des autres en open space et filmé sous toutes les coutures avec une transparence imposée qui prendra tout son sens lors d’une péripétie douloureuse. Regardez celui de John Travolta. qui ne cesse de bouger, de se défausser à la caméra, d’apparaître derrière des vitres opaques ou pratiquement hors-cadre pour se construire dans l’opacité. Regardez comment Scott filme cette entité floue que Washington essaie d’identifier et que personne ne connaît. Regardez comment le cinéaste crée par l’image les deux faces d’une même médaille. Regardez l’envie de cinéma qui transpire de cette simple séquence et imaginez ce que ça aurait donné filmé par quelqu’un d’autre. Sans doute un champ/contre-champ téléphonique qui n’aurait rien dit d’autre que ce que les dialogues exposent.

Comme le dirait l’ami Rayane Mezioud, Scott était un cinéaste de l’âge d’or de Hollywood, dont l’estime de soi serait restée imperméable à la théorie des auteurs et aux révolutions des 60-70’s. Un artisan qui prenait du temps à faire le produit et demander plus cher que le voisin, mais mettait son honneur dans le résultat final. Pourtant, il aurait pu se la faire reluire. Diplômé des beaux-arts, doté d’une culture picturale exceptionnelle, d’un œil hors-norme, au point que Kubrick en personne lui demande de filmer un plan de Barry Lyndon ! (dédicace Fouad Bouddar) Sur le papier, Tony Scott avait largement de quoi invoquer l’admiration du public (son frère ne s’en prive pas). En pratique, il préférait lui témoigner du respect. Et quiconque s’est rendu au cinéma ces six derniers mois sait à quel point c’est une denrée qui se fait rare…

Retrouvez la plume de Guillaume sur son blog: critique ta mère !

Heat de Michael Mann : le feu bleu

Heat contient en lui un feu, celui qui se nourrit de l’onirisme des émotions, de la passion épique pour le risque et de la puissance de la violence urbaine. Il serait aisé de confiner le long métrage à sa simple image de grand polar moderne qui s’accompagne de sa fameuse confrontation entre deux acteurs à leur apogée : Robert De Niro et Al Pacino. Mais le film ne se contente pas seulement de jouer avec les codes du genre mais décide de les amadouer pour les rendre plus venimeux. 

La méticulosité de Michael Mann, sa science du montage et sa capacité à décrypter les obsessions de ses personnages font de cette œuvre une mosaïque de genre qui dépasse le cadre même de son architecture première. Une mosaïque qui se démarque du tout venant pour tenir dans ses entrailles, comme on pouvait le vivre avec les œuvres de Jean Pierre Melville ou de Sam Peckinpah, le flambeau de la tragédie et les stigmates du récit initiatique. Des grandes et majestueuses scènes de braquage aux fusillades naturalistes, meurtrières et sèches, Heat se plonge avec dévotion dans les affres de la ville bleutée qu’est Los Angeles : un espace périphérique, urbain, propice aux envolées « western » d’un John Ford, fait de buildings et d’entrepôts où seuls des « loups » peuvent survivre. Los Angeles devient de ce fait un véritable personnage : un univers où des « dieux » jouent à pile ou face avec la vie pour enfin toucher au but et se sentir libre de toute obligation.  

Derrière cette histoire de malfrats et de gangsters, se dissimule une étincelle vivant chez des hommes et des femmes qui veulent avancer pour avoir le choix et construire un avenir qui effacerait les éraflures du passé. Chez Michael Mann se distingue donc une dichotomie qui est passionnante à dévisager : la posture figée et masculine de l’univers de son cinéma, celle qui convoque la violence, le code d’honneur et le respect des règles, qui se délite petit à petit par l’ébullition de la poésie du couple et par le mouvement perpétuel. Heat, comme les autres œuvres du cinéaste, que ce soit Hacker, Public Enemies ou même Miami Vice, est un cinéma du mouvement, touchant presque à une certaine forme d’abstraction, qui se démarque autant par sa mise en scène équilibriste que par des personnages qui ne cessent de courir à corps perdus vers le soleil de la réussite et de l’amour de l’autre.

Au-delà de bâtir sa trame policière et de faire grandir progressivement son face à face tant attendu, de manière méthodique et structurée, Michael Mann prend des risques sans perdre de tension ni de rythme et préfère toiser du regard les hématomes sentimentaux de ses personnages. Le couple est une entité hybride qui marche sur des braises : ce n’est plus une question d’hommes ou de femmes, ni de pouvoir et de domination, ni de volonté ou d’amour. Ce n’est qu’une question de regard, d’une âme qui se fond dans celle de l’amour d’une vie. Chacun voit naître en soi une lutte intestine entre la possibilité de s’affranchir, de continuer son bout de chemin ou alors de suivre l’être aimé même dans la dangerosité du quotidien. Heat se meut presque en film existentiel qui fait pleuvoir les coups de feu et fait se déchirer les couples par le biais de l’ambition destructrice de l’homme et sa volonté de dénicher le dernier coup. 

A l’instar d’œuvres comme Mystic River de Clint Eastwood, c’est d’autant plus impressionnant de voir se mouvoir un tel aspect sensoriel dans un film qui paraît si grandiloquent dans ses grandes lignes : sa mise en scène, sa durée, son casting, la densité de son récit, son écriture, sa musique et sa violence sociale. C’est du grand art, une ivresse de maîtrise et de calcul qui paraît inégalable, presque trop froide pour être acclamée : un film « monde » qui pourrait balbutier devant tant d’ambition formelle et scénaristique. Et pourtant, Heat garde le cap grâce au feu qui est en lui, à son esthétisme aussi classique qu’avant-gardiste et marque la conscience collective par son invitation cinématographique. Une décharge aussi primitive que profondément humaine.

Bande Annonce – Heat

Fiche Technique – Heat  

Réalisation : Michael Mann
Scénario :  Michael Mann
Interprétation : Robert De Niro, Al Pacino, Val Kilmer, Ashley Judd
Durée : 2h50
Genre : Drame/Polar
Date de sortie : 21 février 1996

Les cinéphiles du dimanche #1 : Les Dents de la mer, Fantômas, L’Homme qui venait d’ailleurs…

A partir d’aujourd’hui, Le Magduciné vous propose un nouveau rendez vous : celui des « cinéphiles du dimanche ». Une fois par mois, quelques uns de nos rédacteurs vont se réunir pour disserter, analyser et vous faire part d’une petite sélection de films vus ou revus dernièrement. Pour ce mois d’août, entre canicule et petite pluie bienveillante, on vous parle de joyeusetés comme Les Dents de la mer, la trilogie Fantômas ou même de Témoin à charge. Bonne lecture à tous.

