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Joyland : Un œuvre qui met en joie

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Récompensé de la Queer Palm lors du dernier Festival de Cannes, Joyland récidive en cette fin d’année 2022 en obtenant le Grand Prix du Festival Chéries Chéris. Cette récompense réaffirme – s’il en est besoin – l’acuité critique du film. Ce dernier redonne, de fait, un coup de jeune au cinéma pakistanais en proposant une réflexion engagée sur la condition des femmes au Pakistan. Une œuvre déchirante qui touche au cœur.

Portrait d’une famille pakistanaise

Théâtre Debussy. Lundi 23 mai 2022. Une semaine après le début des festivités cannoises, le public découvrait la plus belle surprise cinématographique de Cannes. L’œuvre s’appelle Joyland et a été réalisée par le cinéaste pakistanais Salim Sadiq. Le film comprend, de fait, plusieurs sujets qui n’en sont en réalité qu’un. À travers l’évocation d’un amour impossible, l’intrigue brosse un portrait sans appel de la société pakistanaise actuelle, en offrant, au passage, une radiographie de la condition des femmes. L’intrigue débute par le portrait d’une famille pakistanaise a priori lambda. Haider (Ali Junejo) et Mumtaz (Rasti Farooq) sont mariés. Ces derniers vivent, comme le veut la tradition, dans la maison familiale d’Haider où demeurent son père malade, son frère Saleem (Sohail Sameer), son épouse Nucci (Sarwat Gilani) et leurs quatre enfants.

L’intimité du couple est prise en étau dans cette atmosphère collective étouffante. Joyland évoque, à première vue, l’histoire d’une famille pakistanaise lambda. Oui et non. Nous sommes dans un univers (hétéro)patriarcal très marqué, dans lequel la parole du pater familias ne saurait être discutée, et où le fils doit en permanence prouver à son père qu’il est un « homme viril ». Haider subit une mise au ban familiale en raison de sa personnalité. Délicat et sensible, le trentenaire s’écarte de la norme de genre. Contrairement à son frère et son autoritarisme machiste, Haider n’est pas un bon petit soldat. Il refuse la violence gratuite et se montre volontiers dégouté par les effusions de sang inutiles. Au chômage depuis plusieurs mois, Haider est devenu l’homme à tout faire de la maison, travaillant gratuitement, aux côtés de Nucchi, à la bonne gestion de l’espace domestique, tandis que sa femme Mumtaz travaille, à l’extérieur, en tant que maquilleuse.

Cette inversion des rôles de genre est de courte durée. Lorsque Haider déniche du travail, l’organisation de la maisonnée retrouve – en ce qui concerne les femmes – les chemins de la « normalité ». Car si Haider voit son quotidien s’élargir, celui de Mumtaz se retraicit nettement. Celle-ci est sommée de quitter sans délais un métier qui la passionne, par un cénacle masculin qui considère qu’il n’est pas nécessaire qu’une femme travaille (si son mari s’en charge).

Un amour impossible

Haider est forcé de cacher la réalité de son nouveau travail. Le jeune homme fait croire à sa famille qu’il supervise les spectacles d’un cabaret érotique alors qu’il est, en fait, devenu l’un des danseurs de Biba, une jeune femme trans bien décidée à s’imposer comme la reine du milieu du spectacle. Haider sait que dire la vérité lui ouvre les portes de l’opprobre paternelle et sociale. Le héros est englué dans une situation impossible. Être danseur est perçu comme une preuve d’« efféminement » et donc – selon une logique homophobe absurde –  d’homosexualité. Impensable dans une société où la démonstration de la « virilité » est une performance que l’on doit exercer au quotidien. Les choses se compliquent encore un peu plus pour Haider lorsqu’il tombe éperdument amoureux de Biba. Il est ainsi confronté à la transphobie mortelle que subit celle-ci.

Joyland s’affirme comme un réquisitoire glaçant sur la transphobie et l’homophobie qui règnent dans la société pakistanaise actuelle. Le cinéaste rappelle, de manière subtile, sans misérabilisme, que l’une et l’autre tuent encore aujourd’hui. Qu’elle soit dans le métro ou dans un cabaret, Biba est constamment menacée de lynchage. Parce qu’elle s’affirme en tant que femme, Biba risque la mort en permanence, à l’instar de l’une de ses amies, assassinée sous ses yeux. Salim Sadiq n’est pas naïf. L’homophobie intériorisée qu’il dépeint atteint, dans cette logique nauséabonde, celles et ceux qui bouleversent les rapports sociaux de sexe, à l’image de Biba.

Le cinéaste offre, avec le personnage d’Haider, une représentation salutaire de la masculinité dissidente. Ce dernier constitue l’antithèse du héros (hyper)sexualisé à la Bruce Willis, dont le physique et le comportement s’inscrivent dans le mythe risible de l’homme viril. Joyland est d’autant plus intéressant qu’il confronte des personnages dont les conceptions s’entrechoquent jusqu’à la rupture. Biba et Haider ont une vision radicalement différente des rapports qui unissent sexe et genre. Le réalisateur met en scène un Pakistan asphyxié par une logique (hétéro)patriarcale toxique.

Biba, Nucci, Mumtaz et toutes les autres

Joyland se présente comme une radiographie de la condition des femmes au Pakistan. Qu’elles soient trans, femme au foyer épuisée ou sur le point d’avoir un enfant, les trois femmes du film subissent toutes trois le joug d’une tutelle masculine (et sociale) oppressive. Le destin de Biba, Nucci et Mumtaz illustre le sort des femmes au Pakistan. Si la première parvient à se hisser en haut de l’affiche, les deuxième et troisième ne connaissent pas la même ascension. Quel est l’intérêt de décorer la maison des autres quand on peut décorer la sienne ? dit Saleem à sa femme Nucci. Cette dernière, pourtant décoratrice d’intérieur de formation, est sommée de rester à la maison par une société qui déconsidère le travail des femmes dès lors qu’il est rémunéré. Mumtaz adopte une attitude de rébellion, refusant de devenir, à son tour, une esclave domestique. Privée de son indépendance, la jeune femme choisit la radicalité plutôt que le « consentement » arraché de force, face à l’horizon bouché qui s’offre à elle.

L’œuvre rappelle à juste titre que les femmes ne sont pas dupes des rapports de pouvoir (et encore moins de l’oppression qu’elles vivent au quotidien). Ces dernières possèdent une conscience aiguë de leur condition, privées de leur indépendance comme de leur droit à disposer d’elles-mêmes comme bon leur semble. Salim Sadiq dépeint une société qui (s’)étouffe. Cette dernière semble aliénée par une logique patriarcale qui impose un idéal de masculinité et de féminité toxiques impossible à tenir pour les uns et les autres. Ne nous méprenons pas, Joyland ne fait pas le procès de la société pakistanaise. Le cinéma serait bien en reste s’il pouvait juger le monde qui l’entoure. Le cinéaste met en avant combien la société pakistanaise actuelle reste sous-tendue par un discours profondément machiste et homophobe qui brime – voir annihile – les libertés. Cette réflexion est imbriquée dans une œuvre marquée par une beauté stupéfiante où chaque scène se regarde comme un tableau de maître. Un très grand cinéaste est né.

Bande-annonce – Joyland

Fiche Technique – Joyland

Réalisation : Saim Sadiq
Scénario : Maggie Briggs et Saim Sadiq
Distribution: Rasti Farooq (Mumtaz), Alina Khan (en) : Biba, Sarwat Gilani (Nucchi), Ali Junejo (Haider), Salmaan Peerzada (Rana Amanullah), Sania Saeed (Fayyaz), Sohail Sameer (Saleem)
Musique : Abdullah Siddiqui
Photographie : Joe Saade
Montage :
Production : Apoorva Guru Charan, Sarmad Sultan Khoosat, Lauren Mann
Société de production : Production Companies, All in Caps Productions, Astrakan Film AB, Blood Moon Creative, Diversity Hire, Film Manufacturers
Sociétés de distribution : Condor

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Nelly et Nadine : L’amour lesbien en temps de guerre

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Deux femmes que tout paraît opposer tombent follement amoureuses dans un camp de concentration. Elles s’appellent Nelly et Nadine. Non, vous ne lisez pas le prochain scénario d’un film hollywoodien mais celui d’un (vrai) documentaire de Magnus Gertten. Projeté dans le cadre du Festival Chéries Chéris, Nelly et Nadine offre un récit de la généalogie familiale qui rend hommage aux histoires d’amour lesbiennes injustement effacées (par l’Histoire). Si le documentaire n’est pas encore sorti en France, son visionnage paraît plus que nécessaire.

Quand Nelly rencontra Nadine

1945. Noir et Blanc. Fin de la guerre. Libération des camps. Une caméra filme une foule de femmes soulagées d’en avoir fini avec l’enfer. Enfin presque. Il y en a une qui ne sourit pas en regardant l’objectif. Le visage est fermé. Pas une once d’émotion ne semble s’en dégager. A quoi pense-t-elle ? Pourquoi cette tristesse ? Magnus Gertten a longtemps cherché à répondre à ces questions – revenant sans cesse à cette femme aussi mélancolique qu’indéchiffrable. Qui est-elle ? Comment a-t-elle atterri à Ravensbrück ? Pour le savoir, direction le nord de la France, dans une ferme nichée au cœur de la campagne.

