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Sous les applaudissements : voyage dans une fabrique à symboles

Un fœtus nihiliste arborant une barbe de trois jours, des bars à plantes fleurissant d’Istanbul jusqu’à Tokyo, des angoisses existentielles sucrées de dialogues surréalistes, des séances de méditation impossibles, des symboles à décrypter dans tous les recoins du corps et de l’espace : tels sont les ingrédients de la série télévisée Sous les applaudissements, dévoilée par Berkun Oya au début de l’année 2024.

En novembre 2020, le réalisateur Berkun Oya bouleversait la Turquie et le reste du monde avec sa série Ethos (Bir Başkadır). Portée par des actrices et acteurs au sommet de leur art, cette fiction en huit épisodes avait connu un vif succès et généré beaucoup de débats et de discussions, tant en Turquie qu’à l’international. Cette œuvre originale et profonde, avec sa photographie et sa lumière sublimes, dressait, dans un rythme lent mais captivant, le portrait complexe de personnages sous tension dans des cultures qui s’entrechoquent. Si Ethos est rapidement devenu un objet artistique et culturel important dans le paysage cinématographique, c’est notamment grâce à la qualité de ses dialogues puissants et de son scénario qui offraient une vision personnelle et critique des fractures sociales et familiales qui traversent la société turque contemporaine.

Berkun Oya est revenu en février 2024 avec une nouvelle fiction saisissante d’originalité qui marie avec intelligence humour noir et satire sociale : Sous les applaudissements (Kuvvetli Bir Alkış). Tournée en 2023 à Istanbul, cette série compte six épisodes d’environ trente minutes. Avec une distribution plus réduite que pour Ethos et se déroulant sur une plus longue temporalité, elle nous plonge dans l’intimité, les rêves et les pensées d’une famille nucléaire issue de la classe moyenne vivant dans un grand appartement à Istanbul, vraisemblablement dans le quartier de Kadıköy. À différents moments de leur vie, on suit le couple formé par Zeynep (Aslıhan Gürbüz) et Mehmet (Fatih Artman) dont l’existence se voit transformée par la venue de leur enfant Metin (Cihat Süvarioğlu).

Mécanismes de l’absurde

Dès les premières minutes de la série, le ton est donné : l’absurde sera l’invité d’honneur de ce récit. Mais on comprendra vite que l’absurde sera ici non pas une fin, mais un moyen. Il servira de prétexte pour illustrer des sujets complexes et plus profonds qu’il n’y parait au premier regard. Comme pour la série Buffy contre les vampires (1997-2003) qui fonctionnait par métaphores et où le fantastique avait pour rôle de mettre en scène les angoisses intérieures de la vie adolescente, Sous les applaudissements se présente comme un enchainement de situations et d’images à décoder. Dans cette fiction, l’absurde permet certes de créer des situations loufoques qui invitent au rire, mais il permet surtout de mettre en image les différentes peurs et angoisses existentielles des personnages principaux : l’anxiété de ne pas être suffisamment prêt.e.s pour accueillir un enfant, l’angoisse de transmettre nos traumas à nos enfants, l’appréhension que nos enfants soient à l’image d’une société dont les valeurs nous rebutent et qu’ils ressemblent aux pires imbéciles de notre milieu social, la culpabilité de faire des enfants dans un monde qui mettra rapidement à mal leur insouciance, la peur (ou le désir inconscient ?) de perdre le nouveau-né qui ne cesse de pleurer, l’inquiétude d’être envahi.e. et de ne pas savoir gérer la présence d’un autre individu dans son foyer, la crainte d’avoir des enfants plus matures que nous et qui verraient (trop) clairs (et trop tôt) dans nos mécanismes défaillants d’adultes, la peur de ne pas parler le même langage que son enfant et de ne pas ou plus le comprendre, la détresse face à nos sentiments d’insignifiance et d’aliénation ou encore l’angoisse de vivre toute une vie dans un couple sans être jamais vraiment entendu.e ou compris.e.

Tout sur la dépression de ma mère

Le thème de la parentalité et de la complexité des rapports familiaux est central dans cette œuvre. Dans Sous les applaudissements, les relations familiales commencent tôt et, déjà in utero, les liens se tissent et se dessinent entre la mère et l’enfant. On pourrait d’ailleurs reprocher à la série d’avoir recours à un discours souvent mis en scène au cinéma voulant que les traumas de l’enfant (et de l’adulte qu’il deviendra) soient le résultat des traumas non réglés (du « bazar intérieur ») de la mère. Mais, et nous y reviendrons, le personnage de la mère est suffisamment complexe pour éviter de tomber dans la caricature. Cette question de la transmission des traumas est visuellement mise en image dans une scénographie troublante où l’on découvre la vie de l’enfant quelques heures avant sa naissance. On y voit le fœtus, sous les traits de l’homme adulte qu’il va devenir, fumer cigarette sur cigarette, se lamentant de vivre ainsi, dans le ventre de sa mère qui ressemble à une chambre d’enfant en désordre, envahie de souvenirs, patins à glace, peluches, livres, vélo, guitare, vêtements dépareillés et autres affaires éparpillées. Pieds nus, arborant une barbe de plus de trois jours, un tee-shirt sale et un air abattu, le fœtus Metin déplore l’état de santé mentale de sa mère et assume le fait qu’il ne veut ni naître ni mourir.

Orange organique, orange onirique

Cet enfant qui, dès le début de sa vie, doit faire face aux larmes intérieures de sa mère qui coulent sur lui (les émotions refoulées de son parent), se définit comme nihiliste et est en proie à une immense nostalgie de sa vie antérieure passée au chaud et en paix à l’intérieur d’une orange. Le réalisateur met ici en image, au premier degré, une expression turque « Sen daha portakalda vitaminken », employée par une personne plus âgée à une personne plus jeune : « à l’époque où tu n’étais qu’une vitamine dans une orange ». Cette idée surréaliste de l’orange qui serait le lieu de l’origine ou la planète mère du jeune héros (sa terre natale serait-elle « bleue comme une orange » ?) est exploitée avec poésie et humour tout au long de la série. Dans le générique de début du dernier épisode, le réalisateur joue sur l’assimilation entre une orange et une planète. Dans un clin d’œil au générique du film 2001 : L’Odyssée de l’espace, on peut voir une forme sphérique (un fruit, un ovule, une planète ?) qui apparait sur un fond noir. Si Kubrick avait utilisé la musique classique de Richard Strauss, Berkun Oya lance quant à lui l’hypnotique Boléro de Ravel pour nous faire pénétrer dans la fameuse orange, celle à partir de laquelle tout a commencé.

Ceux qui rêvent le jour

Tout au long de la série, la quête de la paix intérieure semble pour les personnages principaux un rêve impossible. Metin et sa mère Zeynep tentent, désespérément, de méditer. Mais, ces moments intimes où ils cherchent l’apaisement sont toujours interrompus : Zeynep est sans cesse observée, déconcentrée et sortie de sa méditation par son conjoint qui lui dit notamment qu’il se sent seul et Metin est rappelé à la réalité par les bruits de la vie et de la ville (le chien errant du port de Kadıköy qui aboie) et les cris de la foule et l’odeur des gaz lacrymogènes (une discrète référence au contexte politique et social de la Turquie et aux violentes répressions policières dont est victime la population lors des manifestations). Si la place donnée au sommeil et à la méditation est si importante dans la série, c’est parce que cette dernière fonctionne un peu comme un rêve avec un ensemble d’images à interpréter tel le serpent (que l’on retrouve sous un cadre en verre dans le ventre de la mère et qui sert plus tard de dangereux compagnon de travail à Metin), le cordon ombilical ensanglanté gisant aux pieds du père dans la cuisine, la bouteille en verre remplie d’un lait (maternel) qui explose sous le poids de l’enfant devenu adulte ou encore l’orange filmée de très près qui évoque à la fois une vulve, un vagin et les tissus intérieurs du corps.