Le Mépris de Jean Luc Godard

Le Mépris c’est évidemment la figure mythique de Brigitte Bardot et plus largement même de l’un des couples mythiques du cinéma français qu’elle forme avec Michel Piccoli le temps du film. Grand classique de la Nouvelle Vague, l’oeuvre instaure alors deux manières de procéder courantes de l’époque, celle de mettre en scène directement le cinéma en amenant le spectateur sur un tournage jusqu’aux studios de Cinecitta en Italie puis la libération de la représentation du corps de la femme que Vadim avait déjà largement fait évoluer avec Et dieu créa la femme où la même Brigitte Bardot créait le scandale en dansant le mumba. Le Mépris c’est quelques secondes qui peuvent tout changer, une exploration sociologique du couple comme Godard les fait si bien, un film simple en soi qui capte la vie comme elle est, l’amour comme il tente d’exister et un film qui peut changer des vies, en tout cas la mienne.

Gwennaëlle Masle

Trilogie Fantômas d’André Hunebelle

J’ai enfin découvert la trilogie des Fantômas, pourtant culte, que je n’avais jamais vue. Dans l’ensemble, les trois films ont plutôt mal vieilli. Le premier vaut le coup d’œil, pour son duo De Funès – Jean Marais assez convainquant, bien que les dialogues soient peu inventifs et l’histoire inintéressante. Le concept l’emporte, dirons-nous. Cependant, le deuxième puis le troisième volets tombent dans la caricature, avec un De Funès qui cabotine du mieux qu’il peut pour meubler le vide intersidéral du scénario, jusqu’à en devenir une caricature de lui-même. Jean Marais, quant à lui, est de pire en pire, semblant de moins en moins impliqué. À la limite, le troisième peut s’apprécier encore pour son grand n’importe quoi et son côté too much. Quoi qu’il en soit, Fantômas, c’est bien mieux chez Louis Feuillade avec sa série de films sortis dans les années 1910, et que je vous conseille vivement.

 Jules Chambry 

Témoin à charge de Billy Wilder

Sorti en 1957, Témoin à charge est l’adaptation d’une pièce de théâtre d’Agatha Christie qui connut un grand succès depuis le début des années 50. Réunissant un casting impressionnant : Charles Laughton, Marlene Dietrich et Tyrone Power, Témoin à charge est un suspense judiciaire particulièrement efficace, d’abord par le rythme insufflé par Billy Wilder. Les dialogues sont remarquablement bien écrits, vifs et percutants. Les scènes sont calibrées pour soutenir la rapidité du récit. L’alternance entre l’humour des répliques, la gravité de la situation et le suspense fait merveille. D’abord très drôle, le film devient de plus en plus tendu au fil de son déroulement. La maladie de l’avocat Robarts (Charles Laughton) augmente encore cette tension dramatique : elle est construite en parallèle avec l’évolution du procès ; plus le cas semble désespéré, plus la maladie s’aggrave. Comme souvent chez Wilder, les interprètes sont extraordinaires : Charles Laughton s’amuse à s’escrimer avec Elsa Lanchester (la célèbre Fiancée de Frankenstein), qui incarne son infirmière et qui était son épouse à la ville. Tyrone Power est formidable en accusé un peu naïf qui ne semble pas prendre conscience de la gravité de sa situation. Enfin, Marlene Dietrich est magnifique en femme d’apparence froide qui couve un terrible feu intérieur. L’ensemble fait de Témoin à charge un formidable divertissement, mêlant avec maestria humour, drame et suspense, et dont les dialogues ciselés sont servis par d’excellents comédiens.

Hervé Aubert

Les Dents de la mer de Steven Spielberg

Le film catastrophe a le vent en poupe. De 1972 à 1974, L’Aventure du Poséidon, Tremblement de terre et La Tour infernale se taillent la part du lion au box-office. C’est alors que sort en 1975 Les Dents de la mer, deuxième long métrage de Steven Spielberg, et putatif premier blockbuster de l’histoire du cinéma, annonciateur des tentpole pictures. Le tournage est difficile : les conditions climatiques, les dépassements de budget et une grève des comédiens contraignent le futur réalisateur de Jurassic Park à filmer les premières scènes avant même que le scénario et les animatroniques ne soient achevés. Le script est régulièrement retouché durant la mise en boîte du film, tandis que Bob Mattey (20 000 lieues sous les mers) prend en charge la conception de trois requins en polyuréthane de plus d’une tonne et huit mètres de long. Filmé dans une station balnéaire du Massachusetts, Les Dents de la mer joue sur plusieurs tableaux : la dénonciation d’une certaine sphère politico-économique (on passe sous silence ou minimise les attaques de requin pour ne pas faire fuir les touristes) ; l’apparat technique (raccords dans l’axe, trans-trav, contre-plongées, mise en scène au cordeau) ; le spectacle enfin, porté par les partitions de John Williams, ultra-efficace, et faisant la part belle au suspense et au sens de l’image (mer teintée de sang, bateau en charpie, scène de panique sur la plage). Il en ressort un objet novateur, divertissant, étourdissant parfois, qui se verra bientôt cité des dizaines de fois dans des œuvres aussi diverses que Retour vers le futur 2, Clerks ou Gang de requins.

Jonathan Fanara

L’Homme qui venait d’ailleurs de Nicolas Roeg

Autant l’aventure labyrinthique de Ne vous retournez pas, dans les ruelles nébuleuses de Venise m’avait envoûté, voire crispé avec sa fin assez monumentale, autant le film avec Bowie me laisse de marbre malgré sa beauté de chaque instant. Certes, les qualités graphiques sont là, notamment des scènes de sexe magnifiques, mais pour moi, le film se perd en cours de route, à trop vouloir être illisible et la magie du montage syncopé n’opère pas, surtout par le biais d’une histoire d’amour mal fagotée et un personnage principal neurasthénique. La présence de David Bowie, son physique iconique, happe indéniablement, il bouffe le film de sa classe, on ne peut l’exclure, mais bizarrement le charme se délite au fil des minutes. Derrière ce subterfuge d’une science fiction qui n’en est presque pas une, Roeg utilise avec intelligence sa rock star et son environnement atypique pour parler de célébrité, de solitude, et de l’aliénation humaine et sa manière d’imaginer la marginalité mais semble parfois vouloir trop se reposer sur les épaules de l’aura de son acteur pour faire saisir les choses. On sent que le film est une grosse influence d’Under The Skin, mais là où le film de Glazer utilise l’image pour dévoiler sa limpidité (ou sa simplicité), L’Homme qui venait d’ailleurs se perd dans un récit qui multiplie des pistes dans le vide.

 Sébastien Guilhermet 

La Piste des géants de Raoul Walsh

Parmi les westerns fondateurs, on comptera plusieurs films de John Ford, comme Le Cheval de fer ou Trois Sublimes Canailles, mais aussi La Piste des géants de Raoul Walsh, qui partage avec son confrère, en plus d’être borgne lui aussi, le talent pour peindre de grandes fresques de l’ouest américain. Ici, c’est John Wayne qui tient le premier rôle, et qui, 18 ans avant La Rivière rouge, va déjà servir de guide (dans une version bien moins ambivalente) à un convoi lancé vers des terres inconnues. Les paysages sont sublimes, la reconstitution est époustouflante de réalisme et d’immersion, et le film propose quelques moments de bravoure inoubliables. Dans la neige, sous la pluie, les pionniers avancent et mettent leur vie en péril au nom de leur « terre promise ». Une aventure d’un classicisme absolu, arrivant à la fin du – premier – règne du western et au début du cinéma parlant, pétri de maladresse mais éblouissant d’ambition.