Nelly et Nadine est un documentaire en quête de son objet. Car, Magnus Gertten n’est pas le seul à se demander qui est Nadine. La petite fille de Nelly est elle aussi en quête de vérité. Ainsi, le long-métrage se transforme-t-il en enquête familiale. Sylvie Bianchi a décidé de se confronter au passé de sa grand-mère Nelly. Arrêtée en 1943 pour espionnage, Nelly Mousset-Vos – cantatrice respectée dans les années 30 – est déportée en avril 1943. C’est durant sa captivité au camp de Ravensbrück qu’elle fait la rencontre de l’avocate Nadine Hwang, fille d’un diplomate et haut fonctionnaire chinois.

L’archéologie (cinématographique) du savoir (familial)

Nelly et Nadine exhibe des archives familiales restées dans l’ombre d’un tiroir pendant des décennies. La narration épouse les découvertes de la petite-fille de Nelly qui, tel un spéléologue qui explore les recoins d’une cavité, tente de remonter le fil du passé à travers les vestiges du présent. Tout travail documentaire nécessite de décortiquer une matière brute. Celle-ci possède, dans le film, une valeur symbolique, historique et politique. La généalogie familiale et cinématographique s’appuie sur les traces laissées par Nelly – à commencer par le journal qu’elle écrit depuis le camp de Ravensbrück. De ce document ressort évidemment l’horreur d’une expérience indicible, mais également la lumière de l’inattendu, de l’inespéré – nommée Nadine. La lecture de la rencontre entre les deux, racontée par les mots de Nelly, donne à voir et à entendre l’amour dans la façon qu’il a de vous saisir – même et lorsqu’il ne (vous) paraît plus possible. Nelly et Nadine décideront, à la fin de la guerre, d’écrire l’histoire de leur rencontre. Si ce geste se solde par un refus de publication, il témoigne, cependant, de la volonté de se réapproprier le récit historique traditionnel – en l’évoquant à travers le regard de deux femmes qui s’aiment.

Un portrait du couple se dessine progressivement. On découvre des images de Nelly et Nadine dans leur appartement à Caracas au Venezuela où elles se sont installées au sortir de la guerre. On y perçoit la symbiose entre les deux, mais également une autre manière de faire société. Ces dernières vivaient leur amour en dépit des interdits sociaux et politiques qui pesaient à l’époque. Nelly et Nadine a l’élégance d’émouvoir tout en ayant la décence d’éviter une romantisation teintée de misérabilisme. S’il n’y a pas d’histoire d’amour à l’eau de rose, il n’y a pas non plus d’effacement du contexte historique qui, de fait, a permis la rencontre amoureuse. Le camp de concentration fait, ainsi, pleinement partie du film. Magnus Gertten n’omet pas non de montrer la difficulté du long travail de reconstruction de la mémoire familiale, impliqué par la déportation de Nelly.

Pallier le silence discursif au moyen d’une caméra 

Nelly et Nadine est un documentaire d’utilité publique. D’abord en tant qu’il évoque une histoire d’amour entre deux femmes, nées dans un camp de concentration – chose suffisamment rare pour qu’on omette de la mentionner. Des histoires d’amour lesbiennes nées durant la guerre, il y en a eu –, pourtant, jamais personne ne les mentionne ou presque. Se seraient-elles égarées dans les limbes de l’histoires ? N’ont-elle pas plutôt été – en grande partie – invisibilisées par l’Histoire au profit de récits plus consensuels (et respectueux des normes) ? Qui ne connaît pas l’histoire de Lucie Aubrac et de son mari résistant ? Qui pour parler de celle de Claude Cahun et de sa campagne Marcel Moore, artistes et résistantes de la premières heure ?

Nelly et Nadine vient combler un manque. Le documentaire se fond dans un récit pluriel où la mise au jour des archives familiales recoupent des enjeux intimes et universels, familiaux et politiques. Deux femmes s’aiment. Elles se moquent du « qu’en dira-t-on » et décident de partir au bout du monde pour vivre leur amour. On n’invente pas une telle liberté. On lui rend hommage. Comme on rend hommage à travers elle à toutes ces femmes (et ces hommes) qui se sont aimées et n’ont pu vivre cet amour tel qu’elles l’auraient voulu, empêchées par la bêtise d’une société toujours en guerre contre ce qui lui fait peur.

Bande-annonce – Nelly et Nadine

Fiche technique – Nelly et Nadine

Réalisation: Magnus Gertten
Scénario: Magnus Gertten
Photographie: Caroline Troedsson
Montage: Jesper Osmund, Phil Jandaly
Son: Are Åberg, Krister Johnson, Jørgen Meyer, Audun Røstad, Katarzyna Maria Wieczorek
Musique:  Marthe Belsvik Stavrum
Production: Ove Rishøj Jensen (Auto Images)
Durée: 1h32
Sortie : Prochainement

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4

Quand Guillermo Del Toro conte Pinocchio

Il est coutume dans le cinéma de Guillermo Del Toro d’avoir des histoires teintées de beauté et de noirceur. Ceci dit, avec l’oeuvre de Carlo Collodi, le créateur de La forme de l’eau parcourt la voix de l’innocence avec une sensibilité et une douceur nouvelles. Un triomphe certes mais plus encore.

L’enfance est un thème des plus élémentaires dans le cinéma du cinéaste mexicain, tant dans ses réalisations que dans ses productions. De L’Echine du Diable au Labyrinthe de Pan en passant par L’Orphelinat ou Mama pour les productions, le point de vue enfantin sur les monstruosités environnantes contrebalance l’obscurité par la candeur. Ici pas de créatures d’outre-tombe ou de fantômes mais l’horreur de la guerre, de la cruauté humaine et du deuil.

Il est bon de rappeler une fois encore qu’il ne s’agit pas d’une énième relecture que l’on connaîtrait par coeur mais plutôt de revisiter, d’inventer et d’innover sur des thématiques fidèles au réalisateur.

Avec Pinocchio, Guillermo Del Toro a pris soin de travailler son imaginaire au lieu d’illustrer mot pour mot ce qui a déjà été fait. A partir de là, le cinéaste plonge le conte dans une Italie fasciste, sombre, où le deuil est omniprésent tout au long de l’histoire, de la première à la dernière pomme de pin. Une façon bien singulière et propre au réalisateur de donner vie aux tribulations du pantin de bois. L’ajout de la stop-motion (qui est d’une esthétique juste sublime) rajoute à cette singularité, comme une empreinte visuelle qui accompagnerait l’imaginaire des petits et des grands à l’instar des illustrations de vieux livres de contes.

Il y a de la beauté dans la mort

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Au-delà de l’histoire elle-même, l’œuvre est un véritable poème sur la mort, taillée au travers du regard d’un enfant pour diriger l’ensemble avec une ombre bercée par la légèreté de l’innocence. Même quand l’au-delà se présente, l’esthétique est douce et le décor surnaturel s’installe comme la représentation onirique d’un rendez-vous avec la mort. Des grains de sable plus bleus que la nuit, une chimère funeste mais semblable à une amie et le temps qui s’écoule, telle est l’incarnation de la mort qui au final ne demande rien d’autre que d’être un hymne à la vie.

Il y a une certaine fragilité dans le petit garçon de bois de Del Toro. Dégingandé et totalement insouciant par son jeune esprit, le pantin est plus humain que les humains eux-mêmes. Entre tendresse et désobéissance, l’enfance si bien représentée par le personnage de Pinocchio sera mis à dure épreuve dans cette ère fasciste et encline à la remise en question, à l’incompréhension des lois et des poids de la vie comme avec cette notion de fardeau que l’enfant de pin assimilera comme une tristesse à effacer par un sacrifice d’amour. Car ici il est aussi question de ça, de l’amour d’un fils pour son père et de l’amour d’un père pour ce nouveau fils quitte à abandonner l’emprunte laissée par le premier.

Il a fallu attendre 15 ans pour découvrir cette virtuose version du mythe de Collodi, doré d’une véritable texture, d’une sensibilité et d’une atmosphère tactile, propre à l’image du réalisateur qui se dégage dans tous les aspects de la réalisation. Guillermo Del Toro offre le plus idéal des films de fin d’année en sonnant les valeurs fondamentales de la période de Noël à savoir cette notion d’identité, l’idée de rester soi même, d’être aimé pour ce que l’on est, et l’importance de la famille. Une croyance essentielle et importante pour le créateur du Cabinet des curiosités qui fera de Pinocchio un véritable chef d’œuvre du cinéma d’animation et restera pendant longtemps dans les cœurs du plus petit au plus grand des cinéphiles.

Bande annonce – Pinocchio

Fiche technique

  • Réalisation : Guillermo Del Toro et Mark Gustafson
  • Distribution : Gregory Mann, Ewan McGregor, David Bradley, Tilda Swinton, Christoph Waltz, Cate Blanchett,…
  • Scénario : Guillermo Del Toro et Patrick McHale d’après Les aventures de Pinocchio de Carlo Collodi
  • Décors : Samantha Levy et Laura Savage
  • Direction artistique : Andy Berry et Robert DeSue
  • Photographie : Frank Passingham
  • Musique : Alexandre Desplat
  • Sociétés de production : Netflix, ShadowMachine
  • Genre : animation, fantaisie
  • Durée : 114 min
  • France – 09 décembre 2022

5 choses que vous devez savoir sur les pneus

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Dans le monde de l’automobile, la bande de roulement des pneus est essentielle à avoir sur votre voiture car elle assure la traction de votre véhicule. Si vous n’avez pas assez de bande de roulement sur vos pneus, alors vous risquez d’avoir du mal à conduire en toute sécurité ! Contenant toutes les informations importantes sur les pneus et sur la façon de vérifier si vous avez besoin d’un nouvel ensemble, cet article est parfait pour quiconque conduit ou envisage de conduire un véhicule à l’avenir.

