Box-office : Solo, l’échec préprogrammé de Star Wars

Les studios Disney et Lucasfilm semblaient plus que confiants en l’exploitation de la licence Star Wars au point de cumuler les projets à l’instar de Marvel. Il aura suffi d’un seul film, d’un spin-off pour tout faire capoter. Solo : A Star Wars Story, ou le long-métrage qui aura mis fin aux rêves de Kathleen Kennedy et consorts de profiter pleinement de l’héritage de George Lucas.

Chers lecteurs, la rédaction de votre cher site se lance dans une série d’articles ayant pour but de revenir sur certains titres cinématographiques par le biais de leurs recettes. D’analyser leur succès ou bien défaite au box-office. Mais aussi de comprendre ce qui a bien pu se produire pour en arriver à un tel score, à un tel constat. Tout en explorant les diverses conséquences qui ont pu être amenées par ces résultats. Ou comment parler cinéma, opinion publique et descriptif en se basant sur le parcours d’une œuvre par ce que les cinéphiles purs et durs préfèrent renier : l’aspect commercial du long-métrage. Et pour commencer les festivités et à l’occasion de la sortie du neuvième opus, nous allons revenir aujourd’hui sur un véritable cas d’école en matière de ratage commercial avec Solo : A Star Wars Story. Un spin-off qui, encore aujourd’hui, perturbe les plans de Disney quant à l’exploitation de l’iconique saga créée par George Lucas.

Le résumé par les chiffres

Avant de continuer, il faut bien évidemment s’arrêter sur l’aspect financier du projet. Pour voir à quel point Solo est une véritable épine dans le pied de la saga Star Wars. Un vilain petit canard pour les studios Disney. Car si le film n’est pas honteux en matière de blockbuster, il reste toutefois une véritable catastrophe pour un titre de la franchise. Nous pouvons même dire que le spin-off affiche les pires scores de la saga et ce depuis ses débuts en 1977 – si nous exceptons le long-métrage d’animation The Clone Wars, sorti en 2008 et pilote de la série éponyme –, c’est pour dire ! En effet, ayant un budget de 250 millions de dollars (avoisinant celui du Réveil de la Force) et auquel viennent se rajouter une centaine de millions de frais marketing, autant dire que Solo était un projet fort coûteux qui devait à tout prix cartonner pour permettre à la production d’avoir un gain d’argent. Pour Disney, la douche a été bien froide quand le film a vu arrêter son exploitation internationale à plus de 386 millions. Ce qui est inférieur aux 418 millions du Retour du Jedi, et bien loin des 2,06 milliards du Réveil de la Force. Même le premier spin-off de la franchise estampillé A Star Wars Story, Rogue One, avait su convaincre avec plus d’1,05 milliards. Du côté de la France, le constat n’est pas des plus fameux non plus, bien que le film parvienne à dépasser le million d’entrées. Mais il ne parvient à pas à surpasser les 4 millions d’entrées de L’Empire contre-attaque et encore moins les 10,5 millions d’entrées du Réveil de la Force.

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Le regard soucieux du personnage en dit déjà bien long…

Sans compter que le film fut un véritable bide aux États-Unis avec 213,6 millions de dollars au box-office domestique. Un chiffre bien inférieur au budget. Et comme un long-métrage rapporte bien plus de bénéfices sur son sol natal, autant dire Solo s’est littéralement ramassé en public. Même question exploitation. Car si le film fait mieux que L’Empire contre-attaque (209,3 millions), sa rentabilité ne lui arrive pas à la cheville à cause son exploitation en salles (plus de 4380 écrans contre 1300 pour l’Épisode V). Ajoutons à cela une piètre performance à l’internationale et notamment en Chine, pays qui, par plusieurs alliances de studios, parvient à sauver les comptes de certains blockbusters (Warcraft, par exemple). Avec seulement 16 millions contre les 124 millions du Réveil de la Force. Oui, il n’est plus besoin de continuer pour dire que malgré son appartenance à l’une des sagas les plus vénérées du cinéma, Solo s’est avéré être un échec cuisant pour la franchise et Disney. Un échec qui, a bien y réfléchir, était inévitable.

