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Box-office : Solo, l’échec préprogrammé de Star Wars

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Les studios Disney et Lucasfilm semblaient plus que confiants en l’exploitation de la licence Star Wars au point de cumuler les projets à l’instar de Marvel. Il aura suffi d’un seul film, d’un spin-off pour tout faire capoter. Solo : A Star Wars Story, ou le long-métrage qui aura mis fin aux rêves de Kathleen Kennedy et consorts de profiter pleinement de l’héritage de George Lucas.

Chers lecteurs, la rédaction de votre cher site se lance dans une série d’articles ayant pour but de revenir sur certains titres cinématographiques par le biais de leurs recettes. D’analyser leur succès ou bien défaite au box-office. Mais aussi de comprendre ce qui a bien pu se produire pour en arriver à un tel score, à un tel constat. Tout en explorant les diverses conséquences qui ont pu être amenées par ces résultats. Ou comment parler cinéma, opinion publique et descriptif en se basant sur le parcours d’une œuvre par ce que les cinéphiles purs et durs préfèrent renier : l’aspect commercial du long-métrage. Et pour commencer les festivités et à l’occasion de la sortie du neuvième opus, nous allons revenir aujourd’hui sur un véritable cas d’école en matière de ratage commercial avec Solo : A Star Wars Story. Un spin-off qui, encore aujourd’hui, perturbe les plans de Disney quant à l’exploitation de l’iconique saga créée par George Lucas.

Le résumé par les chiffres

Avant de continuer, il faut bien évidemment s’arrêter sur l’aspect financier du projet. Pour voir à quel point Solo est une véritable épine dans le pied de la saga Star Wars. Un vilain petit canard pour les studios Disney. Car si le film n’est pas honteux en matière de blockbuster, il reste toutefois une véritable catastrophe pour un titre de la franchise. Nous pouvons même dire que le spin-off affiche les pires scores de la saga et ce depuis ses débuts en 1977 – si nous exceptons le long-métrage d’animation The Clone Wars, sorti en 2008 et pilote de la série éponyme –, c’est pour dire ! En effet, ayant un budget de 250 millions de dollars (avoisinant celui du Réveil de la Force) et auquel viennent se rajouter une centaine de millions de frais marketing, autant dire que Solo était un projet fort coûteux qui devait à tout prix cartonner pour permettre à la production d’avoir un gain d’argent. Pour Disney, la douche a été bien froide quand le film a vu arrêter son exploitation internationale à plus de 386 millions. Ce qui est inférieur aux 418 millions du Retour du Jedi, et bien loin des 2,06 milliards du Réveil de la Force. Même le premier spin-off de la franchise estampillé A Star Wars Story, Rogue One, avait su convaincre avec plus d’1,05 milliards. Du côté de la France, le constat n’est pas des plus fameux non plus, bien que le film parvienne à dépasser le million d’entrées. Mais il ne parvient à pas à surpasser les 4 millions d’entrées de L’Empire contre-attaque et encore moins les 10,5 millions d’entrées du Réveil de la Force.

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Le regard soucieux du personnage en dit déjà bien long…

Sans compter que le film fut un véritable bide aux États-Unis avec 213,6 millions de dollars au box-office domestique. Un chiffre bien inférieur au budget. Et comme un long-métrage rapporte bien plus de bénéfices sur son sol natal, autant dire Solo s’est littéralement ramassé en public. Même question exploitation. Car si le film fait mieux que L’Empire contre-attaque (209,3 millions), sa rentabilité ne lui arrive pas à la cheville à cause son exploitation en salles (plus de 4380 écrans contre 1300 pour l’Épisode V). Ajoutons à cela une piètre performance à l’internationale et notamment en Chine, pays qui, par plusieurs alliances de studios, parvient à sauver les comptes de certains blockbusters (Warcraft, par exemple). Avec seulement 16 millions contre les 124 millions du Réveil de la Force. Oui, il n’est plus besoin de continuer pour dire que malgré son appartenance à l’une des sagas les plus vénérées du cinéma, Solo s’est avéré être un échec cuisant pour la franchise et Disney. Un échec qui, a bien y réfléchir, était inévitable.

Menace fantôme sur le tournage

Dans son optique de lancer plusieurs spin-offs en parallèle à la nouvelle trilogie, Disney et Lucasfilms avaient lancé la production de Solo : A Star Wars Story assez rapidement. Tout en voulant poursuivre l’optique de base, à savoir confier les films de la saga à de nouveaux artisans. À d’autres réalisateurs désireux de se frotter à Dark Vador et consorts pour en livrer une vision qui leur est propre. Mais derrière ce tableau idéaliste, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Et pour cause, sur les nouveaux titres depuis Le Réveil de la Force a vu des exemples de « divergences artistiques » qui ont provoqué certains remaniements des longs-métrages dans leur ensemble. Que ce soir Rogue One avec ses quelques reshoots (non orchestrés par le cinéaste Gareth Edwards) et l’évincement de Colin Trevorrow sur L’Ascension de Skywalker (entraînant des changements dans le scénario), nous sommes bien loin de cette « chance » que voulait offrir Kathleen Kennedy à ces nouveaux réalisateurs. Mais si ces exemples restent mineurs aux vues des résultats (Rogue One étant principalement aimé du public), c’est malheureusement Solo qui en a le plus souffert. Si le tournage semblait tendu et ce dès le début, celui-ci a pris du plomb dans l’aile cinq mois après, avec le renvoi des réalisateurs Phil Lord et Chris Miller (21 Jump Street, La Grande Aventure LEGO). Entre la vision du personnage qui divergeait avec le scénariste Lawrence Kasdan, des problèmes de planning et un sérieux manque de liberté créative selon le duo de cinéastes, la production a eu vite fait de trouver un remplaçant en la personne de Ron Howard. Qui, augmentant ainsi le budget initial du film (qui devait être bien en-dessous des 250 millions enregistrés), s’est vu remanier voire retourner 70% de ce qu’avaient déjà livré Lord et Miller.

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On sourit pour la photo, et après retour à la dure réalité !

S’ajoutaient également à cela diverses rumeurs sur l’ambiance houleuse du tournage mais aussi sur le jeu d’acteur d’Alden Ehrenreich (certains parlaient même de l’intervention d’un coach pour son interprétation du personnage) et le résultat final jugé comme raté, qui n’ont fait que parvenir aux oreilles des nombreux fans. Ces derniers ayant donc commencé à paniquer quant à la qualité de Solo car se rappelant de la débandade qu’avait été Justice League un an plus tôt – changement de réalisateur en cours de route, visions différentes pourtant garder dans le résultat final… Et dans une époque où ce genre d’informations nous parviennent en un clin d’œil via internet et les réseaux sociaux, Solo se forgeait une mauvaise réputation bien avant sa sortie. Ce qui, pour le coup, en faisait un projet quasiment mort-né.

Un très mauvais timing dans la date de sortie

Ce qui a également pénalisé Solo, c’est bien tout ce qui entoure son marketing et sa sortie en salles. Car désireux de nous offrir un film Star Wars tous les ans en décembre, Disney et Lucasfilm ont préféré exploiter le spin-off dès mai 2018, soit six mois seulement après Les Derniers Jedi. Ne pouvant pas démarrer la promotion du film – celui-ci n’étant pas terminé à cause des reshoots et retards du tournage – et ne pouvant empiéter sur celle de l’Épisode VIII, la campagne marketing de Solo n’a démarré qu’à partir du 5 février 2018, lors du super bowl, soit cinq mois ans. Ce qui, pour un blockbuster de cette envergure, est bien peu pour faire naître un certain engouement. Il faut dire aussi que, sans doute conscient d’aller droit dans le mur avec ce film, les studios ont voulu limiter la casse en diminuant au possible les dépenses marketing, vendant ainsi le long-métrage et ses produits dérivés au pied levé. À titre de comparaison et malgré ses reshoots, Rogue One avait eu droit à un bien meilleur traitement, le premier teaser ayant été dévoilé un an avant sa sortie. Et les diverses bandes-annonces mettant en avant l’aspect et la dramaturgie de son récit en comparaison de ce Solo.

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Le regard des Avengers était braqué sur cette galaxie fort, fort lointaine

Sortir le film en mai 2018 n’était pas non plus le choix le plus judicieux. Bien que le titre ait bénéficié d’une participation hors compétition au Festival de Cannes et que les producteurs semblent s’être reposés sur les lauriers de la franchise, ses résultats au box-office ont dû faire face à deux poids lourds. Il s’agit d’Avengers : Infinity War – sorti cinq semaines plus tôt est dévorant tout sur son passage pour dépasser les 2 milliards de dollars – et de Deadpool 2 – sorti une semaine auparavant, surfant sur le succès surprise du premier opus avec plus de 761 millions. Avec ces deux concurrents victorieux d’entrée de jeu par la notoriété et le peu d’engouement envers Solo, ce dernier ne pouvait que se laisser tranquillement écraser. Acceptant que quelques curieux daignent bien lui laisser sa chance.

La fin d’une marque ?