Le serpent se mord la queue : éternel retour, blocages et regrets

Le personnage de la mère, Zeynep, ce qu’elle traverse dans son être et dans ses émotions, reste une grande réussite de la série. Dans une scène bouleversante où elle parle à son époux endormi, on la voit exprimer ses regrets de femme devenue âgée. Son désespoir grandit au fur et à mesure de la scène et on perçoit toute sa détresse et tous les freins qui l’ont empêchée d’être heureuse, de quitter son mari, de vivre sa vie. Pendant qu’elle parle, son visage alterne entre les traits de la femme de trente ans qu’elle a été et celle de soixante ans qu’elle est aujourd’hui. Elle exprime son regret d’être restée avec un homme qu’elle n’aime pas ou plus, la peur d’être seule, le regret d’être restée immobile, en cherchant dans l’homme avec qui elle a partagé son quotidien un autre qui lui ressemble, mais en mieux (celui à qui elle parle au téléphone le jour où son nourrisson est revenu nicher en elle). Une caractéristique de la série demeure dans son rapport au temps et à l’espace. La narration nous entraine dans des aller-retour entre passé et futur, tout en mettant en évidence l’immobilisme dans lequel restent les parents : ils vieillissent certes, mais leur relation n’évolue pas et leur environnement de vie ne change pas. On ne voit pas d’indices (décoratifs, vestimentaires, technologiques, politiques) qui nous diraient que trente ans séparent le couple du début de celui de la fin de l’histoire. Cette temporalité toute particulière est visuellement figurée par des images et des situations qui semblent indiquer que l’on est pris dans une sorte de boucle narrative : les images, par exemple, du serpent, de la mère qui tricote et du ventre rond, qui sont présentes dès le premier épisode, viennent à la fin conclure le récit.

Cruelle ou tendre satire de la société

Si l’absurde, le poétique et le métaphorique sont les principaux ingrédients de la série, il faudrait également y ajouter la satire. En effet, la série agit avec brio comme une satire d’une classe sociale (« les citadins privilégiés » pour reprendre les mots du père) urbanisée, cultivée, connectée, petit bourgeois, en proie à un sentiment de vide face aux questionnements existentiels, celle qui lit les mauvaises nouvelles du monde et les injustices perpétuées par les gouvernements corrompus le matin au petit-déjeuner sur son smartphone, une classe sociale qui veut bien faire et qui a à cœur de respecter les normes sociales (vivre en couple, avoir un enfant, l’éduquer, lui transmettre des valeurs et l’importance des mathématiques), tout en cherchant désespérément une quête de sens, de paix intérieure et d’individualité. Le réalisateur s’amuse aussi dans cette fiction de notre rapport au consumérisme avec, par exemple, cette scène montrant le couple suréquipé d’achats neufs pour un bébé qui n’a pas encore été conçu. Il tourne aussi en dérision avec une certaine affection les hipsters d’Istanbul personnifiés sous les traits de l’amie et amour d’enfance de Metin qui met au point avec une grande excitation un concept de « bar à plantes ». Elle imagine des succursales qui fleuriront partout dans le monde pour faire se rencontrer des « plant-people » et faire socialiser entre eux les végétaux (si l’idée fait sourire, elle semble toutefois en dire long sur nos solitudes contemporaines et sur la place qu’ont notamment pu prendre les plantes dans nos vies pendant la pandémie).

Soyez sympas avec vous-même : rembobinez et recommencez la série 

Sous les applaudissements est une œuvre inclassable et riche portée par des interprètes qui nous font passer du rire aux larmes en un battement de cil. De la même manière que dans la série de Judith Godrèche, Icon of French Cinema, sortie deux mois plus tôt, l’humour et l’absurde permettent ici de mettre en scène un propos profond et des histoires qui parlent de l’intime. Il est réjouissant de voir éclore des récits dissonants qui nous dérangent et nous fascinent, nous font rire et pleurer, qui se présentent comme des énigmes parfois. Des récits où se déploient l’absurde, l’humour, le second degré, la dérision et l’autocritique (un des personnages de Sous les applaudissements dira au premier épisode : « on se croirait dans une vieille série ringarde »). Le langage métaphorique et poétique de la série de Berkun Oya, les sauts dans le temps, les répétitions dans la mise en scène, la chute régulière du quatrième mur : tous ces éléments placent les spectatrices et spectateurs dans un rôle actif en suscitant toujours l’étonnement et la réflexion. À celles et ceux qui aiment décoder les rêves, cette œuvre est faite pour vous.

Bande-annonce : Sous les applaudissements

Fiche technique : Sous les applaudissements

Titre original : Kuvvetli Bir Alkış
Titre anglais : A Round of Applause
Réalisation : Berkun Oya
Distribution : Aslıhan Gürbüz, Fatih Artman, Cihat Süvarioğlu, Eyüp Mert Ilkis, Zeynep Ocak, Settar Tanriögen
Date de sortie : février 2024
Pays de réalisation : Turquie
Langue : Turc
Lieu de tournage : Istanbul
Direction musicale : Ebru Suda
Société de production : Krek Film
Saison 1 – 6 épisodes

On va tous crever, mais quand, où et comment ?

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De cette première œuvre du Suisse Tobias Aeschbacher dans le domaine de la BD, on remarque son titre à teneur prophétique. Mais, sa lecture montre qu’il masque un second degré qui apparaît progressivement.

Outre un prologue et un épilogue, l’album comporte six chapitres faisant intervenir des personnages qui habitent tous le même immeuble. Ces chapitres montrent ce qui se passe dans les six appartements de l’immeuble plus ou moins au même moment. Pour les besoins du scénario, les épisodes dans chaque appartement sont légèrement décalés dans le temps. Ainsi, le premier épisode ne fait que se terminer dans l’un des appartements en question, quand un trio y fait irruption. Auparavant, nous avons suivi ce trio dans sa préparation alors que les trois hommes qui le constituent font route, en voiture, vers l’immeuble en question.

Destins

Pour en revenir au titre, on pourrait imaginer qu’il cherche à nous interpeler par rapport à notre inéluctable destinée individuelle, ou même qu’il fasse un constat alarmiste par rapport à la situation planétaire qui se dégrade régulièrement (tensions politiques, sociales, épuisement des ressources naturelles, réchauffement climatique, etc.) En fait non, il fait référence aux personnages de l’album et se permet juste une légère entorse grammaticale permettant d’instaurer le doute qui intéresse l’auteur. En effet, la narration n’est pas assurée par l’un ou l’autre des personnages, ni même par plusieurs qui prendraient la parole à tour de rôle au fil des chapitres comme cela aurait été possible. En fait, comme dans bien des romans, nous avons affaire ici à un classique narrateur omniscient : le dessinateur-scénariste.