Menace fantôme sur le tournage

Dans son optique de lancer plusieurs spin-offs en parallèle à la nouvelle trilogie, Disney et Lucasfilms avaient lancé la production de Solo : A Star Wars Story assez rapidement. Tout en voulant poursuivre l’optique de base, à savoir confier les films de la saga à de nouveaux artisans. À d’autres réalisateurs désireux de se frotter à Dark Vador et consorts pour en livrer une vision qui leur est propre. Mais derrière ce tableau idéaliste, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Et pour cause, sur les nouveaux titres depuis Le Réveil de la Force a vu des exemples de « divergences artistiques » qui ont provoqué certains remaniements des longs-métrages dans leur ensemble. Que ce soir Rogue One avec ses quelques reshoots (non orchestrés par le cinéaste Gareth Edwards) et l’évincement de Colin Trevorrow sur L’Ascension de Skywalker (entraînant des changements dans le scénario), nous sommes bien loin de cette « chance » que voulait offrir Kathleen Kennedy à ces nouveaux réalisateurs. Mais si ces exemples restent mineurs aux vues des résultats (Rogue One étant principalement aimé du public), c’est malheureusement Solo qui en a le plus souffert. Si le tournage semblait tendu et ce dès le début, celui-ci a pris du plomb dans l’aile cinq mois après, avec le renvoi des réalisateurs Phil Lord et Chris Miller (21 Jump Street, La Grande Aventure LEGO). Entre la vision du personnage qui divergeait avec le scénariste Lawrence Kasdan, des problèmes de planning et un sérieux manque de liberté créative selon le duo de cinéastes, la production a eu vite fait de trouver un remplaçant en la personne de Ron Howard. Qui, augmentant ainsi le budget initial du film (qui devait être bien en-dessous des 250 millions enregistrés), s’est vu remanier voire retourner 70% de ce qu’avaient déjà livré Lord et Miller.

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On sourit pour la photo, et après retour à la dure réalité !

S’ajoutaient également à cela diverses rumeurs sur l’ambiance houleuse du tournage mais aussi sur le jeu d’acteur d’Alden Ehrenreich (certains parlaient même de l’intervention d’un coach pour son interprétation du personnage) et le résultat final jugé comme raté, qui n’ont fait que parvenir aux oreilles des nombreux fans. Ces derniers ayant donc commencé à paniquer quant à la qualité de Solo car se rappelant de la débandade qu’avait été Justice League un an plus tôt – changement de réalisateur en cours de route, visions différentes pourtant garder dans le résultat final… Et dans une époque où ce genre d’informations nous parviennent en un clin d’œil via internet et les réseaux sociaux, Solo se forgeait une mauvaise réputation bien avant sa sortie. Ce qui, pour le coup, en faisait un projet quasiment mort-né.

Un très mauvais timing dans la date de sortie

Ce qui a également pénalisé Solo, c’est bien tout ce qui entoure son marketing et sa sortie en salles. Car désireux de nous offrir un film Star Wars tous les ans en décembre, Disney et Lucasfilm ont préféré exploiter le spin-off dès mai 2018, soit six mois seulement après Les Derniers Jedi. Ne pouvant pas démarrer la promotion du film – celui-ci n’étant pas terminé à cause des reshoots et retards du tournage – et ne pouvant empiéter sur celle de l’Épisode VIII, la campagne marketing de Solo n’a démarré qu’à partir du 5 février 2018, lors du super bowl, soit cinq mois ans. Ce qui, pour un blockbuster de cette envergure, est bien peu pour faire naître un certain engouement. Il faut dire aussi que, sans doute conscient d’aller droit dans le mur avec ce film, les studios ont voulu limiter la casse en diminuant au possible les dépenses marketing, vendant ainsi le long-métrage et ses produits dérivés au pied levé. À titre de comparaison et malgré ses reshoots, Rogue One avait eu droit à un bien meilleur traitement, le premier teaser ayant été dévoilé un an avant sa sortie. Et les diverses bandes-annonces mettant en avant l’aspect et la dramaturgie de son récit en comparaison de ce Solo.

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Le regard des Avengers était braqué sur cette galaxie fort, fort lointaine

Sortir le film en mai 2018 n’était pas non plus le choix le plus judicieux. Bien que le titre ait bénéficié d’une participation hors compétition au Festival de Cannes et que les producteurs semblent s’être reposés sur les lauriers de la franchise, ses résultats au box-office ont dû faire face à deux poids lourds. Il s’agit d’Avengers : Infinity War – sorti cinq semaines plus tôt est dévorant tout sur son passage pour dépasser les 2 milliards de dollars – et de Deadpool 2 – sorti une semaine auparavant, surfant sur le succès surprise du premier opus avec plus de 761 millions. Avec ces deux concurrents victorieux d’entrée de jeu par la notoriété et le peu d’engouement envers Solo, ce dernier ne pouvait que se laisser tranquillement écraser. Acceptant que quelques curieux daignent bien lui laisser sa chance.

La fin d’une marque ?