Comme quoi, avoir pour titre Star Wars n’a pas suffi à Solo pour créer l’événement comme ses prédécesseurs. Il faut dire aussi que depuis quelques années, les spectateurs doivent accepter de la part des studios hollywoodiens l’exploitation en masse de grandes sagas. Et si cela fonctionne du feu de Dieu pour certaines (le MCU), d’autres n’ont pas cette chance. En rachetant Lucasfilm en 2012 et en annonçant d’emblée un film Star Wars tous les ans à partir de l’Épisode VII, Disney a sans doute surestimé la marque de la franchise. Sans se douter qu’une telle exploitation pouvait lasser le public. Car si les spectateurs étaient au rendez-vous du Réveil de la Force, de Rogue One et des Derniers Jedi, les nouveaux films n’ont pas fait l’unanimité auprès des fans (Rogue One ayant été le plus apprécié). Notamment l’Épisode VIII réalisé par Rian Johnson, qui a vu bon nombre de détracteurs proférer leur haine envers le long-métrage. Au point de lancer une pétition afin que le titre soit refait ou bien de harceler les comédiens sur les réseaux sociaux (la pauvre Kelly Marie Tran, interprète de Rose Tico). Solo arrivant juste après la bataille, il n’a pu éviter l’étiquette du film Star Wars de trop. Le statut de produit sans âme ni saveur et ce bien avant que les gens ne le visionnent.

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La saga devenue un label

D’autant plus que le concept même du projet faisait déjà parler de lui auprès de la communauté des aficionados. Beaucoup voyant en ce film une opportunité inutile et mercantile de revenir sur un personnage culte de la saga. Car pour eux, le contrebandier Han Solo est un protagoniste qui n’avait pas besoin d’être plus étoffé que ça pour avoir leur sympathie. Sa présence, les mystères entourant son histoire, le charme et le talent de Harrison Ford se suffisaient à eux-mêmes. A contrario encore une fois de Rogue One qui revenait sur un événement évoqué dans la première trilogie (les plans de l’Étoile de la Mort) mais pouvait donner un récit inédit, avec des personnages jamais vus dans la saga mis en avant. Rien qu’avec ce constat, Solo marquait dès son annonce un désintéressement du public, qui ne voyait donc plus un film Star Wars comme un rendez-vous événementiel mais un film de plus.

Un nouvel espoir ?

Bien que nous ayons un nouveau film Star Wars un an après Solo avec l’Épisode IX, la débandade commerciale du spin-off s’est avéré être un véritable frein pour Disney et Lucasfilm. Car si le film n’a pas été descendu par les critiques – certaines qualités de divertissement ayant été relevées –, la perte de gain enregistrée par les studios (entre 50 et 80 millions de dollars) a remis en doute la politique d’exploitation de la franchise. Alors que plusieurs autres films dérivés étaient annoncés – une trilogie sur Han Solo, un spin-off sur Boba Fett réalisé par James Mangold, un autre sur Obi-Wan Kenobi…– , tous se sont vus tout bonnement annulés. Mettant ainsi fin à la saga parallèle que devait être A Star Wars Story. Les studios ont également revu leur planning des sorties, annonçant il y a de cela quelques mois qu’il faudra désormais attendre deux ans pour une nouvelle trilogie, chaque épisode sortant à deux ans d’intervalle (pour caler les suites d’Avatar suite au rachat de la Fox par Disney). Sans compter le départ sur Netflix des créateurs de la série Game of Thrones (David Benioff et D.B. Weiss) alors qu’ils étaient rattachés à une nouvelle trilogie, et celle toujours en suspens que doit préparer Rian Johnson, autant dire qu’à la suite de ce cuisant échec, l’avenir de Star Wars reste assez incertain dans les mois à venir. D’autant plus que, selon les dernières déclarations de Kathleen Kennedy, l’heure ne serait plus à la création de trilogies mais à la réalisation de films indépendants, afin de se concentrer sur l’histoire et les personnages.

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The Mandalorian, ou le retour de la licence par le petit écran

Il n’empêche que Disney et Lucasfilm pourront continuer l’aventure. Car si beaucoup appréhendent L’Ascension de Skywalker (retour de J.J. Abrams à la réalisation, l’après-Derniers Jedi toujours pas digéré…), il est quasiment sûr que la saga retrouvera son prestige commercial avec le dernier épisode de cette trilogie. Rien que cette étiquette et la campagne promotionnelle virulente du film devrait inciter le public à se rendre en salles pour voir la fin. Surtout qu’entre Solo et l’Épisode IX, il se sera déroulé 18 mois avant qu’un film Star Wars ne débarque sur grand écran. Un temps sans doute suffisant pour laisser l’eau couler sous les ponts. Surtout que depuis le lancement de sa plate-forme de streaming Disney +, la saga confirme son engouement avec le succès indiscutable la série The Mandalorian. D’autant plus que Disney s’apprête à poursuivre sur cette voie-là, ayant annoncé la mise en chantier d’une série centrée sur… Obi-Wan Kenobi. Oui, Solo : A Star Wars Story a été un gros échec pour la saga. Une remise en question totale. Mais pour une machine aussi imposante que celle de Disney, cela reste un petit rouage qu’il aura fallu replacer pour continuer l’exploitation comme elle l’entend. Car il faut bien se l’avouer, celle-ci n’est en rien terminée !

Bande-annonce :

Star Wars : Les influences d’Akira Kurosawa dans l’œuvre de George Lucas

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Si Star Wars est devenu, plus qu’une franchise, un véritable univers unique et codifié au sein de la culture populaire, son identité singulière n’est pas le fruit du hasard. Sans rien enlever à l’authenticité de la saga la plus culte de tous les temps, revenons sur l’une des influences les plus évidentes et fertiles de George Lucas : le cinéma d’Akira Kurosawa.

La Forteresse cachée, oui, mais pas que…

Mille fois il fut remarqué et répété – parfois à visée dépréciative – que La Guerre des étoiles présentait de troublantes accointances avec un cinéma fort, fort lointain pour nous autres occidentaux : le cinéma japonais. On en vint même à dire que Star Wars n’avait rien inventé, dans le fond, n’étant qu’un remake à l’américaine du chef-d’œuvre d’aventure La Forteresse cachée, qu’Akira Kurosawa réalisa en 1958. Sans être autant dans le décalque que put l’être Les Sept Mercenaires à l’égard des Sept Samouraïs, ou encore plus officieusement Pour une poignée de dollars à l’égard de Yojimbo, Star Wars peut s’appréhender comme une libre adaptation de La Forteresse cachée. Ceci étant dit, tâchons de ne pas confondre inauthenticité (voire plagiat) d’une œuvre et antériorité chronologique d’une autre. Tâchons plutôt de concevoir La Forteresse cachée – et le cinéma d’Akira Kurosawa en général – non pas comme un matériau fini qu’il ne s’agirait que de réadapter pour un autre public, mais comme une source vive d’inspirations qui permirent à Lucas, loin de se reposer sur ses lauriers en reprenant le travail d’un autre, d’accoucher d’un cinéma de divertissement aux techniques renouvelées et à l’univers aussi dépaysant qu’immédiatement familier.

Ce petit préambule informatif étant achevé, la chasse aux indices peut commencer. Car s’en tenir au simple constat d’une étonnante similarité entre La Guerre des étoiles et La Forteresse cachée atteint vite les limites de sa pertinence. Bien d’autres éléments, dans bien d’autres films du cinéaste japonais, sont susceptibles d’être mis en perspective avec des pans entiers de l’univers de Star Wars. Certes, La Forteresse cachée est le point de comparaison le plus facile et remarquable au premier coup d’œil : les ressorts de l’intrigue gravitent autour de deux personnages en apparence « secondaires » (C3PO/R2D2, dans La Guerre des étoiles ; les deux paysans vagabonds, dans le film de Kurosawa), dont la relation et les traits de caractère sont très similaires (le petit malicieux et le grand bêta, qui se chamaillent à longueur de temps), et auxquels il arrive des mésaventures là encore très, très similaires.

Sur le plan formel, une autre évidence se remarque du côté des légendaires transitions en « volets », rendues célèbres par Star Wars mais déjà présentes dans certains films de Kurosawa. La manière de filmer l’armée impériale, dans Star Wars, n’est pas sans rappeler le film de propagande réalisé par Kurosawa durant la Seconde Guerre mondiale, Le Plus Dignement, qui faisait la part belle aux défilés chorégraphiés et quasiment cinématographiques de l’armée japonaise. Plus léger, le coucher de soleil sur Tatooine rappelle celui tout aussi orangé de Dersou Ouzala, cadré à l’identique, et dans lequel le personnage éponyme, vieux sage d’un autre temps vivant seul et en harmonie avec la nature, aurait tout à fait pu servir de modèle à celui de maître Yoda dans L’Empire contre-attaque.

Sur le plan thématique, si Lucas ne l’a pas vraiment exploité au cours de sa trilogie originelle, la question de la pauvreté, de l’esclavage ou de l’impossibilité de s’extirper d’un milieu social délétère, que l’on sait chère à Kurosawa (Dodes’kaden, Les Bas-fonds, etc.), se trouve effleurée dans La Menace fantôme lorsque Anakin Skywalker est découvert sur Tatooine. En termes de personnages, on retrouve dans leurs deux cinémas la figure de la princesse au caractère bien trempé, les personnages secondaires chargés de la dimension humoristique, un antagoniste prenant souvent la forme d’un empire ou d’un ordre social autoritaire, des voyages initiatiques et tout un tas de figures paternelles pour guider les héros dans leur quête.

Mais si tous ces détails peuvent difficilement dépasser le statut d’hommages ou d’influences inconscientes, il est un autre, central, dont la filiation avec les films d’Akira Kurosawa ne fait aucun doute : la figure du chevalier Jedi.

Les chevaliers Jedi, samouraïs d’une autre galaxie ?

Figures fascinantes et idolâtrées des plus jeunes spectateurs, les chevaliers Jedi incarnent l’essence même de Star Wars, dans toute sa dimension épique, noble, charismatique et mythologique. Des chevaliers, au sens occidental et historique du terme, ils n’ont que l’appellation ; car tout ou presque, de leur ordre à leur spiritualité, en passant par leurs vêtements et leurs techniques de combat, renvoie aux samouraïs et autres rônins du Japon féodal.