Jules Chambry

Koyaanisqatsi de Godfrey Reggio

Film. Documentaire. Expérimental. La fiche Wikipédia de Koyaanisqatsi donne de premiers indices sur la nature complexe de l’œuvre réalisée par Godfrey Reggio. La description reste toutefois insatisfaisante. Le premier volet de la trilogie QATSI occupe en effet une place singulière dans l’histoire du documentaire. Et pour cause : fait de collages de prises de vues réelles, d’images de synthèse et d’extraits publicitaires, le long métrage se veut en outre généreux en time-lapse. Késako ? Il s’agit d’un effet accéléré réalisé sur une grande série de clichés d’un même focus, prises à intervalles réguliers. Un dispositif formel employé pour la première fois à cette échelle. « Le langage n’est plus capable de décrire le monde dans lequel nous vivons », affirmait jadis Godfrey Reggio en évoquant le titre de son film, inspiré de vocables issus d’une tribu amérindienne. Ça tombe plutôt bien : si le vocabulaire ne permet plus de donner la pleine mesure de « la folie de la vie » (traduction de Koyaanisqatsi), ce documentaire expérimental y parvient avec maestria, en présentant la nature et la civilisation sous un jour nouveau, soumis aux diktats de l’évolution, du mouvement et, naturellement, de l’anthropocène. C’est par l’emprise des sens, très sollicités ici, que notre conception du monde pourra être redéfinie touche par touche. « On peut écrire des chiffres, 2 degrés de plus, on peut écrire les choses comme ça, mais on ne peut pas se les représenter », affirmait récemment le spationaute Thomas Pesquet. « Ce qu’il faut, c’est en faire l’expérience avec ses sentiments. » N’est-ce pas précisément en cela que Koyaanisqatsi demeure si précieux ? Cerise sur le gâteau : Philip Glass y fait ses débuts en tant que compositeur de musiques de films.

Jonathan Fanara

La Guerre des boutons de Yves Robert

Revisionnage d’un classique que je n’avais plus vu depuis des lustres, La Guerre des boutons m’a laissé un petit goût de frustration. Comme si derrière l’indiscutable sympathie que le film et les acteurs dégagent, se cachait un académisme trop visible qui empêchait l’ensemble de décoller. Une comédie qui se savoure encore et encore, en famille ou en vacances, présentant son lot de répliques et de scènes cultes, mais qui ne dépasse jamais le rang de « simple » divertissement. Il y aurait sans doute eu mieux à faire, quitte à traiter de la jeunesse dans les campagnes. À moins que le matériau d’origine ne porte déjà lui-même ces limites ?

Jules Chambry 

 

FFA Angoulême 2019 : découvrez la sélection très cannoise de cette 12ème édition

Chaque mois d’août rime avec cinéma francophone en Charente depuis plus de dix ans. Il s’installera du 20 au 25 août 2019 à Angoulême pour le fameux festival des films francophones qui, comme chaque année, affiche une sélection plus que passionnante pour les amoureux du cinéma.

Cette année, presque la moitié des films en Compétition à Angoulême étaient déjà présents à Cannes en mai dernier, des choix qui témoignent de la grande qualité du cinéma francophone et particulièrement maghrébin avec sa nouvelle génération dans laquelle les femmes prennent davantage de place. Maryam Touzani et Mounia Meddour réalisent leurs premiers films et pour les avoir déjà vus sur la Croisette, les deux valent largement le déplacement. Dans les 10 films en compétition, vient se greffer un unique film d’animation, chose assez rare pour être soulignée mais qui témoigne également de la fraîcheur apportée dans l’animation française ces dernières années avec des œuvres comme Ma vie de courgette (récompensé au FFA en 2016), ou le si apprécié J’ai perdu mon corps cette année à la Semaine de la Critique. Le cinéma d’animation se fait doucement une place au regard du grand public. Comme chaque édition, le Festival rend hommage à un distributeur et se fixe sur Haut et Court avec la projection du marquant Jusqu’à la garde ou encore d’œuvres classiques de François Ozon et Bertrand Bonello avec Sous le sable et L’Apollonide. Avec la présence d’Adam en Compétition, le Festival fait d’une pierre deux coups et met à l’honneur le mari de la réalisatrice, également co-scénariste sur le film, Nabil Ayouch avec un rétrospective de sa filmographie de Mektoub à son dernier en date Razzia où il offrait le rôle principal à Maryam Touzani. Cannes à Angoulême, ça continue également avec la présence de deux films importants de la Compétition cannoise cette année que l’on pourra retrouver dans la catégorie Les flamboyants les 21 et 22 août : le Grand Prix Atlantique de Mati Diop et le Prix du scénario Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma. Le jury qui remettra le Valois de diamant le dimanche 25 août sera présidé par l’actrice Jacqueline Bisset et composé de Hugo Becker (acteur, réalisateur), Maripier Morin (actrice), Mehdi Nebbou (acteur), Françoise Nyssen (ancienne Ministre de la Culture, éditrice), Laurent Weil (journaliste), Bettina Oberli (réalisatrice), Roukiata Ouedraogo (actrice), Louis-Julien Petit (réalisateur),

La Compétition :

    • Camille, de Boris LOJKINE
    • Adam, de Maryam TOUZANI
    • Papicha, de Mounia MEDDOUR
    • Tu mérites un amour, de Hafsia HERZI
    • Vivre à 100 milles à l’heure, de Louis BÉLANGER
    • Les hirondelles de Kaboul, de Zabou BREITMAN et Eléa GOBBÉ-MÉVELLEC
    • Lola vers la mer, de Laurent MICHELI
    • Au nom de la terre, de Edouard BERGEON
    • La fille au bracelet, Stéphane DEMOUSTIER
    • Place des victoires, de Yoann GUILLOUZOUIC

Top 10 des meilleurs films ayant le casino pour thème

Depuis plusieurs décennies déjà, le cinéma aborde la thématique des jeux de hasard et d’argent. Les films qui se déroulent dans des casinos, ou dans des environnements similaires, ou encore ayant un thème lié aux casinos sont disponibles par milliers. On pourrait même créer une catégorie de films de casino tellement ils ont du succès.

Très appréciés des fans de cinéma, mais encore plus des joueurs de casino, certains films de casino ont réussi à se démarquer en décrochant une place de choix au box-office. Aussi, d’autres films à succès modéré ont tout de même su devenir des incontournables du genre. Découvrons le top 10 des meilleurs films sur le thème des casinos.

Casino Royale

Réalisateur : Martin Campbell
Avec : Daniel Craig, Eva Green
Bande-Annonce : Casino Royale

Film réalisé par Martin Campbell en 2006, cette version rassemble un duo d’acteurs des plus séduisants : Daniel Craig et Eva Green. Budgétisé à 72 millions de dollars, le 21e titre de la célèbre saga James Bond a su convaincre l’intégralité des fans de jeu de sous. En effet, le héros principal évolue dans cet environnement, des Caraïbes où il remporte une Aston Martin DBS, au Monténégro où il joue une partie en compagnie d’un terroriste…avec 10 millions de dollars comme mise de départ.

