Camping 3, un film de Fabien Onteniente : Critique

Synopsis : Comme chaque été, au Camping des Flots Bleus se retrouvent pour leurs vacances nos amis, Les Pic, Jacky et Laurette, Gatineau, tout juste divorcé de Sophie, le 37, et Patrick Chirac fidèle à ses habitudes.Cette année, Patrick a décidé de tester le co-voiturage… Pensant traverser la France avec Vanessa, il se retrouve avec trois jeunes dijonnais : Robert le charmeur, Benji le beau gosse et José la grande gueule.Bien évidemment, après le co-voiturage, Patrick se voit contraint de tester le co-couchage…

La tente prend l’eau.

En France, le troisième opus d’une trilogie au cinéma est toujours un film maudit, car souvent la preuve d’un manque d’idées et d’une simple envie de surfer sur le succès des épisodes précédents. Cette année, nous avons eu le coup avec Les Visiteurs 3, véritable épisode raté, mais auparavant, des films comme Les Bronzés 3 ou Le Cœur des Hommes 3 se sont également fait remarquer tant ils décrédibilisent le reste de la série.
Malheureusement, mais il fallait s’y attendre, Camping 3 n’échappe pas à la règle et n’est que la preuve que Fabien Onteniente fait tout ce qu’il y a de plus mauvais dans la comédie française actuelle.

Si le premier épisode avait un côté sympathique, un tantinet innovant de par le contexte, la découverte des personnages et des touches d’humour efficaces, ce troisième opus est un vrai calvaire, un magnifique ratage qui ne fait que susciter le trop plein chez les spectateurs. Les tentatives comiques de Camping 3 sont consternantes et frôlent parfois l’abject tant elles  sont mal interprétées. En effet, Fabien Onteniente fait le choix de vanner la communauté homosexuelle par l’intermédiaire de Gatineau, personne incarnée par Antoine Dulery. Mais  ses blagues côtoient une sorte d’homophobie déplaisante, qui n’est qu’un pot pourri des pires clichés sur les LGBT, comme les Village People, le transformisme, et toutes ces références sexuelles qui, selon le scénario du réalisateur, représentent la communauté homosexuelle. Quelle tristesse de subir  des blagues pareilles à notre époque. Outre le fait que ce soit vu et revu et que ca ait déjà été fait d’une meilleure manière, c’est juste outrancier et complètement mauvais.
Aussi, Onteniente tente vainement de rattacher les jeunes à sa cause. Il faut donc croire que la jeunesse se résume à parler verlan, à dire des « wesh » et à parler de manière vulgaire. Merci Camping pour ces fabuleux reflets d’une société arriérée. Aussi, on trouvera dans le film des acteurs qui « plaisent » aux jeunes, comme Mister V, célèbre Youtuber actuel. Enfin, on remarquera que c’est  Maitre Gims, qu’on trouvera talentueux ou non, qui est aux commandes de la chanson originale du film, et il n’y a pas d’autre terme pour la qualifier que celui de consternante, tant le rythme est mauvais et les paroles incongrues.

Et sinon, d’un point de vue technique, c’est insipide, réellement sans saveur, aucune prise de risque, mise à part la découverte du drone qui nous laisse voir des panoramas de la plage que squattent les campeurs des Flots Bleus.
On ne peut qu’être peiné devant Camping 3, mais outre le film qui ne peut qu’attrister le spectateur par sa bêtise, on déplorera aussi le fait qu’un film de la sorte ait été financé, qu’un fond ait été levé afin que ce long-métrage voie le jour, au détriment de bon nombre de films français bien plus intéressants et réussis qui  ont du mal à pointer le bout de leur nez dans les salles obscures françaises.

Camping 3 est du même acabit qu’un téléfilm TF1 dans lequel il ne se passe rien, ou les acteurs sont mauvais, et où les partis pris techniques sont proches du néant. Et qu’on ne s’y méprenne pas , même si le film se rapproche tranquillement du navet cinématographique, il y a fort à parier que malheureusement, ce sera un gros succès populaire. On ne peut, à présent, qu’espérer la fin de la franchise, Camping 3 étant le coup fatal, dont on se serait passé, mais qui est venu enterrer le restant de dignité d’Onteniente, mais aussi des acteurs, qui sombrent dans le jeu négligé et imparfait.

Camping 3 : Bande-annonce

Camping 3 : Fiche Technique

Réalisateur : Fabien Onteniente
Scénario : Fabien Onteniente
Interprétation : Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Antoine Duléry, Gérard Jugnot, Michèle Laroque, Leslie Medina, Louka Meliava, Philippe Lellouche…
Photographie : Pierre Gantelmi d’Ille
Montage : Enzo Onteniente
Musique : Jean-Yves d’Angelo, Maitre Gims
Direction artistique : Jacques Rouxel
Producteurs : Patrick Godeau, Jerôme Seydoux
Sociétés de production : Wainting for Cinéma, Pathé Production, TF1 Films Productions, Pathé Distribution
Distribution (France) : Pathé Distribution
Durée : 90 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 29 juin 2016

France – 2016

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.
Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.