Les Sept Samouraïs, Yojimbo, Sanjuro, Ran, Kagemusha, etc. : autant de films de cape et d’épée à la japonaise s’insérant dans un genre très codifié : le Chanbara, et notamment le sous-genre du Jidaigeki, qui serait d’ailleurs une explication possible au terme de « Jedi » (jidai). Dans ces films, comme dans Star Wars, le héros est un guerrier solitaire (souvent un rônin), sans attache (Luke n’a ni famille ni véritables amis, ou bien les a perdus), mu par un code d’honneur aux règles strictes (le bushido d’un côté, le code Jedi de l’autre), muni d’une longue épée légère et maniable (le katana d’un côté, le sabre laser de l’autre), portant des vêtements légers (la toge Jedi, notamment celle d’Obi-Wan, étant directement inspirée du kimono), et dont la maîtrise de soi est la principale vertu. Ajoutons à cela le design hautement japonisant de l’armure de Dark Vador, dont le casque n’est autre qu’un kabuto (casque traditionnel du samouraï japonais) légèrement lifté, pour achever ce comparatif visuel et structurel.

Mais le plus intéressant se trouve dans la relation maître-disciple que Kurosawa et Lucas mettent en scène, autour d’une spiritualité analogue influencée par le bouddhisme zen. Le zen est une pratique bouddhiste consistant à méditer en position assise, pour faire le vide et unifier sa conscience avec l’instant présent. N’est-ce pas là exactement ce qu’incarne Maître Yoda ? Yoda répète à Luke de ne pas vivre tourné vers l’horizon, mais dans le présent ; de faire le vide, de se débarrasser de toute attache matérielle et de tout sentiment tirant la conscience vers l’extérieur, pour faire l’expérience d’un Tout unifié dans la conscience, c’est-à-dire communier avec la Force ; d’accepter les échecs et la souffrance pour mieux les dépasser. L’enseignement de Yoda n’est en rien différent de celui du bouddhisme zen, et c’est de lui que les personnages les plus vénérables tirent leur sagesse dans Star Wars comme dans les films de Kurosawa.

« Personne par la guerre ne devient grand », dit-il dans L’Empire contre-attaque. Comment ne pas penser au Ran de Kurosawa, inspiré du Roi Lear de Shakespeare, où les ambitieux s’enlisent dans des batailles jusqu’à en devenir misérables et pathétiques ?

Dans Star Wars comme dans le cinéma de Kurosawa, l’héroïsme passe par un apprentissage de la sagesse et non par une bravoure au combat. Dans la plupart des grands films du Japonais, cet apprentissage passe par une relation maître-élève : La Légende du grand judo, L’Ange ivre, Chien enragé, et bien sûr Les Sept Samouraïs, Barberousse, Dersou Ouzala, ou encore Vivre et Madadayo. Dans tous ces films, et comme dans Star Wars, la transmission n’est pas théorique, par la lecture de livres ou l’apprentissage de préceptes (comme le souligne à merveille Les Derniers Jedi), mais par l’expérience accumulée au fil des aventures (Luke achève sa formation en allant combattre Vador, et non en restant sur Dagobah ; de même qu’Anakin devient Vador en tuant Windu, figure emblématique du code Jedi).

La relation avec le maître, dans Star Wars, va au-delà du monde physique puisque la communication est encore possible dans l’au-delà, grâce aux « fantômes » de la Force par lesquels Obi-Wan et Yoda se manifestent. Là aussi, on peut penser à Kagemusha de Kurosawa, où un imposteur prend la place de l’empereur à sa mort, lequel continue de le hanter et dont la présence se fait encore sentir ; il semble toujours « là », quelque part, comme s’il manipulait un nouveau pantin depuis l’au-delà. De quoi nous interroger sur le traitement que L’Ascension des Skywalker réservera à la figure spectrale de Dark Sidious…

Les personnages de Kurosawa sont tous des chevaliers Jedi, d’une certaine façon. Visuellement déjà, pour certains, mais spirituellement surtout, pour la plupart. Par la relation avec la figure paternelle, l’apprentissage de la maîtrise de soi et l’acceptation de la perte et du détachement, les héros du cinéaste japonais sont, à l’image de celui incarné par Setsuko Hara dans Je ne regrette rien de ma jeunesse, des esprits forts et entêtés, prêts à tout sacrifier pour échapper à leur condition souvent précaire (ou source de malheur) et persévérer dans leur être. Se détacher de tout (le deuil de Tatooine), épouser une forme de solitude existentielle (l’exil sur Dagobah) pour apprendre l’humilité et communier avec le Tout (l’apprentissage de la Force), et ainsi prendre sa vie en main, surmonter les obstacles et finalement donner un sens à sa vie : tel serait aussi bien le credo du héros kurosawaien que du chevalier Jedi.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les liens entre l’œuvre du maître japonais et l’univers transgénérationnel de l’Américain, le but n’étant pas ici d’être exhaustif, mais plutôt de lancer des pistes de réflexion, car les parallèles sont évidents. Pour les cent ans de la naissance d’Akira Kurosawa, la série animée The Clone Wars dédia un épisode à sa mémoire, proposant une aventure dont le récit était directement inspiré de celui des Sept Samouraïs. Récemment, l’épisode 4 de The Mandalorian faisait lui aussi référence au chef-d’œuvre de Kurosawa, en réadaptant une fois de plus cette histoire de villageois en proie à des pillards, et que des chasseurs de primes vont secourir. Mythologique, le cinéma de Kurosawa n’a pas fini de résonner dans une culture populaire en manque d’inspiration pour accoucher de nouveaux grands héros, de nouveaux grands récits initiatiques. Des légendes qui n’ont jamais été aussi puissantes que dans ce cinéma du soleil levant que George Lucas a su, quoi qu’on dise, admirablement et intelligemment se réapproprier.

Millennium Actress : hymne à l’amour et au cinéma

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Millennium Actress, réalisé en 2001 par Satoshi Kon, arrive enfin sur grand écran ce mercredi 18 décembre. Après Perfect Blue (1997), le réalisateur japonais renoue avec l’univers du rêve et de l’imaginaire tout en substituant à la noirceur de son premier film l’énergie plus positive de l’obsession amoureuse. Véritable déclaration d’amour au cinéma, chef d’œuvre de l’animation japonaise, Millennium Actress est une œuvre à découvrir ou à redécouvrir.

Millennium Actress détonne par son puissant mélange de la fiction et de la réalité, l’imaginaire donnant son sens au réel, comblant ses manques et devenant l’unique moyen de poursuivre des rêves. Le ton est donné dès l’ouverture marquante du film. Sur un plateau de tournage, une jeune femme astronaute, interprétée par la célèbre actrice Chiyoko Fujiwara, s’apprête à décoller lorsqu’au vrombissement tonitruant de sa fusée succède un véritable tremblement de terre. Brusquement, la réalité rattrape la fiction. Genya Tachibana, qui assistait à la scène, parvient à sauver miraculeusement l’actrice enfouie sous les décombres.

Millennium Actress se poursuit en alternant deux cadres narratifs. Dans le premier, situé dans le présent et le réel, le journaliste Genya Tachibaba, accompagné par son cameraman Kyoji, part interviewer l’ancienne actrice Chiyoko Fujiwara, star des studios Ginei qui viennent de disparaître. Coupée du monde, ce n’est qu’à la vue d’une mystérieuse clé remise par le journaliste que la septuagénaire  accepte de témoigner en remontant le fil de son passé, plus de quarante ans plus tôt. Elle révèle alors qu’elle est devenue actrice dans l’unique espoir de retrouver un opposant politique dont elle est tombée amoureuse. Sans nom, elle ne dispose pour seuls indices que de  la clé que l’homme lui a confiée.

Dans le second, beaucoup plus décousu, mêlant les souvenirs à l’imaginaire du cinéma, les différents personnages féminins successivement incarnés par Chiyoko embrasent, à travers toutes les époques, la même quête que leur interprète. Genya Tachibana, en écoutant le récit de l’actrice, se laisse même prendre au jeu en s’immisçant dans cet univers. Toujours soucieux d’aider cette femme qu’il admire comme une idole, il se porte à son secours  dans ses rôles fictifs, en bravant tous les dangers. La mémoire de Chiyoko se projette et se perd ainsi dans l’art, source d’une confusion aussi merveilleuse que surprenante. Au gré des souvenirs, en une seule image, se muent le temps, les décors et les protagonistes, au sein d’une suite de réminiscences presque fantasmagoriques dont seul l’amour reste le fil conducteur.

Car Millennium Actress, malgré son style très particulier, traite avant tout de ce thème universel, la recherche d’un amour perdu. Il s’agit du moteur qui pousse Chiyoko à devenir actrice, malgré l’opposition farouche de sa mère, et qui reste le leitmotiv scénaristique de tous les souvenirs qu’elle imbrique au monde du cinéma. Cet objectif d’emblée presque inaccessible, qu’elle espère réaliser dans la réalité ou à défaut dans la fiction, a donné un sens à son existence. Mais encore plus que l’amour de Chiyoko pour ce mystérieux fugitif, c’est l’amour de Satoshi Kon pour le cinéma japonais qui frappe à l’écran.