Que faut-il savoir sur un pneu ?

Vous devez être conscient de trois choses lorsque vous décidez si vous avez besoin de nouveaux pneus : l’usure de la bande de roulement, l’exposition aux éléments et l’âge des pneus.

USURE DE LA BANDE DE ROULEMENT. …

POURQUOI S’INQUIÉTER DE L’USURE DE LA BANDE DE ROULEMENT ? …

EXPOSITION AUX ÉLÉMENTS. …

ÂGE DES PNEUS. …

J’AI BESOIN DE NOUVEAUX PNEUS. …

VÉRIFIER RÉGULIÈREMENT LA PRESSION D’AIR. …

QUELLE EST LA BONNE PRESSION. …

POURQUOI LE TPMS EST-IL NECESSAIRE.

Comment fonctionne un pneu ?

Lorsque vous conduisez votre voiture, les pneus au sol entrent en contact avec la route et créent une force qui pousse votre voiture vers l’avant. Le caoutchouc des pneus frotte contre la chaussée et crée des frottements. Ce frottement est ce qui fait bouger votre voiture. Le caoutchouc aide également à adhérer à la route pour que vous puissiez aller plus vite.

Les pneus sont constitués de nombreux composants différents, notamment une bande de roulement (la surface qui touche le sol), une carcasse (le plastique dur ou le métal autour de la bande de roulement) et un talon (une étroite bande de caoutchouc qui s’enroule autour de la carcasse). Le boîtier est rempli d’air comprimé. Cet air aide à s’assurer que le pneu reste gonflé pendant que vous conduisez et l’empêche d’éclater.

Le talon est important car il crée une surface lisse sur laquelle rouler. De plus, il aide à garder votre voiture en mouvement en répartissant uniformément la pression sur l’ensemble du pneu. Sans talon, vos pneus se gonfleraient de manière inégale et causeraient des problèmes avec la suspension de votre voiture.

A quoi faut-il faire attention avec un pneu ?

Usure de la bande de roulement des pneus
Lorsque vous magasinez pour une nouvelle voiture, l’une des choses que vous devez toujours garder à l’esprit est les pneus. Les pneus sont importants car ils aident la voiture à se déplacer sur la route. Ils jouent également un rôle dans la sécurité.

Une chose à laquelle vous devez faire attention avec les pneus, ce sont les indicateurs d’usure de la bande de roulement ou les barres d’usure. Ces barres d’usure sont espacées uniformément à travers les rainures principales de la bande de roulement du pneu et indiquent la quantité de pneu qui a déjà déteint et si le pneu est usé. Si vous constatez que l’un de vos pneus présente de nombreuses barres d’usure, cela signifie qu’il doit être remplacé prochainement. Et si vous voyez qu’il n’y a aucune barre d’usure, cela signifie que le pneu est encore en bon état et peut être utilisé pendant encore quelques mois ou années.

Assurez-vous donc de vérifier régulièrement la bande de roulement de vos pneus et de remplacer les pneus qui ont atteint leur date de fin de vie. Et n’oubliez pas de consulter le manuel du propriétaire de votre voiture pour savoir quand chaque type de pneu doit être remplacé. De cette façon, vous saurez exactement quand il est temps d’effectuer une mise au point ou un tout nouveau jeu de pneus.

Comment monter un pneu ?

Montage de vos pneus

1) Installez solidement la roue sur la face du moyeu.

2) Serrez correctement toutes les cosses.

4) Retirez toute accumulation de saleté entre le moyeu et la roue.

5) Vérifiez les virages ou les fissures dans la roue.

6) Installez solidement les deux talons de pneu sur la jante.

7) Évitez de rayer ou de plier les jantes en alliage lors de l’installation.

Lors du montage d’un nouveau pneu, il est important d’asseoir la roue sur la face du moyeu. Serrez correctement toutes les cosses. Retirez toute accumulation de saleté entre le moyeu et la roue. Vérifiez les virages ou les fissures dans la roue. Installez solidement les deux talons de pneu sur la jante. Évitez de rayer ou de plier les jantes en alliage lors de l’installation.

Afin de monter les pneus en toute sécurité, vous aurez besoin d’outils et de matériel : un cric, une clé à ergot, une douille d’entraînement de trois quarts de pouce (ou l’équivalent), un cliquet et des douilles, un outil multifonction (de préférence avec une clé à molette), un tournevis, un marteau/un poinçon , bloc ou blocs de banc en métal (d’au moins 1 pouce d’épaisseur), lunettes de sécurité et chandelle.

Commencez par soulever le véhicule sur la béquille afin que les roues ne touchent pas le sol. Une fois en place, utilisez le tournevis pour retirer tous les écrous de roue de chaque roue, en veillant à ne pas rayer ou endommager les jantes en alliage de quelque manière que ce soit.

pneu

Piecesauto24.com fournit une photo d’un pneu

Ensuite, à l’aide d’une douille 3/4″ ou équivalent (ou d’un multi-outil avec une clé à molette), desserrez chaque écrou de roue d’un tour à la fois jusqu’à ce qu’il puisse être facilement retiré sans avoir à utiliser la force – encore une fois en faisant attention de ne pas rayer ou endommager les jantes en alliage. Une fois que tous les écrous de roue ont été desserrés, éloignez doucement chaque roue de la carrosserie du véhicule et mettez-les de côté sur des cales pour le moment. Avec les deux pneus toujours sur leurs jantes et

Quelle est la première étape du processus de montage d’un pneu ?

Instructions pour le montage et le démontage des pneus

Dégonflez complètement le pneu en premier. …

Séparez le bourrelet supérieur avec un détalonneur.

Placez le pneu sur un démonte-pneu et lubrifiez le talon supérieur. …

Avant de monter le pneu sur la jante, nettoyez et inspectez la jante.

Que signifie monter un pneu ?

Lors du montage d’un pneu, beaucoup de gens le considèrent comme le processus d’installation du pneu sur la roue. Bien que ce soit une partie du processus de montage, il y a d’autres aspects à considérer. Par exemple, il est important de s’assurer que la roue et le pneu sont correctement alignés avant de monter le pneu afin qu’il fonctionne de manière optimale. De plus, le montage d’un pneu peut se faire de différentes manières – à la main ou avec une machine – qui varient en fonction du type de surface utilisé. En fin de compte, choisir la bonne façon de monter vos pneus dépendra de votre situation et de vos besoins spécifiques.

Combien de temps dure un montage de pneu ?

Un montage de pneu est un processus qui prend environ 40 minutes et les professionnels facturent 50 $ pour le faire. Si vous n’êtes pas du genre à avoir le temps de changer de pneus, vous pourrez vous offrir un montage de pneus si vous achetez quatre pneus neufs par an. Il s’agit d’un coût raisonnable pour les propriétaires de voitures en général et est probablement moins cher que de faire remorquer votre voiture ou de payer quelqu’un d’autre pour le faire.

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Nos Frangins de Rachid Bouchareb : mise à mort

3.5

Avec Nos Frangins, Rachid Bouchareb revient sur les événements de la nuit du 5 ou 6 décembre 1986, en choisissant de raconter l’incompréhension, l’absence, la douleur, soit les heures de silence qui ont suivi ces deux mises à mort. L’espace du film est aussi feutré qu’étouffant, percé de larmes et de questions. Seules les images d’archives se tournent vers l’ampleur de la foule, toutes les autres scènes sont intimistes, révélatrices d’une violence d’autant plus grande qu’elle éclate en marge, presque comme une erreur.

Foule et fantômes

Nos Frangins commence par une scène de liesse, une foule, des manifestations, un esprit de corps. De nombreuses scènes d’archives viendront ponctuer le montage du film comme pour mieux l’ancrer dans la sidération telle qu’elle a été vécue. Le calme sera à chercher ailleurs, vers cet employé de la morgue qui redonne aux corps anonymes un prénom, un adieu, une existence. Après cette ouverture entre foule et fantômes, c’est vers l’intime que se tourne Rachid Bouchareb, le réalisateur. On découvre Malik Oussekine par une voix sur son répondeur, son appartement, quelques objets et, surtout, à travers les voix et l’inquiétude de son frère (magistrale Reda Kateb) et de sa sœur (Lyna Khoudri). De même du côté d’ Abdel Benyahia dont on découvre le père (Samir Guesmi, impeccablement empêché), manipulé, et le frère, libéré et rabaissé (« vous devez les remettre dans le droit chemin »). Face à eux, la figure de l’autorité (Raphaël Personnaz), toute de noire vêtue, presque une silhouette dans une nuit sans lune. On pense aux figures policières telles qu’elles étaient représentés dans les caricatures de mai 68.