Casino

Réalisateur : Martin Scorsese
Avec : Robert de Niro, Sharon Stone, Joe Pesci
Bande-Annonce : Casino

Ce film dramatique américain, sorti au cinéma en 1995 et réalisé par Martin Scorsese, scénarise 2 grands acteurs : Joe Pesci et Robert de Niro, les interprètes des 2 rôles principaux. La sulfureuse Sharon Stone jouant le rôle d’une prostituée (qui lui a valu un Golden Globes) accompagne les 2 héros, dans un univers gangster des années 1970. Le concept du film tourne autour des casinos, vu que de Niro (jouant le rôle de Sam) est exilé à Vegas, dans le but de gérer un hôtel casino, servant de couverture à une organisation mafieuse de Chicago. L’argent coule à flot, mais les problèmes suivent rapidement la cadence… Nous vous proposons également de plonger dans le monde des casinos https://1-casinosenligne.com/machines-a-sous/.

Ocean’s 11

Réalisateur : Steven Soderbergh
Avec : George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Andy Garcia, Julia Roberts
Bande-Annonce : Ocean’s Eleven

Le film est un remake d’un film de Franck Sinatra réalisé en 1960. Sortie en 2002, la pellicule a été réalisée par Steven Soderbergh et réunit un éventail d’acteurs les plus connus tels que Brad Pitt et George Clooney, qui côtoient Andy Garcia, Julia Roberts et Matt Damon, composant une équipe extraordinaire de criminels. Leur but étant de réaliser le vol du siècle : cambrioler en même temps les 3 plus grands casinos de Las Vegas, le Bellagio, le Mirage et le MGM.

Las Vegas Parano

Réalisateur : Terry Gilliam
Avec : Johnny Depp, Benicio del Toro
Bande-Annonce : Fear nd Loathing in Las Vegas

Las Vegas Parano est une comédie dramatique américaine réalisée par Terry Gilliam, sortie en salle de cinéma en 1998. L’avant-première était un vrai échec commercial…et puis, contre toute attente, le film est devenu culte ! Peut-être que ce revirement de situation est dû aux personnages principaux, Johnny Depp et Benicio del Toro qui partagent la tête d’affiche. Ou alors, l’approche décalée du film a fini par convaincre les téléspectateurs : un journaliste, escorté par son avocat, se rend à Vegas dans le but de couvrir un évènement sportif…ce n’est qu’une image de façade. En fait, le but est de créer le trouble dans des maisons de jeux…pour s’adonner aux excès, et surtout à toutes les formes de drogue.

Leaving Las Vegas

Réalisateur : Mike Figgis
Avec : Nicolas Cage, Elisabeth Shue, Julian Sands, Valeria Golino
Bande-Annonce : Leaving Las Vegas

Réalisé en 1995 par Mike Figgis, ce film franco-américano-britannique, regroupe Nicolas Cage, Elisabeth Shue, Valeria Golino et Julia Sands. Très sombre, le film raconte la descente aux enfers de Ben, un scénariste qui vient de perdre son travail et décide alors de terminer sa vie dans les méandres de Las Vegas et dans l’alcool. Il loue un local dans un hôtel déplorable, à proximité des casinos et des cabarets nocturnes et fait la rencontre d’une serveuse également perdue…qui va sombrer avec lui dans ses derniers moments.

Las Vegas 21

Réalisateur : Robert Luketic
Avec : Kevin Spacey, Laurence Fishburne
Bande-Annonce : Fear and Loathing in Las Vegas

Drame américain sorti en 2008, cette fiction est inspirée d’une histoire vraie : celle d’une équipe de blackjack du MIT (Massachussets Institute of Technology). Avec Kevin Spacey et Laurence Fishburne, le film raconte les péripéties d’un étudiant surdoué, Ben, devant partager son temps entre un concours de sciences, ses études et des petits jobs. Un jour, il rejoint une équipe d’étudiants, gérée par un professeur, qui va dévaliser les casinos de Vegas avec une technique sans failles…mais risquée.

Jouer à des jeux de casinos en ligne français est la meilleure manière de s’immerger dans l’univers des casinos, comme dans les meilleurs films. Faites un tour notamment au Casino770 pour vivre une expérience de jeu des plus extraordinaires, avec des possibilités incroyables de gain.

The Hangover (ou ’’Very Bad Trip’’)

Réalisateur : Todd Philips
Avec : Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis, Heather Graham
Bande-Annonce : The Hangover

Cette comédie américaine, réalisée par Todd Philips, est sortie en 2009. Elle met en scène un quatuor exceptionnel, incluant Bradley Cooper et Ed Helms…pour une comédie ébouriffante. Le synopsis est de taille : Doug sur le point de se marier, ses amis décident de le conduire à Las Vegas pour enterrer sa vie de garçon. Mais…avec l’abus d’alcool, la situation va empirer et les garçons devront gérer une disparition énigmatique de Doug, et l’apparition extraordinaire d’un bébé.

Rounders

Réalisateur : John Dahl
Avec : Matt Damon, Edward Norton, John Malkovich, Martin Landon
Bande-Annonce : Rounders

Ce film devenu culte a été réalisé en 1998 par John Dahl. Le succès du film est dû à son thème concernant le poker Texas Hold’em qui était très tendance en 1998. Le film réunit des pointures du cinéma, tels que Matt Damon, Martin Landon, Edward Norton et John Malkovich. Les 2 acteurs principaux sont des amis qui, pour rembourser leur dette excessive, jouent aux tournois de Poker, de ville en ville. Mais quand la mafia russe et les salles de jeux illégales s’en mêlent…

The Cooler

Réalisateur : Wayne Kramer
Avec : Alec Baldwin, William H. Macy, Maria Bello
Bande-Annonce : The Cooler

Le film dramatique de Wayne Kramer sorti en 2003, met en tête d’affiche, Alec Baldwin, qui joue le rôle d’un patron de casino atypique. L’histoire concerne une personne malchanceuse (un cooler), qui a la réputation de porter la poisse aux joueurs dès qu’il s’assoit sur une table de jeu…jusqu’au journoù il tombe follement amoureux d’une serveuse.

Croupier

Réalisateur : Mike Hodges
Avec : Clive Owen, Alex Kingston et Gina McKee
Bande-Annonce : The Cooler

Film sorti en 1998 et réalisé par Mike Hodges, il est tourné comme un film noir, du milieu des années 1940. Cependant, il s’agit d’une version moderne néo-noire. La fiction rassemble la crème de la crème des acteurs, tels que Gina McKee, Clive Owen et Alex Kingston. Ce film est spécialement sombre, car il scénarise un écrivain à succès mitigé, obligé d’accepter une fonction de croupier dans l’optique de survivre. Cependant, ce dernier va se laisser entraîner dans le monde du casino, au point de s’y perdre.