A travers les séquences de cinéma, le réalisateur présente une somptueuse fresque de l’histoire du septième art japonais. Les films interprétés par Chiyoko évoquent ainsi le cinéma de Kurosawa, notamment les soldats de Ran, le kaiji eiga (Godzilla) ou encore les films de ninjas. En outre, la destruction des studios Ginei fait écho à celle des studios Shochiku, dans lesquels ont été tournés certains films d’Ozu et de Kitano. La mémoire de Chiyoko, loin d’être le simple reflet d’un esprit individuel, représente une véritable conscience collective, le passé et la culture de tout un pays. Millennium Actress est donc non seulement une œuvre à part entière, mais aussi un média incitant les spectateurs à découvrir de nouveaux horizons.

Bande-annonce : Millennium Actress

Fiche technique : Millennium Actress

Réalisation : Satoshi Kon
Scénario : Satoshi Kon, Sadayuki Murai
Direction artistique : Nobutaka Ike
Directeurs de l’animation : Hideki Hamazu, Takeshi Honda
Photographie : Hisao Shirai
Montage : Satoshi Terauchi
Compositeur : Susumu Hirasawa
Producteur : Taro Maki
Sociétés de production : Bandai Visual Company, Chiyoko Commitee, Genco, Kadowaka Shoten Publishing Company, Wowow, Madhouse Productions
Distributeur France : Septième Factory

Durée : 87 minutes
Date de sortie : 18 décembre 2019 (France)

Critique The Mandalorian – Chapitre 6 : Le Prisonnier Abandonné

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Les chapitres se suivent et ne se ressemblent donc pas. Alors qu’on retrouvait notre belle Tatooine dans le Chapitre 5 pour un stage de mercenaires, le chapitre 6, intitulé Le Prisonnier, donne la part belle à une équipe « expérimentée » de mercenaires qui réalise une évasion, mais dont la modestie de ses membres n’a d’égale que leurs talents…

Pedro ne refuse jamais une petite mission, encore moins quand il est en galère. Alors, quand Bobby Munson de l’espace le contacte pour « se rappeler le bon vieux temps », Pedro y voit là une opération qui peut tourner au donnant-donnant. Le taf ? Un remake de Prison Break version galactique. Et s’il a fait appel à Pedro, c’est parce qu’il sait que son bolide, le Razor Crest, peut lui être utile : il brouille les radars des vaisseaux de la Nouvelle République, comme Jean-Paul Delevoye brouille ses emplois. Malin le lynx.

Bon, qui dit évasion dit équipe. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est tombé sur une bonne grosse équipe de tocards. Une vraie convention lowcost ! On a donc Mayfeld, apparemment un ancien stormtrooper qui n’aime pas qu’on juge la seule chose pour laquelle il semble avoir du talent : la précision, Burg, avec son cosplay d’Hellboy raté, Zero, une version droïde d’Ant-man, et Xi’an, une femme Twi’lek à la peau violette. Pedro se retrouve donc avec des lurons à devoir faire évader quelqu’un qu’il ne connaît que pour… on ne sait quelle raison.

Le voyage est donc le moment parfait pour faire plus ample connaissance avec ses compagnons. Mais Pedro est vite la cible de ses camarades plaisantins. Et vas-y que je fouille dans ton armurerie. Et vas-y que je balance des dossiers sur Alzoc III. Et vas-y que je touche ton animal de compagnie. Et vas-y que t’as la gueule de Jar-Jar Binks. Bref, ils sont tous casse-bibelots, même les Razmokets sont moins gamins. Hey, les mercenaires du dimanche, grandissez un peu.

D’ailleurs, c’est Zero qui, en freinant avec la délicatesse digne de Jean-Claude Van Damme, sonne la cloche de la fin de la récrée. C’est l’heure d’aller s’amuser dans la prison-vaisseau de la Nouvelle République les enfants ! Commençons par Blurg qui va nous montrer son plus bel atout : sa ruse. Entrée discrètement dans le vaisseau, toute l’équipe doit donc se diriger de manière cachée vers la cellule du prisonnier. Première distraction sur le chemin : une souris mécanique. Sa première réaction ? La dégommer.

Très malin. Des droïdes déboulent, se disent « Merde, une intrusion », ils avancent, les mercenaires se retrouvent en infériorité, trop exposés. Bref, c’est la merde. MAIS ils trouvent quand même à redire sur les capacités de Mando qui… s’est tout bonnement barré. À l’école, ce sont des leçons qu’on apprend, et Pedro semble leur apprendre les rudiments d’une opération d’infiltration : de la ruse et du combat. Résultat, les droïdes sont battus et les ploucs ne disent même pas merci.

Bon. Maintenant qu’ils ont réussi à s’infiltrer « dans la plus grande discrétion », il faut se rendre au poste de contrôle pour ouvrir la porte de la cellule concernée. Sauf que là où il n’était censé n’y avoir que de droïdes, ils y trouvent… un homme. Merde. Deuxième exemple de travail d’équipe catastrophique, un cas d’école à montrer dans toutes les écoles de management, une scène à reprendre en dérision sur LinkedIn pour que Serge, le Head of Management de ta boîte, voie que tu es un stagiaire drôle et intelligent : une négociation armée.

Bref, tout le monde panique, c’est aussi mal organisé que les dossiers sur le bureau de ton grand-père, ils merdent, le mec se fait buter et en plus appuie sur le bouton pour signaler à la cavalerie qu’il y a un bug dans la matrice. Aïe, t’as vu Serge, si tu leades pas avec synergie ta team, tu te mets des obstacles tout seul. Allez, voyons le bon côté des choses, il reste 20 minutes pour aller chercher le gugus puis s’échapper. C’est une magnifique opportunité de team-building qui s’offre à eux.

15 minutes, ils sont devant la porte. Elle s’ouvre. L’évasion est un demi-succès. Un nouveau membre, super ! Prouvons que nous pouvons évoluer et gravir des montagnes ensemble, que la fraternité renaisse, que l’esprit collectif prime sur l’individuel.

Qin Out. Pedro In. Tout n’était que piège pour foutre Pedro derrière les barreaux tout en faisait sortir le frère de Xi’an. On se dit que tout est perdu, que Guizmoda va se retrouver orphelin une bonne fois pour toute. Mais non, Pedro s’échappe dans la scène suivante. En même temps, 40 minutes l’épisode, on a pas le temps de niaiser.

Du coup, Pedro il est un peu véner. Comme il est fan du film Alien, il se dit que séparer le groupe de mercenaires en deux et mettre toutes les halogènes en rouge, ça va ajouter un peu de tension (Bon, concernant l’empreinte carbone de ce changement de luminaire, faut voir, Greta Thunberg va moyennement apprécier). Bon, faut avouer que cette petite ambiance avec les stroboscopes, ça claque quand même. Alors il va rendre visite à cette bande de troubadours un par un.

Commençons par la grosse biquette rouge. Il se bastonne avec Burg dans la salle de contrôle et le réduit en crêpe avec son astuce de « Je te referme la porte sur toi ». Il maitrise Xi’an qui n’a montré de résistance qu’en lançant l’argenterie familiale et Mayfeld qui… n’a même pas le droit à un combat tellement il est nul. Il arrive donc facilement à Qin qui se rend compte qu’il n’a d’autre choix que de se rendre. Même les cuisines des restaurants chinois sont mieux protégées.

Pendant ce temps-là, Guizmoda a aussi décidé de jouer, mais à cache-cache, avec Zero. Le cosplay d’Ant-Man a beau avoir des yeux à ne plus savoir où regarder, il se fait quand même dézinguer par Pedro qui arrive par derrière. S’il avait choisi de prendre un cosplay Spider-Man, il aurait vu Pedro. Dommage.

Il rentre donc paisiblement livrer Qin à son pote biker de l’espace, ils échangent des banalités hypocrites et hop, ainsi chacun peut vaquer à ses occupations. High Five, t’es mon bro, prends soin de toi. Bon, clairement, quand on a vu l’autre lui dire au revoir, on a compris que ça puait la merde et qu’il avait perdu sa loyauté depuis les Sons Of Anarchy. C’est confirmé quand il prononce ces deux mots alors que Pedro s’éloigne petit à petit de la station : « Tuez-le ».

Alors, il ne faut oublier que toute la Guilde de chasseurs de primes ne lui lâche pas la grappe depuis quelques épisodes, alors c’est pas un badaud qui va prendre Pedro de court. Comme lui adore les petites attentions et que c’est bientôt Noël, il lui laissa gentiment un joli présent pour ne pas oublier à quel point il l’aime : une petite balise de repérage, celle qu’avait actionnée le garde dans le vaisseau-prison. C’est si mignon.

C’est Disney, c’est beau, un festival pyrotechnique sans précédent pour Qin, l’amitié à son paroxysme : 3 X-Wings débarquent pour réduire en poussière la petite navette spatiale. L’important, c’est d’aimer et de se sentir aimé.

Et l’épisode se finit, comme à son habitude, avec un moment de complicité à bord du Razor Crest entre nos deux protagonistes et Pedro qui en était sûr « que c’était une mauvaise idée. ». Si mignon.

Et ainsi s’achève le Chapitre 6 de The Mandalorian, nos 3 loustics en prison, vivants ! Alors, que nous réservent les deux derniers épisodes de la série ? Pedro va-t-il enfin pouvoir aller skier sur Hoth, faire un spa sur Dagobah ? Ou bien d’autres chasseurs de prime sont encore à ses trousses. Réponse ce vendredi pour le chapitre 7 !

Capricci stories : des vies hautes en couleurs

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Depuis mars et un premier numéro consacré à Marlon Brando, les éditions Capricci se sont enrichies d’une nouvelle collection, les capricci stories. Enrichie le 20 Juin de deux nouveaux numéros dévoilant en poche les portraits de Mel Gibson et Joan Crawford, elle a depuis accueilli Bruce Lee et Robert Mitchum, en attendant Rita Hayworth.

