The 100 saison 3, une série de Jason Rothenberg : Critique

Synopsis : Trois mois se sont écoulés depuis que nos héros ont tué les habitants du Mont Weather et libéré leurs amis. Alors que Clarke est recherchée par les natifs, la prenant pour Wanheda, la commandante de la mort, le camp Jaha s’est beaucoup développé, et renommé Arkadia. Bellamy recherche, avec son équipe, Clarke qui s’est exilée, mais aussi des survivants d’autres arches. Des tensions commencent à apparaitre entre Octavia et Lincoln, et pendant ce temps, Murphy, qui s’était enfermé dans un bunker, retrouve Thelonius qui a enfin trouvé la Cité des Lumières…

 « We Are The 100 »

Comme la saison précédente, The 100 saison 3 se construit en deux intrigues parallèles, la première partie voit monter en puissance Pike en prenant la direction d’Arkadia dans le but de vaincre les natifs de la Terre. De son côté, Clarke essaye de dissuader Lexa d’entrer en guerre, pendant que Jaha et A.L.I.E. réfléchissent au meilleur moyen de recruter tout le monde dans la cité de la lumière, devenant l’ultime menace à combattre à la fin de la saison.
Une fois encore, nous sommes entrainés dans une histoire plus adulte où les enfants agissent en prenant leurs propres décisions. La saison 3 confirme cette maturité à travers des storylines bien plus sombres où nos héros font face à des épreuves encore plus difficiles. La guerre et les tensions entre le peuple du Ciel et les natifs de la Terre n’ont jamais été autant au cœur de l’intrigue. De plus, les scénaristes ont pris le risque d’éliminer des personnages principaux, aimés du public, entrainant la mort de deux d’entre eux. Nous regrettons la polémique autour de la mort de Lexa qui entache cette saison exceptionnelle. En effet, il peut sembler cruel d’avoir tué ce personnage au moment où Clarke et Lexa arrivent enfin à s’avouer leur amour, après s’être apprivoisées pendant quelques épisodes. Cependant, malgré la colère des fans et en particulier celle de la communauté LGBT plus ou moins justifiée, le décès de l’ancienne commandante aurait pu être néfaste à la qualité des histoires, notamment pour le personnage de Clarke, mais les showrunners nous ont prouvé le contraire, en faisant avancer notre récit sur l’Histoire des commandants et l’influence de La Flamme qu’A.L.I.E. veut récupérer. Ils sont parvenus à tourner leurs scénarios en fonction du planning de l’actrice Alycia Debnam-Caray, régulière dans la série Fear The Walking Dead.

Le scénario est assez bien ficelé dans son ensemble. Nous semblons dépaysés lors des deux premiers épisodes puisque nous découvrons de nouveaux peuples sans connaître réellement les connexions avec celui de Lexa. Toutefois, on arrive à voir où les scénaristes veulent en venir par la suite, en réussissant à créer différentes intrigues complexes, mais fluides dans la compréhension de l’histoire globale.
Ainsi, cette troisième saison se renforce dans sa dramaturgie, dans sa mythologie en rejoignant les croyances des natifs à la science d’A.L.I.E. connectée au peuple du Ciel, à l’origine de la destruction du monde 100 ans plus tôt. Par conséquent, il est assez ingénieux de voir que toutes ces intrigues que l’on suit sont liées les unes aux autres.

Le succès de cette série se place dans l’évolution et l’approfondissement de ses personnages. De ce fait, la saison 3 se consacre d’avantage sur des rôles trop secondaires lors des saisons précédentes.
Alors que Clarke, Octavia, et Bellamy ont suffisamment fait leurs preuves, ce sont désormais Jasper, Murphy, Raven et Monty qui deviennent les vedettes du show, avec un développement constant tout le long de la saison. Ils nous surprennent assez dans leurs décisions, notamment Monty qui assume ses choix, difficiles pour la plupart, et arrive à faire ce qui est juste pour sauver ses amis, quitte à tuer sa mère possédée par A.L.I.E., quant à Raven, nous pouvons féliciter son interprète Lindsey Morgan qui a réussi à parfaitement reproduire le caractère de l’intelligence artificielle pendant plusieurs épisodes. Auparavant, Raven était trop assimilée à sa romance avec Finn, ou trop en retrait par rapport au reste du casting. Les autres protagonistes qui feront tout pour la sauver nous prouvent qu’elle est aussi essentielle, particulièrement lors du final où elle aura son rôle à jouer pour aider Clarke à détruire la cité des Lumières.

