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Rencontre avec Corin Hardy pour son film The Hallow: FEFFS 2015

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FEFFS 2015: Extrait de la rencontre publique avec Corin Hardy pour son film The Hallow (Méliès d’Argent)

Synopsis: Malgré les avertissements, un scientifique, sa femme et son bébé profanent une forêt irlandaise dont ils ne soupçonnent pas les dangers. Très vite, les créatures vivant en ces lieux menacent et attaquent la petite famille.

Amateurs de monstres, réveillez-vous! The Hallow est assurément un film de monstres, réalisé avec brio, et il est certain qu’en matière de spectacle, il y aura de quoi en faire frémir plus d’un. Arachnophobes, éloignez-vous! Il y a un peu de Cronenberg dans tout cela, des grosses bêtes risquent de pénétrer votre joue, voire plus… Des monstres envahissent vos cellules, prennent possession de votre corps, voire de votre âme, de votre famille, ou souhaitent vous déposséder de votre bébé… Le tout, mélangé dans un essai de conte féerique irlandais. Ah non, il ne faut jamais détruire la forêt! Sinon, croyez-nous, l’horreur sera bien là!… Un film qui en fera rire certains, mais frémir bien d’autres, effrayant à souhait…Les festivals sont parfois faits de rencontres détendues. Tel fut le cas avec Corin Hardy, qui entre lancers de T-shirts et échange de cris de monstres avec des spectateurs absolument inspirés en la matière, a conclu d’une manière tout à fait sympathique ce cru 2015 de la compétition internationale d’un FEFFS, à la hauteur de ses ambitions…

–  Qu’est-ce qui intéresse un réalisateur anglais dans le folklore irlandais ?

Quand on veut faire un film d’horreur, on essaie un peu de réinventer la figure du monstre, proposer autre chose que les vampires ou les zombies qu’on a déjà vu mille fois. Je suis originaire d’Angleterre, pas d’Irlande, mais j’ai eu l’impression que le folklore irlandais était plus riche, du coup je m’y suis intéressé et j’ai fait beaucoup de recherches et j’ai essayé de les retranscrire au cinéma de manière très visuelle.

–  Avez-vous été inspiré par certains jeux vidéo et notamment The Last of Us ?

J’ai pas trop le temps de jouer aux jeux vidéos, mais à savoir ça fait huit ans que je travaille sur The Hallow. Le jeu est sorti après, on peut dire que le jeu est un sequel…  Et c’est un jeu génial !

– Avez-vous pensé à faire une suite ?

Tout dépend de vous ! Il faut qu’un film ait été un succès pour qu’on puisse espérer un second opus, mais de manière créative, oui j’ai quelques idées. C’est pour ça que le film se termine de cette manière (rires dans la salle).

– Par rapport à la citation au début du film, est-ce que ce livre Les Invasions de l’Irlande existe véritablement ou vous êtes vous inspiré d’un ancien grimoire que vous avez exhumé ? Et deuxièmement, j’ai vu dans le générique de fin que le bébé avait le même nom de famille que le vôtre. Est-ce votre enfant et si oui, n’avez-vous pas peur de le voir différemment après ce qui s’est passé ?

Alors oui en effet pour la première question, le livre s’appelle The Book of Invasions. Vous pouvez très facilement le retrouver sur Google ou Wikipédia. Certains disent qu’il raconte les origines de l’Irlande, d’autres que ce n’est qu’un ensemble de récits mythologiques, mais après mes recherches je l’ai trouvé très intéressant et voulu l’ancrer dans quelque chose qui existe. Pour le rôle du bébé, à l’écriture je n’avais pas donné tant d’importance à ce personnage, puis arrivé en pré-production il a pris de l’ampleur. On avait commencé à caster des jumeaux de 4 ans. Je suis devenu papa deux semaines avant le début du tournage. Mais c’était compliqué, car il a fallu tourner avec ces jumeaux et les monstres recréés en animatronics et silicone. Et comme il faut compter deux mois pour les équipes des effets spéciaux, elles devaient savoir à quoi ressemble l’enfant. Quand on a commencé à tourner, les jumeaux avaient cinq mois, ce sont les meilleurs acteurs avec qui j’ai eu à tourner, très authentiques. On ne les a jamais mis en danger, ils étaient juste un peu fatigués. Du coup on avait ce bébé en animatronic, un autre et encore un cinquième. Le problème est qu’il a fallu qu’on retourne le début, notamment la scène du ferry, cinq mois après la fin du tournage, mais les jumeaux étaient trop grands, j’ai donc choisi mon bébé qui venait d’avoir cinq mois.