Comme quoi, avoir pour titre Star Wars n’a pas suffi à Solo pour créer l’événement comme ses prédécesseurs. Il faut dire aussi que depuis quelques années, les spectateurs doivent accepter de la part des studios hollywoodiens l’exploitation en masse de grandes sagas. Et si cela fonctionne du feu de Dieu pour certaines (le MCU), d’autres n’ont pas cette chance. En rachetant Lucasfilm en 2012 et en annonçant d’emblée un film Star Wars tous les ans à partir de l’Épisode VII, Disney a sans doute surestimé la marque de la franchise. Sans se douter qu’une telle exploitation pouvait lasser le public. Car si les spectateurs étaient au rendez-vous du Réveil de la Force, de Rogue One et des Derniers Jedi, les nouveaux films n’ont pas fait l’unanimité auprès des fans (Rogue One ayant été le plus apprécié). Notamment l’Épisode VIII réalisé par Rian Johnson, qui a vu bon nombre de détracteurs proférer leur haine envers le long-métrage. Au point de lancer une pétition afin que le titre soit refait ou bien de harceler les comédiens sur les réseaux sociaux (la pauvre Kelly Marie Tran, interprète de Rose Tico). Solo arrivant juste après la bataille, il n’a pu éviter l’étiquette du film Star Wars de trop. Le statut de produit sans âme ni saveur et ce bien avant que les gens ne le visionnent.

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La saga devenue un label

D’autant plus que le concept même du projet faisait déjà parler de lui auprès de la communauté des aficionados. Beaucoup voyant en ce film une opportunité inutile et mercantile de revenir sur un personnage culte de la saga. Car pour eux, le contrebandier Han Solo est un protagoniste qui n’avait pas besoin d’être plus étoffé que ça pour avoir leur sympathie. Sa présence, les mystères entourant son histoire, le charme et le talent de Harrison Ford se suffisaient à eux-mêmes. A contrario encore une fois de Rogue One qui revenait sur un événement évoqué dans la première trilogie (les plans de l’Étoile de la Mort) mais pouvait donner un récit inédit, avec des personnages jamais vus dans la saga mis en avant. Rien qu’avec ce constat, Solo marquait dès son annonce un désintéressement du public, qui ne voyait donc plus un film Star Wars comme un rendez-vous événementiel mais un film de plus.

Un nouvel espoir ?

Bien que nous ayons un nouveau film Star Wars un an après Solo avec l’Épisode IX, la débandade commerciale du spin-off s’est avéré être un véritable frein pour Disney et Lucasfilm. Car si le film n’a pas été descendu par les critiques – certaines qualités de divertissement ayant été relevées –, la perte de gain enregistrée par les studios (entre 50 et 80 millions de dollars) a remis en doute la politique d’exploitation de la franchise. Alors que plusieurs autres films dérivés étaient annoncés – une trilogie sur Han Solo, un spin-off sur Boba Fett réalisé par James Mangold, un autre sur Obi-Wan Kenobi…– , tous se sont vus tout bonnement annulés. Mettant ainsi fin à la saga parallèle que devait être A Star Wars Story. Les studios ont également revu leur planning des sorties, annonçant il y a de cela quelques mois qu’il faudra désormais attendre deux ans pour une nouvelle trilogie, chaque épisode sortant à deux ans d’intervalle (pour caler les suites d’Avatar suite au rachat de la Fox par Disney). Sans compter le départ sur Netflix des créateurs de la série Game of Thrones (David Benioff et D.B. Weiss) alors qu’ils étaient rattachés à une nouvelle trilogie, et celle toujours en suspens que doit préparer Rian Johnson, autant dire qu’à la suite de ce cuisant échec, l’avenir de Star Wars reste assez incertain dans les mois à venir. D’autant plus que, selon les dernières déclarations de Kathleen Kennedy, l’heure ne serait plus à la création de trilogies mais à la réalisation de films indépendants, afin de se concentrer sur l’histoire et les personnages.

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The Mandalorian, ou le retour de la licence par le petit écran

Il n’empêche que Disney et Lucasfilm pourront continuer l’aventure. Car si beaucoup appréhendent L’Ascension de Skywalker (retour de J.J. Abrams à la réalisation, l’après-Derniers Jedi toujours pas digéré…), il est quasiment sûr que la saga retrouvera son prestige commercial avec le dernier épisode de cette trilogie. Rien que cette étiquette et la campagne promotionnelle virulente du film devrait inciter le public à se rendre en salles pour voir la fin. Surtout qu’entre Solo et l’Épisode IX, il se sera déroulé 18 mois avant qu’un film Star Wars ne débarque sur grand écran. Un temps sans doute suffisant pour laisser l’eau couler sous les ponts. Surtout que depuis le lancement de sa plate-forme de streaming Disney +, la saga confirme son engouement avec le succès indiscutable la série The Mandalorian. D’autant plus que Disney s’apprête à poursuivre sur cette voie-là, ayant annoncé la mise en chantier d’une série centrée sur… Obi-Wan Kenobi. Oui, Solo : A Star Wars Story a été un gros échec pour la saga. Une remise en question totale. Mais pour une machine aussi imposante que celle de Disney, cela reste un petit rouage qu’il aura fallu replacer pour continuer l’exploitation comme elle l’entend. Car il faut bien se l’avouer, celle-ci n’est en rien terminée !

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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