Le cinéma dans la poche : reader digest

Les cinéphiles et leurs cercles d’amis s’en rendent souvent compte à l’approche des fêtes de Noël : les bouquins de ciné, c’est souvent assez massif. Avec sa nouvelle ligne, les éditions Capricci distinguent par leur tout petit format une série de biographies, en mode synthétique et compact, qui permettent rapidement de faire le tour d’illustres vies et noms du 7ème art, en pas plus de 150 pages, 15 chapitres maximum environ, une bibliographie pour approfondir éventuellement le sujet, un beau papier et un graphisme malin. La série a tout pour séduire les lecteurs pointus comme les néophytes. Pour les uns, le storytelling fonctionnera à merveille, en réécrivant sous des angles inédits les grandes scènes de la vie ; les autres y trouveront les idéales portes d’entrée aidant à se familiariser avec des gueules sacrées. Les œuvres évitent la lourdeur du pavé sans en perdre toute la gravité.

Hollywood à portée de main

Comment, en effet, oser le titre un brin provocateur du premier numéro, Marlon Brando, les stars durent dix ans sinon pour inviter à passer de chapitre en chapitre dans des épisodes-clés d’une carrière qui a fait un mythe ? C’est plutôt malin pour nous appeler à passer la porte et rencontrer des humanités, derrière les scandales, les anecdotes de tournage et le star system. Les choix rédactionnels en évitent les peaux lisses pour celles qui en ont encaissé et suffisamment joué contre lui : va pour les rebelles, les incompris et les caprices qui font aussi les génies.

Pour Marlon Brando, nous découvrons un Atlas portant trop tôt sa légende, usé très jeune par une usine à Oscars qui l’avait lassé bien plus que ce qu’il imaginait en prenant ses premiers cours de théâtre. Joan Crawford, dont le sourire éclatant éblouissait de mille feux pour mieux cacher les drames d’une « actrice hollywoodienne parmi les monstres », celle qui a reçu un Oscar dans son lit et longtemps tissé l’image d’une emmerdeuse à très fort caractère qui a amené un jour un animateur macho à choisir son visage comme modèle pour la reine de Blanche-Neige. Mel Gibson, repenti usé par l’alcool, c’est connu, certes, mais au moins autant que par la figure paternelle ? Un peu moins, et tellement révélateur : derrière chaque mythe, il y a un collier d’histoires dont on passera de perle en perle pour des vrais plaisirs de lecture.

Marlon Brando, les stars durent dix ans, Arthur Cerf

Mel Gibson, sur la brèche, Matthieu Rostac

Joan Crawford, Hollywood monster, Maxime Donzel

Bruce Lee, un gladiateur chinois, Adrien Gombeaud

Robert Mitchum, l’homme qui n’était pas là, Lelo Jimmy Batista

A paraître : Rita Hayworth, Gaël Lépingle

Nina Wu : remportez des places de cinéma du film réalisé par Midi Z

Concours : gagnez des places de cinéma du film Nina Wu, du réalisateur Midi Z

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Nina a quitté sa famille et sa ville de province depuis 8 ans, pour s’installer à Taipei dans l’espoir de faire une carrière d’actrice. Elle n’a jusque là tourné que quelques courts-métrages et des publicités. Elle complète ses revenus en animant un programme en live-stream. Son agent, Mark, insiste pour qu’elle auditionne pour le rôle principal d’un film d’espionnage se passant dans les années 60.

Bien connu sur le circuit des festivals internationaux pour ses longs métrages et ses documentaires (Goodbye Mandalay, City of Jade, Ice Poison…), le cinquième film du cinéaste Midi Z, Nina Wu, a été co-écrit par la comédienne et scénariste Wu Ke-Xi, inspirée par ses propres expériences en tant que jeune actrice et par le scandale Harvey Weinstein.

Les films sur les films ne sont pas nouveaux, mais c’est un regard rare sur le showbiz et les pratiques abusives de l’industrie cinématographique, largement dominée par les hommes, à travers l’objectif d’une femme. Ce long métrage montre les effets dévastateurs sur les victimes du harcèlement sexuel commis par les gros bonnets de l’industrie, ce contrôle et ce pouvoir que certains hommes puissants exercent sur les actrices et ce qu’ils font et continuent de faire aux femmes derrière les portes anonymes des chambres d’hôtel.

Ce pouvoir et ce contrôle masculin du point de vue d’une actrice a été rarement filmé. Nina Wu réussit à le faire, à travers des versions de réalités tellement fracturées que le public ne peut pas dire ce qui est réel ou pas, car c’est ainsi que Nina se souvient des événements, de cette salle fatidique 1408 où se produit « l’incident ». Le numéro de la pièce fait allusion au film d’horreur hollywoodien de 2007 Chambre 1408, produit par nul autre que Harvey Weinstein.

La photographie aux couleurs saturées de Florian Zinke et la bande-son atmosphérique, envoûtante de Lim Giong (林強) entretiennent le suspense et scotchent le spectateur sur son siège comme si quelque chose d’horrible pouvait arriver à tout moment.

Pour information, en chinois, le titre du film est « 灼人 秘密 », ce qui se traduit en gros par « des secrets brûlants ».

Réalisateur : Midi Z
Avec : Wu Ke-Xi, Sung Tu-Hua, Hsia Yu-Chiao, Shih Ming-Shuai
Genres : Thriller, Drame
Nationalités : taïwanais, malaisien, birman
Date de sortie : 8 janvier 2020 (1h43)
Distributeur : Epicentre Films

Sur ce site, on peut voir que les maltraitances et les avilissements des actrices de cinéma prennent de multiples visages.

Extrait : Dans le documentaire Stanley Kubrick : une vie en images, Shelley Duvall a révélé que Kubrick, bien qu’il soit si charmant et si aimé, pouvait « faire des choses assez cruelles lors du tournage ». Jack Nicholson a également déclaré que, même s’ils partageaient une relation amicale, Kubrick était un « réalisateur complètement différent » avec Shelley Duvall.

Selon Shelley, dans une conversation avec Roger Ebert, elle a dû « pleurer 12 heures par jour, toute la journée, les neuf derniers mois, cinq ou six jours par semaine », et a décrit l’expérience comme « presque insupportable ».

Une brève histoire des « affiches qui ont marqué le monde »

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Michel Wlassikoff publie aux éditions Larousse un beau-livre grand format sur « les affiches qui ont marqué le monde ». Du structuralisme soviétique aux propagandes (publicitaire, étatique) en passant par la révolution informatique, l’historien du graphisme et de la typographie nous propose un tour d’horizon complet, éclairant l’évolution de l’affiche au cours des cent dernières années.

L’affiche est un outil de communication au croisement des préoccupations : la culture, la politique, le commerce, la société civile y ont depuis des décennies régulièrement recours. Elle voit le jour, en tant que discipline à part entière, à la fin du XIXe siècle, avant de gagner ses lettres de noblesse en investissant des pans entiers de la société. Durant son avènement, elle rencontre un écho chez Braque, Picasso, les dadaïstes ou les futuristes, puis se voit consacrée dans des galeries d’art dispersées aux quatre coins du monde.

Propagande. Dans L’Homme à la caméra, Dziga Vertov conçoit un « cinéma-vérité » témoignant des possibilités de loisirs nouvellement offertes par les moyens de production mécanisés soviétiques. Ce film fut lui-même inspiré par le constructivisme révolutionnaire, dont Rodtchenko, Maïakovski ou les frères Stenberg furent les plus illustres ambassadeurs. L’école allemande du Bauhaus s’en inspirera jusqu’au moment où les nazis poussèrent ses adeptes à l’émigration. Ces derniers n’étaient pourtant pas en reste en termes de propagande : si Leni Riefenstahl tourna Les Dieux du stade et Le Triomphe de la volonté, les idées de Joseph Goebbels sur l’importance de la radiodiffusion furent quant à elles illustrées par une célèbre affiche invitant les Allemands à écouter leur Führer à la radio. Pendant ce temps-là, aux États-Unis furent réemployés des graphistes chassés d’Europe : Jean Carlu y conçoit une affiche en faveur de la production, Herbert Matter fait de même avec la défense civile et Sutnar ou McKnight Kauffer les imitent. En tyrans omnipotents, Staline ou Mussolini eurent eux aussi recours aux talents des affichistes. La propagande est alors la chose la mieux partagée d’un monde divisé entre belligérants. Dans les interstices, Paul Colin dessine une Marianne aux stigmates en hommage à la France combattante et Frédéric Henri Kay Henrion, un affichiste allemand ayant fui le nazisme, dessine les Alliés brisant la croix gammée nazie. Des années plus tard, en mai 1968, l’Atelier des Beaux-Arts de Paris soutiendra les grévistes avec des affiches restées célèbres, tandis que les situationnistes inaugurent à cette occasion la bombe à peinture et perpétuent l’art du slogan impertinent.