Violence

L’autorité en question, c’est la police donc, esquissée tout du long comme une menace. On la voit venir, de loin, elle perce le silence de la nuit et s’impose comme un groupe qui s’oppose à un autre. Les policiers de la brigade mobile sont décrits ici comme des lions en cages, ce sera les mots de l’un d’eux en audition, que l’on garde toute la journée enfermés, avant de les jeter dans les rues. Rachid Bouchareb les rend reconnaissables, dès le début, par le bruit de leurs motos qui fendent la nuit. A l’aide d’un montage ultra découpé, il reconstitue les événements de la nuit d’Abdel. La violence n’éclate pas directement, mais son résultat, un corps mort et méconnaissable, est connu dès le début. Nos Frangins compte plutôt montrer comment ces deux morts interviennent au cœur d’un évènement sans que ses protagonistes aient cherché à en faire partie. Le film raconte l’attente des familles, leurs craintes, leur combat aussi pour connaître la vérité. Il montre aussi comme, en l’absence d’éléments tangibles ou dans un pays qui ne leur donne pas la parole, ce combat est empêché, minimisé.  Cette manière de faire un pas de côté en étant non pas au cœur de l’évènement mais dans ses conséquences en chacun des proches des victimes, rend l’injustice d’autant plus flagrante.

Dépossédés

Après leurs morts, Abdel et Malik sont comme dépossédés de leurs identités. C’est pourquoi les scènes à la morgue, douces et cruelles, contrastent tant. On entend ainsi un policier dire « ce n’est pas le bon corps », confusion entre Malik et Abdel qui, morts tous les deux de violences policières, seront cachés pour éviter les débordements. Que faire alors ? Regarder les autres, leur rendre leur identité, tenter de les comprendre. Or, ils ne sont plus là pour parler d’eux, justifier leurs choix, comme cette conversion au catholicisme que Malik entreprenait et que son frère découvre, comme une deuxième mort presque. Le réalisateur filme ces deux morts tragiques et injustes avec une extrême sobriété. D’un côté les policiers et hommes politiques qui doivent prendre des décisions, de l’autre la liesse de la rue, et, entre tout ça, l’inimitié des familles. Dans cette reconstitution très attachée aux faits, il y a énormément d’images d’archives, la mise en scène est très, voire parfois trop, discrète. Elle a cependant le mérite de montrer l’impuissance, le débordement d’une violence injuste et d’une justice qui manipule. L’IGPN en la figure du policier interprété par Raphaël Personnaz est montré comme un pantin dont on tire les ficelles, et qui se trouve toujours non loin du siège éjectable. Les peines annoncées à la fin du film montrent bien le pouvoir de nuisance de cette soi-disant justice. Le rapprochement final que fait le réalisateur avec la gestion policière de la crise des Gilets Jaunes laisse entrevoir là où il voulait en venir et quelle place le souvenir de ces deux mises à mort doit prendre encore aujourd’hui dans nos mémoires collectives.

Nos Frangins : Bande annonce

Nos Frangins : Fiche technique

Synopsis : La nuit du 5 au 6 décembre 1986, Malik Oussekine est mort à la suite d’une intervention de la police, alors que Paris était secoué par des manifestations estudiantines contre une nouvelle réforme de l’éducation. Le ministère de l’intérieur est d’autant plus enclin à étouffer cette affaire, qu’un autre français d’origine algérienne a été tué la même nuit par un officier de police.

Réalisation : Rachid Bouchareb
Scénario : Rachid Bouchareb, Kaoutder Adimi
Interprètes : Reda Kateb, Lyna Khoudri, Raphaël Personnaz, Samir Guesmi, Laïs Salameh, Adam Amara, Wabinlé Nabié
Photographie : Guillaume Deffontaines
Montage : Guerric Catala
Durée : 1h32
Date de sortie : 7 décembre 2022
Genre : Drame
Distributeur : Le Pacte

« Le fil de l’Histoire » se penche sur le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis en 1939-1945

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La collection « Le fil de l’Histoire » des éditions Dupuis accueille trois nouveaux albums consacrés à la Seconde guerre mondiale. Fabrice Erre et Sylvain Savoia s’attachent à décrire les décisions et actions du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis, tous trois engagés dans un conflit mortifère.

Un même fait historique peut donner lieu à des interprétations et des conséquences diamétralement opposées, selon le point de vue adopté. Si l’on s’intéresse plus spécifiquement au Japon et aux États-Unis durant la Seconde guerre mondiale, les attaques aéronavales de Pearl Harbor ou les bombes nucléaires larguées sur Hiroshima et Nagasaki constituent à cet égard deux exemples édifiants. Pour les Japonais, les premières portaient une promesse de grandeur que les secondes sont venues étouffer sous les corps de dizaines de milliers de victimes. Les Américains ont quant à eux d’abord été contraints à la guerre, sortant ainsi d’un isolationnisme relatif, avant de sonner le glas de l’obstination nippone en recourant au spectacle terrifiant des champignons atomiques. Ces histoires ne sont pas les seules à se croiser et s’enrichir à travers les différents albums de la collection « Le fil de l’Histoire » traitant des années 1939-1945. Il en va ainsi des bombardements sur les villes anglaises et allemandes, du débarquement de Normandie ou des conflits armés sur les îles du Pacifique.

Toujours concis et documentés, les trois albums qui nous intéressent dressent un état des lieux des principales politiques et offensives menées dans le cadre de la Seconde guerre mondiale tant au Royaume-Uni qu’au Japon ou aux États-Unis. Le grand empire européen est déclinant à l’aube des années 1940. Il verra d’ailleurs les forces de l’Axe exploiter son immensité territoriale en attaquant dans l’Afrique septentrionale ou aux abords des Indes britanniques. Ces dernières sortiront définitivement du giron colonial en 1947, quelques mois après la fin du conflit. Le Japon, bien plus développé que ses voisins proches, mène une guerre féroce contre la Chine dès 1931. Cette dernière s’appuie sur la politique du hakko ichiu, qui vise à regrouper sous un même toit les différentes nations asiatiques. Victime de l’embargo des Américains, pourtant réticents à s’impliquer dans la Seconde guerre mondiale, l’archipel va s’allier aux Italiens et aux Allemands pour contrer leur influence et poursuivre ses visées hégémoniques en Asie. De son côté, s’il a choisi de renforcer l’isolationnisme en 1935, le Congrès américain, jusque-là principalement soucieux de son industrie et du commerce, décide d’accompagner Roosevelt dans l’effort de guerre suite à l’attaque de Pearl Harbor. Au programme « prêt-bail » et à la charte de l’Atlantique succède une intervention militaire plurielle et massive.

Fabrice Erre et Sylvain Savoia énoncent parfaitement certains traits constitutifs de la Seconde guerre mondiale. Les Britanniques apparaissent à la fois protégés et diminués par leur situation géographique. Les Japonais peuvent compter sur l’abnégation sans faille de leurs soldats et de leur population civile, prêts à se sacrifier au nom de la cause défendue par l’Empereur Hirohito, y compris à Iwo Jima ou Okinawa. Les Américains entrent dans la guerre à reculons mais finiront par organiser la fabrication massive d’engins et d’armes de guerre, avant de constituer un réseau d’institutions (ONU, Bretton Woods…) en harmonie avec leur vision du monde et l’influence qu’ils cherchent à y exercer. La bataille des Ardennes, les opérations Husky, Jubilee ou Torch, les deux fronts sur lesquels s’épuisent les forces allemandes, le projet Manhattan ou encore le traitement des prisonniers de guerre par les Japonais (chantiers consommateurs en vies humaines, femmes de réconfort, laboratoires clandestins…) figurent tous en bonne place dans ces albums dont la principale finalité demeure didactique.

Comme à l’accoutumée, des dossiers informatifs complémentaires se trouvent en appendice des ouvrages. Les auteurs y présentent des personnalités marquantes, des repères chronologiques et des événements capitaux. S’il faut une nouvelle fois saluer la qualité pédagogique de ces bandes dessinées historiques, on peut toutefois regretter le contrepoids des simplifications qui y sont opérées. L’exemple le plus symptomatique se trouve probablement dans l’évocation des deux bombes atomiques, dont l’usage est présenté comme une condition sine qua non de la capitulation japonaise dans un contexte où l’opinion publique américaine se retournait peu à peu. Il n’aurait pas été inutile d’y apporter de la nuance, considérant que nombre de personnalités, historiens ou auteurs, tels que Dwight Eisenhower, Tsuyoushi Hasegawa ou Harry Bernas, accueillent avec une grande circonspection cette lecture des faits. Bien que cela méritait d’être relevé, les trois albums n’en restent pas moins précieux pour qui entend s’éveiller aux principaux événements de la Seconde guerre mondiale.

Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino
1939-1945
Le Japon dans la guerre jusqu’au bout
Les États-Unis débarquent
Le Royaume-Uni, dernier rempart de Europe
Fabrice Erre et Sylvain Savoia
Dupuis, novembre 2022, 48 pages

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3.5

La « Critique de la raison pure » vulgarisée en manga

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Studio Artworks et les éditions Soleil s’attellent à une entreprise qui n’a rien d’une sinécure : vulgariser l’œuvre-phare du philosophe prussien Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, qui a réhabilité la métaphysique tout en révolutionnant la pensée occidentale, alors soumise à un schisme entre le rationalisme continental et l’empirisme anglo-saxon.

Il aura fallu onze années à Emmanuel Kant pour achever sa Critique de la raison pure. Pour pointer les limites de la cognition humaine. Pour réconcilier une épistémologie – l’une des deux grandes branches de la philosophie, avec l’ontologie – divisée entre le rationalisme continental et l’empirisme anglo-saxon. Les tenants du second accusaient alors les premiers de nager en plein doctrinarisme. Ils postulaient qu’on ne peut connaître que ce que l’on peut expérimenter. Ils distillaient un scepticisme bientôt porté à incandescence par David Hume, dont les réserves sur la causalité obligeront Emmanuel Kant à sortir de son « sommeil dogmatique ». C’est ainsi que l’intellectuel donnera naissance au criticisme, un examen minutieux et approfondi de la raison.