Once Upon a Time… in Hollywood : la déclaration d’amour de Tarantino

Avant d’être un bon petit délire dont Quentin Tarantino a le secret, Once Upon a Time… in Hollywood est avant toute chose une déclaration d’amour du cinéaste pour le cinéma. À son histoire, à son fonctionnement et à ses techniques, auxquels le papa de Pulp Fiction vient apporter sa patte, son respect et surtout son savoir-faire qui ne sont plus à démontrer. L’ensemble pourra en dérouter certains, mais la réussite est bien là !

Synopsis : En 1969, la star de télévision Rick Dalton et sa doublure de longue date Cliff Booth poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie hollywoodienne en pleine mutation, cette dernière pouvant les ranger au placard des « vedettes has been » à tout instant. En parallèle, l’actrice Sharon Tate et voisine de Rick Dalton rentre à Los Angeles avec son mari Roman Polanski pour profiter pleinement de sa vie de célébrité, sans se douter que son destin lui fera croiser le chemin des disciples de Charles Manson… 

Que pouvons-nous bien ajouter de plus quand tout a déjà été dit depuis sa présentation au dernier Festival de Cannes ? Surtout quand la rédaction du site même était présente sur la Croisette le 21 mai 2019 pour en délivrer une première critique (que vous retrouverez ici). Que dire quand la majorité des médias se montrent unanimes quant à la qualité et la prestance du film dans le paysage cinématographique ? Et ce depuis déjà quelques mois ! Autant dire que l’exercice s’avère plutôt difficile, étant donné que le risque de cette critique est d’arriver après la bataille. De paraître aux yeux des lecteurs comme une simple redite, rédigée à l’occasion de la sortie nationale du long-métrage. Surtout qu’aux vues de la note attribuée au titre, certains rétracteurs pourront y voir comme un effet « mouton suivant bêtement la masse ». Que le rédacteur de cette critique, plutôt que de se mettre les cinéphiles à dos, ait préféré aller dans leur sens pour ne pas les froisser parce qu’il s’agit d’un film de Quentin Tarantino. Réalisateur acclamé, pour ne pas dire intouchable. Oui, la situation est vraiment délicate ! Mais au lieu de se prendre la tête avec autant de questionnements, plongeons à corps perdu dans cette critique et disons-le clairement : oui, Once Upon a Time… in Hollywood est une vraie réussite, qui saura mettre tout le monde d’accord – contrairement au précédent film de Tarantino, Les Huit Salopards.

Mais il faut tout de même avouer que le film en déroutera plus d’un, à commencer par ceux n’ayant aucune affinité avec le réalisateur. Ne connaissant pour le coup aucun de ses critères de cinéaste, ils se lanceront à corps perdu dans un long-métrage qui semble mener nulle part. Car sur une durée de 2h41, Once Upon a Time… in Hollywood prend deux heures – si ce n’est plus – à suivre les déboires d’un acteur en perdition et de sa doublure. Deux heures à nous présenter une vedette narcissique has been en proie au doute lors de ses répétitions, sur les plateaux de tournage, dans sa villa, pendant ses crises de diva préoccupée par son image. Deux heures à montrer le quotidien de son homme à tout faire, insistant sur la route qu’il entreprend pour le voir rentrer dans sa caravane donner à manger à son chien. Sur une antenne de télévision qu’il doit réparer. Sur sa drague avec une parfaite inconnue. Deux heures à surligner l’amitié, pour ne pas dire la fraternité, qui unit les deux hommes, pouvant compter l’un sur l’autre jusqu’à passer une simple soirée devant la télévision avec des bières. Deux heures pour raconter tout cela, en y ajoutant en parallèle la vie de l’actrice Sharon State. Une autre intrigue qui ne se résume qu’à voir le personnage se dandiner à la moindre musique, la moindre soirée et se satisfaire au cinéma devant un film auquel elle apparaît au casting. En gros, en deux heures, Once Upon a Time… in Hollywood ne semble rien raconter. Ne pas avoir de but précis et ce même en essayant d’instaurer une menace avec « la famille Manson » comme un cheveu au milieu de la soupe. Et comme Tarantino est notamment connu pour prendre son temps, de prendre les minutes qu’il faut pour proposer des séquences de dialogues pouvant s’étirer sur des dizaines de minutes, le visionnage semblera paraître bien long et vain pour les néophytes. Mais même pour les habitués du réalisateur, Once Upon a Time… in Hollywood peut ne pas plaire. Et pour cause, Tarantino, qui nous avait habitués à des films mélangeant habilement violence et délire avec mafia et autres tueurs, nous offre ici une comédie dramatique. Quelque chose a priori plus calme qu’à l’accoutumée, qui attend d’exploser sans jamais y arriver. Est-ce ennuyeux et frustrant pour autant ? Rappelez-vous qui est à la barre !

Depuis son premier film Reservoir Dogs, Quentin Tarantino a tout de suite dévoilé son talent pour proposer à ses réalisations une écriture de très grande qualité. Le genre de plume qui parvient à donner du peps à n’importe quelle situation s’étirant pourtant à l’excès au premier abord. Dans chacun de ses précédents projets, le cinéaste a toujours su nous livrer des répliques d’une finesse exemplaire. D’une intelligence tout bonnement remarquable. Des dialogues sonnant à chaque fois juste pour emmener le film vers un délire verbal d’une jouissance tout bonnement extrême, permettant à une simple séquence de tenir la distance sur plus de quinze minutes. Si Reservoir Dogs en est le parfait exemple (car étant principalement un huis clos), nous pouvons également prendre comme exemple les discussions entre John Travolta et Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction. Les monologues de Hans Landa (Inglourious Basterds) et de Calvin Candie (Django Unchained). Les Huit Salopards dans son intégralité – bien que la plume de Tarantino y trouvait ses limites. Once Upon a Time… in Hollywood ne déroge pas à la règle et s’offre une écriture une fois de plus de qualité. Une écriture qui permet donc de transformer ces deux longues heures a priori banales sur le plan scénaristique en un véritable plaisir de cinéma. Le quotidien des deux personnages principaux devient pour le coup léger, drôle et intense. Brad Pitt donnant à manger à son chien ? Un vrai gag qui provoque le rire. La détresse de Leonardo DiCaprio face à sa notoriété déclinante ? Tout simplement hilarante, en décalage avec le drame de la situation. Tout devient énergique rien que par la force des mots. Par cette envie d’apporter un peu d’absurde, de ridicule à des séquences qui ne le sont pas. Un constat qui se voit rehausser par le montage, se permettant d’agrémenter certains passages via d’autres scènes venant s’inscruster l’air de rien (des extraits des films de Rick Dalton, le souvenir de Cliff Booth à Bruce Lee…). Par la bande originale, bien punchy. Mais surtout par l’interprétation de tous les comédiens présents, Tarantino ayant toujours su bien s’entourer et diriger son équipe à la perfection. Et s’ils s’en sortent tous avec les honneur, la palme revient tout de même au trio de tête : Leonardo DiCaprio délicieusement pathétique et d’une incroyable justesse, Brad Pitt crève l’écran comme il ne l’a plus fait depuis belle lurette (peut-être bien depuis Inglourious Basterds, justement), Margot Robbie est pétillante et lumineuse à souhait comme jamais. Avec tout ça en poche, malgré son départ pouvant en rebuter plus d’un, Once Upon a Time… in Hollywood capte l’attention dès ses premières secondes comme tout film de Tarantino qui se respecte. En étant incroyablement fun et cool sans perdre un seul instant de vue ses personnages et son histoire.

