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Le Festival de Deauville honore Keanu Reeves lors de la cérémonie d’ouverture

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Festival de Deauville 41ème édition -Premier épisode: Orson Welles, Réserve indienne et Keanu Reeves

A Deauville le tapis est rouge mais les allées sont bleues, on se demande bien pourquoi lorsque l’on regarde au-dessus et en face. Avec ce plafond de lumière orageuse et cet horizon d’eau grisâtre, ce n’est pas le bleu pur, clair, lisse, qui tapisse la ville entière en ce moment; certes ce n’est pas bleu mais c’est très beau.

Mais il faut bien s’enfermer dans les salles à un moment donné, et lorsque l’on peut mêler le mythique au symbolique, c’est la combinaison parfaite pour commencer cette 41ème édition du Festival du film américain de Deauville que de se rendre à l’hommage rendu à Orson Welles. Car C’est évidement Orson Welles qui ouvre le bal, officieusement….Le documentaire « This is Orson Welles » était projeté ce matin, un poil hagiographique, mais efficace, entre témoignage et images d’archives, on se replonge dans cette histoire d’amour et de désamour que l’imposant cinéaste a entretenu avec Hollywood, ses incessantes frasques sur les tournages, la censure des studios, son envolée avec Rita Hayworth. Rita que l’on retrouve sur la toile dans la foulée, puisque comme à Cannes en mai dernier, « La dame de Shanghaï » est présentée, 67 ans plus tard. Sous de faux airs suaves, le film plonge dans les abysses sombres du polar, orchestré par un Welles sardonique, qui comme toujours se met en scène; ici un marin amoureux qui se retrouve au cœur d’un meurtre.

Le réalisateur islandais Baltasar Kormakur a lancé les festivités du festival de Deauville avec la projection d’Everest

Ce long métrage nous fait revivre la célèbre expédition de 1996, sur le plus haut sommet du monde, un drame himalayen en 3D  illustrant une histoire vraie, celle de la disparition de huit alpinistes dans l’Himalaya. Avec Jake Gyllenhaal (Southpaw, Night Call, Donnie Darko), Keira Knightley (Begin Again, Orgueil et Préjugés, The Imitation Game), Robin Wright (House of Cards), Josh Brolin (No country for old men, Inherent vice), Jason Clarke, (Zero Dark Thirty, Terminator Genesis...).

En parallèle, la compétition démarre, avec « Les chansons que mes frères m’ont apprises » de Chloé Zhao. La réalisatrice née à Pékin nous emmène dans une réserve indienne dans les déserts arides du sud des États-Unis. Un premier long métrage touchant et intéressant, tourné dans la réserve indienne de Pine Ridge, sur cette micro-société qui semble s’autodétruire.

Les chansons que mes frères m’ont apprises : Bande-annonce

L’immersion est telle que le film penche vers le documentaire, peut-être trop immersif, trop contemplatif de ces personnes; la jeune cinéaste ne rend pas une copié très vivante, malgré sa petite heure et demie, le film souffre parfois de ses longueurs. Mais le portrait catastrophique dressé, entre alcoolisme, trafic, et violence asphyxie, alors que les élégants plans sur cette réserve malade rafraichissent. Et sans savoir où l’on va, on apprécie le voyage, avec une image soignée, bien aidée par des paysages mortifères, et des visages marqués, presque agonisants. Dans ce tableau morbide, c’est une jeunesse qui tente de se frayer un passage, c’est un frère et sa petite sœur qui apprennent la mort de leur père absent depuis toujours. Un deuil sous forme de fuite en arrière. Car Johnny veut partir, veut fuir, tourner le dos et on le comprend, il va suivre sa copine qui va étudier à Los Angeles, arrêter son trafic d’alcool, respirer. Mais ses racines sont ses chaînes, et sa sœur son ancre, le film trouve sa densité et son sens ici, dans le choix final de Johnny. Une oeuvre langoureuse qui éclaire d’une lumière crue la vie des indiens dans l’Amérique d’aujourd’hui.

L’avant-première était mondiale en cette fin de soirée pluvieuse, et dans une salle pleine à craquer alors que la musique rugissait, Keanu Reeves (Liaisons dangereuses, Frears à My Own Private Idaho, Matrix, River Phoenix, Point Break) est apparu. Le canadien était l’homme de la journée, et présentait en exclusivité « knock knock » d’Eli Roth. L’histoire d’un époux et père quarantenaire qui a le malheur d’ouvrir sa porte à deux jeunes filles diaboliques. Une comédie crue qui ne fait jamais rire aux éclats mais qui divertit parfois, malgré l’embarras qu’elle peut procurer. Car sur fond de pédophilie, de nombreuses scènes et dialogues s’avèrent gênants : si c’était le but c’est réussi, dans le cas contraire cela pourrait être un problème.

Knock Knock d’Eli Roth : Bande-annonce

L’hommage rendu au cours de ce premier jour du Festival de Deauville 41ème édition à Keanu Reeves s’est terminé sur le final de Matrix, sur fond de Rage Against the Machine, avec la chanson: Wake Up.