Sensibilité, entendement et raison sont les trois piliers de la démonstration d’Emmanuel Kant. Le manga les effeuille à la faveur des leçons prodiguées par une enseignante à ses élèves. À la perception des objets succède, selon le philosophe prussien, leur conceptualisation. Ce dernier introduit par ailleurs une connaissance a priori, nécessaire et universelle, et indépendante de l’expérience, ainsi qu’une autre a posteriori, basée sur les informations empiriques. Il ajoute les notions de jugement analytique – « la balle est ronde » – et synthétique – porteur de nouveaux concepts, qui ne sont pas contenus dans le sujet lui-même : la balle peut par exemple aussi briller. Mais la véritable révolution copernicienne réside évidemment ailleurs : les auteurs reviennent abondamment sur le fait que l’objet est désormais, dans la philosophie critique kantienne, assujetti à la connaissance, et non l’inverse.

Selon Emmanuel Kant, la nature de la raison humaine consiste à rechercher un objet inconditionné permettant d’unifier et de systématiser les connaissances. C’est par ce biais, ainsi que par l’identification d’une « chose en soi » opposée aux « phénomènes » perceptibles, qu’il va renouer avec une métaphysique qui tombait en désuétude intellectuelle. Cette adaptation de la Critique de la raison pure n’omet pas non plus de présenter les lois morales et pratiques, les antinomies kantiennes, le libre arbitre, les impératifs catégoriques pouvant être érigés en lois universelles et les impératifs hypothétiques conditionnés à l’expérience et aux spécificités de chacun. Les reformulations, relativement nombreuses, sont utiles pour défricher un terrain théorique des plus plantureux. Pas à pas, les auteurs guident ainsi le lecteur dans les profondeurs de la philosophie d’Emmanuel Kant, en veillant à ne pas les égarer ni les charger de concepts accessoires. Pari relevé, non sans peine.

Emmanuel Kant – Critique de la raison pure, Studio Artworks
Soleil, novembre 2022, 192 pages

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3.5

En bref : La Vérité nue, Demain et Nota Bene : La Mythologie grecque

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Retour sur quelques parutions récentes : les seconds tomes de La Vérité nue et Demain, ainsi que l’album Nota Bene consacré à « La Mythologie grecque ».

La-Verite-nue-critique-bdLa Vérité nue (tome 2). La collection « Pataquès » des éditions Delcourt a pris l’habitude de satiriser nos sociétés modernes, de monter en épingle ses incongruités, de forcer le trait jusqu’à la rupture de mine. En cela, le second tome de La Vérité nue s’inscrit pleinement dans les pas de Métro Boulot Boulot ou Vivons décomplexés. Le scénariste et dessinateur James se moque du wokisme à travers une écologiste louant un bus plutôt qu’un SUV afin de privilégier les transports en commun. Il met en scène un plateau télévisé devenu bien trop familier, où un coiffeur est invité à s’exprimer sur la pandémie de Covid-19 avant qu’un épidémiologiste ne fasse de même… mais sur le retour à la mode de la coupe mulet. Ailleurs, c’est un essayiste publiant un ouvrage sur la décroissance et espérant paradoxalement en vendre le moins d’exemplaires possible, le burn-out parental savamment décliné en quelques vignettes, la novlangue inclusive et non discriminante tournée en ridicule, une redéfinition des vacances modernes, où l’ordinateur portable remplace les ballons de plage. Cette vérité mise à nu, c’est celle de nos paradoxes, parfois grotesques, de nos mœurs, souvent corsetées, le tout traduit sur des planches uniques et autonomes. Une vérité qui se consomme d’une traite, le sourire aux lèvres, les animaux anthropomorphes charriant nos habitudes et modes de vie, familiaux comme professionnels, avec une vraie science du comique. Taquin, volontiers cynique, James s’illustre aussi en mettant en scène nos multiples vulnérabilités – par exemple par le biais d’un personnage pathétique, déposant une plainte contre la vie auprès de la police, au motif de « violence psychologique ».

La Vérité nue (tome 2), James
Delcourt/Pataquès, octobre 2022, 104 pages

Demain-avisDemain (T.02). Le second acte de Demain paraît aux éditions Delcourt. Léo, Rodolphe et Louis Alloing continuent d’alterner entre deux trames narratives aux liens encore lâches. La première nous plonge dans un avenir dystopique, où la loi semble suspendue et le désastre écologique, matérialisé par les déjections de plastique que des vers géants abandonnent à la surface des mers. Fleur, en connexion télépathique avec Joe, un adolescent appartenant à une réalité alternative, est enlevée par des trafiquants mais sauvée, au terme d’une séquence nerveuse, par Kirk, qui voit en elle une substitution de sa sœur disparue. Dans son monde, les pollutions aquatiques forment des îlots de déchets sur lesquels des naufragés vivotent dans une extrême précarité. Dans celui de Joe, il est plutôt question d’un passage clandestin vers une terre mystérieuse, qui n’apparaît au jeune homme qu’après un jeu de piste aux airs de théorie du complot, pour reprendre les termes du professeur de sociologie auprès duquel lui et ses amis prennent conseil. Pirates, villes flottantes, murs gigantesques scindant l’horizon en deux, l’univers de Demain est à la fois riche et opaque, de ses détails comme de ses zones d’ombre. On pourra peut-être lui reprocher un manque de personnalité, surtout sur le plan graphique, mais rien qui soit de nature à gâcher le plaisir de lecture.

Demain (T.02), Léo, Rodolphe et Louis Alloing
Delcourt, novembre 2022, 48 pages

Nota-Bene-avisNota Bene : La Mythologie grecque. Le vidéaste Benjamin Brillaud s’associe à Mathieu Mariolle et Phil Castaza à l’occasion d’un nouvel album d’éducation historique. Dans une démarche similaire à celle poursuivie sur sa chaîne YouTube, il s’attache à vulgariser des faits mythologiques en usant d’un médium moderne, ici la bande dessinée, et en insufflant aux récits démystifiés ce qu’il faut d’humour et de didactisme pour que les informations circulent avec efficacité et légèreté. S’il est difficile de livrer tous les secrets de Gaia, Zeus, Héraclès ou Persée en une cinquantaine de planches, les trois auteurs parviennent à un compromis des plus satisfaisants : ils mènent le lecteur de la genèse de la Terre, avec Gaia et Eros, jusqu’aux Titans et Géants, puis s’attachent à décrire les pérégrinations de Cronos, Zeus, Jason, Hercules, Prométhée, Pandore ou Talos. En chemin, on découvre le mont Olympe, les Enfers selon Virgile, les Champs Élysées, on revient sur les épisodes de la Titanomachie et de la Gigantomachie, on lève le voile sur les offrandes, sacrifices ou cérémonies (telles que les Jeux olympiques) dédiés aux divinités… Si Zeus et Héraclès occupent une place de choix dans l’album, on peut saluer l’effort de synthèse entrepris par Benjamin Brillaud et le scénariste Mathieu Mariolle. Car rien, des terribles supplices infligés par les Dieux aux grandes figures mythologiques (le Cerbère, le Centaure, Typhon…), n’est écarté de ce condensé des grands récits grecs, restitués dans des planches peu avares en clins d’œil.

Nota Bene : La Mythologie grecque, Mathieu Mariolle, Benjamin Brillaud et Phil Castaza
Soleil, novembre 2022, 56 pages

Le cinéma d’horreur aujourd’hui : entre agacement et espoir

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Le cinéma est vecteur d’émotions parmi lesquelles la peur peut sembler être le vilain petit canard. En effet, la peur est à première vue, tout comme la mélancolie, quelque chose que nous devrions craindre plutôt que rechercher. Et pourtant, le public souhaite se faire peur, en comptant sur de braves petites âmes pour lui offrir des frissons de terreur. C’est là toute l’ambiguïté du cinéma d’horreur, mais c’est aussi là que réside tout son génie. Génie qui, comme nous allons le voir, est aujourd’hui mis à mal par une industrie préférant la facilité à l’art d’envoûter son spectateur.

L’horreur, un genre historique

Si le genre de l’horreur est souvent associé aux Américains du fait qu’ils soient probablement les plus productifs en la matière, sa création est pourtant reconnue à George Méliès et son Manoir du diable de 1896. Le film, composé de plusieurs effets spéciaux novateurs comme la disparition, fascine et amènera à l’explosion du genre en Europe avant que n’arrive le son et que les Américains, avec leur argent mais aussi leur langue plus courante que le suédois (désolé La Sorcellerie à travers les âges), ne viennent révolutionner le genre dans les années 30.

S’en suit une évolution de l’horreur, à travers le monde et jusqu’à nos jours, où se distinguent dans le ciel rouge de Dracula deux tendances. Le cinéma d’horreur grand public, entraîné par le géant américain, qui a vu son aspect artistique délaissé au profit d’un frisson de peur « volé » au spectateur, en le prenant par surprise par l’utilisation du célèbre jumpscare et de sa sous-catégorie le screamer. Est-ce que cela signifie que les milliards de slashers dans les années 70 et 80 étaient meilleurs ? Vendredi 13 et Alice, douce Alice  peuvent témoigner que non. Est-ce que tous les gros succès horrifiques suivent la simple recette du jumpscare ? Pas forcément. La Cabane dans les bois, pourtant produit par Lionsgate, a su être une bonne surprise. Le film semble cependant passer pour une exception.

