Ça vient vous terrifier en Blu-ray

Depuis le 24 janvier 2018, le terrifiant clown dansant Grippe-Sou imaginé par Stephen King peut vous croquer en Blu-ray, DVD et Blu-ray 4K. Retour sur le film phénomène d’Andrés Muschietti à l’occasion de sa sortie en video. Ça va saigner…

Synopsis : A Derry, dans le Maine, un groupe de 7 adolescents enquête sur une effroyable créature qui hante leur petite ville depuis des siècles : Grippe-Sou le Clown Dansant. Monstre aux pouvoirs terrifiants, ÇA prend la forme de vos peurs les plus profondes. Face à leurs pires cauchemars, le seul moyen de survivre pour ces adolescents sera de combattre ÇA ensemble.

Mécanique horrifique

Ça est un film qui a du plaire à la Warner pour de nombreuses raisons, notamment économiques. Le long métrage, porté par un budget de 35 millions, a rapporté pas moins de 700 millions de dollars de recettes à travers le monde. Après les échecs commerciaux de Blade Runner 2049 (aussi distribué par Sony Pictures) et de Justice League (à l’échec aussi critique qu’économique et dont la sortie fut accompagnée de scandales autour de sa production chaotique), Ça a du apparaître comme un souffle de vie pour la Warner. Car le film, on peut le dire, a fait un carton et a réussi à séduire la critique sans arriver à un consensus hyper-positif comme nous le promettait les énièmes grandiloquents premiers retours américains. Quant à Andrés Muschietti, son réalisateur, il serait en charge de la suite qui devrait arriver en 2019.

Muschietti, à qui l’on doit aussi le beau et sombre Mama (2013), montre avec Ça qu’il sait filmer et donc raconter l’horreur en images. Mais à l’inverse de son premier long métrage, Muschietti n’a pas participé à l’écriture du scénario. Et c’est justement là où le bas blesse. Le réalisateur a beau mettre en place l’horreur à échelle humaine, précisément au niveau de l’enfant, de son regard et de son battement de cœur, son travail est contré par un déroulement du récit trop mécanique. Ça est de retour et pénètre malicieusement dans l’esprit des enfants en les tourmentant d’expériences cauchemardesques adaptées aux peurs des personnages. Le problème se pose ainsi : nous allons faire face à chacune de ces visions traumatisantes des mômes avant qu’ils se décident à se les révéler en groupe. Cela, à l’inverse du livre où certains des cauchemars étaient révélés par le récit oral de gamins à leurs amis. Par conséquent, l’horreur et l’épouvante cèdent rapidement la place à la frustration de l’expérience spectatorielle face à un schéma narratif mécanique. « On va devoir tous se les taper avant que l’un d’entre eux soit assez malin pour le partager avec les autres » se dit-on alors que frustration et longueurs s’installent dans notre siège et à l’écran.

Après le partage des cauchemars par les différents membres du groupe, l’aventure reprend de plus belle. Muschietti n’oublie pas de capter le quotidien amical, amoureux et souvent obscur des enfants. Mais le caractère mécanique de l’écriture reviendra rapidement pointer son nez lors des scènes de genre où les destins de chacun des personnages épouvantés peinent à se croiser de façon fluide (et humaine). L’horreur fonctionne ainsi de telle façon que les séquences sont isolées les unes des autres, séparant d’abord le groupe pour enfin le réunir, sans jamais véritablement travailler l’organicité du groupe comme l’aspect multiple du clown tueur (à ne pas confondre avec la protéiformité de la créature bien présente à l’écran).

Ainsi « vivement la suite » et « dommage » se battent dans la zone ciné-trouble de notre cerveau pour être poursuivis par un « affaire à suivre ! » tandis que le générique défile à l’écran.

Un Blu-ray bien sage pour Grippe-Sou

Il y a peu à redire concernant l’image et le son du film. On peut même remarquer la présence de piste française DTS-HD et Dolby Atmos TrueHD qui raviront les incorruptibles aficionados de la VF. Sur ce point, Universal peut aller se rhabiller. Toutefois, le constat est moins positif concernant les bonus. Trois featurettes making-of d’environ un quart d’heure chacune reviennent sur l’interprétation de Grippe-Sou par Bill Skarsgard ; les jeunes acteurs du club des losers sur le tournage ; et sur l’écriture du roman avec Stephen King en entretien. Enfin, les trois quarts d’heure de bonus sont accompagnés par une quinzaine de minutes de scènes coupées.

Bande-Annonce – Ça (It)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

1080p High Définition 16×9 2:4.1 – Langues : DTS-HD Master Audio : Français, Anglais ; Dolby Digital Atmos True HD : Français, Anglais – Sous-titres : Français, Anglais (pour sourds et malentendants) – Les bonus peuvent ne pas être en haute définition ; l’audio et les sous-titres peuvent varier.

COMPLÉMENTS

GRIPPE-SOU EST DE RETOUR ! Découvrez comment Bill Skarsgard s’est préparé pour interpréter le terrifiant Grippe-Sou.

LE CLUB DES LOSERS Plongez-vous dans le monde des jeunes héros de ÇA et découvrez leur quotidien pendant le tournage du film.

LE MAÎTRE DE LA PEUR Stephen King nous raconte comment il a écrit un des plus terrifiants romans de l’histoire et développé le personnage de Grippe-Sou.

SCÈNES COUPÉES

ça-visuel-du-blu-ray-warner
Visuel du Blu-ray de ‘Ça’ édité chez Warner.

Prix de vente conseillé :

DVD : 19,99 €

Blu-Ray : 24,99 €

Blu-Ray 4K UHD : 29,99 €

Steelbook 4K + Blu-Ray : 29,99 €

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Natura : Se perdre pour renaître

S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.

Sirāt : l’odyssée des damnés

Prix du jury au Festival de Cannes 2025, Oliver Laxe prolonge son cinéma de l’épreuve et de la foi dans un road-trip halluciné au cœur du désert. Entre communauté de teufeurs, deuil intime et bascule métaphysique, "Sirāt" interroge l’errance contemporaine dans un monde vidé de repères. Une expérience sensorielle radicale, portée par les corps, la musique et un monde au bord de l’effondrement.

Once upon a time in Gaza : l’Espoir, le Vice et la Trahison

"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.