Poker Night, un film de Greg Francis – Critique

Critique du film, Poker Night

Synopsis : Jeter, un jeune enquêteur policier rejoint des collègues beaucoup plus anciens pour leur habituelle partie de poker au cours de laquelle ils confient certaines de leurs expériences au jeune Jeter. Mais une nuit, à la sortie d’une de ces soirées poker, Jeter et sa nouvelle petite amie Amy sont enlevés par un fou psychopathe. Seuls son ingéniosité et  les indices semés dans chacune des histoires de ses collègues policiers lui permettront de s’en sortir et de démasquer le coupable.

Voilà une des bonnes surprises de la semaine avec le film Poker Night, de Greg Francis. Prévu pour sortir le 19 décembre prochain dans les salles obscures américaines et disponible en vidéo à la demande depuis le 5 décembre, ce film est un subtil mélange de thriller et d’horreur avec un léger zeste d’humour noir. Car malgré son titre, ce film n’a pas pour thème le poker qui n’est ici qu’un prétexte à la rencontre entre policiers. Une connaissance basique des règles du poker sera nettement suffisante pour apprécier le film.

Un méchant remarquable

Les points forts de ce film sont légions, le premier d’entre eux étant certainement le scénario. Avec un système de flash-backs quasiment tout au long du film et les histoires parallèles de chaque flic, c’est tout un enchevêtrement d’événements différents qui parcourent notre cerveau, alors que l’on cherche la solution à ce mystère tout comme le héros emprisonné, sans nous perdre non plus pour autant dans une intrigue trop compliquée. Le méchant du film est aussi un personnage très fort, avec son masque terrifiant rappelant celui de l’Épouvantail Jonathan Crane dans Batman Begins, et un humour noir assez décapant au cours de scènes vraiment marquantes quand ils s’essayent à ses premiers méfaits.

Un casting 3 étoiles

Le casting est un ravissement, notamment en ce qui concerne les vieux flics désabusés assis autour de la table de poker. Avec Ron Perlman, célèbre pour ses rôles dans La Guerre du Feu et Alien, La Résurrection ou dans la très bonne série TV Sons Of Anarchy, Giancarlo Esposito, inoubliable Gustavo Fring dans Breaking Bad, Titus Welliver, bien connu des fans de Lost pour son rôle de némésis de Jacob, ou encore Ron Eldard et Corey Large, on a affaire à une belle bande de policiers chacun affectés différemment par leur métier. Beau Mirchoff, qui interprète le héros, est auteur d’une performance impressionnante. La plastique de sa petite amie Amy, jouée par Halston Sage, ne laisse également pas indifférent.

Noir mais pas gore

Comme un mélange entre Seven et Usual Suspects, on se retrouve toujours à se questionner sur l’identité du kidnappeur/amateur de jeunes filles lorsque l’on se retrouve plongé dans les flash-backs, tout en étant sur les nerfs et horrifié par les scènes de torture physique et psychologique des 2 amoureux. Bref, un vrai thriller, avec une vraie ambiance étouffante, aussi bien autour de la table de poker, dans la cave où le héros est retenu prisonnier, que dans les flash-backs sur la vie des policiers. Avec plusieurs niveaux de lecture, des renversements de situation et révélations inattendues jusqu’à la fin et des acteurs au top, Greg Francis, pour son premier film après avoir uniquement travaillé pour la télévision, nous livre un film prenant de bout en bout. Un bon petit plaisir à ne surtout pas bouder.

Poker Night – Fiche Technique

Canada, USA – 2014 Thriller Réalisateur : Greg Francis
Scénariste : Greg Francis Distribution : Beau Mirchoff (Peter), Ron Perlman (Calabrese), Giancarlo Esposito (Bernard), Corey Large (Davis), Titus Welliver (Maxwell), Ron Eldard (Cunnigham), Halston Sage (Amy) Producteur : Corey Large
Directeur de la photographie : Brandon Cox
Compositeur : Scott Glasgow
Monteur : Howard E. Smith Production : Wingman Production
Distributeur : XLRator Media

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.