La seconde tendance est récente et apparaît comme un renouveau du genre, avec des auteurs inspirés, souhaitant offrir quelque chose de neuf. Et même si le résultat n’est pas toujours parfait, l’effort est là. Mais commençons d’abord par ce qui ne va pas, avec tout d’abord le retour en force du slasher entre la fin des années 90 et le début des années 2000, qu’il est important de présenter afin d’expliquer le cinéma d’horreur actuel.

Différent mais la même chose

Si le cinéma d’horreur américain connaît une certaine accalmie après que le public se soit lassé de la recette du tueur en série chassant des ados pleins d’hormones, un film redonne de la vigueur à l’industrie : Scream. C’est la même chose, sauf que les films d’horreur existent dans la diégèse et donc que les protagonistes, comme les tueurs, connaissent les codes du genre, donnant ainsi lieu à des situations plus réalistes et évitant les clichés de l’époque Freddy et Jason. De plus, le tueur n’est plus un surhomme qui survit à l’explosion d’un hôpital (coucou Halloween 2) mais bien un être humain, avec ses raisons d’agir. Enfin ça, c’est sur le papier, parce que les enfants du film de Wes Craven ressembleront plus à du Scooby-Doo gore qu’à autre chose. Donc le public se lasse, encore. Il redemande du fantastique, et d’autres clichés à poncer jusqu’à la moelle. Et une personne viendra changer les choses.

Le phénomène James Wan

Repéré après le succès planétaire de son sympathique et original Saw, le jeune cinéaste enchaîne avec cette fois des budgets plus importants et une qualité qui suivra le chemin inverse, avec d’abord la saga Insidious puis la création de l’univers des dossiers Warren, dont l’effroyable Conjuring se veut le porte-étendard. Son savoir-faire sera repris et copié jusqu’à l’overdose : Faire du bruit sans chercher à faire des bons films ; le but n’est pas l’art, simplement de faire frissonner le jeune public sans trop d’efforts et avec un retour sur investissement optimisé. C’est « presque » du cinéma d’usine sans âme. Presque, car si les scénarios ne brillent généralement pas par leur originalité, tous les réalisateurs ne sont pas des yes man et certains sont portés par l’envie de bien faire et de mener à bien le film qu’ils ont pour la plupart écrit. Ce malgré des conditions inadéquates dans des projets surcontrôlés pour répondre à la demande générale.

Le cas de Brightburn est intéressant et symptomatique de ce qui ne va pas dans ce système. Le film raconte l’histoire d’un Superman qui aurait mal tourné et devait lancer le projet de la Warner d’offrir des films horrifiques à partir de ses films grand-publics, avec notamment le film La Fosse. Ce dernier aurait dû apporter une histoire de monstres sous-marins dans l’univers d’Aquaman, et être réalisé par James Wan, comme Aquaman. Ce projet mourut cependant dans l’œuf avec le succès très mitigé de Brightburn qui disposait pourtant d’atouts marketing avec James Gunn à la production et ses frères Brian et Mark à l’écriture. Et si certaines idées du film sont bonnes, notamment le rapport de l’enfant psychopathe à la sexualité qui est très perturbant, l’horreur se résumera à faire du bruit ou faire apparaître brusquement le gamin volant, malgré encore une fois de vraies bonnes choses aussi bien visuelles que narratives.

Pour ce qui est de produire ce genre de film, Blumhouse est le grand champion du genre en étant responsable des Insidious, American Nightmare, Ouija, Action ou Vérité ou encore des suites de Paranormal Activity.

Et pourtant…

Et pourtant Blumhouse a aussi produit Get Out. Il s’agit cependant d’un exemple à part dans la production Blumhouse, Jordan Peele ayant bénéficié d’une notoriété antérieure lui garantissant une certaine autonomie. De plus, il passera à l’autoproduction pour ses longs-métrages suivants, peut-être car Jason Blum, directeur de Blumhouse, souhaitait faire de Get Out une franchise comme une autre de son studio.

Le projet ici est de faire monter la tension et créer une ambiance au lieu de se reposer sur la facilité permise par la trahison du spectateur qu’est le jumpscare. Cela rend la peur ressentie inhérente au visionnage dans sa durée, comme par exemple la scène du « tall man » dans It Follows de David Robert Mitchell. Elle n’est pas effrayante si elle est vue en dehors du film mais elle se combine parfaitement durant le visionnage à la panique du personnage principal, persuadé que quelque chose va arriver.  Même chose avec Hérédité où Ari Aster réussit à créer la peur en utilisant non pas le bruit, mais le silence qui devient dès lors assourdissant.

C’est ici l’occasion d’opposer le « style Blumhouse » aux expériences horrifiques que proposent des sociétés plus modestes comme A24, qui apportent un vent frais sur un genre peinant à offrir quelque chose de neuf depuis un certain temps. A24 est devenu producteur de films en 2016, en plus d’être un distributeur. Le succès est immédiat et la société produit de jeunes cinéastes qui s’imposeront rapidement, comme Ari Aster justement. A24 produira aussi des films européens, comme le surprenant Lamb de Valdimar Jóhannsson.

Car heureusement, il n’y a pas que les États-Unis pour produire de l’horreur. Pour ce qui est du reste du monde, ce sont souvent les plus gros succès ou les films ayant brillés en festival qui passent les frontières, à l’image de Martyrs de Pascal Laugier ou des films de Julia Ducournau. En Europe, certains pays ressortent plus que d’autres, comme l’Espagne avec du très bon (Les Autres, La piel que habito) et du honteux (les suites de Rec ou 28 semaines plus tard). Ironiquement, nous retrouvons les pays scandinaves un siècle après La Sorcellerie à travers les âges, avec notamment le culte Morse ou le récent The Innocents. La frontière de la langue ne semble plus être aussi importante de nos jours, permettant même aux américains de voir des films européens, et d’en faire des remakes moyens.

La résistance asiatique

Mais même si l’Europe voit émerger de nouveaux auteurs, avec d’ailleurs de plus en plus de femmes dans un genre très masculin, le continent qui brille le plus dans l’horreur au XXIème siècle reste l’Asie, dont les multiples cultures inspirent des histoires inédites au monde occidental. Il est impossible de faire l’impasse sur le cinéma japonais avec ses histoires de fantômes et son jusqu’au-boutisme assumé et présent depuis déjà bien longtemps, comme en témoigne la « mode » des films de viols dans les années 70. Le Japon offre donc dans les années 2000 des films déjà culte qui marquent et auquel s’ajoutera à l’époque une quasi-méconnaissance de la culture nippone, rendant le résultat terrifiant. Nakata, Miike, Shimizu et Kiyoshi Kurosawa pour ne citer que les auteurs les plus connus. Et même si le cinéma d’horreur japonais actuel ne possède plus la même envergure qu’il y a 20 ans, son influence a permis un nouvel élan de créativité en Asie mais aussi en Occident, pouvant même expliquer le regain d’attrait du public occidental pour le spiritisme et les démons en tout genre (en espérant bien sûr que cela ne soit pas du fait de Paranormal Activity).

Enfin, la Corée du Sud est probablement l’exemple hors États-Unis actuel le plus connu en termes d’horreur avec en premier le Dernier train pour Busan que le monde entier a vu, en exagérant un peu, et dont la suite Peninsula est affreuse. L’œuvre de Boon Joon-ho est aussi quelque chose de connu du public occidental, désormais féru des cultures d’Asie du Sud-Est. Le choc des cultures laisse donc place à de la curiosité. Il est d’ailleurs impressionnant de voir la part que représente l’horreur dans l’émergence du cinéma coréen. Il s’explique toutefois par le désir du public local de cinéma de genre afin de s’évader de la période d’après-guerre ainsi que par des plans de financement émis par le gouvernement coréen afin de soutenir son cinéma et ses jeunes réalisateurs. La Corée du Sud s’affiche donc comme l’un des meilleurs fournisseurs d’horreur à l’avenir, tant ses traumatismes à exploiter n’égalent que ses innombrables talents pour le faire.

Alors c’est quoi le problème ?

Même si le succès des films européens et asiatiques se veut croissant, ils ne représentent pas encore une grande partie de la consommation du grand public, ce qui peut s’expliquer par son contenu et les attentes des spectateurs. L’horreur dispose d’un public généralement jeune qui peut simplement chercher à se faire peur, sans vouloir regarder un film qui nécessite une attention particulière. C’est un genre à l’étiquette « pop-corn » dont l’histoire importe en général peu tant que les films proposés offrent ce que le public veut : passer un moment seul ou à plusieurs sans avoir forcément besoin de s’investir pour obtenir le frisson.

De plus, cela n’empêche pas une innovation et une recherche artistique de la part de certains auteurs afin de parler à un public, peut-être plus restreint, mais qui s’attend à quelque chose de différent que les mêmes histoires cousues de fil blanc à la Blumhouse ou New Line Cinema. Ce genre de studios offre simplement à une grande partie des spectateurs ce qu’ils demandent, car si les avis en ligne ne sont généralement pas incroyables, le succès de leur production démontre une certaine compréhension de ce qui marche. C’est la logique d’Aristote qui veut que ce soit la masse populaire qui décide de ce qui est vrai. Le grand public décide donc de ce qui est bon pour lui, car le client a toujours raison. Cela n’empêche que chacun peut regarder ce qu’il veut en s’arrêtant aux grandes productions, ou en décidant de chercher plus loin quelque chose qui lui correspond plus.