– Est-ce que vous avez eu peur de vos monstres ?

Pas du tout, au contraire, j’adore me balader en pleine forêt et m’imaginer l’apparition de monstres. Ils ne m’effraient nullement. Et pour rebondir sur la question précédente, il est vrai que si on s’attaque à la nature et que vous lui faites du mal, elle viendra se venger à coup de champignons.

– Dans un monde alternatif, les monstres seraient-ils gentils et toi aussi ou vice versa ?

Je pense que si on inversait nos univers, les monstres seraient les gentils et les humains très très très méchants. Vous avez tous vu The Survivalist ? Pour ceux qui ont vu les deux, les visionnages se sont bien enchaînés.

– Concernant les mécanismes de la peur, j’ai trouvé la deuxième partie plus viscérale que la première, qui fonctionne sur l’hommage à tous ces films structurés autour d’un idéal familial, faisait référence à Cronenberg, dont La Mouche, mais qui  fait usage de nombreux jumpscare. Est-ce vraisemblablement un choix et pourquoi ?

Merci d’avoir résumé de cette manière et il est vrai que lorsqu’on se lance dans ce genre, il y a quelques règles à appliquer. J’en ai respecté certaines, mais pas toutes. Mais c’est aussi pour ça qu’on va au cinéma, pour se divertir, manger du pop corn et j’ai pas envie de m’excuser… Sinon j’ai voulu faire un véritable film d’horreur en travaillant sur différents sous-genres, comme au début où on sait pas si ça va glisser dans le surnaturel, le home invasion, etc. Après c’est un peu plus classique, je voulais vraiment m’amuser, mais le plus important est qu’il y a un véritable scénario, une histoire qui tient la route.

– Bravo déjà ! Je suis assez sensible à l’univers sonore et je voulais savoir comment vous avez reproduit les bruits émis par les créatures 

(Imitation du cri de la créature) On s’est beaucoup amusé à recréer un univers sonore en particulier pour les créatures

– On voulait savoir pourquoi vous vous êtes tant intéressé à ce champignon… le cordyceps…

Je voulais trouver un équilibre entre toutes ces histoires de folklore irlandais et quelque chose de plus ancré dans la réalité, de plus scientifique et je suis tombé sur un documentaire sur le cordyceps qui a aussi inspiré le jeu vidéo The Last of Us et oui lorsque vous interprétez toutes ces créatures du film, vous pouvez vous dire que ce sont des monstres du folklore irlandais, mais aussi une conséquence à tout ce qu’on a fait subir à la nature.

– Vous dites que vous vous êtes assez détaché de The Last of Us pourtant l’image finale est quasiment l’écran d’ouverture du jeu, la porte ouverte sur cette nature derrière. C’est peut-être un hasard ou alors c’est quelqu’un d’autre qui a filmé à votre insu. Alors comme petite remarque, lorsque le mec sort de la cabane, il me semble qu’il manque une partie de son maquillage ou alors laissé en post-prod ?

Pour The Last of Us, c’est une coïncidence, je l’ai tourné avant le jeu et de toute façon j’y ai très peu joué. Comme pour le personnage du père… Après peut-être qu’il y a une erreur dans la continuité…

The Hallow : Bande-annonce

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