Références cinématographiques

La quatrième de couverture laisse entendre que l’histoire est dans la veine de ce que montre Quentin Tarantino dans ses films et c’est indéniable. Autre clin d’œil cinématographique selon mon impression The Big Lebowski l’inénarrable film des frères Coen. Petites justifications au passage qui permettent de situer un peu l’histoire, nous avons au début un groupe de malfrats qui se chamaillent dans leur voiture avant d’arriver à destination (l’immeuble déjà cité) sur des sujets très accessoires par rapport à leur objectif, ce qui a le don de faire monter inutilement la tension entre eux et même de les déconcentrer. Quant à l’objectif de leur virée, il s’agit d’une urne funéraire qui contient des cendres.

Construction originale

L’album se présente donc comme un enchainement de circonstances qui font intervenir successivement, des personnages qui habitent dans six des appartements d’un même immeuble. Le léger décalage narratif d’un épisode à l’autre permet juste de faire progresser l’action liée à l’irruption du trio de malfrats. L’auteur nourrit son album de nombreux détails loufoques qui l’agrémentent. Surtout, il nous propose une action plutôt absurde (en écho à l’absurdité de la vie) avec des personnages qui s’avèrent toutes et tous surprenants. Cela va de la décision radicale qui prend effet comme par hasard au moment où le trio pénètre dans l’immeuble au pervers qui s’est arrangé pour installer un dispositif voyeuriste lui permettant de visionner les faits et gestes d’une de ses voisines en passant par un duo d’étudiants colocataires qui cultivent de l’herbe en telle quantité que cela consomme trop d’électricité, d’où des coupures intempestives de courant agissant comme une sorte de running-gag.

Un dessinateur en devenir ?

Si le scénario est le point fort de l’album, je n’en dirais malheureusement pas autant du dessin qui n’a rien d’agréable esthétiquement. Bien que la présentation éditeur le qualifie de graphiste, illustrateur et dessinateur de BD indépendant, sur ce qu’il montre ici, je considère Tobias Aeschbacher comme un dessinateur médiocre. Certes, il s’arrange pour caractériser suffisamment ses personnages, mais ceux-ci donnent régulièrement l’impression d’être restés à l’état d’ébauche. Au crédit du dessinateur dont c’est la première œuvre, il faut quand même dire qu’il s’y entend pour faire sentir à quel point certains de ses personnages sont des déséquilibrés. Pour évaluer ses capacités de dessinateur, il faudra attendre d’éventuelles prochaines œuvres pour faire des comparaisons et observer son évolution. Pour l’instant, la comparaison avec les dessinateurs les plus doués, montre clairement qu’Aeschbacher ne fait pas le poids. Autre remarque à propos du dessin, les décors restent souvent minimalistes, en particulier dans les appartements de l’immeuble où l’essentiel se passe. On sent le dessinateur focalisé sur son intrigue, avec comme défi (réussi) d’aller au bout de ce qu’il avait imaginé, ce qui n’est déjà pas si mal pour un début.

On va tous crever, Tobias Aeschbacher
Helvetiq (collection Ébullition) : paru le 21 février 2024

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3

« Erectus » : régression pandémique

Le roman Erectus de Xavier Müller est adapté en bande dessinée par Erik Juszezak aux éditions Philéas. Récit de science-fiction aux accents dystopiques, l’album plonge le lecteur dans une réalité alternative où un virus régressif menace l’humanité. 

L’intrigue d’Erectus se déploie autour d’un événement inexplicable : à travers le globe, des individus régressent et se transforment soudainement en Homo erectus. Partout, cette épidémie sème la panique et interroge : quelle est la nature de ce virus, et que révèle-t-il sur notre rapport à l’altérité et à notre propre humanité ? Anna Meunier, scientifique française, s’engage dans une quête désespérée pour déchiffrer ce mystère, entre espoir scientifique et dilemmes éthiques.

Cette adaptation en bande dessinée par Erik Juszezak mérite une attention particulière. Le dessinateur réussit à capturer l’essence du roman de Xavier Müller et à enrichir le récit d’images puissantes. L’écho à l’épidémie de Covid-19 confère par ailleurs à Erectus une résonance particulière. On retrouve dans cette adaptation certains réflexes et certaines interrogations qui ont eu cours dans nos sociétés il y a quelques années à peine. 

Comme avait su le faire La Planète des singes en procédant par inversion, Erectus soulève des interrogations éthiques majeures, notamment sur la définition de l’humanité et la manière dont nous traitons l’Autre, l’altérité, celui qui l’on juge inférieur. Une comparaison édifiante apparaît dans l’album en guise d’illustration : elle met en parallèle les Erectus et les Africains exposés lors de l’Exposition Universelle de Paris.

Malgré ses qualités, l’adaptation souffre de certaines faiblesses. Autant il est intéressant de suivre l’évolution de la réaction officielle et médiatique à cette pandémie, avec les omissions initiales, autant on peine à s’identifier aux personnages et à croire à l’histoire d’amour inter-espèce qui forme la fin de l’album. L’individu est ainsi, en quelque sorte, relégué à l’arrière-plan des enjeux épidémiques.

Erectus n’en demeure pas moins intéressant. Il interroge avec pertinence les réponses de l’humanité face aux menaces inconnues et la frontière fragile entre civilisation et barbarie. En cela, il se révèle être un miroir troublant de nos angoisses collectives, explorant avec audace les limites de notre éthique. 

Erectus, Erik Juszezak d’après Xavier Müller
Phileas, mars 2024, 103 pages

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3.5

« Dark Ride » : voyage au cœur de l’horreur

Dark Ride paraît aux éditions Delcourt et nous plonge dans un parc d’attractions unique en son genre, où l’horreur et le frisson sont les maîtres-mots. Conçu par Joshua Williamson et illustré par Andrei Bressan, le récit se caractérise par une ambiance sombre et des personnages complexes, abîmés, naviguant entre rêve et cauchemar. 

Owen Seasons, le personnage principal, commence un nouveau job dans un endroit plutôt atypique. Mais il découvre rapidement que le parc Devil Land, qu’il admire depuis son enfance, cache des secrets bien plus terrifiants qu’il n’aurait pu l’imaginer. Dark Ride explore la dualité entre l’horreur fictive des attractions et les véritables terreurs qui se cachent derrière les sourires démoniaques de ses mascottes. Avec ses expériences nappées d’épouvante et ses propriétaires dysfonctionnels, le parc devient un personnage à part entière, dont les mystères ne sont que partiellement révélés.

Dark Ride poursuit la collaboration entre Joshua Williamson et Andrei Bressan, dont les éditions Delcourt avaient déjà rendu compte avec Birthright. Cette nouvelle série s’inscrit dans la tradition des séries B horrifiques ; les deux auteurs capitalisent sur leur expérience dans le genre (Ghosted, Nailbiter) et parviennent à charpenter une atmosphère angoissante, pleine de faux-semblants et de disparitions inquiétantes. Tantôt c’est à travers un vidéaste un peu trop curieux, tantôt c’est avec le concours d’une sœur cherchant des réponses sur l’absence de son frère : le parc semble répondre à une logique qui lui est propre et qui nous apparaît via les mésaventures vécues pour les personnages.

Au centre de l’intrigue se trouve la famille Dante, propriétaire de Devil Land. Samhain et Halloween, frère et sœur, sont au cœur d’une rivalité exacerbée par les attentes d’un père visionnaire mais vieillissant. Samhain marche clairement dans son ombre, alors qu’il aimerait se faire un prénom dans le monde des affaires. Halloween ressemble plus à une influence sans borne ni rivage, capable de tous les excès pour attirer les projecteurs sur elle. Leurs interactions dépeignent une famille en état de rupture inachevée, dont les membres sont tourmentés par des secrets et des ambitions personnelles. Cet argument doit être creusé plus avant, mais donne toutefois son sel au scénario.