Privé/public. Dans les années 1930, à quelques exceptions près (dont l’Exposition universelle de Paris), le modernisme est en berne, attaqué par les conservateurs. Michel Wlassikoff mentionne son renouvellement aux États-Unis en partie grâce aux campagnes de Paul Rand pour IBM à partir de 1956. Car le marketing et l’affiche font bon ménage. Pour la Compagnie générale transatlantique, Cassandre dessine le paquebot Normandie en contre-plongée. Le métro de Londres se dote d’une identité visuelle globale. Andy Warhol travaille pour BMW, Absolut Vodka ou Perrier. Bob Dylan est revu par Milton Glaser dans une illustration devenue mythique. Les cinéastes de la Nouvelle vague lâchent la peinture pour la photographie et contribuent à révolutionner les jaquettes de films. Avant eux, Bernard Lancy avait succombé au surréalisme pour La Grande illusion et Paul Rand, encore lui, avait œuvré au No Way Out de Joseph Mankiewicz. Plus social, Lester Thomas Beall fabrique des photomontages pour la REA, créée dans le but de fournir de l’électricité aux régions pauvres. Dans une étude panoptique, Michel Wlassikoff n’oublie pas d’évoquer l’exceptionnel Saul Bass (Otto Preminger, Stanley Kubrick, Alfred Hitchcock…), notamment pour son jeu avec les symboles, l’Italien Leonardo Sonnoli et son graphisme d’utilité publique (campagne contre le sida) ou encore le renouveau russe impulsé par le groupe moscovite Ostengruppe, actif dans la vidéo, l’affiche, la scénographie, le générique ou l’identité visuelle globale (site Internet, logotype, etc.). L’affiche est partout, arrimée à des causes sociales ou artistiques, créée à des fins de sensibilisation, mais aussi pour des raisons purement mercantiles. Michel Wlassikoff ne sacrifie aucune de ses finalités, mais s’intéresse aussi – et surtout – à sa conception.

Évolution. Entre les personnages stylisés de Carlu, Cassandre ou Loupot et leur homologue français Frédéric Teschner interrogeant les limites de la composition et la vision de l’affiche, il y a des dizaines d’années d’évolution constante. L’une des plus importantes fut bien entendu l’avènement de l’informatique, avec son langage Postscript, ses logiciels de mise en page et ses programmes de gestion des formes. L’Américaine April Greiman dira d’ailleurs de l’ordinateur qu’il est « un second crayon ». La pixellisation est alors pleinement intégrée dans sa démarche artistique. Mais le numérique n’est finalement qu’une réinvention parmi tant d’autres, que Michel Wlassikoff passe en revue avec érudition. À Vitebsk, on a vu l’école d’art dirigée par Marc Chagall être phagocytée par Malevitch et El Lissitzky, leurs couleurs primaires, leurs formes géographiques et leurs éléments de construction basiques. En Pologne, où une sorte d’exception culturelle fut concédée par les Soviétiques, Henryk Tomaszewski a livré des enseignements avant-gardistes à l’école des Beaux-Arts de Varsovie. Piotr Mlodozeniec suivra. La scène futuriste italienne fut caractérisée par Fortunato Depero et ses figures mécaniques multicolores. Jean Carlu s’est adonné au « beau calculé », en conceptualisant les réflexions de Juan Gris sur l’influence émotionnelle des formes plastiques et des couleurs. Max Bill fut à la pointe d’un second modernisme, à la charnière entre l’art concret, les formes géographiques et le style typographique international. Willem Sandberg, moderniste hollandais, dessina des lettres jouant avec les contreformes. Une école japonaise, composée notamment de Yokoo, Kamekura, Nagai ou Tanaka, s’exprima dans un savant mélange entre le graphisme fonctionnel occidental et l’élégant classicisme japonais. Le dessin de lettres devient une préoccupation majeure pour Makoto Saito ou Philippe Apeloig. Et le design graphique ne cesse de s’améliorer…

L’ouvrage de Michel Wlassikoff suit le fil chronologique de l’affiche. Chaque ère y étant évoquée fait l’objet d’une courte introduction didactique, avant d’être effeuillée à travers plusieurs chapitres, portant tant sur des artistes, des courants, des événements ou des œuvres particulières. En plus d’être accessible au profane, Les affiches qui ont marqué le monde constitue une énonciation brillante d’un art méconnu.

Les affiches qui ont marqué le monde, Michel Wlassikoff
Larousse, octobre 2019, 272 pages

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4.5

« Street art » : murs, un autre jour

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La photographe Lou Chamberlin a parcouru le monde pendant quinze années à la recherche de ces dessins et messages investissant l’espace public. Murs, sols, mobilier urbain, panneaux de signalisation ont formé les supports tout indiqués de « street artists » amusés, indignés ou résignés.

L’ouvrage est structuré en différents chapitres aux titres édifiants : « Amour/Haine », « Contestations », « LOL », « La voix de la sagesse », « Sous nos pieds », « À l’assaut des panneaux », etc. À ce stade, le lecteur aura déjà compris l’essentiel : le street art ne se distingue pas seulement par la technique employée (du pochoir à la peinture), mais aussi par le support utilisé et le message véhiculé. La photographe Lou Chamberlin nous promène entre Melbourne, Paris, Londres, Oostende, Lisbonne, Los Angeles, San Francisco, Gand, New York, Stavanger, Sydney ou Toronto. Elle nous présente les œuvres de D*Face, Lushsux, walden, Shepard Fairey, JPS, Stampz, TeneT, Yipi Yipi Yeah, Clet, etc. Au milieu de ces artistes à la renommée variable figurent d’authentiques anonymes ; eux aussi nous donnent à voir des productions appréciables.

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Qu’elles soient simples ou complexes, limpides ou polysémiques, scripturales ou iconiques, les œuvres émaillant Street art interpellent. À ceux qui n’y verraient que pure fonction décorative, Lou Chamberlin pourrait répondre par les « messages de sagesse » de Trek Thunder Kelly (« La plupart des gens sont aussi heureux qu’ils décident de l’être »), par l’esprit contestataire de Mau Mau (« Get Rich or Try Sharing » détournant le slogan du rappeur 50 Cent « Get Rich or Die Tryin’ ») ou par les sophistications figuratives de l’artiste berlinois Taosuz, qui questionne la société contemporaine en usant d’images « Photomaton » et de sous-textes rappelant les messages de sensibilisation des paquets de cigarettes (« Rebellion can kill you » ou « Information control reduces your privacy » par exemple).

Naturellement, le tour d’horizon est anecdotique en ce sens qu’il ne reflète qu’une infime partie du street art – lequel est en extension constante. Cela étant, la sélection de Lou Chamberlin, en plus d’être soignée, a le mérite de mettre en lumière l’extrême pluralité des techniques, des supports et des messages observables dans ce genre artistique qu’on aimerait voir davantage considéré. Car force est de constater qu’entre les fresques millimétrées – et sublimes – de Shepard Fairey pour la paix, les collages écologiques de Phoenix, les miniatures finement dessinées de walden et certains pochoirs minimalistes de JPS (songeons à « Hash Tag »), c’est avant tout le concept d’urbanité qui fait label.

Street art, Lou Chamberlin
Larousse, octobre 2019, 192 pages

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4

Une bête au Paradis : quels dégâts ?

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Avec Une bête au Paradis Cécile Coulon creuse son sillon, une littérature qui fait la part belle à la force de sentiments éprouvés par des personnages de caractère qui aiment leur terre.

Blanche est le personnage central, mais elle appartient à la troisième génération d’une famille profondément attachée à un domaine familial appelé « Le Paradis », quelque chose qui n’est pas sans rappeler (toutes proportions gardées) l’attachement de Scarlett O’Hara à Tara dans Autant en emporte le vent (1936), le mémorable roman de Margaret Mitchell. Blanche a un frère, Gabriel, plus jeune qu’elle et apparemment plus fragile, plus intellectuel et restant volontiers enfermé avec ses bouquins, alors qu’elle s’investit énormément dans l’exploitation familiale. Blanche et Gabriel ont perdu leurs parents jeunes (Gabriel avait 3 ans et il a longtemps attendu leur retour) : un accident de voiture dans un virage non loin de là. C’est la grand-mère, Émilienne (figure forte de la famille), qui les a élevés. Autre habitant des lieux : Louis, un employé de la même génération que Blanche, éternel amoureux de la jeune femme, mais qui sait parfaitement qu’il n’aura jamais la moindre chance auprès d’elle. La raison, la seule, c’est que Blanche n’a d’yeux que pour le bel Alexandre qu’elle côtoie à l’école. Malheureusement, Alexandre ne peut pas se contenter de ce que Blanche veut depuis toujours : poursuivre l’exploitation du domaine familial au Paradis. Il décide d’aller poursuivre des études en ville. Très charmeur et sûr de lui, il va apprendre la vente.

L’univers de Cécile Coulon

L’essentiel est posé en quelques chapitres. A partir de là, Cécile Coulon tisse une trame qui, sans être d’une folle originalité, tient le lecteur en haleine du début à la fin, par chapitre relativement court (chacun portant un titre aussi bref que possible). Elle procède comme elle le fait régulièrement, à coups de phrases relativement courtes, dans un style clair qui fait mouche. Elle n’a pas son pareil pour exprimer la force des sentiments et des impressions. Elle fait parfaitement sentir la force de l’attachement de Blanche pour le Paradis, un attachement partagé par les autres membres de la famille, ainsi que par Louis, qui lui est entièrement dévoué et qui va même jusqu’à faire son possible pour la protéger, car telle est sa dévotion pour la jeune femme. C’est une belle réussite que cette description des liens très forts au sein de cette cellule familiale.