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La Prisonnière du désert : l’obscurité en couleurs

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La Prisonnière du désert est sûrement l’un des westerns (hors ceux de Leone) les plus connus, tant son influence et sa force l’ont rendu iconique. Un western en couleur au milieu des années 50 comme Johnny Guitare, mais cela demeure le seul lien entre les deux films. Car ici les couleurs ne viennent pas chanter la beauté de Joan Crawford, mais bien contraster avec violence et cruauté l’un des films les plus sombres de John Ford.

Synopsis : Ethan, ancien soldat confédéré, rentre chez son frère et sa famille trois ans après la fin de la Guerre de Sécession. Peu de temps après son retour, et alors qu’il n’est pas sur place, des Indiens comanches attaquent la famille de son frère, tuant les parents et leur fils, et enlevant leurs deux filles, Lucy et Debbie. Ethan part donc à la recherche de ses nièces, accompagné du fils adoptif de la famille, Martin, possédant du sang cherokee.

La fin d’une ère

C’est amusant de voir combien de fois le genre du western est « mort ». Avec La Prisonnière du désert, c’est l’image du cow-boy comme héros sans reproches qui est enterré. L’Homme qui tua Liberty Valance et Coups de feu dans la Sierra viendront quant à eux enterrer, littéralement cette fois-ci, les acteurs qui ont fait la légende du genre, afin en quelque sorte de tirer le rideau d’une époque révolue. Mais vinrent ensuite les fameux « westerns spaghettis » qui ressuscitèrent pour un temps cette figure du héros inflexible et inspirant, avant que des films comme John McCabe ou Little Big Man ne décident de refermer le livre du Grand Ouest comme épopée magnifique et sans bavures. En y ajoutant, non pas de la nostalgie, mais du réalisme sur une époque pas si luxuriante.

Revenons ainsi à La Prisonnière du désert, et plus particulièrement à son refus de manichéisme. Si la représentation des Indiens pose pour certains problème, comme nous le verrons par la suite, celle des Blancs n’a pas non plus pour but de les montrer exemplaire. John Wayne quitte ici son rôle habituel de John Wayne, sympathique et serviable, pour jouer Ethan, un cowboy violent et raciste semblant inadapté au monde qui l’entoure.

Le racisme

John Wayne n’a jamais caché son ressenti envers les Amérindiens, ces derniers ayant selon lui mérité leur massacre car ils auraient refusé de partager leurs terres, devenant des menaces. Les noirs non plus n’étaient pas à son goût car « pas formés au point de pouvoir exercer des responsabilités ». Et puis que dire de son analyse de Midnight Cowboys, parlant d’amour « sain » que Dieu à donner en comparaison à l’histoire de deux « fags ». Avec un tel acteur principal, et l’attitude guerrière des Indiens dans le film, la question du racisme peut se poser.

Subsiste ainsi une ambiguïté sur le caractère raciste du film de John Ford. Il n’est pas ici question de justifier une forme de haine, quelle qu’elle soit, simplement de soulever une interrogation. Dans le film, les Indiens enlèvent des enfants pour les élever, des femmes pour les épouser, et tuent les hommes. L’histoire racontée dans le film est d’ailleurs inspirée d’une histoire vraie ayant eu lieu en 1836 au Texas.

Ces comportements peuvent être retrouvés dans Little Big Man d’Arthur Penn qui a lui été réalisé avec l’aide de descendants des nations Cheyenne et Stoney. Le film est même considéré comme un tournant dans le western, présentant (enfin) les Indiens comme victimes de la conquête de l’Ouest et non comme des sauvages dont il faudrait absolument se débarrasser.

Il n’empêche que les comportements cités plus haut sont nuancés dans Little Big Man par une représentation plus légère, à l’image du moment où Jack retrouve sa femme enlevée devenue épouse indienne. Le film de Ford paraît de son côté idéologique avec cette ferme sans bétail représentant l’Amérique blanche lâchement attaquée par les « primates à la peau rouge » (pour imager). Ici, contrairement à Little Big Man, les Indiens sont uniquement montrés comme agressifs ou idiots. Le pire reste la scène des femmes blanches récupérées par l’armée dans les camps indiens : si un enlèvement est évidemment une expérience traumatisante, le jeu horrible des actrices se veut être la preuve d’un véritable lavage de cerveau, ce que confirme Ethan : « They ain’t white anymore, they’re Comanches ».

Ce serait donc la représentation des Indiens qui poserait problème, et non leurs pratiques. Ils apparaissent ainsi comme une menace pour le bien-être de l’homme blanc, représentation qui se fera dès lors plus rare dans le paysage cinématographique, du fait d’un début de prise de conscience générale sur l’horreur qu’ont vécue les indigènes. Les Indiens commenceront même à arrêter d’être joués par des Blancs avec du fond de teint.

L’approche de la question par John Ford est néanmoins très différente de ce qui sera perçu par la suite, avec une opinion à contre-courant de ce que le public veut, c’est-à-dire voir des Indiens se faire tuer.  Ford croit au contraire en la dignité et au respect de la culture du peuple amérindien, en montrant ses pratiques et en dénonçant même le massacre de camps indiens pacifiques par les soldats. choses qui auraient pu changer les mentalités de l’époque plus rapidement, sans avoir à attendre 20 ans de plus.

Le film ne serait donc pas raciste, de par son anti-héros loin d’être irréprochable et tout aussi loin de l’image du cow-boy de l’époque, auxquels s’ajoute la véritable envie de bien faire de Ford, confronté à un public qui n’aurait sûrement pas été prêt.

Un désert sauce chef-d’œuvre

Et quand bien même le film serait aujourd’hui considéré par certains comme problématique, en quoi cela empêcherait-il La Prisonnière du désert d’être considéré comme un chef-d’œuvre absolu, tant sa forme exulte et brille de mille feux ?

La réalisation retranscrit parfaitement ce désert qui emprisonne nos deux chercheurs, avec des plans sublimes dont celui que l’on garde forcément en tête à la fin du visionnage, à savoir John Wayne dans cet encadrement de porte, face à l’immensité du désert qui représente son avenir dans ce monde qu’il ne maîtrise plus. C’est en cela que la photographie en couleur de Winton C. Hoch est formidable, car elle crée un contraste permanent entre la vie des couleurs et la mort ambiante, entre l’espoir d’Ethan de retrouver Debbie et son désir de la tuer lorsqu’il la retrouve « endoctrinée ». Ce n’est pas une aventure, c’est le requiem d’un vieil homme qui ramène sa nièce au-delà de sa haine pour les Indiens, qui permet à Martin, un sang-mêlé, de retrouver sa fiancée, et qui doit désormais laisser le monde à ceux qui sauront y être heureux. Une sorte de « No Country for Old Men » mais dont l’horizon se veut radieux.

Enfin, que dire de John Wayne, ici loin de sa figure du gentil cowboy un peu macho et alcoolique mais qui ne veut que le bien de son prochain. Non, la figure est ici sombre et froide, parfaitement incarnée par Ethan prêt à tuer sa nièce car elle n’est selon lui plus assez blanche. Au-delà d’une crainte du métissage, c’est aussi le crépuscule d’une époque, celle du cow-boy héros face à une horde d’Indiens sanguinaires. Certaines mauvaises langues diraient que le rôle était taillé sur mesure, d’autres reconnaîtront qu’il s’agit de la meilleure performance d’acteur de « The Duke » qui trouve ici un rôle complexe, lui permettant de montrer son talent tragique. Salaud, on t’aime.

La Prisonnière du désert – Bande-annonce :

La Prisonnière du désert – Fiche technique :

Réalisation : John Ford
Scénario : Frank S. Nugent (d’après le roman d’Alan Le May)
Photographie : Winton C. Hoch
Genre : western
Casting : John Wayne, Natalie Wood, Jeffrey Hunter
Pays d’origine : Etats-Unis
Durée : 118 minutes
Année de sortie : 1956

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Les Bonnes étoiles : Road trip Coréen

Après une escale en France avec La Vérité, c’est en Corée du Sud que l’on retrouve l’immense Hirokazu Kore-eda avec Les Bonnes étoiles. Présenté à Cannes cette année, et auréolé du prix d’interprétation masculine pour le non moins immense Song Kang-Ho, le film prolonge les obsessions du cinéaste en s’appuyant sur des faits de société. En résulte une énième perle dans l’une des plus belles filmographies contemporaines.

Face à l’abandon, la fuite

Depuis plusieurs années en Corée du Sud, les nouveau-nés peuvent être déposés dans des “boîtes à bébé”. Ce dispositif a été mis en place afin de garantir la sécurité des enfants abandonnés, qui sont par la suite recueillis. Kore-eda aborde ainsi ses thématiques habituelles, mais en dépassant les frontières nippones. En installant sa caméra en Corée du Sud, il aborde frontalement une des grandes problématiques sociétales du pays, comme il l’aurait fait dans son Japon natal. On assiste donc à un prolongement de ses réflexions autour de la famille, de l’enfance et des laissés-pour-compte. Encore une preuve de l’universalité de son propos.

Le récit démarre sur le personnage de So-young, jeune mère déposant son enfant devant une boîte à bébé. Sang-hyeon  et Dong soo (Gang Dong-won), deux hommes trafiquants d’enfants, vont alors recueillir le nourrisson dans le but de le vendre à des familles. Néanmoins, c’est sans compter sur l’inspectrice Soo-jin (Bae Doona) et sa collègue, qui observent la situation afin d’arrêter les deux hommes. Mais la situation devient encore plus complexe lorsque la jeune mère revient vers son enfant. Et tous ces personnages embarquent alors dans un road trip et la quête des parents (et acheteurs) idéaux.