Dark Ride réussit dans sa capacité à mêler l’horreur à des thèmes profondément humains. Les personnages sont confrontés à leurs envies et leurs peurs les plus intimes – dont l’échec pour Samhain. Organisant une porosité entre le fantastique et la réalité, se lestant de personnages tout en fêlures, Dark Ride est convaincant dans son entrée en matière, même s’il peut apparaître un peu dispersé. Reste à voir comment Joshua Williamson et Andrei Bressan développeront leur univers dans les prochains tomes…

Dark Ride, Joshua Williamson et Andrei Bressan
Delcourt, mars 2024, 128 pages

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3.5

« Pussey! » : l’art satirique de Daniel Clowes

Avec Pussey!, paru aux éditions Delcourt, Daniel Clowes livre une critique acérée de l’industrie de la bande dessinée, principalement à travers le prisme des éditeurs, créateurs et fans de super-héros. Partiellement autobiographique, l’album se constitue d’une succession de courts récits mettant en scène un dessinateur confronté aux aléas du neuvième art.

Pussey! trouve son origine dans les pages d’Eightball, anthologie dans laquelle Daniel Clowes se permettait d’explorer, sans contrainte, ses visions les plus cyniques et humoristiques de la société. Le personnage central, Dan Pussey, dessinateur cherchant à faire son trou, devient le symbole de l’artiste jeune et naïf, catapulté dans le monde impitoyable de la bande dessinée, où le succès semble davantage reposer sur le marketing que sur le talent réel. En bon satire, Daniel Clowes y critique non seulement l’industrie des comics de son temps, et notamment les super-héros aux aventures cousues de fil blanc, mais surtout la manière dont l’art peut être dévoyé par les intérêts commerciaux – comment ne pas songer à ces planches vendues à prix d’or dans des galeries ?

Au-delà des parodies et des coups directs portés à l’industrie, Daniel Clowes utilise Pussey! pour effeuiller l’âme de son protagoniste, exposant avec acuité les faiblesses et le pathétisme résigné de Dan Pussey. L’humour, bien qu’omniprésent, cède par moments la place à une mélancolie profonde, témoignant des désillusions de l’auteur et de son personnage vis-à-vis du monde de l’art et de la création. Les critiques ne s’arrêtent d’ailleurs pas à l’industrie du comic book ; elles s’étendent aux valeurs souvent superficielles de l’art contemporain et à la consommation de la culture pop. On verra par exemple dans l’album un groupe d’artistes réuni un peu par hasard, ou une cérémonie de remise de prix au cours de laquelle les hommages sont aussi nombreux qu’hypocrites – présentés en alternance avec les situations réellement vécues.

Le style graphique et narratif de Daniel Clowes dans Pussey! annonce déjà ce qui deviendra sa marque de fabrique dans ses œuvres ultérieures. Si l’humour y est plus présent, la tonalité mélancolique et la critique sociale préfigurent des titres comme Ghost World ou Patience. Pussey!, avec son personnage fait de fantasmes et d’espoirs déçus, se distingue peut-être par approche plus franche et moins nuancée, comme s’il cherchait à mettre un grand coup de pied dans la fourmilière agitée du neuvième art.

Des décennies après sa publication, Pussey! conserve toute sa pertinence, reflétant les évolutions et les constantes de l’industrie du comic book. Les mécanismes de l’exploitation créative, la marchandisation de l’art, les interactions humaines accidentées et les travers de la culture de fans – « gentiment » moqués – restent évidemment des sujets d’actualité. Dans un monde où la culture geek est devenue dominante, les observations de Daniel Clowes sur les illusions et désillusions de l’art populaire résonnent avec une ingéniosité sans cesse renouvelée. Au-delà de sa valeur satirique, l’album offre une introspection intéressante sur les aspirations, les échecs et la quête d’authenticité de l’auteur lui-même, dans un univers souvent régi par l’apparence et le commerce.

Pussey!, Daniel Clowes
Delcourt, mars 2024, 56 pages 

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4

Docteur Petiot le maudit, tueur en série et héros

Quand un réalisateur français atypique entraîne son acteur fétiche sur l’illustration d’un des plus célèbres faits divers français, cela donne un mélange des genres au ton très sombre.

Un film original et à part dans l’industrie du cinéma français qui illustre un fait divers connu et met en vedette un des acteurs français les plus polyvalents dans une interprétation très particulière d’un des plus célèbres tueurs en série français.

Un film à part fait par une équipe à part

Depuis ses premières années d’existence, le cinéma s’est largement inspiré de faits réels, notamment les faits divers criminels, que ce soit comme inspiration lointaine ou comme retranscription littérale des évènements. À cet égard, les cinémas britanniques et américains se sont taillés la part du lion, produisant une large proportion des films de ce type et donnant ainsi naissance à des classiques comme Psychose, L’Étrangleur de Boston, Henry, portrait d’un serial-killer, L’Inspecteur Harry ou Le Silence des agneaux. Mais leur homologue français n’est guère en reste et n’hésita pas à illustrer les faits criminels marquants de notre pays à l’instar de Landru et Violette Nozière de Claude Chabrol, Le Trio infernal de Francis Girod sur l’affaire Sarrejani ou encore René La Canne du même réalisateur. Ici, il s’agit de l’affaire dite du Docteur Petiot, du nom de ce médecin qui, durant l’occupation allemande, assassina un grand nombre de juifs en leur faisant croire qu’il allait les aider à s’enfuir pour l’Argentine et en les dépouillant, ainsi qu’un certain nombre de truands de la Gestapo qui désiraient fuir les rigueurs de l’épuration. Jugé, condamné à mort et guillotiné en 1946, Marcel Petiot demeura une grande figure de l’histoire du crime français, comme une sorte d’incarnation de génie du mal inégalé de par le nombre de ses victimes (près d’une trentaine). Il inspira des romans, des bandes dessinées et deux films, un britannique sorti en 1957 et un espagnol de 1973, deux séries B très librement inspirées des faits.

C’est Christian de Chalonge qui s’intéresse à l’histoire et la met en scène. Réalisateur atypique du cinéma français, relativement peu actif (neuf films plus une dizaine d’épisodes de séries télévisées), ce dernier n’hésitait pas à s’attaquer à des thématiques et des genres alors peu abordés dans le cinéma français de cette époque, notamment le post-apocalyptique avec Malevil, adapté du roman de Robert Merle. Pour ce projet, il retrouve son acteur fétiche Michel Serrault, déjà présent dans Malevil, L’Argent des autres et Les Quarantièmes rugissants. L’acteur avait déjà interprété un tueur en série dans Les Fantômes du chapelier de Claude Chabrol. Autant à l’aise dans le registre comique que dramatique, il était clairement l’interprète idéal pour interpréter cette figure ordinairement monstrueuse. Tourné pour un budget modeste, le film connut peu de succès et demeure assez largement méconnu. Il vaut pourtant largement la peine d’être redécouvert.

