Terry Gilliam : portrait d’un cinéaste visionnaire

Focus sur Terry Gilliam, le réalisateur « moitié génie, moitié fou » (Christopher Plummer) :

Récemment, le réalisateur Terry Gilliam, connu pour son excentricité, annonçait que le tournage maintes fois reporté de The Man Who Killed Don Quixote reprendrait en 2016. Amazon soutient ce rêve de longue date entreprit en 1998 et que le réalisateur appelle sa “folie”. Perfectionniste et habité, Terry Gilliam a déjà exploité ce grain de folie dans des œuvres variées, originales et d’une qualité incontestable. Cette attente incommensurable est donc sans doute un mal nécessaire.

Du dessin de satire aux Monthy Pythons :

Né à Minneapolis le 22 novembre 1940, Terry Gilliam ne se destine pas tout de suite au cinéma. Pendant ses études en Science Politique, il travaille pour un journal étudiant et découvre le dessin satirique. Puis, il s’adonne au dessin de presse et voyage beaucoup. Ainsi, il travaille pour de nombreux magazines tels que Pilote avec René Gosciny en France, Help! aux U.S.A. et bien d’autres en Angleterre. Resté en Grande-Bretagne, Gilliam y dessine des caricatures pour un talk-show produit par Humphrey Barclay : We Have Ways of Making you Laugh. Il rencontre ainsi John Cleese, Graham Chapman, Terry Jones, Eric Idle et Michael Palin et fonde avec eux les Monty Python. Le groupe réalisera quatre séries des Monty Python’s Flying Circus et surtout Sacré Graal dont Gilliam sera co-réalisateur, co-scénariste et créateur des animations.
En 1976, Terry Gilliam réalise son premier film en solo, Jabberwocky, inspiré d’un poème de Lewis Caroll (Les aventures d’Alice au Pays des Merveilles) et avec ses partenaires Terry Jones et Michael Palin dans les rôles principaux. En 1980, il co-écrit Bandits, Bandits avec Palin et rédige une première version de Brazil puis, en 1982, il réalise seul la scène d’ouverture de ce qui sera le dernier film des Monty Python : Le Sens de la Vie.

Les Trilogies du génie Visionnaire :

Peu à peu, Gilliam délaisse les Monty Python pour se révéler en tant que scénariste et réalisateur. Après la sortie de Bandits, Bandits, il finit d’écrire le scénario de Brazil avec l’aide de Tom Stoppard. D’abord boudé par Universal, Brazil sortira en Europe en 1985 et sera rapidement suivi par Les Aventures du Baron de Munchausen. Ces trois films formeront ce que Gilliam appellera « la Trilogie de l’Imagination ».
Les œuvres du génie étaient chaque fois pensées en terme de triptyques ainsi, après les échecs de Watchmen et Time Bandits 2, Gilliam débute une « Trilogie Américaine » avec Fisher King : Le Roi Pêcheur qui obtient le prix de meilleur réalisateur à Venise en 1991. De ce succès suivront L’Armée des 12 Singes et Las Vegas Parano qui sera nommé à Cannes pour la Palme d’Or. Des films corrosifs sur l’altération de la société.

Sept ans plus tard, le réalisateur retournera à ses premières amours avec sa « Trilogie des Mythes », surnaturelle et fantasmatique, composée par Les Frères Grimm, Tideland et l’Imaginarium du Docteur Parnasus. Des œuvres vibrantes et personnelles, sombres et envoûtantes nommées dans plusieurs Festivals.

En 2013, Zero Theorem, une fiction futuriste et philosophique, fera sensation à la Mostra de Venise et créera avec Brazil et l’Armée des 12 Singes ce que Gilliam appelle son « Triptyque Orwellien ». The Man Who Killed Don Quixote ainsi que Mr Vertigo en 2018 viendront compléter la filmographie de l’auteur et présagent sans nul doute d’une quatrième trilogie.

The Man Who Killed Don Quixote, trailer original :

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Kristell Guerveno
Kristell Guervenohttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne enseignante férue d'histoires et de films en tout genre, j'adore partager mes passions et faire rêver mon entourage. Avant de me consacrer à l'éducation, j'avais étudié les lettres et le cinéma.

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