Everyone’s going to die : Critique du film

Excellente surprise que ce Everyone’s going to die, fruit de la collaboration de deux réalisateurs (Max Barron et Michael Woodward) réunis sous le pseudo « Jones ».

Arrivé de l’autre côté de la manche sans tambours ni trompettes, ce film, s’il avait été américain, aurait sans nul doute profité de l’exposition qu’offrent chaque année les festivals de Sundance et de Deauville, tant il respire une certaine image héritée du cinéma indépendant made in US. En l’occurrence, c’est donc du côté de la perfide Albion qu’il faut se pencher, et l’on retrouve avec délice l’humour pince-sans-rire de nos voisins rosbeefs.

Lost In Bruges

Le film se déroule dans la campagne anglaise, ou du moins dans l’une de ces petites villes qui longent la côte, où ils ne se passent souvent rien et où l’ennui transpire du moindre coin de rue. C’est dans ce décor que se rencontrent Mélanie et Ray, deux inconnus qui vont retrouver chez l’autre la même solitude, la même sensation d’être perdu dans une vie qu’ils ne maîtrisent pas comme ils l’espéreraient. On ne peut s’empêcher de penser au Lost in Translation de Sofia Coppola, et le film partage une forme de mélancolie avec le chef d’œuvre de la réalisatrice. Ce qui fait toute la différence, c’est cet humour un peu cynique, presque noir, qui en émane. On pourrait, en cela, le rapprocher de Bon baiser de Bruges. Les fans de ces deux films apprécieront sans nul doute cette petite pépite.

Comme pour les deux œuvres précédemment citées, ce qui fait toute la force de Everyone’s going to die, c’est l’excellente interprétation de son duo principal. Entre ces deux êtres que tout oppose, s’opère une étrange alchimie, entre la vision désabusée d’un Rob Knighton, à la présence magnétique, et l’enthousiasme forcé de Nora Tshirner, qui illumine la pellicule de sa grâce. La complicité entre ces deux-là ne fait aucun doute, et leurs joutes verbales sont un véritable délice pour le spectateur. Car c’est là l’autre point fort du film : la force des dialogues. Chaque réplique sonne juste, l’alternance entre silences gênés ou complices et monologues pleins de gravité est parfaite.

Une très belle histoire d’amitié entre deux êtres solitaires, magnifiée par une réalisation superbement pensée, cadrant au plus près ces deux écorchés vifs à coups de longs plans travaillés. On se croirait dans le meilleur du cinéma indépendant américain, et le film renvoie parfois même à du Tarantino dans sa réalisation lente et ses dialogues travaillés.

Synopsis : Deux âmes perdues. Une dernière chance. La vie de Melanie, jeune allemande qui vit dans une ville de bord de mer en Grande-Bretagne, ne va nulle part jusqu’à ce qu’elle rencontre Ray, un homme revenu en ville pour exécuter un sombre travail.

Fiche technique: Everyone’s going to die

Royaume-Uni – 2013
Réalisation: Jones
Scénario: Jones
Genre: Drame
Interprétation: Nora Tschirner (Melanie), Rob Knighton (Ray), Kellie Shirley (Ali), Stirling Gallacher (Jackie), Liberty Selby (Grace), Madeline Duggan (Laura), Eliza Harrison-Dine (Megan), Ellie Chidzey (Kate)…
Image: Dan Stafford Clark
Décor: Merel Graeve
Costume: Alexandra Day
Montage: Jones, David Stevens
Musique: Charlie Simpson
Producteur: Kelly Broad, Jones
Production: Bobo Kaminski, Everyone’s Going to Die, Jones Films
Distributeur: ARP Sélection
Date de sortie: 9 juillet 2014
Durée: 1h23

Auteur de la critique : M.Y

 

Festival

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