La figure ambiguë du criminel

De manière attendue, le film repose énormément sur la prestation de Serrault dans le rôle de Marcel Petiot. Il est vrai que l’acteur restitue parfaitement la folie et l’instabilité du personnage, irrépressiblement guidé par l’appât du gain innommable mais également capable de générosité vis-à-vis de certains patients, comme une fillette malade d’une famille pauvre. Travaillant intensément son regard, il réussit le pari de rendre crédible sa prestation pourtant antagoniste, illustrant autant un brave médecin ordinaire qu’un criminel sans scrupule, « une espèce de rencontre au sommet des forces du mal chez un être qui, par ailleurs, montrait le visage d’une personne ordinaire, pouvant côtoyer, voire faire le bien ». Cette prestation provoqua d’ailleurs de nombreuses critiques et semblèrent affecter le public qui avait boudé le film, ce que déplora Serrault, très impliqué dans le projet et par ailleurs coproducteur.

Outre ce traitement du personnage, le ton du film déconcerta beaucoup de monde. Alors que celui-ci s’engage déjà sur une thématique peu abordée dans le cinéma français, il parvient encore à brouiller les pistes en mélangeant les genres. On y trouve du drame social, du film historique, du policier et même du fantastique, notamment avec un traitement du thème du vampirisme. Ce thème apparait dés les premières minutes du film, avant même le générique, lorsque Marcel Petiot assiste au cinéma à un film de vampires symbolisant à lui seul l’expressionnisme allemand, le Nosferatu de Murnau, projection qui le laisse consterné. L’analogie se poursuit ultérieurement lors de déplacements du docteur où ce dernier, apparemment dément, prend des allures de seigneur de la nuit, cape incluse. On peut ainsi y voir une triple facette du personnage, bon docteur, criminel sans scrupule et créature prédatrice extraordinaire. Ce parti pris audacieux confère également une ambiance particulière au film, à la fois très sobre et chargée en émotion, incluant un travail soigné au niveau de la lumière et des jeux d’ombre. Il est vrai que le réalisateur avait déjà fait un film post-apocalyptique tout en conservant ce dernier ancré dans le réel. Tel est également le cas de Docteur Petiot qui demeure fortement rattaché à la réalité sordide et sombre de l’occupation allemande, de la traque policière de la Gestapo et des crimes de masse. On peut aisément y voir un message implicite : ceux que l’on nomme les monstres, notamment les tueurs en série, ne sont guère que le produit de sociétés humaines modernes effectuant le même type de crime à une bien plus grande échelle. Il en est de même des monstres de fiction, vampires et autres loups-garous, qui ne font que refléter de manière fantasmée des criminels et des actes bien réels et ordinaires.

Également film historique puisque traitant de faits réels, le film se distingue par une reconstitution soignée, particulièrement réaliste. Tant dans les costumes que les décors ou même les prestations d’acteur, l’histoire reflète bien le Paris de l’Occupation, bien sûr sous son pire aspect. Le casting, entièrement composé d’inconnus et de seconds rôles à l’exception de Serrault, est également très convaincant, le manque de notoriété des acteurs contribuant au caractère réaliste du long-métrage. Le réalisateur imprime le film de son style, d’une grande lenteur, assez contemplatif, attentif à l’ensemble des détails visuels. Sans être un grand réalisateur, de Chalonge est un très honnête artisan, sachant tirer parti d’un faible budget et imprimer une ambiance singulière. Son tour de force consiste essentiellement à nous intéresser au sort d’un personnage détestable, de fait le protagoniste d’une histoire qui illustre une vision de l’Occupation et de la Libération avec sa part d’ambiguïté et de crimes. Le portrait du docteur tueur en série devient ainsi le reflet de la France de cette époque, la dualité du personnage reflétant l’ambivalence des Français en général, capable autant d’héroïsme et de bravoure que de bassesse et d’horreur, pouvant être aussi bien résistants que collaborateurs. Il s’agit d’un portrait éminemment sombre et pessimiste, par ailleurs assez représentatif de la vision qu’en donnait le cinéma hexagonale de l’époque, avec des films tels que Uranus de Claude Berry ou Pétain de Jean Marboeuf.

Nous avons donc une œuvre assez singulière dans le paysage du cinéma français, mélangeant les genres et abordant un sujet inédit tout en s’inscrivant dans une certaine tradition pour sa manière de traiter son contexte historique.

Bande-annonce : Docteur Petiot

Fiche Technique : Docteur Petiot

Réalisation : Christian de Chalonge
Scénario : Dominique Garnier, Christian de Chalonge
Casting : Michel Serrault, Bérangère Bonvoisin, Aurore Prieto
Production : Ciné Cinq, M.S. Productions, Sara Films
Décors : Yves Brover
Musique : Michel Portal
Photographie : Patrick Blossier
Montage : Anita Fernandez
Genre : drame
Durée : 102 minutes
Date de sortie : 19 septembre 1990

« L’Ondine de l’étang » : obstination amoureuse

Les éditions Bamboo publient dans leur collection « Les Aventuriers d’ailleurs » L’Ondine de l’étang, d’Anna Aparico Catala. Réappropriation d’un conte des frères Grimm, l’histoire se leste de fatalité et de romance.

L’adaptation en bande dessinée de L’Ondine de l’étang des frères Grimm permet un passage du conte oral au visuel narratif, offrant ainsi une nouvelle dimension à cette histoire classique. Le récit s’articule autour des thèmes universels du désespoir, de la malédiction, et enfin, de la rédemption par l’amour absolu.

Joachim a été promis à l’Ondine par son père, dont la pérennité économique était menacée. Pensant céder un animal à la prisonnière de l’étang, le meunier a en fait porté le sort sur son propre fils, né quelques minutes plus tôt. Anna Aparico Catala a su capter l’essence onirique et parfois sombre du conte, grâce à une utilisation habile des couleurs et des formes. 

Le personnage de Joachim affiche en première intention une insouciance naïve face au mythe de l’Ondine, qui contraste avec la prudence et l’intuition de Hanna, sa fiancée. Et le message central du conte ne souffre aucune ambiguïté : la puissance de l’amour et de la détermination face à des forces apparemment insurmontables. Car Hanna, par son courage et sa ténacité, devient le véritable moteur de l’histoire, et parvient à tromper l’Ondine en recourant à des sortilèges. 

Pour ce faire, elle a pris conseil auprès d’une vieille magicienne. Ses présents – le peigne, la flûte, et le rouet d’or – deviennent les symboles de la quête de Hanna, chaque objet marquant une étape de son voyage émotionnel vers la réunion avec son amour perdu. Espoirs et désillusions, avant les retrouvailles tant attendues.

Cette adaptation de L’Ondine de l’étang confirme tout l’intérêt de cette nouvelle collection. Réussie sur le plan graphique, elle offre aux (jeunes) lecteurs une plongée passionnante dans un monde où la parole engage et où l’amour pur possède le pouvoir de renverser les malédictions les plus sombres. Une lecture recommandée pour ceux qui cherchent à redécouvrir les contes classiques à travers le prisme enchanteur de la bande dessinée.

L’Ondine de l’étang, Anna Aparico Catala 
Bamboo/Les Aventuriers d’ailleurs, mars 2024, 64 pages

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3.5

Sous la maison… un univers parallèle

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Daisy est une jeune adolescente fraichement arrivée dans un établissement scolaire où elle peine à s’intégrer. Quand elle se fait une amie, Jeanne-Claude, elle lui fait part de son secret.

