Power : Saison 1- Critique de la série

Power, une série sexe, drogue et péripatéticiennes

Synopsis : Propriétaire d’un night-club new-yorkais très populaire, James « Ghost » St. Patrick entend développer son empire. Seulement sa double-vie à la tête d’un des réseaux de drogue les plus importants de la ville pourrait devenir un handicap. Vouloir mettre un terme à sa carrière de criminel risque de mettre en danger son mariage, sa famille et ses affaires. 

James St. Patrick dit « Ghost » (Omari Hardwick) est à la tête d’un réseau de drogue avec son complice de toujours, Tommy Egan (Joseph Sikora). Mais le temps est venu de quitter la rue, en ouvrant un night-club, qui lui servira à blanchir son argent et devenir un honnête citoyen, riche et puissant. Mais on ne quitte pas la rue si facilement, ni on enterre son passé sous les liasses de billets verts qui s’entassent dans son coffre. Encore plus, quand l’amour de son enfance, Angela Valdes (Lela Loren) refait surface dans sa vie, mettant son mariage avec Tasha St. Patrick (Naturi Naughton) en péril. Tout comme une mystérieuse tueuse, qui se met à éliminer les membres de son réseau. Son empire vacille, son cœur aussi. Il va devoir faire face à ses ennemis, tout en gérant son night-club.

La chaîne Starz est capable du pire : Spartacus & Black Sails, comme du meilleur : Boss & Party Down. Power se situe plutôt du mauvais côté, tout en essayant de pencher du bon côté. Une série pleine de paradoxes, mais qui peut se résumer facilement, en un long clip hip-hop, qui ravira les amateurs de bling-bling.

Curtis Jackson dit « 50 cent », produit cette série, qui est à l’image de son rap et de ses clips, de la forme, sans fond. Pourtant, il s’est associé avec Courtney Kemp Agboh, qui est aussi le showrunner. On lui doit : The Bernie Mac Show & The Good Wife, mais aussi : The Beauty and The Beast & Hawaï 5-0. Comme la chaîne Starz, elle est capable du pire, comme du meilleur. L’association de la chaîne et de ces deux producteurs, sonnent comme une évidence. Ils ne pouvaient que se retrouver, tant leurs univers sont proches.

Après la diffusion du pilote, les médias US ont comparé la série aux Sopranos, c’est très exagéré. Omari Hardwick a beau être sympathique, mais il n’a ni la carrure, ni le charisme de James Gandolfini. Tout comme l’écriture et le casting, est très loin de l’exigence de ce classique de HBO.

Mais le personnage de James St. Patrick, fait penser à Stringer Bell. Bien sur, on est aussi très loin du talentueux Idris Elba et de l’excellence de The Wire. C’est dans le parcours de celui-ci, que les deux personnages se rejoignent. James St. Patrick réussissant, ce que Stringer Bell voulait faire. Quitter la rue et son rôle de caïd, pour celui de riche propriétaire, se mêlant aux puissants politiciens et magnats de sa ville. On peut considérer James St. Patrick, comme le fils de Stringer Bell, celui qui a su réussir, là ou son père a échoué.

Sauf que la série n’a pas l’exigence de son aînée. Les différents personnages, comme les trames sont très simples. On est pas là pour réfléchir, mais pour admirer les courbes somptueuses de Naturi Naughton, Lela Loren et Lucy Walters, qui se dénudent à chaque épisode et pas qu’une fois. On pourra d’ailleurs noter, qu’elles sont exhibitionnistes, tout comme leurs partenaires Omari Hardwick et Joseph Sikora, puisqu’ils passent leurs temps à s’envoyer en l’air, en plein jour, avec les volets et rideaux ouverts. Les voyeurs des bâtiments alentours, ont du se régaler. C’est peut-être un détail, mais cela arrive si souvent, que cela en devient agaçant. Certes, cela ravit l’œil, mais cela n’apporte rien aux intrigues, cela confirme la superficialité de l’ensemble, encore plus dans cet univers fait de luxure, de drogues et de péripatéticiennes.

En dehors de la prestation correcte d’Omari Hardwick, le reste du casting n’est pas très enthousiasmant. Joseph Sikora est une sorte d’Eminem croisé avec Macklemore, ce qui lui vaudra une vanne durant un épisode, sûrement le seul moment drôle de la série. Mais en dehors de cela, il est assez fade, bien loin de ses prestations dans Banshee et True Detective. Le manque de profondeur psychologique et la simplicité des dialogues, n’aident pas vraiment à rendre les personnages attachants.

Naturi Naughton ne vaut que pour sa plastique, qu’elle montrait déjà en long et en large dans le biopic sur Notorious Big. Elle est totalement improbable en mère de famille, plus convaincante en allumeuse vénale. Lela Loren, est un peu plus intéressante. Certes, elle use aussi de sa plastique, mais offre un peu plus d’émotions que sa rivale. Après, ce n’était pas trop difficile, vu que la première ne montre rien (sauf ses courbes, je le rappelle). Lucy Walters est au niveau de Naturi Naughton, pas besoin d’en dire plus. Un trio sexy mais qui tourne à vide. Curtis Jackson ne sait pas oublier. Il a un petit rôle, mais qui a son importance. Le générique en noir et blanc, mélange luxe et violence, sur un de ses sons.

Au final, Power a le mérite de ne pas se prendre pour ce qu’il n’est pas, et d’être une simple série divertissante. La réalisation est impeccable et le final, même s’il a ses défauts, donne envie de voir la seconde saison. En cette période estivale bien calme, elle se démarque. Pas pour ses qualités, mais pour sa simplicité, aussi rafraîchissante, qu’un pepsi frais sous un parasol, sur la plage, les doigts de pied en éventail et l’esprit vide.

Fiche technique : Power

USA – 2014
Showrunner et créatrice : Courtney Kemp Agboh
Réalisateurs : Anthony M. Hemingway, George Tillman Jr, John David Coles et Kari Skogland
Scénaristes : Courtney Kemp Agboh, Lauren Schmidt, Randy Huggins, Raphael Jackson Jr et Damione Macedon
Distribution : Omari Hardwick, Lela Loren, Naturi Naughton, Joseph Sikora, Curtis Jackson, Lucy Walters, Adam Huss, Andy Bean, Luis Antonio Ramos, Sinqua Walls, Vinicus Machado, Leslie Lopez, Greg Serano
Producteurs : Curtis Jackson, Courtney Kemp Agboh, Dadid Knoller, Mark Canton et Randall Emmett
Production : CBS Television
Chaîne de diffusion : Starz
Saison 1 – 8 épisodes de 58 minutes

Auteur : Laurent Wu

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