10 Cloverfield Lane : le film en Blu-Ray/DVD dans les bacs depuis le 26 Juillet

10 Cloverfield Lane, le huis-clos SF de Dan Trachtenberg, produit par J.J Abrams (Star Wars : Le Réveil de la Force) débarque enfin en Blu-Ray/DVD. Gare à la bête ! 

Michelle (Mary-Elizabeth Winstead) est une styliste à la vie compliquée. Un soir, alors qu’elle roule sans but dans la campagne américaine, elle est victime d’un grave accident. A son réveil, menottée dans ce qui ressemble à un sous-sol, elle fait la connaissance de Howard (John Goodman) et Emmett (John Gallagher Jr), 2 hommes lui annonçant qu’une grave attaque chimique a eu lieu en surface et qu’ils sont peut-être les derniers survivants. Mais très vite, les non-dits et soupçons s’accumulent et la jeune femme se met à douter. Et si cette prétendue attaque chimique était fausse ?

Un prodige de communication.

Suite ? Prequel ? Reboot ? Ou véritable anthologie ? Bien avisé sera celui capable de dire ce qu’est vraiment ce 10 Cloverfield Lane par rapport au film de Matt Reeves, sorti en 2006. D’aucuns prétexteront ainsi qu’il s’agit là d’une suite, quand d’autres verront dans ce film mâtiné de profond relent de huis-clos, les premiers émois, comprenez le prequel de la bête ayant dévasté Manhattan dans le film initial. On optera après visionnage pour une approche radicalement éloignée de celles susmentionnées puisque si le film tend vers une certaine forme, c’est bien à celle de l’hommage. Et pas à n’importe qui puisque le spectre d’Alfred Hitchcock rode au-dessus du film de Dan Trachtenberg. Jeune premier issu de la team Bad Robot, le metteur en scène (dont c’est le premier film) étonne par sa relative maitrise de l’espace. Car, il faut bien le dire : s’il conserve la tension attenante de son ainé, le réalisateur omet d’en garder la patine SF (tout du moins jusque dans les dernières minutes) pour préférer le mécanisme bien huilé du huis-clos. Conçu dans la plus pure tradition du genre, la peur de l’inconnu et des occupants faisant le reste, le film peut alors dérouler ses références et surtout glacer d’effroi de par son sujet mystérieux en diable et son parterre d’acteurs. D’abord l’étonnante Mary Elizabeth Winstead, le comique John Gallagher Jr, mais surtout l’inquiétant John Goodman, qui, particulièrement en forme ces dernières années, continue de creuser son répertoire pour donner un rôle terrifiant de justesse et de tension. Et tant pis si le titre, un peu mensonger en somme, renvoie à une dimension purement commerciale des studios, car en emballant avec passion et maîtrise le film, le jeune Dan Trachtenberg s’est offert une place très recommandable au sein de la profession : celle de réalisateur à suivre.

Une édition soignée qui dissipe les nombreux mystères.  

Forcément, vu l’émoi suscité par le film, on était désireux de s’en dégoter une copie. Ne serait-ce que pour l’incroyable coup marketing orchestré autour de sa sortie (rappelons qu’il a été conçu dans le plus grand secret) que pour sa promotion à contre-courant des normes hollywoodiennes (la première bande-annonce est parue à 2 mois de sa diffusion US), on tenait là un cas d’école qu’il nous tardait de mieux comprendre. Et d’analyser. Heureusement, bien que chapeautée par l’apôtre de la dissimulation qu’est J.J Abrams, le film se paie une batterie de bonus suffisamment étoffés pour mériter coup d’œil. Ainsi, on sera agréablement surpris de voir qu’en plus des traditionnels commentaires audio se sont glissés quelques modules racontant les différentes facettes du film : « Cloverfield » qui relate le lien existant entre le métrage et celui de Matt Reeves ; « Mentalité de Survivant/Aux Abris » qui expliquent le processus mis en oeuvre pour donner du crédit au parti-pris de délocaliser l’intrigue dans un bunker en sous-sol ; et « Fin de l’Histoire » qui explique le lien ténu entre le film de Matt Reeves et la fin du film en question. Bref, pas mal de pistes pour décrypter au mieux ce film qui devrait sans nul doute hériter d’une suite.