Le style Cécile Coulon

Avec ce roman, Cécile Coulon montre une belle maturité littéraire. Elle ne cherche pas à faire autre chose que ce qu’elle fait bien. Il fut un temps (celui de Trois saisons d’orage – 2017) où j’aurais eu tendance à lui reprocher de faire toujours un peu la même chose et de proposer des romans bien écrits et présentant des personnages aux caractères forts dans une ambiance très habitée, le tout manquant néanmoins un peu de souffle. Avec Une bête au Paradis, j’estime qu’au contraire, elle conserve son style habité qui capte le lecteur sans plus le lâcher, tout en se renouvelant suffisamment pour qu’on se dise que ses prochains romans mériteront encore la découverte. Son travail est de ceux qui ne se sentent pas forcément d’emblée, mais qui finit par s’imposer. On pourrait imaginer une certaine facilité d’écriture. A mon avis, elle y passe plus de temps que ce qu’on imagine au premier abord. Le résultat, c’est qu’elle propose un roman où elle a fait le nécessaire pour éliminer tout superflu. C’est ce qui permet de ne laisser aucun temps mort dans son intrigue, de faire des phrases sans trop d’effets mais qui s’enchaînent naturellement pour donner cette agréable fluidité de lecture. Enfin, elle a très certainement sa trame en tête avant le travail d’écriture. Ainsi, elle sait exactement où elle veut en venir, elle sait pourquoi chaque personnage agit comme il ou elle le fait. Et bien sûr, les caractères des uns et des autres font que tout cela s’enchaîne de manière plus ou moins inéluctable. Du moins, c’est la conclusion à laquelle on arrive une fois le livre achevé, car elle réussit à maintenir le suspense et nous surprendre jusqu’à la fin (pour découvrir la Bête désignée par le titre).

Un filon à suivre

Je dirais donc que si ce livre n’est pas de ceux qui marquent profondément, parce qu’il n’a pas la puissance d’un Autant en emporte le vent (mais on en trouve combien sur un siècle, de cette trempe ?), il présente de belles qualités qui confirment le talent et la maîtrise de Cécile Coulon, qui a son univers et une façon de faire bien personnelle.

Une bête au Paradis, Cécile Coulon
L’Iconoclaste, août 2019, 346 pages

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3.5

Ces Garçons qui venaient du Brésil en Blu-ray chez Elephant Films

À l’occasion de sa récente sortie Blu-ray, le formidable long métrage de Franklin J. Schaffner, Ces Garçons qui venaient du Brésilrevient nous faire frissonner d’effroi avec une édition HD soignée chez Elephant Films.

Synopsis : Au début des années 70, Ezra Lieberman, qui traque depuis plus de vingt ans les criminels nazis, reçoit d’inquiétantes informations en provenance du Paraguay : le docteur Mengele, responsable de monstrueuses expériences à Auschwitz, dirigerait un complot fondé sur ses nouvelles abominations scientifiques et ayant pour objectif la renaissance du IIIème Reich.

Le suspense Schaffner-ien

La Planète des Singes (1968), Patton (1970), Papillon (1973)… Franklin J. Schaffner n’est pas une petite main hollywoodienne. Aussi le retrouver sur Ces Garçons qui venaient du Brésil (1978) n’est pas surprenant tant le cinéaste fut un grand artisan du suspense micro & macroscopique. En filmant une réunion de vieux et jeunes nazis en Amérique du Sud, Schaffner fait ce qu’il a toujours su faire, filmer des intimités comme s’il captait le destin du monde. De l’existence de singes, conséquence de notre sort, au monologue de George Patton nous invitant à prendre part avec violence à l’avenir de l’humanité coloré par le drapeau des Etats-Unis, la filmographie de Schaffner s’est toujours construite sur le rapport entre l’individu et le collectif. Plus précisément, c’est ce rapport entre le sujet et l’objet général (mondial, sociétal) qui crée dans ses films ce suspense de l’effroi.

Le spectateur découvre à travers les points de vue de protagonistes la réalité d’un monde qui le dépasse mais qui est cependant soumis à quelques individus. Cette expérience d’un cosmos loin d’obéir à nos idées, attentes et valeurs est à la fois celle du personnage et celle du spectateur qui s’identifie au point de ce dernier qui, comme le premier venu dans la salle, découvre avec déception l’inconfort du monde et de ses vérités. Et c’est lorsqu’il est proche de la vérité, quand le doute n’est plus permis mais que l’évidence n’est pas encore confirmée, que naît l’effroi. Voilà la réussite de Schaffner, que de nous bouleverser dans notre rapport au monde par ce travail de l’intime et du gigantisme, de la vérité déduite et de la réalité toujours plus complexe.

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Laurence Olivier gagné par l’effroi d’une vérité de plus en plus précise et complexe dans son esprit.
Copyright : ITC, ITV, Elephant Films.

Rendre à l’écran la complexité d’un monde permet au spectateur de mieux s’y investir, aussi fantaisiste – ou étranger à son regard – puisse-t-il l’être. Car c’est dans ses nuances, dans ses figures d’altérités et zones d’ombres que le réel du cinéma se substitue à celui du spectateur. Dans les films de F.J.S., la substitution est d’autant plus effroyable que ce monde dans lequel le cinéaste nous investit est toujours soumis aux points de vue de protagonistes pragmatiques en lesquels peut se reconnaître et alors s’identifier tout à chacun.  Et, détail pas des moindres, les contextes fictionnels de ces métrages, parfois hautement fantaisistes, sont toujours basés sur des faits et réalités historiques réels, sinon terre-à-terre : des cosmonautes rentrant d’une mission sur Terre, naufragés dans un monde inconnu, au général qui, à défaut de changer en conséquence le cours du monde, a anticipé ses futurs désastres.

Ces Garçons qui venaient du Brésil n’échappe pas à ce suspense du trouble et de la terreur qui constitue non pas un axe annexe mais son essence même. Si le dernier quart du film – où la révélation est déclarée en couleurs et en stéréo – est loin d’être le plus intéressant, le voyage se doit d’être (re)découvert afin de (re)vivre cette formidable expérience cinématographique l’effroi qui nous transmet tout au long du film comme dans son final tout en possibles une sage leçon Schaffner-ienne : souvenez-vous bien, car le pire est déjà arrivé, mais peut encore revenir.

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Un visage joyeux derrière lequel se précise un espoir cauchemardesque.
Copyright : ITC, ITV, Elephant Films.

Sur l’édition Blu-ray       

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Copyright : Elephant Films.

Le master proposé par Elephant Films, « nouveau master restauré » pour la France qui n’avait pas encore goûté à une autre version du film que celle du DVD, s’avère excellemment solide. Certes, le fichier vidéo source ne doit pas dater d’hier. Cependant, même s’il s’agit probablement soit de celui édité en 2015 par Shout! Factory, soit celui produit par ITV en 2008, le Blu-ray est porté par un rendu de détails convaincant, une colorimétrie nuancée et une piste sonore originale stéréo HD exemplaire. L’édition Blu-ray n’est pas exempte de défauts. Malgré de temps à autre quelques instabilités en termes de définition, gestion du grain et noirs brûlés, ainsi qu’une VF privilégiant comme d’usage les voix, on pourrait surtout regretter, notamment si l’on pense entre autres à la riche édition de La Bataille de Midway, le manque de compléments. La bande-annonce originale et la galerie de photographies sont comme de coutume au rendez-vous.

Le seul bonus qui tienne au corps est le « documentaire » de Julien Comelli et Erwan Le Gac, habitués de l’éditeur Elephant Films. D’une durée d’une vingtaine de minutes, proposé en HD, l’objet est en réalité – comme leur intervention sur l’édition de Madigan – un retour face caméra de Julien Comelli revenant sur le film, sa conception, son inscription historique et genrée. Le monologue est soutenu par quelques affiches, et entrecoupé par quelques extraits de Ces Garçons qui venaient du Brésil, alors que le film n’est pas évoqué et réfléchi tout au long de la vidéo (plutôt sur la deuxième partie). Ici comme dans leur complément à Madigan, le duo s’est amusé à une introduction ludique, ici beaucoup moins tape-à-l’œil (comprenez « kitsch ») que la dernière en date. Comme à son habitude, Comelli propose un point de vue intéressant enrichi par son érudition certaine : ancrer le film de Schaffner dans le sous-genre du film de complot ou film paranoïaque est pertinent même s’il est regrettable que la caractéristique science-fictionnelle du long métrage et sa place dans ce genre aux multiples sous-catégories soient laissées sur le bas côté de la réflexion.

Si on attendait davantage de l’édition des Garçons qui venaient du Brésil, notamment en termes de compléments, force est de constater que, comme d’habitude chez Elephant Films, l’essentiel est au rendez-vous : une édition vidéo solide pour un film formidable à (re)découvrir, épaulé par trois bonus dont un véritable complément à l’expérience. Enfin, pour les possesseurs de DVD (et/ou réfractaires à la HD), sachez que l’édition Blu-ray est contenue dans un boitier combo Blu-ray + DVD du film comprenant ce master en SD.

Bande-annonce – Ces Garçons qui venaient du Brésil (Franklin J. Schaffner – 1978)

 

CARACTÉRISTIQUES Blu-ray

BD-50 – 1080p AVC – 16/9 – 1.78 :1 – Couleurs – Audio : Français 2.0 mono & Anglais 2.0 mono DTS-HD Master Audio – Sous-titres : Français – Etats-Unis – 1978 – Durée : 125 min – Editions Elephant Films

(DVD du film joint à l’édition combo)

COMPLÉMENTS

« À cause de 94 assassinats » : documentaire de Julien Comelli et Erwan Le Gac (23’34’’)

Bande-annonce d’époque (3’07’’, VOST)

Galerie photos (27)

Sortie le 29 Octobre 2019 – Prix actuel : 15,00 €

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4

6 Underground : Michael Bay déploie tout son savoir-faire

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Avec 6 Underground, Michael Bay débarque sur Netflix accompagné de tout son cortège de pyrotechnies, de courses-poursuites et de claques dans les dents.