Mais si au bout du compte Quentin Tarantino livre ici ce qui semble être son film « le plus sage » en matière de violence orgasmique et d’envolées percutantes, Once Upon a Time… in Hollywood se présente comme son œuvre la plus personnelle à ce jour. Il serait même réducteur de dire que le titre soit un long-métrage. Et pour cause, avec sa neuvième réalisation, Tarantino délivre une véritable déclaration d’amour. Une déclaration aux années 60, qu’il a pris soin de reconstituer avec une cohérence et une crédibilité à la limite de l’obsession maladive. Filmant le moindre accessoire pour renforcer l’authenticité de ces derniers (une boite de pâté pour chien, un paquet de cigarettes, un emballage de céréales, des télévisions…), le moindre costume qu’il dévore de son objectif, le moindre décor construit au millimètre près. Usant du personnage de Sharon Tate pour imager l’évolution qui s’est faite à cette époque – la voir danser et participer à des fêtes exprime cette envie de liberté, de casser les tabous de la société américaine de ces années-là. Une déclaration au genre du western, déjà exprimé avec Django Unchained et Les Huit Salopards. En filmant certaines séquences comme s’il réalisait un film de ce genre : les plans sur les chaussures des protagonistes, une partie du métrage axée sur ce que tourne Rick Dalton, Cliff Booth débarquant chez « les Manson » comme un étranger arrivant dans une petite ville du Far West… Mais avant toute chose une déclaration pour le cinéma. Pour son histoire avec un grand H, qui a donné naissance à de grands noms, de grands films, qui traversent encore les âges (Rick Dalton se souciant de son image et de sa notoriété, ses choix de projets…). Qui a connu maintes et maintes évolutions pour se bâtir au fil des décennie – le fait de situer son récit dans les années 60, transition entre le Vieil et le Nouvel Hollywood comme le furent les années 30 pour le cinéma muet et sonore. Pour ses techniques et procédés (répétitions, tournage, caméra, production, célébrité…) qui sont mis en valeur à chaque seconde, justifiant pourquoi Tarantino daigne prendre autant de temps sur le quotidien de ses personnages. Et ce en le critiquant – les personnages de Rick Dalton et de Sharon Tate, nombrilistes et noyés dans la débauche et dans leur petit monde sans jamais faire attention à ce qui les entoure (dont la menace du « clan Manson », la guerre du Viet-Nam…). Dès lors, les deux longues heures « entamant » Once Upon a Time… in Hollywood prennent tout leur sens. Par leur biais, Tarantino exprime toute sa passion pour cet art qu’est le cinéma. Et ce film est pour lui l’occasion de la partager pleinement, comme jamais.

Une déclaration que le cinéaste effectue avec tout son cœur, tout son savoir-faire. Car s’il y ajoute sa patte comme nous le citions en amont de cette critique, il profite de Once Upon a Time… in Hollywood pour s’amuser comme un fou avec tout ce qu’il a expérimenté par le passé, tel un medley de sa filmographie. Comme changer à sa guise la réalité et faits historiques pour les besoins de son récit (le sort d’Adolf Hitler dans Inglourious Basterds) : la destinée de Sharon Tate et de ses agresseurs, le caractère hautain de Bruce Lee… Et ce sans jamais manquer de respect aux faits. D’ailleurs, il faudra une seule séquence – Margot Robbie jouant Sharon Tate au cinéma devant un film avec la vraie Sharon Tate – pour indiquer cette frontière entre réalité et fiction alternative. Apporter une explosion de violence visuelle d’une jouissance sans nom (le climax, avec des membres de la « famille Manson »), à l’instar de la majorité de sa filmographie. Parvenir à copier un style de film particulier visuellement et techniquement parlant (Boulevard de la Mort), par le biais de petites scénettes retraçant la carrière de Rick Dalton : ses westerns, ses productions italiennes, ses interviews, ses publicités (dont une faisant office de séquence post-générique)… Savoir créer un décalage hors norme avec la séquence filmée : Tex et « ses filles » se préparant à tuer rappelle fortement la scène tordante des cagoules de Django Unchained. Instaurer du danger et de la tension malgré le ton léger de l’ensemble (quand Cliff Booth se rend chez « les Mansons »). Se permettre des effets de mise en scène dont il a le secret, comme de long travellings et autres plans séquences (rappelez-vous celui du premier Kill Bill, en vue du dessus). Vous l’aurez compris, les exemples ne manquent pas à l’appel pour dire à quel point cette déclaration d’amour transpire le Tarantino par tous les pores. Le réalisateur partage sa passion avec sa liberté, son style, son énergie et son talent. Ce qui renforce en tout point le plaisir avec lequel Once Upon a Time… in Hollywood se savoure.

Peut-être long et vain au premier abord, Once Upon a Time… in Hollywood est pourtant bien plus qu’un « simple » film de Quentin Tarantino. Sans doute pas son plus inoubliable quand nous savons ce qui constitue sa carrière (Reservoir Dogs, Pulp Fiction…). Mais certainement le plus personnel. Le plus passionné et pour le coup le plus abouti de sa filmographie. Une véritable déclaration d’amour à ce qui lui a permis d’être le réalisateur adulé que tout le monde respecte, que nous soyons cinéphiles ou pas. Une intense et délicieuse plongée dans le monde du cinéma que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Et si la question du moment est de savoir quel sera son dixième (et peut-être dernier) long-métrage – un film d’horreur comme il semble avoir envie de faire, un Star Trek, relancer Kill Bill 3…–, le passionné qu’il est saura toujours nous livrer une œuvre digne de ce nom. Car si pour certains aimer des artistes vénérés par la masse relève de l’effet « mouton » cité en introduction, Quentin Tarantino reste un metteur en scène de grand talent et ce même dans ses œuvres les plus imparfaites. Au point de ne jamais décevoir pleinement. Subjectivement parlant.