10 Cloverfield Lane : Recap DVD/Blu-Ray

Caractéristiques techniques du DVD :

Image : 16/9 1.78 :1 Full Frame

Audio : anglais, français et espagnol Dolby digital AC3 5.1 Surround

Sous-titres : anglais, néerlandais, espagnol, français

Bonus : Commentaires du réalisateur Dan Trachtenberg et du producteur

J.J.Abrams / Documentaires (Cloverfield, Mentalité de survivaliste, Fin de l’histoire)

Caractéristiques techniques Blu-rayTM :

Image : 16/9 1.78 :1 Full Frame

Audio : anglais Dolby Atmos, a

nglais audio-descriptif, français, allemand, italien,

japonais et espagnol Dolby digital AC3 5.1 Surround

Sous-titres : anglais (sourds et malentendants), danois, allemand, néerlandais,

finnois, français, italien, japonais, norvégien, espagnol, suédois

Bonus : Commentaires du réalisateur Dan Trachtenberg et du producteur

J.J.Abrams / Documentaires (Cloverfield, Mentalité de survivaliste, Aux abris, Spin-off, Kelvin optique, Réglage précis, Fin de l’histoire) / BD-Live

10 Cloverfield Lane : Bande-Annonce

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Disclosure Day : la face sombre de l’émerveillement

Presque 50 ans après "Rencontres du troisième type", Steven Spielberg revient à ses grandes énigmes du cosmos avec "Disclosure Day". Un thriller conspirationniste, porté par Emily Blunt et Josh O'Connor, qui déconstruit la science-fiction pour mieux interroger notre époque sur la désinformation, la dissimulation gouvernementale et la foi en l'humanité. Une réussite !

Scary Movie 6 : l’humour sans danger

Les Wayans voulaient canceller la cancel culture, offenser tout le monde à égalité et prouver que leur humour n'avait pas pris une ride. "Scary Movie 6" prouve exactement le contraire.

Toutes mes sœurs : projection privée

Massoud Bakhshi a filmé ses deux nièces depuis l'enfance. Il nous en restitue le montage, avec l'ambition de parler, à travers ce cas particulier, de la société iranienne dans son ensemble. Le pari n'est que très partiellement tenu.

Saccharine : faussement calorique

Natalie Erika James revient avec "Saccharine", film de body horror ancré dans le culte de la minceur et les injonctions corporelles. Ambitieux, parfois efficace, mais trop chargé thématiquement pour convaincre pleinement. La réalisatrice de "Relic" méritait mieux.

La Bataille de Gaulle – L’âge de fer : l’appel du nanar

"La Bataille de Gaulle : L'âge de fer" d'Antonin Baudry s'annonçait comme le film historique événement de l'année. Pourtant, sous ses airs de fresque ambitieuse sur les débuts de la France libre, le premier volet de ce diptyque consacré au général Charles De Gaulle peine à convaincre. Le récit, très dense, s'essouffle en voulant tout montrer sans rien approfondir. Pire encore, un second degré forcé et une caricature appuyée de certains personnages font glisser l'œuvre vers un registre involontairement burlesque. Un nanar en costume, certes soigné, mais qui trahit le sujet qu'il prétendait honorer.
Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
J'ai une profonde admiration pour les sushis, James Bond, Leonardo DiCaprio, Apocalypse Now, Zodiac, les bons films et le ski. Pas forcément dans cet ordre. Et à ceux pouvant critiquer un certain amateurisme, je leur répondrais simplement que l'Arche de Noé a été fabriqué par des amateurs et le Titanic par des professionnels.

Le Maître du Kabuki : le nouveau « trésor national vivant » japonais ?

Davantage qu’une ode à un art théâtral ancestral – par ailleurs difficile à apprécier pour un spectateur occidental – "Le Maître du kabuki" est une véritable saga qui aborde de multiples thématiques dont l’écho résonne bien au-delà des frontières de la péninsule nippone.

La femme qui crie : ce que personne entend

Dans le Taïwan rurale des années 1940, Ah-shih crie et personne n'entend vraiment. "La Femme qui crie" (1984) de Tseng Chuang-hsiang est un film implacable sur la violence conjugale, la complicité silencieuse d'un village entier, et la solitude absolue d'une femme que la société a condamnée avant même qu'elle ait commis sa vengeance.

Natura : Se perdre pour renaître

S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.