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FEFFS – Chronique N°5 du 18 Septembre 2014

 FEFFS 2014 : Chiens vengeurs, célébrité fantasmée et tueur groovy.

Le réveil de ce matin était relativement amer. Je garde encore le souvenir de la déception qu’a été la séance de minuit de la veille avec ces foutus castors zombies. Aujourd’hui, on va tâcher d’oublier tout ça avec la programmation de ce soir qui déroule le Grand Prix de la sélection Un Certain Regard du Festival de Cannes 2014, de la célébrité fantasmée jusqu’à l’horreur et d’un sociopathe complètement incontrôlable à l’écoute du disco. Billets dans la poche, déterminé à sauter sur le premier siège disponible et prêt à dégainer le pop-corn, je plonge avec passion dans le visionnage de ces trois films.

Chers lecteurs, voici la cinquième chronique du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS) en exclusivité pour Cineseries-mag.fr

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White God

Réalisé par Kornel Mundruczo (2014). Sortie le 03 décembre 2014.

Un père contraint sa fille à abandonner son chien, Hagen, dans les rues de Budapest. Très vite, les pérégrinations aventureuses de Hagen se transforment en une odyssée de cruauté humaine quasi insoutenable.

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FEFFS-2014-White-God-afficheGrand gagnant de la sélection Un Certain Regard et accessoirement vainqueur de la Palm Dog au dernier Festival de Cannes, White God débarque à Strasbourg en véritable outsider. On évoquait hier les films qui revenaient au concept des attaques animalières mais avec White God, jamais le genre n’avait été traité sous un angle aussi sérieux et auteurisant. Cinquième long-métrage du Hongrois Kornel Mundruczo, White God est un film détonnant aux séquences d’ouverture et de fermeture somptueuses de magnificence. Elégant et très proche de l’exercice de style pur et dur, le récit se perd dans une mise en scène à la shaky cam censée accroître l’immersion et le réalisme au profit d’une narration quelque peu classique. Notons cet effort deperformance d’avoir dressé près de deux-cent-cinquante chiens pour le tournage, Traînant en longueur et prévisible, White God se suit avec peu d’intérêt, tant la lenteur du rythme ne facilite pas l’implication du spectateur malgré cette caméra qui tremble sans cesse. Les personnages humains sont pour la plupart montrés sous un angle manichéen mais l’intrigue tend vite à contrebalancer ce postulat en relativisant le discours critique sur l’espèce humaine. Sujet intéressant car né de l’imagination d’un réalisateur qui représente une sorte de Mythe de Babel où le chien s’échappe de son statut d’espèce soumise pour atteindre les hauteurs de l’espèce humaine. Final horrifique dans une révolte canine sans précèdent, White God est un film qui par la traduction française de son titre nous renvoie au Dressé pour tuer (White Dog) de Samuel Fuller et donne donc une symbolique divine à l’espèce canine. Réflexion sur la soumission et l’arbitraire d’une autorité plus ou moins juste, White God est un audacieux pari et une réussite formelle par le biais du dressage de ces chiens, tout simplement impressionnant de réalisme. La narration s’avère cependant éprouvante tant la mise en scène parkinsonienne tend à rendre le récit plausible mais ne fait qu’accroître la bancalité d’un film que l’on supporte en fin de parcours. Intéressant mais inégal. La présentation du festival évoquait la présence du réalisateur pour présenter le film mais finalement ce n’est qu’une traductrice qui ouvrira la projection du film en évoquant quelques anecdotes de tournage comme les trois mois de dressage de chiens ou le fait que le réalisateur souhaitait faire un film qui se moque d’une loi hongroise visant à taxer les chiens selon leur race.

Note de la rédaction : ★★★☆☆ 

Starry Eyes

Réalisé par  Kevin Kolsch et Dennis Widmyer (2014). Date de sortie prochainement annoncée.

Sarah Walker a un petit boulot sans avenir sous le joug d’un patron qui la prend de haut, elle subit des amitiés superficielles avec des acteurs concurrents et participe à des castings qui n’aboutissent à rien. Après plusieurs auditions humiliantes face à un duo pour le moins bizarre, elle décroche le rôle principal dans leur nouveau film. Malgré le fait qu’ils lui demandent de faire des choses de plus en plus étranges, elle sera prête à tout pour réussir, aveuglée par son fantasme de célébrité. 