Le secret de Daisy s’avère bien plus gros que ce que vous pouvez imaginer de la part d’une adolescente. Dans la maison qu’elle habite avec ses parents (qui n’apparaissent jamais tout au long des 96 pages de l’album), Daisy a son coin privilégié : les deux machines à laver qui se tiennent côte-à-côte au sous-sol. On peut imaginer qu’elle s’y réfugie à l’occasion pour tenter, inconsciemment, d’y retrouver quelque chose s’approchant de la quiétude du ventre maternel, le moyen le plus sûr pour se rassurer alors qu’elle aborde une période difficile de sa jeune vie. Mais, cela va beaucoup plus loin, car dans ces machines (l’une ou l’autre, indifféremment) elle a trouvé un accès vers ce qu’elle considère comme un univers parallèle peuplé d’étranges créatures qui tiennent aussi bien de la pure fantaisie que de discrètes allusions à l’univers d’Alice au pays des merveilles. Nous sommes donc clairement dans le genre fantastique qui permet à l’auteur, le Canadien Jesse Jacobs, de laisser libre cours à son imagination sans jamais livrer d’explication rationnelle, caractéristique du genre. Il s’arrange quand même pour qu’à la lecture, on puisse arriver à la conclusion que ce sont ces adolescentes qui, avec leur imagination délirante, se laissent entrainer dans des aventures qui les fascinent entre elles, mais qu’elles ne pourraient pas raconter à leurs parents.

La forme et la manière

La façon dont l’auteur s’y prend pour nous raconter cette histoire abracadabrante est particulièrement séduisante. Dans un premier temps, il nous immerge dans l’univers de ses protagonistes pour nous en livrer les caractéristiques sans nous assommer d’explications. En même temps que Jeanne-Claude qui fait la découverte de cet univers, nous faisons tout un tas d’observations sur ses caractéristiques. Autant dire que c’est aussi fantaisiste qu’amusant et séduisant. L’auteur fait de cet univers un monde régi par huit nuances de couleurs qui ressemblent fortement à celles qu’on attribue communément à l’arc-en-ciel. Fort judicieusement, il utilise huit nuances et non sept comme on en attribue généralement à l’arc-en-ciel. Dans ses dessins, chaque nuance occupe des formes bien délimitées, à base de bandes juste séparées par un trait noir, un peu comme les enfants dessinent l’arc-en-ciel, par simplification et par goût esthétique. En effet, on apprend plus tard (ce que l’observation confirme) que l’arc-en-ciel comporte en réalité une infinité de nuances qui correspondent au spectre des couleurs visible par l’œil humain, du violet au rouge (au-delà, l’infra-rouge et l’ultra-violet ne sont pas perceptibles par l’œil humain). Tout cela permet à l’auteur de déployer toute son inspiration pour proposer un album parfaitement à la hauteur de l’illustration de couverture qui ne manque pas d’attirer l’attention.

Les péripéties

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer au début, l’histoire ne tourne pas en rond et les péripéties se succèdent dans une logique caractéristique. En effet, Jeanne-Claude ne peut pas s’empêcher de parler au lycée de ce que Daisy lui a révélé. De fil en aiguille, les connaissances des deux filles vont chercher à savoir quelle part de vérité se cache derrière cette incroyable histoire. On remarquera que certaines auront beau s’installer dans le tambour d’une des machines à laver, elles en resteront à ce stade. Et puis, ce qui devait arriver arrive, celles qui pénètrent à leur tout dans cet univers fragile, y arrivent avec un tout autre état d’esprit que Daisy. Celle-ci y venait avec l’idéalisme de son âge encore marqué par une certaine innocence. Dans ces conditions, l’univers parallèle cher à Daisy révèle une autre facette de sa constitution, reflet de la condition humaine qui voit se côtoyer des aspects positifs quand tout va bien et d’autres bien plus sombres dès que quelque chose déraille.

Les bienfaits de la couleur

Là où l’auteur séduit, c’est en faisant de cet univers parallèle une sorte de porte de sortie hors d’une vie tristounette vouée à l’uniformisation. En effet, la maison des parents de Daisy se situe dans un quartier pavillonnaire comme il en existe tant. Puis, quand Daisy et Jeanne-Claude émergent des machines à laver « magiques » elles restent imprégnées de sensations colorées, au point de voir leur univers d’origine en noir et blanc. L’auteur s’arrange pour suggérer que tout se passe dans la tête des protagonistes et il va jusqu’à préciser que l’univers parallèle qu’il met en scène est d’un autre ordre que l’univers matériel que nous connaissons. Cette BD est donc bien plus qu’un album fantaisiste destiné à un public jeune. Jesse Jacobs propose une véritable réflexion sur ce que nous sommes et sur ce qu’on peut envisager en visant un niveau de conscience totalement différent de celui qui nous habite communément. Le vrai plus évidemment, c’est sa façon très personnelle de composer son album, avec une inventivité remarquable à partir de postulats simples : cet univers parallèle et son utilisation des formes et des couleurs. L’ensemble est tellement psychédélique qu’on pourrait soupçonner l’auteur de l’avoir conçu sous l’effet de quelque substance hallucinogène. Un album inclassable à découvrir absolument !

Sous la maison, Jesse Jacobs
Tanibis : sorti le 19 septembre 2018 (publication originale au Canada, sous le titre « Crawl space » en 2017

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4

Une « Déclaration des Droits des Femmes Illustrée » aux éditions EPA

Les éditions EPA ajoutent un opuscule ingénieusement conçu au débat sur l’égalité de genre, avec la publication de Déclaration des Droits des Femmes illustrée. Prenant appui sur des figures historiques et contemporaines, restituant et commentant les articles des Nations-Unies et la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne d’Olympe de Gouges, Anne Bouillon propose une réflexion approfondie et contextualisée sur l’évolution et les enjeux actuels de l’égalité des sexes. 

La préface de Shaparak Saleh insiste d’emblée sur la persistance des problématiques soulevées dans cet opuscule, en mettant en lumière l’exemple emblématique de l’Iran, où les femmes sont quotidiennement empêchées dans leur liberté d’action en vertu de considérations conservatrices et religieuses. Ce qui relève d’une actualité cohabite évidemment avec l’Histoire, traduite notamment via la réminiscence d’Olympe de Gouges. Guillotinée pour ses idées révolutionnaires en novembre 1793, cette femme de lettres française a payé le tribut d’un courage remarquable, dirigé vers la lutte contre l’injustice. Ses idéaux, rapportés dans l’ouvrage, ont pris corps à travers la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, en 1979. C’est le témoignage d’une évolution progressive, bien que lente et imparfaite, des mentalités et des systèmes juridiques.

Cette Déclaration des Droits des Femmes illustrée n’est pas qu’un simple renvoi aux textes qu’elle présente. Au fil des pages, Anne Bouillon entrelace les articles de la déclaration des Nations-Unies avec des citations marquantes d’activistes, intellectuels, politiciens et écrivains, tels que Simone de Beauvoir, Angela Davis, George Sand, Judith Butler ou Victor Hugo. Cette mosaïque de voix souligne le combat intergénérationnel et multiforme pour l’égalité des sexes. Elle révèle aussi le chemin parcouru et les obstacles inexpiables, notamment dans des cas où les discriminations restent ancrées dans la législation et les pratiques culturelles. Il est intéressant de mesurer à quel point les protestations et les commentaires progressistes ont été nombreux à travers le temps : une fois assemblés, ils constituent un testament politique édifiant, qui aide à problématiser et contextualiser une question dont l’urgence n’a jamais été démentie. 

