The Following : Impuissance et manipulation de l’oeuvre de Poe

Carroll, décrit comme un professeur de littérature charismatique, est censé être un expert de Poe, ainsi que l’auteur d’un roman, « La Mer gothique». Pour Carroll, en réalité il ne s’agit rien d’autre que de manipulation, d’admiration et de pouvoir, un profil que l’on trouve chez tous les criminels. Les adeptes sont tous des meurtriers où de potentiels criminels, qui vont trouver dans le délire de Caroll, une justification à leurs actes. Ainsi le meurtre, les atrocités sont esthétisées, l’art est une folie, et la mort est l’émotion suprême, ce qui n’a rien à voir avec la période romantique.

L’Impuissance par le Pouvoir : The Following

Bien sûr Poe, est un des pères de la fiction d’horreur, mais son œuvre n’a rien à voir avec la vision de Caroll, qui est un sociopathe, ne pouvant attirer à lui que ceux qui lui ressemblent. On remarquera d’ailleurs qu’au cours de l’Histoire récente et passée, nous avons eu affaire trop souvent à des criminels cherchant à justifier leurs actes pervers en utilisant la littérature, la religion, le sexe, la politique ainsi de suite…

Caroll montre une haine des femmes, qu’il tente de rationaliser en affirmant que « Poe croyait que l’art est la beauté et rien n’est plus beau que la mort d’une belle femme ». Au passage on remarquera là aussi qu’en toutes époques, la haine des femmes est une marque chez ce genre de personnage. En outre, Poe a décrit la mort d’une belle femme comme poétique, non pas car cela est beau mais d’une grande tristesse, or cette émotion ne peut pas être expérimentée par Caroll et ses groupies, car ils sont nihilistes, dans une totale incapacité de vivre d’autres émotions que la mort et donc incapables de comprendre la poésie, la profondeur des romans et nouvelles de Poe.

Notre Marc Antoine de la série Rome, est un acteur britannique parfaitement élégant, exerçant sur ses adeptes un ascendant certain. Il hypnotise tous ceux qui lui ressemblent. Ce genre de personnes est présent dans toutes les couches de la société : ce peut être la mère de famille, le policier, votre boulanger, un chef d’entreprise… En effet Caroll attire à lui les profils lui correspondant.

En revanche, Hardy, ennemi juré de Carroll, a un problème d’alcool, un stimulateur cardiaque et une vie désordonnée. Le contraste entre les deux personnages est intéressant : on a un agent coriace, mais malade et un tueur en série rayonnant de santé en apparence. Usant de l’œuvre de Poe comme faire valoir, même dans le conte, le plus ouvertement sadique « The Pit and the Pendulum », c’est la victime qui attire tous les regards, les bourreaux sont sans visage, impuissants, pitoyables, sans vie, par contraste avec la victime, pleine de vie.

C’est une affaire d’émotion, Joe Caroll et ses adeptes sont pervers, et des âmes vides, et toute l’affaire au fond tourne autour de personnages qui sont dans l’incapacité d’apporter la vie, des impuissants… Et justement l’œuvre d’Edgar Allan Poe explore l’impuissance par le pouvoir.

Étrangement Carroll ne réalise pas du tout, qu’il est un impuissant, qui se cache derrière un semblant de pouvoir, une admiration d’adeptes complétement atteints psychologiquement, rongés par la mort émotionnellement, incapables de jouir de la vie et d’en créer.

On peut se sentir fasciné durant une seconde par ses tueurs en série. Mais quand on connait l’œuvre de Poe, la période romantique, on ne peut que décrypter le vide, et l’impuissance que cherche à cacher Caroll en exerçant du pouvoir, comme l’a fait Hitler et tous ceux qui ont ce type de caractère.

Synopsis : Joe Caroll un tueur en série dirige de sa cellule un réseau de followers afin de faire exécuter ses crimes. Il assassine ses victimes surtout des femmes en affirmant faire un clin d’œil, à son «héros», Allan Edgar Poe, se référant aux contes « The Tell-Tale Heart » et « Le chat noir ».

Festival

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