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FEFFS-2014-Starry-Eyes-affichePrésenté pour la première fois en France et sélectionné dans la compétition internationale, Starry Eyes est la nouvelle production de la boîte de Travis Stevens à qui l’on doit Cheap Thrills, Big Ass Spider ou le documentaire Jodorowsky’s Dune.  Starry Eyes est le second-long métrage de ce tandem de réalisateurs nord-américains. Avec ce film, 2014 semble être une année où la profession du cinéma se remet en question et l’on a déjà pu voir que David Cronenberg (Maps to the Stars) ou Olivier Assayas (Sils Maria) nous ont livré d’excellentes critiques bourrés de cynisme à l’encontre du milieu. Place ici à une œuvre qui pique le rêve hollywoodien et nous plonge dans une descente aux enfers du fantasme de la célébrité et des moyens pour y parvenir. Par le biais de son personnage principal qui ne voue sa vie qu’au désir d’atteindre la célébrité et la gloire chère à Hollywood, le récit de Starry Eyes montre les plus décadents travers d’Hollywood avec ses coups fourrés, ses égos surdimensionnés, ses jalousies, ses producteurs immoraux et les ambitions débordantes et surréalistes d’actrices prêtes à tout pour obtenir un rôle. Le message final du film est assez pointu et montre à quel point les plus célèbres stars de Hollywood ont dû se salir les mains pour atteindre leur statut de glorieuses célébrités. C’est aussi une critique subtile des modifications physiques par lesquels doivent passer les interprètes pour espérer atteindre un certain seuil de prise en compte de la profession. A la mise en scène clinique et froide, Starry Eyes tombe dans un final horrifique et gore à souhait où la renaissance de son personnage ne peut se faire que par le biais d’une violence impitoyable. Impitoyable comme Hollywood. Une réalisation horrifique moins originale que franchement réussie dans sa volonté de décrire un milieu de plus en plus immoral. Un constat que nombre de réalisateurs évoquent ces derniers temps dans leurs productions. Une des bonnes surprises de ce festival.

Note de la rédaction : ★★★★☆  

Discopathe

Réalisé par  Renaud Gauthier (2013). Date de sortie prochainement annoncée. 

Dans les années 1970, un jeune newyorkais sans histoire se métamorphose en meurtrier dès qu’il est exposé aux sonorités particulières d’une toute nouvelle musique : le disco. Incapable de contenir ses pulsions meurtrières provenant d’un traumatisme d’enfance, Duane Lewis deviendra malgré lui un dangereux tueur en série en exil à Montréal. 

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Séance de minuit sous le signe du disco avec Discopathe et son réalisateur. La projection est lancée et de somptueuses mélodies groovy donnent le ton au film. Slasher rétro qui reproduit avec authenticité et fidélité cette ambiance, cette frénésie urbaine des années 70 qui exultaient à l’écoute du disco. Assurément drôle, Discopathe lorgne du côté de l’absurde et d’un cinéma du dialogue où certains penseront évidemment à Quentin Dupieux. Malheureusement, de nombreuses blagues tombent à plat et finalement on se consolera avec cette mise en scène qui recrée à la perfection les entremêlements de couleurs et de sons plus-disco-tu-meurs. Les effets-spéciaux cheap offrent des moments de gore cultes et grotesques, frôlant avec le cartoon. Reprenant avec soin le grain et la grammaire d’un cinéma d’époque qui tend à nous rappeler un giallo désormais disparu, Renaud Gauthier nous livre un petit OFNI d’humour débridé et d’horreur à souhait. On reprochera au récit de s’étirer trop en longueur mais ce serait oublier l’enthousiasme d’un film qui reproduit avec une vraie justesse cette ambiance unique du disco. Et puis, qu’est-ce que la bande son est cool !

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Premier long-métrage de Renaud Gauthier, ce dernier arrive en fin de séance pour nous parler du film. Il remercie avec sincérité le festival et son directeur de l’avoir accueilli. Il offre à ce dernier une pellicule complète du film en 35mm, un beau cadeau pour un directeur qui avoue avoir adoré ce film. Le réalisateur plaisante souvent, semble un peu à l’Ouest, déposant son verre de vin derrière lui, les yeux fatigués et la posture avachi sur lui-même. Les silences pesants témoignent d’une fatigue des festivaliers, le réalisateur remarquant que le public fût bien sage ce soir et que le film avait suscité beaucoup plus d’ambiance au Festival de Bruxelles et d’un autre dont j’ai oublié le nom. Pour combler ces silences, le réalisateur déconne à répétitions sur l’endroit où la soirée va se finir dans le seul souci de se mettre une murge strasbourgeoise. L’Académie de la Bière semble être l’endroit de destination du réalisateur et de quelques membres de l’équipe du festival. Renaud Gauthier s’attarde un instant sur la difficulté économique de monter ce projet et confesse être un passionné, un immense collectionneur de tous les objets qui témoignent des années 70. Ce crossover entre tueur en série et disco était une formule amusante et décalée qu’il souhaitait absolument voir à l’écran. Pas la peine d’étirer l’échange, il est bientôt deux heures, le question-réponse se conclût et chacun rentre chez soi, des irréductibles se dirigeant vers Renaud Gauthier pour lui poser quelques dernières questions et lui demander un autographe.

Note de la rédaction : ★★★☆☆ 

Un Strasbourg étonnamment calme pour un jeudi soir où les étudiants passent davantage de temps dans les bars et les boîtes que les draps tapis de leurs lits. Fin de soirée à l’appartement devant un plat de pâtes où une nécessaire prise de recul s’impose sur les films vus ce soir. Programme de demain, hésitation sur le visionnage de Massacre à la Tronçonneuse 2 dans le cadre de la rétrospective Tobe Hooper, mais une certitude votre rédacteur sera présent pour les projections d’un étang révélateur des tensions d’un groupe, d’une nouvelle version des tueurs de la lune de miel et d’une autre lune de miel autour d’un étang qui s’avèrera être le point de départ d’un thriller psychologique implacable. Trois films au thème proche où défileront les trois équipes de film. Et sans oublier la projection de minuit qui nous présentera pour la première fois en Europe la tant-attendue suite de ABC’s of Death. Du lourd, du très très lourd pour la sixième chronique. A demain, les psychopathes !

Reporter/Rédacteur LeMagduCiné
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