Anne Bouillon ne se contente toutefois pas de retracer l’histoire et de rapporter ce que les intellectuels et artistes d’hier ont affirmé ; elle examine avec acuité la situation actuelle des droits des femmes, créant des liens évidents entre les articles présentés dans l’ouvrage et la situation contemporaine des femmes, surtout en France. Ainsi, en dépit des avancées législatives, de nombreuses inégalités subsistent, comme en témoigne par exemple la persistance des écarts de salaires entre hommes et femmes. L’auteure met en exergue l’importance de combattre les structures patriarcales sous-jacentes qui perpétuent ces inégalités. Et en abordant des thèmes tels que la traite des êtres humains, l’autonomie financière des femmes, la production législative ou la violence conjugale, l’auteure invite à une réflexion transversale, portant aussi sur les moyens de consolider les acquis et de poursuivre le combat pour l’égalité. L’importance du travail, de l’éducation et de la participation politique des femmes sont appréhendés comme des leviers essentiels de l’émancipation.

Cette Déclaration des Droits des Femmes illustrée est une œuvre salutaire, car elle permet de mieux comprendre la complexité et la diversité des luttes pour l’égalité des sexes. En reliant le passé au présent et en offrant des perspectives claires, Anne Bouillon contribue au dialogue, à jamais nécessaire, sur l’égalité des sexes. L’ouvrage, riche en enseignements historiques et contemporains, est un appel à la réflexion et à l’action pour tous ceux et celles engagés dans la quête d’un monde plus juste.

Déclaration des Droits des femmes illustrée, Anne Bouillon
EPA, février 2024, 144 pages

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4

Les vagues à l’âme de Hors-Saison

Hors-Saison signe une nouvelle ère Brizé, celle peut-être d’une trilogie sur le couple, écrite à l’encre de la mélancolie, des vagues à l’âme et du trouble diffus. Abandonnant les violences sociales, le cinéaste entre sur la pointe des pieds au pays de l’amour et de ses névroses invisibles.

Après avoir agrippé et transcendé la comédie sociale en portant haute et ferme la parole de la lutte des classes à travers notamment sa trilogie Lindonesque, Stéphane Brizé fait un virage radical s’engouffrant dans les méandres de l’intime.

Ce virage a de quoi décontenancer. Là où Brizé filmait une parole adressée souvent à un groupe ou proférée au milieu  de militants, une parole forte en gueule, publique, robuste et solide, Hors-Saison s’insinue très très lentement dans le mi-voix, le chuchotis, la palpitation et sensibilité de l’intime, voire de l’impalpable. C’est la gageure du film et sa limite.

Deux ex-amants se retrouvent par hasard, au détour de la midlife crisis de l’homme, un acteur en questionnement (joué avec autodérision et finesse par Guillaume Canet) dans l’hôtel Spa où il est venu se retaper.

Là commence un film en mode mineur, caressant le visage de ses acteurs et saisissant quelque chose de la consistance du temps, de la sincérité d’une vie, de ses amours, de ses choix étranges, de ses regrets toujours à fleur du présent et de ses micro-épiphanies presque invisibles pour un œil non-sensible.

Hors-Saison ne cherche pas l’éclat. Nous sommes dans la ténuité des sentiments, la torpeur d’un homme qui se voit grignoter par la peur de vieillir et d’une femme (Alba Rohrwacher, gracieuse et délicate) qui n’a pas pu faire ce qu’elle désirait.

Brizé sait inventer un ton qui lui appartient : inattendu, saugrenu, intimiste, décalé. C’est une scène sur la plage entre un entraineur de sport (incroyable Hugo Dilon) et Guillaume Canet. La scène a du corps, de l’inspiration et provoque une musculature dans la mélancolie d’ensemble.

Brizé sait aussi s’aventurer dans le climat d’un temps sans événement, sans cri, sans véhémence, sans conflit. Comme s’il avait achevé de radiographier la terre malade des pathologies sociales pour entrer dans une intériorité du bout des lèvres, celle de l’intime au plus près de ce qui a du mal à se dire. La scène du premier rendez-vous au demeurant entre Canet et Rohrwacher est très réussie, réussie parce qu’ô combien difficile pour des acteurs de tenir cette proximité avec quelques paroles, des gestes discrets, un sourire de la physiologie d’ensemble de la rencontre.

Voilà Hors- Saison n’a pas peur de la mélancolie, du trouble dépressif, de l’asthénie des gens qui ne se sentent pas forcément en osmose avec leurs vies. Et Brizé filme ce trouble, cette apathie mélodramatique des romantismes infinis. Toutefois, il n’échappe pas aux bifurcations peu propices (toute la scène de l’EHPAD) et au côté roman-photo assumé, un peu mou, voire atone et terne.

Le film aurait gagné à se centrer sur les empêchements et retrouvailles aériennes et douloureuses entre les deux ex-amoureux, sur cette drôle de langueur qui les lie, sur le visage de Guillaume Canet jouant avec élégance le désarroi d’un homme qui a tout et se sent pourtant désabusé et la grâce du personnage d’Alba Rohrwacher qui miroite à l’infini sur les vies achoppées qui peuvent être les nôtres. 

Bande-annonce : Hors-Saison

Fiche Technique : Hors-Saison

Réalisateur : Stéphane Brizé | Scénariste : Stéphane Brizé, Marie Drucker
Casting : Alba Rohrwacher, Guillaume Canet, Marie Drucker, Sharif Andoura, Emmy Boissard Paumelle, Lucette Beudin, Gilberte Bellus, Hugo Dillon, Johnny Rasse, Jean Boucault…
20 mars 2024 en salle | 1h 46min | Comédie, Comédie dramatique, Drame
Musique : Vincent Delerm
Distributeur : Xenix Filmdistribution | Gaumont

Une famille, un film autobiographique bouleversant de Christine Angot

Une famille, premier passage de Christine Angot derrière la caméra, est un film percutant, très personnel et pourtant essentiel à tous, sur le sujet tabou de l’inceste.

Synopsis de Une FamilleL’écrivaine Christine Angot est invitée pour des raisons professionnelles à Strasbourg, où son père a vécu jusqu’à sa mort en 1999. C’est la ville où elle l’a rencontré pour la première fois à treize ans, et où il a commencé à la violer. Sa femme et ses enfants y vivent toujours.

Angot prend une caméra, et frappe aux portes de la famille.

 Aux portes de l’enfer

Bien qu’aguerri à la prose de Christine Angot, une prose acérée, sans fioriture ni aucune once de gras, le spectateur de son documentaire Une Famille ne peut qu’être secoué à la fin du film. Comme avec ses écrits, la réalisatrice ne se compromet dans aucune concession, avec un métrage tranchant et incisif comme une lame.

Ayant fait de la littérature son exutoire et peut-être en même temps sa carapace, pour répondre à l’inceste qu’elle a subi de 13 à 16 ans, puis à 26 ans, de la part de son père, l’écrivaine se tourne aujourd’hui vers le cinéma pour une fois de plus tenter d’exorciser sa douleur. La famille n’est pas qu’une famille ordinaire, mais une famille de circonstance ayant eu de près ou de loin à voir avec l’inceste en question : la mère, la belle-mère, l’ex-mari et l’actuel compagnon, la fille. Entrecoupés de photos et de vidéos d’archives de Christine Angot avec sa toute petite fille, quelquefois avec son mari, des bribes de sa vie saccagée, les interviews avec ces différentes personnes constituent l’essence du documentaire.