Disons-le tout net : 6 Underground est un film typique de Michael Bay. Le réalisateur de Bad Boys et Rock vient là avec ses qualités et ses défauts habituels, avec ses tics de réalisation également : le montage, les mouvements de caméra, etc. Donc, ceux qui ne supportent pas le travail du cinéaste, passez votre chemin : cela ne sert à rien de venir voir ce film pour le seul plaisir de pouvoir en dire du mal.

Donc, 6 Underground contient, sans surprise, tous les défauts inhérents au cinéma de Michael Bay. Nous sommes face à un film qui n’existe que dans le but de nous montrer des scènes d’action. Le reste n’a d’intérêt que parce que ça sert cet objectif. Il ne faut donc pas chercher ici de finesse psychologique dans le descriptif des personnages : nous sommes chez Michael Bay, pas chez Ingmar Bergman ou Arnaud Desplechin.

Plus gênant : le film semble cautionner l’action individuelle en dehors de tout cadre légal, une sorte d’auto-justice qui viendrait se substituer à un droit international paralysé. Nos six personnages sont des sortes de vengeurs qui cherchent à faire respecter leur conception de la justice en assassinant directement des avocats protecteurs de dictateurs, voire en s’attaquant aux dictateurs eux-mêmes. Briser un système pourri non par le cadre légal, mais l’arme au poing.
Ce serait là un défaut rédhibitoire si, à un moment ou à un autre, Michael Bay érigeait cela en leçon de morale ou en exemple à suivre. Or, il n’en est rien. Tout ceci ne sert que de cadre qui va permettre le déploiement de l’action. L’histoire n’est qu’une excuse : ce qui intéresse le réalisateur des Transformers ici, c’est ce qui l’a toujours intéressé, à savoir courses-poursuites, fusillades, explosions et bourre-pifs.

Et en cela, nous sommes gâtés. 6 Underground est construit autour de trois grosses scènes d’action qui, comme il se doit de nos jours, se déroulent dans trois lieux fort différents : à Rome, en Chine et dans un pays imaginaire d’Asie Centrale. Trois types de scènes complètement différents : la prise d’assaut d’un penthouse situé au sommet d’un building, l’abordage d’un yacht de luxe et, surtout, une immense course-poursuite.

Cette course-poursuite dans les rues de Rome ouvre le film et en constitue peut-être le meilleur moment. Lisibilité totale de l’action, absence du moindre temps mort, humour, audace visuelle et même quelques propositions surprenantes en la matière. La scène est brutale et nous fauche comme les voitures fauchent les piétons sur leur passage. Et c’est là un point plutôt nouveau chez Michael Bay : le cinéaste n’hésite pas à montrer du sang, beaucoup de sang, dans des scènes à la limite du gore auxquelles il ne nous avait pas habitués jusqu’à présent. Il faut dire que quand un robot extraterrestre coule une bielle, ça ne fait pas le même effet que lorsqu’un être humain se fait arracher un bras. Et ici, des scènes de ce type, nous en avons beaucoup : têtes qui explosent, membres arrachés, corps empalés, et même un œil qui se promène dans la voiture. 6 Underground est sans doute le film le plus sanguinolent de Michael Bay.

A défaut de psychologie, les six personnages qui forment cette version moderne de « L’Agence tous risques » ont chacun leur fonction (sauf peut-être un, qui est là parce que cela permet au film d’avoir une star). Il y a la flingueuse, le tireur d’élite, l’équilibriste qui peut courir sur les immeubles, le conducteur, etc. Au demeurant, ils peuvent aussi apporter un humour bienvenu.

Il reste donc les scènes qui meublent le film et qui se situent entre les séquences d’action. Là, il faut dire que l’intérêt retombe. La narration se fait brouillonne, on sent les scènes de remplissage qui n’ont pas un grand intérêt, etc. A vouloir filmer les moments calmes de la même façon que les scènes d’action, Michael Bay se perd un peu.
Globalement, ce film ne restera pas le chef d’œuvre du cinéaste ni même une des références du genre, mais ne déroutera pas les fans du cinéaste qui retrouveront là les procédés habituels de Michael Bay. Il ne faut pas chercher ici un film plus consensuel comme No Pain No Gain. A voir pour les uns, à fuir pour les autres, selon vos affinités avec le cinéaste.

6 Underground : bande annonce

6 Underground : fiche technique

Réalisateur : Michael Bay
Scénario : Paul Wernick, Rhett Reese
Interprétation : Ryan Reynolds (1), Mélanie Laurent (2), Manuel Garcia-Rulfo (3), Ben Hardy (4), Adria Arjona (5), Dave Franco (6), Corey Hawkins (7), Lior Raz (Rovach Alimov), Payman Maadi (Murat Alimov)
Photographie : Bojan Bazelli
Montage : Roger Barton, William Goldenberg, Calvin Wimmer
Musique : Lorne Balfe
Production : Michael Bay, Ian Bryce, David Ellison, Dana Goldberg, Don Granger
Société de production : Bay Films, Skydance Media
Société de distribution : Netflix
Genre : action
Durée : 128 minutes
Date de diffusion : 13 décembre 2019

Etats-Unis – 2019

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3

Stop Making Sense de Jonathan Demme : Once upon a time a great concert

En décembre 1983, le groupe Talking Heads emmené par le magnétique David Byrne confie au réalisateur Jonathan Demme le soin de filmer quatre concerts donnés au Panthages Theatre d’Hollywood. Le résultat, Stop Making Sense, est encore aujourd’hui considéré comme l’une des toutes meilleures captations de live jamais réalisées. Un film culte, à voir ou à écouter, réédité par Carlotta dans une version master haute définition.

Du vrai cinéma

Le projet cinématographique affleure dès les premières secondes : les chaussures blanches de David Byrne se pointent sur une scène totalement vide. Ses mains posent un lecteur de cassette à même le sol tandis que résonnent les premières notes de Psycho Killer. Le ton et la forme sont donnés, on est bien dans une écriture cinématographique avec rythme, sens du cadre et jeu sur les décors. Bientôt les personnages suivront, apparaissant les uns après les autres sur la ligne de basse d’un scénario qui fait monter la pression en douze étapes et autant de morceaux d’anthologie.

Un super concert

Car Stop Making Sense est d’abord un concert excellent. Primo parce que Jonathan Demme prend le parti de se concentrer uniquement sur la scène elle-même. Exit les plans sur les spectateurs ébahis ou les interviews « virgules », véritables poncifs du genre. Ici, de la première à la dernière image, nous sommes aux premières loges de ce concert  mythique que le film donne littéralement à vivre. Deuxio parce que la partition musicale -enregistrée pour la première fois en numérique et filmée par huit caméras –  enchaîne parmi les meilleurs morceaux du groupe : de Burning down the House à Once in a Lifetime en passant par Genius Love des Tom Tom Club. Un régal.

David Byrne fait le show

La performance de David Byrne illustre parfaitement ce principe selon lequel un grand film repose souvent sur un personnage fort. Avec sa dégaine filiforme de pantin et sa gestuelle aussi incongrue que ses textes, le chanteur du groupe new-yorkais imprègne les 88 minutes de Stop Making Sense de son style inimitable. Accoutré d’un costume géant ou improvisant une danse avec un lampadaire, arpentant la scène dans tous les sens ou entamant la fameuse danse jogging, on ne sait jamais à quoi s’attendre avec ce gars-là. Mais une chose est certaine, il se dégage de son interprétation – au sens musical comme théâtral –  une spontanéité qui contamine les autres membres du groupe et irrigue l’ensemble les quatre concerts d’une joie toute communicative.

Un must à redécouvrir.

Bande Annonce : Stop Making Sense

Stop Making Sense de Jonathan Demme et Talking Heads : au cinéma et en Blu-ray/DVD le 4 décembre
Édition Mediabook spéciale Fnac

****

Nouveau Master Restauré Haute Définition
Mix Cinéma / Mix Studio DTS-HD MA 5.1 & PCM 2.0

Inclus le film en combo Blu-ray + DVD
+ un livret exclusif de 36 pages écrit par Christophe Conte
Inclus deux chansons bonus + la conférence de presse
+ un auto-entretien avec David Byrne
+ le montage promotionnel + la bande-annonce

Également disponible en éditions Blu-ray et DVD single
(inclus le film + les suppléments)

STOP MAKING SENSE © 1984 TALKING HEADS FILMS. Tous droits réservés.

BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION • 1080/23.98p • ENCODAGE AVC
Mix Cinéma DTS-HD MA 5.1 & PCM 2.0 / Mix Studio DTS-HD MA 5.1 & PCM 2.0
Sous-Titres Français • Format 1.78 • Couleurs • Durée du Film : 88 mn
DVD 9 • NOUVEAU MASTER RESTAURÉ • PAL • ENCODAGE MPEG-2
Mix Cinéma Dolby Digital 5.1 & 2.0 / Mix Studio Dolby Digital 5.1 & 2.0
Sous-Titres Français • Format 1.78 • 16/9 compatible 4/3 • Couleurs

Durée du Film : 88 mn
Prix de vente public conseillé Édition Spéciale Mediabook Blu-rayTM + DVD + Livret : € 24.99
Prix de vente public conseillé édition single Blu-rayTM : € 18.99
Prix de vente public conseillé édition single DVD : € 15.99

Fiche technique :

  • Titre : Stop Making Sense
  • Réalisation : Jonathan Demme
  • Scénario : Jonathan Demme et Talking Heads
  • Production : Gary Goetzman et Gary Kurfirst
  • Musique : Talking Heads
  • Photographie : Jordan Cronenweth
  • Montage : Lisa Day
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Format : Couleurs – Dolby Digital – 35 mm
  • Genre : Musical
  • Durée : 88 minutes
  • Date de sortie : 1984

 

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