Bad Moms, un film de Jon Lucas et Scott Moore : Critique

Bad Moms voilà qu’en deux mots, le LA est donné, et on connaît la chanson. Bad Moms serait selon son intitulé une comédie suivant les aventures hilarantes de mères de famille qui ne veulent plus faire dans le politiquement correct. Du déjà vu me diriez-vous ?

Synopsis : En apparence, Amy a une vie parfaite : un mariage heureux, de beaux enfants et une carrière qui décolle. En réalité, elle se met tellement la pression pour être au top sur tous les fronts, qu’elle est sur le point de craquer. Au bout du rouleau, elle trouve comme alliées deux autres mères épuisées elles aussi par le stress des règles imposées par Gwendolyn, la toute puissante présidente des parents d’élèves. Ces trois nouvelles meilleures amies se lancent dans une folle virée en quête de fun et de détente, loin de leurs responsabilités conventionnelles de mères de famille. Ce qui a tendance à crisper le clan de Gwendoline et ses mères parfaites…

Bad Moms une comédie sympathique qui rend hommage aux mères

Et bah, oui comme en atteste les deux cerveaux derrière cette comédie, à savoir Jon Lucas et Scott Moore, que les plus assidus reconnaîtront comme étant les scénaristes du légendaire Very Bad Trip. Avec Bad Moms, Jon Lucas et Scott Moore réalisent leur seconde production après la comédie dramatique 21 & Over. Ainsi, en recyclant la démence des trublions de Very Bad Trip, Bad Moms annonce la couleur dès ses premières minutes : il s’agira d’une comédie dont le livre de recettes est sorti tout droit des fonds de tiroirs des sacripants, Lucas et Moore.

Toutefois, il est à se demander si la dernière comédie de l’été n’est tout simplement pas victime de son temps. En effet, Bad Moms dépeint, non sans justesse mais en toute légèreté, l’histoire décadente de mères qui s’adonnent à une vie de débauche et de rébellion, dans un souci de plénitude de leur crise existentielle. Des bad moms pures et dures qui n’ont rien à envier aux incontrôlables Bad Teacher, Bad Grandpa ou Bad Santa qui nourrissent la machine hollywoodienne et font grincer par la même occasion les amateurs de comédie dans un very bad trip du rire.

Le script, oisif à souhait, se repose donc sur des clichés et des personnages sans véritable fond. On a tout d’abord Amy (jouée par Mila Kunis), qui est la protagoniste la plus développée. Elle est la figure maternelle à laquelle le public peut s’identifier dans le film. Sympathique, les pieds sur terre, Amy jongle entre son travail à mi-temps et sa vie domestique (enfants, mari, entretien de la maison, courses, et autres activités extra parentales -association des parents d’élèves-). Mila Kunis qui n’en est pas à ses premiers essais comiques (That 70’s show, Sexe entre amis, Ted…), reste relativement crédible dans son rôle de super maman de deux enfants.

Cantonnées au second plan, la douce et naïve femme soumise, Kiki (Kristen Bell), et la mère célibataire aguichante, Carla (Kathryn Hahn), plongent elles aussi dans la bouillie de stéréotypes qui remplit ce long métrage, où chaque personnage se voit doté de traits de caractère amplifiés. On pense là encore au vil personnage de Gwendolyn (Christina Applegate) et à ses sbires, Stacy (Jada Pinkett Smith) et Vicky (Annie Mumolo).

Une parfaite dichotomie entre d’une part Amy, Kiki et Carla, et d’une autre part Gwendolyn, Stacy et Vicky, qui malheureusement ne relève pas le manque de profondeur et l’absurdité de certaines scènes. Or, des thèmes intéressants sont à noter dans cette satire. Par exemple, l’image de la femme parfaite, de la mère parfaite qui est écornée et même jetée par la fenêtre. Relax, Take it easy, semblent murmurer Lucas et Moore à l’oreille de ses héroïnes au bord de la névrose. Mais ce même message est rapidement parasité par la manière décadente avec laquelle ces gentilles mamans font face à leur crise existentielle (boire de l’alcool, manquer le travail, vandaliser un magasin…). On n’oubliera pas la scène bacchanale de la fête tenue chez Amy où l’alcool coula à flot... jusqu’à 23h tapante. La raison ne serait donc pas totalement perdue chez ces femmes dévergondées.

Et si certains se demandent s’il est nécessaire pour ces mamans de passer par cet excès de folie pour s’imposer et se laisser aller, ils trouveraient réponse dans l’enchantement inavoué que procure la bonne alchimie entre Kunis, Bell et Hahn qui réussissent tant bien que mal à vendre la notion de camaraderie et de solidarité entre amies.

Une mention spéciale est à faire à la délicieuse Kathryn Hahn (Happy-ish, Afternoon Delight, Transparent), véritable carte joker du film. Cette dernière qui s’est illustrée ces dernières années dans un bon nombre de comédies aura illuminé chacune de ses scènes par ses répliques, son jeu d’actrice, son tout.

Véritable remède contre la morosité de ce monde en ces temps difficiles, Bad Moms scandalise par son absurdité et fait gentiment sourire qui décide de ne pas y voir autre chose qu’une comédie.

Bad Moms : Bande Annonce

Bad Moms : Fiche Technique

Réalisation : Jon Lucas et Scott Moore
Scénario : Jon Lucas et Scott Moore
Interprétation : Mila Kunis, Kathryn Hahn, Kristen Bell, Christina Applegate, Jada Pinkett Smith, Annie Mumolo, Emjay Anthony, Jay Hernandez, Oona Laurence
Décors : Marcia Hinds
Costumes : Julia Caston
Photographie : Jim Denault
Montage : Jeff Freeman
Musique : Christopher Lennertz
Production : Bill Block et Suzanne Todd
Sociétés de production : Block Entertainment et STX Entertainment
Sociétés de distribution : Metropolitan FilmExport
Budget : 20 000 000 $
Langue originale : Anglais
Format : couleur – son Dolby Digital
Genre : Comédie
Durée : 100 minutes
Dates de sortie : France : 03 août 2016

Etats-Unis – 2016

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