Le début de saison s’est éparpillé sur plusieurs storylines, permettant aux spectateurs de se familiariser à l’univers, mais les circonstances qui rapprochent nos héros nous affirme que l’histoire reste focalisée sur les 100.  Thelonius et A.L.I.E. réussissent à prendre le contrôle d’Arkadia, et d’un grand nombre de natifs, ce sont donc nos jeunes héros qui doivent chercher le remplaçant de Lexa, le nouveau commandant pour affronter l’intelligence artificielle.
Ils mettent leurs différents de côtés, et s’unissent pour arrêter leur ennemi, malgré certains conflits internes au sein du groupe.

Justement, par rapport aux défaillances de la saison, Clarke continue son ascension d’héroïne forte cherchant à trouver les meilleures solutions pour garantir la paix, alors que Bellamy et Octavia sont deux personnages en perdition.

La plupart semble évoluer, mais Bellamy, aveuglé par la peur et la haine de Pike contre les natifs, n’a fait que des mauvais choix jusqu’à la mort de Lincoln, dont il est en partie responsable, entrainant un faussé entre les deux frère et sœur.
Ces conséquences entrainent Octavia dans une spirale infernale en voulant se venger de Pike. Ces erreurs montrent leur humanité, qu’ils ne sont pas invincibles.
Clarke a peut-être beaucoup de mal à surmonter son génocide au Mont Weather, mais Bellamy n’arrive plus à distinguer le bien du mal, mais il essayera de corriger ses erreurs auprès de ses amis en les aidant à stopper A.L.I.E.
Monty reste l’atout majeur de cette saison, à l’écoute des autres, il sera un soutient moral important pour Jasper qui ne se remet pas de la mort de Maya, ou même pour Octavia, tiraillée entre le peuple du Ciel et les natifs, alors qu’il lui rappelle qu’elle est bien plus que ça, qu’ils font avant tout parti de leur propre communauté des 100.

Cette saison 3 frôle la perfection, à un détail près, le final est légèrement en deçà de ce que la série nous a proposé jusqu’à présent. Tous les indices nous laissaient croire depuis longtemps que Clarke serait « l’élue » qui prendrait La Flamme pour se rendre dans la cité des Lumières pour vaincre A.L.I.E. et son programme. Cela nous permet de revoir une dernière fois Lexa, afin d’apporter un véritable adieu aux fans du couple (même si ces quelques scènes sont assez minimes face à l’ampleur du season finale).
On pourrait reprocher à Jason Rothenberg d’avoir réitéré le choix qui s’impose à Clarke de devoir actionner le levier pour détruire A.L.I.E. qui avait comme unique but de protéger le peuple de l’Apocalypse nucléaire qui approche. Le parallèle à la situation de Clarke et Bellamy au Mont Weather à la fin de la saison 2 est un peu gros et exagéré.
Néanmoins, l’idée de l’intelligence artificielle a bien été exploitée depuis le début. Les scénaristes ont voulu clore ce chapitre sans gros cliffhanger comme la saison précédente. Seulement, en dehors de la futur fin du monde, d’Octavia quittant ses amis après avoir assassiné Pike, nous n’avons pas énormément d’informations sur ce que nous réserve la prochaine saison. On imagine Abby, Marcus et Thelonius rassembler leurs forces pour reconstruire Arkadia et trouver un terrain d’entente avec les natifs pour trouver la solution face à l’attaque nucléaire à venir.

Une saison riche en rebondissement, haletante à chaque épisode,  qui nous donne envie de toujours revenir pour voir la suite. Nous ne sommes pas inquiets à l’idée de retrouver cette même dynamique et cette qualité d’écriture dans la saison 4 qui sera diffusée à partir de janvier 2017.