Malgré tout, ce voyage n’est en réalité qu’une simple façade pour tous les personnages. Ici, il est plus question d’une évasion, d’une fuite de la douloureuse réalité. Ce nouveau-né représente en quelque sorte une opportunité de renouveau pour chacun des protagonistes, aux fêlures flagrantes. A l’instar des précédents films du cinéaste, ce sont des personnages rejetés que l’on suit. Au fil du long-métrage, les personnages se dévoilent petit à petit. De ce fait, en laissant progressivement apparaître leur vulnérabilité, on apprend à les apprécier malgré leurs zones d’ombre.

Tout en se révélant progressivement au spectateur, les protagonistes s’apprivoisent entre eux à travers des scènes du quotidien, comme seul Kore-eda sait les produire. Progressivement, une vraie famille recomposée se construit. Cet élément est cher au cinéaste, qui n’a jamais cessé d’explorer la frontière étroite entre la famille de sang et celle du cœur. Dans Tel père, Tel fils, c’est par l’adoption qu’un enfant trouve sa famille. Et dans Une Affaire de Famille, c’est une famille recomposée qui va garder une enfant maltraitée. Malgré l’évidente ressemblance, le voyage du film et le dépaysement du territoire sud-coréen permettent au film de dépasser le simple résumé de la carrière du cinéaste.

Douce-amertume

Comme à chaque incursion au sein de l’univers du cinéaste, une douce mélancolie accompagne l’ensemble du récit. Chacun des personnages est écrit avec une extrême bienveillance. Leurs travers sont rapidement dévoilés, mais pourtant aucun jugement n’est porté à leur encontre et le film évite l’écueil de diaboliser ses personnages. La jeune mère abandonne son enfant, mais néanmoins la finesse d’écriture de Kore-eda la rend très touchante. L’ambiguïté de son action est contrebalancée par les révélations progressives sur son expérience de vie.  Ainsi, on compatit avec elle. Même l’inspectrice, qui représente la loi, apprend à comprendre les personnages qu’elle traque tout le long du film.

Par un subtil mélange des genres, le récit ne devient jamais trop lourd, ni ne tombe dans le pathos. Les douleurs du passé sont atténuées par des moments d’humour réjouissants. On pense notamment aux sourcils du nourrisson, source de nombreux débats. Au cours du film, un jeune orphelin en vient à se rajouter à la bande. Cette inclusion donne un souffle nouveau au film. Il se dégage de ce jeune garçon une légèreté, une innocence propre à l’enfance. Le cinéaste montre une nouvelle fois une grande maîtrise lorsqu’il s’agit de diriger les acteurs enfants.

Malgré ces touches de légèretés, les personnages restent conscients du sort qui les attend. En s’engageant dans ce long voyage, aucun retour en arrière n’est possible. Pour les trafiquants, la prison est la seule issue. Et quant à la mère, elle est prisonnière des actions qui l’ont entraînée à abandonner son enfant. Le plus cruel reste le sort du jeune garçon, qui s’est rajouté à ce voyage dans le simple but de se faire adopter. Malheureusement pour lui, on ne cesse de lui répéter qu’il est trop tard pour lui, et que son futur se dessinera sans l’amour de parents.

Les Bonnes étoiles est une belle réflexion autour de la culpabilité de l’abandon d’un enfant et la responsabilité des parents. Hirokazu Kore-eda semble avoir apprivoisé l’atmosphère sud-coréenne tant il fait une nouvelle fois preuve d’une grande maîtrise. Ainsi, il brosse le portrait de personnages fragiles mais braves. Et ce regard bienveillant culmine dans le final du film. Au fil des séquences, un torrent d’émotion se déploie. La séquence du manège est le théâtre d’un dialogue déchirant. Chaque mot, chaque petit mouvement, telle cette main couvrant le visage d’une mère rongée par la culpabilité, catalyse les émotions d’un film à la magnifique fragilité.

Les Bonnes étoiles : bande-annonce

Les Bonnes étoiles : fiche technique

Titre original : Beurokeo

Réalisation et Scénario : Hirokazu Kore-eda

Interprétation : Song Kang-ho (Sang-hyeon), Bae Doona (Soo-jin), Gang Dong-won (Dong-soo), IU (So-young)

Photographie : Hong Kyung-po

Musique : Jung Jae-il

Montage : Hirokazu Kore-eda

Genre : comédie dramatique

Société de production : Zip cinema

Société de distribution : CJ E&M

Date de sortie : 07 Décembre 2022

Pays : Corée du Sud

Les Bonnes étoiles : Road trip Coréen
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Hyènes, de Djibril Diop Mambety

Film culte des années 90, réalisé par Djibril Diop Mambety, Hyènes  est une œuvre incontournable du cinéma africain. Avec son scénario racontant la vengeance  d’une vieille dame de retour à Colobane, petit village du Sénégal, le film s’apparente à une fable  satirique qui reprendrait les codes du western. Sauvé et miraculeusement restauré à l’initiative de son producteur, Pierre-Alain Meier, Hyènes est à redécouvrir. La réédition récente en DVD/Blu-ray en offre une belle occasion.

Ça commence comme un western

On retrouve dans Hyènes plusieurs motifs inspirés du western. Dès la première scène, les villageois, visiblement misérables, se regroupent à l’épicerie-café du sympathique Draman. Une sorte de saloon où chacun vient profiter de la générosité du bistrotier. Le vieux Draman n’est en effet pas très regardant sur les crédits au grand dam de sa tchipeuse d’épouse. Le calme qui règne à Colobane ne va pourtant pas durer. Car Lingueré Ramatou, disparue depuis une éternité, est de retour. Celui qu’elle vient chercher pour se venger n’est autre que Draman, qui trente ans plus tôt l’a trahie et répudiée. Si l’arrivée en train de Ramatou est comme un clin d’œil à Il était une fois dans l’Ouest, l’errance de Draman à la recherche d’hypothétiques soutiens rappelle Gary Cooper dans Le Train sifflera trois fois. La maîtrise du cadre et une excellente B.O. confortent également cette impression d’être dans un western.

Ça continue comme une fable

Le scénario reprend l’arc narratif de La Visite de la vieille dame de Dürenmatt. Comme dans cette  pièce, Hyènes met en accusation le pouvoir de l’argent et la cupidité des hommes. Car la vieille femme revenue dans son village est richissime, plus riche que «la Banque mondiale». Une chance inespérée pour les villageois, surtout quand la vieille annonce qu’elle va arroser la communauté de ses milliards. Seul hic, elle réclame en retour la tête du plus populaire des habitants.  Les notables comme les villageois ont beau s’indigner d’une telle demande, la tentation va peu à peu exercer son pouvoir de nuisance. Avec la manne financière ce sont toutes sortes d’équipements électro-ménagers, symboles de la société de consommation à l’occidentale, qui tombent du ciel. Chacun espérant sa part de confort, c’est à une mascarade joyeusement hypocrite que l’on assiste.

Ça finit comme une tragédie grecque

Si Draman est le héros pathétique de cette tragicomédie, c’est surtout Lingueré Ramatou qui fascine. Mi sorcière mi sphinx-cyborg avec sa main et sa jambe en or, elle observe les villageois se compromettre les uns après les autres. Car pour celle qui a souffert dans son âme et son corps, il n’y a pas de demi-mesure. « Le monde a fait de moi une putain, je veux faire du monde un bordel » assène-t-elle au maire venu implorer sa clémence. En réalité personne, ni le prêtre, ni l’instit, ni sa propre femme ne résistent à la fièvre acheteuse. Diop Mambaty peint le tableau d’une société où la fraternité s’effrite au profit des égoïsmes. Le montage en parallèle  avec des scènes de bêtes sauvages et le titre lui-même, rappellent que de la société des hommes à la jungle impitoyable, il n’y a qu’un pas. Ou du moins quelques frigos et ventilos.

Bande annonce : Hyènes

Fiche tecnique : Hyènes

  • Réalisateur : Djibril Diop Mambéty
  • Scénario : Djibril Diop Mambéty, d’après la pièce de Friedrich Dürrenmatt La Visite de la vieille dame (1955)
  • Photographie : Matthias Kälin
  • Son : Maguette Salla
  • Costumes : Oumou Sy
  • Montage : Loredana Cristelli
  • Musique : Wasis Diop
  • Production : ADR Productions / Thelma Film AG / Maag Daan
  • Producteurs : Pierre-Alain Meier et Alain Rozanes
  • Société de dstribution : MKL
  • Durée : 110 minutes
  • Langue : français et wolof (version originale en wolof et version française en Dolby Stéréo 2.0)
  • Sortie : France : 13 mai 1992 (Festival de Cannes); 10 février 1993 (sortie nationale)
  • Editeur : JHR
  • Distributeur : Arcadès

Contenu :

  • DVD + Blu-Ray dans un boitier DigiPack.
  • Supléments :
    • Ninki Nanka – Le Prince de Colobane (Laurence GAvron – 45 min) – Blu-ray uniquement
    • Le fils d’Oumou Sy (Taïeb Louhichi – 26 min)
    • Entretien avec Wasis Diop (frère de Djibril Diop Mambety) (Mohammed Challouf – 10 min)
    • Extrait d’Adieu à l’Afrique (Pierre-Alain Meier – 10 min)
    • Livret du film : 32 pages

 

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