Le film commence dans un climat d’extrême tension, pour ne pas dire de violence. A L’occasion d’un déplacement professionnel dans l’Est, Christine Angot et les grandes cheffes-opératrices Caroline Champetier, s’introduisent plutôt violemment, le pied dans la porte, au domicile de la belle-mère, la femme qui a vécu avec Pierre Angot, le père en question de l’écrivaine. Pourtant, cette violence n’est rien face à la rencontre proprement dite. Cette femme est incapable de reconnaître quoi que ce soit, émettant au contraire des assertions odieuses qui tranchent l’oreille de son interlocutrice et de nous, les spectateurs. Ses justifications n’apaisent en rien une colère inextinguible qui ne peut y trouver aucun écho, aucun amortisseur. La cinéaste ne lâche rien, mais aucun regard, aucune question, aucun reproche n’atteint cette femme emmurée dans sa posture,  laissant Angot pantelante, tremblante, KO debout en sortant de cet échange.

Malgré la précision de ses mots, on sent comme un désarroi dans la recherche d’une réponse auprès de ses proches. Si les autres entretiens sont peut-être un peu moins difficiles que le premier, il s’agit de sa mère, de sa fille, de Claude, le père de sa fille qui était présent au viol de ses 26 ans sans faire quoi que soit, des êtres qui lui sont liés par la chair, Christine Angot cherche et cherche encore des réponses. A défaut de pouvoir ignorer, enterrer son inceste, elle veut savoir pourquoi sa famille a pu permettre une telle chose. Pourquoi elle porte ce fardeau toute seule depuis des décennies. Les caméras de Caroline Champetier et d’Inès Tabarin la cadrent au plus près, permettant ainsi au spectateur de voir cette incroyable douleur dans son visage, mais aussi la tendresse dans un échange avec son  ex-mari, un « enfant » comme elle, victime de violence sexuelle comme elle. Mais aussi, on y lit un mince espoir d’aller mieux quand sa fille Eléonore, étranglée d’émotions, prononce une phrase cruciale qui justement « rompt la solitude » qu’elle ressent en permanence.

Même si l’écrivaine s’est mise devant et derrière la caméra pour sauver sa peau, une fois de plus, avec ce bouleversant documentaire, elle contribue certainement à ouvrir une porte laissée trop longtemps et trop souvent close, celle de l’inceste, la pire chose qu’on puisse subir de la part d’êtres qui nous sont les plus chers. Un film essentiel dans une époque où le MeToo n’a pas encore pris pleinement possession de ce sujet douloureux.

 Bande annonce : Une famille

Fiche technique : Une famille

Réalisatrice: Christine Angot
Scenario : Christine Angot
Photographie : Caroline Champetier, Inès Tabarin
Montage : Pauline Gaillard
Producteurs : Bertrand Faivre, Alice Girard
Maisons de production : Le Bureau, Coproduction : Rectangle Production, France 2 Cinéma
Distribution (France) : Nour Films
Durée : 82 min.
Genre : documentaire
Date de sortie : 20 Mars 2024
France – 2024

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4.5

Le Blackjack – Un jeu incroyable à jouer au casino en ligne SlotsPalace

Les casinos en ligne modernes proposent une large gamme de jeux de table, mais aucun n’est aussi populaire que le blackjack.

Ce jeu est unique en son genre, offrant beaucoup de plaisir à tous les types de joueurs. Pour tenter votre chance à l’une des tables de blackjack, rendez-vous au casino SlotsPalace.

Bien que le blackjack soit un jeu assez facile à apprendre, il faut quand même un peu de temps pour maîtriser le jeu.

Heureusement, nous sommes là pour vous aider, car nous avons élaboré un guide détaillé sur la façon de jouer et sur ce que vous devez surveiller.

Quelles sont les règles du blackjack ?

La première chose que vous devez savoir, c’est le but du jeu.

Pour gagner au blackjack, vous devez battre le croupier en obtenant une valeur de main proche de 21 sans la dépasser. Si vous dépassez 21, vous perdrez automatiquement. C’est aussi simple que ça.

Cependant, il existe également quelques règles plus avancées que vous devez connaître. Nous les avons examinées de plus près ci-dessous.

Pour jouer au casino en ligne SlotsPalace, vous devrez affronter un croupier, contrairement à des jeux comme le poker, où vous jouez contre d’autres joueurs.

Le jeu se joue avec un à huit jeux de 52 cartes, ce qui en fait finalement un jeu de hasard.

Chaque tour de jeu commence par les joueurs plaçant leur mise initiale dans leur case de mise désignée.

Ensuite, le croupier distribue deux cartes à chaque joueur. Les joueurs recevront alors leurs cartes à gauche du croupier et recevront leurs cartes face visible à côté de la case de mise de chaque joueur.

Il peut y avoir entre deux et sept joueurs au blackjack selon la table de blackjack où jouer au casino en ligne SlotsPalace.

Le croupier reçoit également 2 cartes : une est placée face visible et l’autre face cachée.

Ensuite, les joueurs annoncent s’ils souhaitent tirer, rester, diviser, doubler ou abandonner, et le jeu commence.

Si vous choisissez de tirer et que vous avez un total de plus de 21, vous ferez instantanément faillite et perdrez.

Cependant, si vous parvenez à obtenir une main meilleure que celle du croupier sans dépasser 21, vous recevrez un paiement.

Règles du croupier au blackjack

Le joueur n’est pas le seul à devoir respecter les règles dans le jeu de blackjack.

Il y aura également des étapes spécifiques que les croupiers devront suivre, et ces variations de règles peuvent changer en fonction du casino et du type de blackjack.

Les deux règles que les joueurs peuvent connaître sont que le croupier agit en dernier. Tous les joueurs doivent avoir pris une décision sur leurs mains avant qu’un croupier puisse choisir de tirer.

Cependant, dans certaines versions du jeu, un croupier doit tirer s’il a un total de carte de 16 ou moins. Mais s’il a un total entre 17 et 21, alors il doit rester.

Ce que vous devez savoir sur le blackjack à 7 cartes

Le blackjack, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est l’un des jeux de casino les plus populaires au monde. Mais il existe une autre variante appelée le blackjack britannique ou le jeu à 7 cartes.

Ici, le but est de retirer des cartes de votre main en les associant au rang ou à la couleur de la carte précédemment jouée.

Chaque joueur reçoit initialement 7 cartes, et lorsque le premier tour commence, la carte supérieure de la pile de défausse est retournée par le croupier.

Si cette carte est un 6 de cœur, cela devra correspondre au rang ou à la couleur de cette carte pour continuer.

Les joueurs peuvent placer autant de cartes de leur main, qui suivent une séquence pour obtenir une série.

Tours de mise au blackjack

Tout comme dans la plupart des jeux de table, vous pouvez placer des paris au blackjack en utilisant des jetons de casino.

La plupart des variations de blackjack auxquelles vous pouvez jouer au casino en ligne SlotsPalace auront une mise minimum et maximum que vous pouvez placer, bien que cela change en fonction de la variante en direct à laquelle vous jouez.

Une fois que tous les paris ont été faits et que le croupier a distribué toutes les cartes, vous pourrez choisir parmi plusieurs options de mise qui seront affichées à l’écran.

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