Once Upon a Time… in Hollywood – Bande-annonce

Once Upon a Time… in Hollywood – Fiche technique

Titre original : Once Upon a Time… in Hollywood
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Interprétation : Leonardo DiCaprio (Rick Dalton), Brad Pitt (Cliff Booth), Margot Robbie (Sharon Tate), Emile Hirsch (Jay Sebring), Margaret Qualley (Pussycat), Timothy Olyphant (James Stacy), Julia Butters (Trudi Fraser), Austin Butler (Charles ‘Tex’ Watson)…
Photographie : Robert Richardson
Décors : Barbara Ling
Costumes : Arianne Phillips
Montage : Fred Raskin
Producteurs : Quentin Tarantino, David Heyman et Shannon McIntosh
Productions : Columbia Pictures, Sony Pictures Entertainment, Heyday Films, Bona Film Group et Visiona Romantica
Distribution : Sony Pictures Releasing
Budget : 90 M$
Durée : 161 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 14 août 2019

États-Unis, Royaume-Uni – 2019

Note des lecteurs4 Notes
4.5

Vacances au cinéma : Vacances Romaines de William Wyler

Il fait beau, il fait chaud, très chaud même. Mais c’est les vacances. Et rien de mieux que la douceur d’une romance d’été pour rafraichir les yeux et réchauffer les cœurs. Modèle du genre de la comédie romantique, Vacances Romaines de William Wyler est un sommet de plaisir simple. Une sucrerie estivale éternelle et indémodable.

Le cinéma est un art de circonstances. Un art où le moindre détail peut changer la face d’un film. De la préparation au casting, du tournage au montage. Un art du mouvement, de l’instant. Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui Vacances Romaines de William Wyler est une référence de la comédie romantique. Souvent copié, peu égalé.

Vacances Romaines, c’est l’histoire d’une princesse étouffée qui rêve de liberté et d’un journaliste dépassé en quête de scoops. À Rome, le temps d’une journée, la tendresse d’un amour éphémère.

Quel impact aurait eu ce film si Elizabeth Taylor ou Jean Simmons avait accepté le rôle de la princesse Ann ? Quel souvenir garderait-on si Cary Grant avait rempilé encore pour une nouvelle comédie ? Ceci restera de l’ordre du mystère. Pour le reste, il aura fallu la patience d’un William Wyler – alors auréolé de deux Oscars pour Madame Miniver et Les Plus Belles Années de notre vie – pour trouver la perle rare. Une jeune débutante nommée… Audrey Hepburn. Une aventure qui signe la naissance d’une étoile devenue incontournable et légendaire qui obtiendra un Oscar donc, pour son premier grand rôle.

Le résultat est inoubliable : le souvenir d’un couple Hepburn-Peck, absolument délectable. Du charisme et de la malice imprimés sur la pellicule. L’autre raison du succès se nomme aussi Ian McLellan Hunter. Un scénariste de génie plus connu sous le nom de Dalton Trumbo, alors sous couverture pour éviter la chasse aux sorcières du McCarthysme. Scénario d’une simplicité déconcertante mais qui sort habilement de la route happy-ending toute tracée du « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Ce sont ces concours de circonstances qui font de Vacances Romaines un moment délicieux et suspendu, ces rêves d’une journée hors du temps. Un alignement de planètes qui mêle la découverte d’un talent brut, des dialogues d’une grande finesse à des situations comiques et romantiques incroyables. En candide rêveuse, Audrey Hepburn brille de mille feux et excelle dans le mélange d’un charme désarmant et d’une malice espiègle. Gregory Peck sort de sa zone de confort dramatique et son essai comique se montre très concluant.

En décidant de tourner l’intégralité de son film en Italie, William Wyler opérait alors une petite révolution à Hollywood. Le tournage de cette romance douce-amère bénéficie de nombreuses scènes en extérieur et qui ajoutent assurément un nouveau charme à qui connait la beauté de la capitale italienne.

Vacances Romaines agit alors comme un cocon dans lequel on se sent bien. Une échappée fugace se terminant par des images explosives de mélancolie où les deux heures passées deviennent un souvenir. Un moment inoubliable.

Vacances Romaines : Bande Annonce

Vacances Romaines – Fiche technique 

Réalisation : William Wyler
Interprétation : Audrey Hepburn, Gregory Peck, Eddie Albert
Scénario : Dalton Trumbo, John Dighton
Composition : Georges Auric
Production : Paramount Pictures

Playmobil, le Film : les LEGOs du pauvre

Playmobil, le Film est l’exact contraire de La Grande Aventure LEGO. Plutôt que d’être un bijou d’animation diablement intelligent, cette adaptation de la gamme de jouets allemande s’avère être d’une banalité mercantile affligeante. Un film d’animation français qui livre le minimum syndical pour plaire aux plus jeunes et vendre des tonnes de produits dérivés, rien de plus !

Synopsis : Suite au décès de ses parents, la jeune Marla doit s’occuper de son petit frère Charlie, devant mettre de côté ses rêves et son esprit d’aventures. Devant un soir ramener son cadet ayant fugué dans un magasin de jouets, Marla va se retrouver projetée dans l’univers magique des Playmobils. Aidée de Del, un vendeur-ambulant un brin escroc et de l’espion Rex Dasher, elle va devoir parcourir les différents mondes qui s’offrent à elle pour pouvoir sauver la vie de son petit frère, transformé en redoutable guerrier capturé par l’infâme empereur Maximus… 

En 2014, les réalisateurs Phil Lord et Chris Miller (Tempête de Boulettes Géantes, 21 Jump Street et sa suite) avaient surpris tout le monde. Et pour cause, à partir d’un projet qui sentait l’opération mercantile à des kilomètres, ils ont su tirer de La grande Aventure LEGO un film d’animation savamment travaillé. Un objet cinématographique d’une très grande intelligence, porteur d’un message sur l’imaginaire et notre société actuelle. Se permettant même de critiquer le manque de liberté artistique propre à Hollywood qui limite ses créations par des « règles » (cahiers des charges à respecter, réussite commerciale à atteindre, aseptisation des projets pour contenter le public…). Une véritable surprise qui donna naissance à un énième univers étendu perdant de sa saveur au fil des titres : un LEGO Batman sympathique mais limité dans sa mise en abyme, un Ninjago basique au possible, une Grande Aventure LEGO 2 singeant son aîné… Et si nous entamons la critique par un récapitulatif de la saga LEGO, c’est pour mieux insister sur le fait qu’il n’était pas étonnant de voir débarquer un jour sur grand écran la gamme de jouets rivale des petits briques jaunes. À savoir les petits bonshommes en plastique qui berçaient notre enfance – qui a pu oublier le slogan télévisuel « En avant les histoires » ? – : les Playmobils. Et revenir sur le parcours des LEGOs permet également de dire que les jouets allemands n’ont clairement pas eu la même chance que leurs homologues danois. En effet, Playmobil : le Film se présente comme l’exact contraire de La Grande Aventure LEGO : un pur produit marketing qui fait le minimum syndical pour amuser le jeune public.