La troisième saison de The 100 a réuni, en moyenne, 1,3 millions de téléspectateurs et un taux de 0,48 sur les 18/49 ans.

The 100 saison 3 : Bande-annonce

The 100 saison 3 : Fiche Technique

Créateurs : Jason Rothenberg, Kass Morgan
Interprétation : Eliza Taylor-Cotter (Clarke), Bob Morley (Bellamy), Paige Turco (Abby), Marie Avgeropoulos (Octavia), Devon Bostick (Jasper), Christopher Larkin (Monty), Lindsey Morgan (Raven), Ricky Wittle (Lincoln), Richard Harmon (Murphy), Isaiah Washington (Thelonius), Henry Ian Cusick (Marcus)
Producteurs : Matthew Miller, Jason Rothenberg, Bharat Nalluri, Leslie Morgenstein, Gina Girolamo
Société de production : Bonanza Productions Inc., Alloy Entertainment, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 16 épisodes de 42 minutes
Genre : dramatique, science-fiction
Diffusion : The CW
Etats-Unis – 2014

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Wedding Nightmare : Deuxième partie – Battle of the ring

En apparence, ce "Wedding Nightmare : Deuxième partie" promettait d'être une suite qui se démarque de la surexploitation des studios. Le film de Matt Bettinelli-Olpin et de Tyler Gillett s’inscrit pourtant dans cette triste réalité, après un premier volet qui avait su encapsuler tout le plaisir régressif d'une série B, avec ce qu'il faut de suspense, d'effusion de sang et de maladresse calculée pour que le spectateur s'amuse ludiquement dans une partie de cache-cache à mort.

Pour Klára : mange, existe, aime

Cinquième long métrage du Slovène Olmo Omerzu, "Pour Klára" embarque une famille décomposée sur les rivages ensoleillés de l'Adriatique pour mieux l'observer se noyer à sec. Un drame familial d'une subtilité redoutable, porté par un regard qui n'accuse personne — et qui, du coup, nous met tous en cause.

Romería : la mémoire des vagues

Carla Simón n'a jamais vraiment cessé de filmer sa propre histoire. Avec "Romería", son troisième long-métrage en compétition à Cannes 2025, elle va plus loin que jamais : reconstituer la jeunesse de ses parents, morts du sida, à travers le regard d'une fille de 18 ans qui débarque en Galice pour la première fois. Un film sur les origines, les silences de famille et le pouvoir du cinéma à combler ce que la vie n'a pas laissé le temps de vivre.

The Drama : pour le pire ou pour le rire ? Telle est notre (délicieuse) interrogation

Voilà une œuvre qui montre qu’un certain nouvel Hollywood (ici A24 mais ça pourrait être Neon ou FilmNation) peut nous offrir des bons films dits du milieu. Deux stars à l’alchimie indéniable, un scénario original et impeccablement écrit et la réalisation alerte d’un cinéaste qui confirme une voie singulière pour un petit bijou. Une œuvre dont on ne saurait dire si c’est un drame ou une comédie ou les deux, en tout cas accouchée d’une veine romantique acerbe.

Un jour avec mon père : ce qui reste dans la lumière

Il y a des films qui arrivent comme arrivent les souvenirs d'enfance : par effraction, sans prévenir, avec cette netteté particulière des choses qu'on n'a pas cherché à retenir. "Un jour avec mon père", premier long métrage du réalisateur britanno-nigérian Akinola Davies Jr., est de ceux-là. On entre dans ce film comme on entre dans une journée ordinaire et on en ressort changé, sans trop savoir pourquoi, avec quelque chose de chaud et de douloureux logé quelque part dans la poitrine.
Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.

Les Saisons : L’amour, le rythme et les saisons

"Les Saisons", la série écrite et réalisée par Nicolas Maury, s’éloigne des éclats et des récits sociaux pour épouser le souffle intime d’un trio amoureux. Entre mélancolie poétique et naturalisme doux, elle tente moins de raconter que de saisir le frémissement des sentiments, au rythme d’une lumière vendéenne et d’un temps qui tangue. Une œuvre sensible, qui crée son public en osant la lenteur et la langueur.