Il faut tout de même avouer qu’il est très difficile de passer après la réussite de Phil Lord et Chris Miller. Le duo de réalisateurs avait trouvé un angle tellement original pour les LEGOs qu’on pouvait se demander si les Playmobils pouvaient faire le poids. Devaient-ils suivre la même logique, au point d’être un banal copié-collé ? Piocher dans d’autres œuvres ? Ou bien tenter quelque chose de totalement différent qui puisse mettre en valeur les jouets dont le film est l’adaptation ? Pour le coup, il est compréhensible que ce dernier ait choisi la facilité en se présentant comme un pot-pourri de ce qui a déjà été fait dans le cinéma pour enfants. Comme le fait d’avoir une trame qui voit nos héros propulsés dans un univers qui les dépasse. Des similitudes avec La Grande Aventure LEGO comme cette diversité de mondes (entendre par-là de décors) et ce mélange entre film live et d’animation. Une histoire partant sur de mauvaises bases (le décès des parents, une sœur et son frère aux relations tendues) qui va évoluer vers un happy end attendu (la sœur et le frère qui vont se retrouver sur le plan relationnel). Bref, du déjà-vu, du réchauffé, du classique ! Mais le classique peut encore se montrer efficace s’il est traité à bon escient, comme le cinéma a pu nous montrer au fil des décennies. Playmobil, le Film aurait très bien pu surprendre l’assistance avec de bons artisans à sa direction : Lino DiSalvo à la réalisation – ancien animateur chez Disney ayant travaillé sur Chicken Little, Bienvenue chez les Robinson, Raiponce et La Reine des Neiges – et les producteurs de la merveille qu’avait été Le Petit Prince en 2015. Peine perdue de croire cela…

Dès les premières minutes du film, le manque de qualité se fait irrémédiablement ressentir. Démarrant directement sur du live, le long-métrage nous montre à quel point le réalisateur ne sait pas diriger. Que ce soit la pourtant talentueuse Anya Taylor-Joy (The Witch, Morgane, Split, Le Secret des Marrowbone, Glass), en totale roue libre et manquant de crédibilité. Ou bien tout simplement une scène, dont la photographie bas de gamme et la mise en scène plate rappellent un mauvais téléfilm de Disney Channel. D’ailleurs, pour faire la transition avec le passif du réalisateur chez Mickey, ce dernier offre à son film des séquences chantées affligeantes. Car étant forcées comme ce n’est pas permis (à chaque apparition de personnage) et d’un vide intersidéral (aucune magie, aucune poésie, aucune écriture digne de ce nom…). Avec une telle entrée en matière, difficile de s’attacher aux personnages ou de s’intéresser à l’ensemble ne serait-ce une seule seconde. D’autant plus que le tout paraît limité au jeune public qu’il semble cibler avidement, arborant pour le coup une légèreté et un humour pour le moins discutables (entendre par là beaucoup trop enfantins). Et s’il n’est question ici que d’une dizaine de minutes de films live, cela ne s’arrange pas au passage à l’animation…

Visuellement, c’est plutôt laid. Est-ce parce qu’il s’agit d’un film français, qui ne possède pas le même budget d’une production hollywoodienne ? Les récents Le Domaine des Dieux et Le Secret de la Potion Magique prouvent que nous pouvons livrer des films d’animation de bonne tenue sur le plan graphique. Tout comme nos voisins européens, à l’instar des films du Belge Ben Stassen (dont Le voyage extraordinaire de Samy). Non, il faut se rendre à l’évidence que, malgré son expérience auprès de Disney, Lino DiSalvo n’est pas l’homme de situation. Faisant de Playmobil, le Film un long-métrage d’animation techniquement similaire aux pauvres séries animées diffusées à la télévision sur TF1, France 3 et consorts. D’autant plus que le bonhomme, contrairement à ce qui a été fait sur La Grande Aventure LEGO – déjà plus marquant pour son animation rappelant l’image par image propre aux briques danoises – ne s’amuse jamais à reproduire les caractéristiques propres aux jouets. S’il le fait pendant quelques secondes (l’héroïne ne parvenant pas à se relever à cause de la rigidité de son corps), nous nous retrouvons avec de banals personnages en plastique n’ayant aucune limite : des membres qui se plient normalement, des cheveux qui ne sont pas figés, des chevaux avec des poils et qui galopent… Bref, à aucun moment nous avons l’impression de faire face aux Playmobils. Pour le reste, cela suivra la route tracée par l’introduction live, à savoir un amoncellement de niaiseries, de blagues immatures et de thématiques beaucoup trop enfantines pour convaincre.

Mais encore une fois, seul le jeune public semble visé. Nous, adultes, ne sommes clairement pas concernés par ce bidule mercantile faisant office de film. Et en essayent de retrouver son âme d’enfant – de très jeune enfant –, il faut avouer que le long-métrage Playmobil peut fonctionner. Car en s’y repenchant un peu, il remplit en quelque sorte le cahier des charges d’un film d’animation acceptable : des blagues, des personnages hauts en couleurs, des chansons, de la magie, des décors variés, de l’action… D’autant plus que même si l’intrigue et les thématiques sentent le réchauffé à plein nez, le titre n’est pas avare en leçon de vie pour les enfants. Comme le deuil (qui procure au film son seul soupçon de sérieux et de maturité), l’amitié, les liens familiaux, le désir d’aventures, le passage à l’âge adulte, l’imaginaire… il y a suffisamment de quoi faire pour faire passer un agréable moment aux plus jeunes. Entendre en fin de visionnage leur contentement par des « J’ai aimé ! » et des « C’était trop bien ! » confirme que le divertissement est à la hauteur de leurs attentes. Mais tout comme nous qui devons nous contenter de produits hollywoodiens fades et aseptisés, il est vraiment regrettable de voir que nos enfants doivent également s’accommoder de si peu pour être amusés

Ne livrant que le strict minium sur tous les plans, Playmobil, le Film peine à convaincre. Sans aucune envergure, l’adaptation des jouets allemands ne parvient même pas à rivaliser avec Ninjago et La Grande Aventure LEGO 2, les deux titres les plus faibles de la saga LEGO. Initialement prévu comme le départ d’une trilogie – et comme peut en témoigner la séquence post-générique –, il n’est pas certain que l’aventure continue vu la piètre qualité de l’ensemble. Et vu la notoriété décroissante des LEGOs au cinéma, pas sûr que les Playmobils puissent faire mieux, surtout avec une adaptation aussi peu mémorable. Seul le jeune public sera décider du sort de cette prétendue saga commerciale.

Playmobil, le Film – Bande-annonce

Playmobil, le Film – Fiche technique

Titre original : Playmobil : The Movie
Réalisation : Lino DiSalvo
Scénario : Greg Erb, Blaise Hemingway, Jason Oremland, Lino DiSalvo et Michael LaBash, d’après les jouets créés par Hans Beck et Horst Brandstätter
Doublage : Anya Taylor-Joy (Marla), Gabriel Bateman (Charlie), Jim Gaffigan (Del), Daniel Radcliffe (Rex Dasher), Meghan Trainor (la Bonne Fée), Kenan Thompson (Bloodbones), Adam Lambert (l’empereur Maximus)…
Animation : Julien Rossire
Montage : Maurissa Horwitz
Musique : Heitor Pereira
Producteurs : Moritz Borman, Dimitri Rassam et Alexis Vonarb
Productions : ON Entertainment et ON Animation Studios
Distribution : Pathé Distribution
Durée : 99 minutes
Genre : Animation
Sortie : 07 août 2019

France – 2019

Note des lecteurs3 Notes
1.5