Champs Elysées Film Festival 2019 : Saint Frances, coup de charme de la 8ème édition

Les salles de cinéma sont définitivement les meilleurs endroits pour se recueillir en période de canicule. Le rafraîchissant Saint Frances en est la preuve; une jolie pépite a éclaté dans la sélection américaine.

Les portraits de femmes sont souvent trop rarement justes, qu’ils soient dans la surenchère pour prouver au monde entier que les femmes peuvent être fortes ou dans le pathos pour rappeler à quel point il est difficile d’être une femme dans cette société. Certains sortent évidemment du lot, on pense au joli Sibyl de Justine Triet par exemple. Ici, Alex Thompson offre tout ce qu’il y a de plus frais dans le cinéma américain en mêlant l’humour à la tendresse avec une facilité déconcertante qui offre un vrai bon moment dans les salles. Saint Frances est clairement offert aux femmes à travers des thématiques ancrées dans l’actualité, sans complexe mais avec toujours une intelligence de ton. De la dépression post-partum aux règles en passant par l’avortement, le cinéaste effleure les thèmes féminins en plaçant tout son casting brillamment. Aucun personnage n’est bâclé, tout y est travaillé justement et de manière très complète. Chacune des femmes importantes au récit a son temps de parole et chacune porte son lot et sa place au sein de cette histoire. Sans jamais trop en faire ni trop en dire, juste ce qu’il faut pour montrer ce que peut être la vie quotidienne d’une femme. Kelly O’Sullivan est géniale dans le rôle d’une nounou maladroite aux prises avec sa propre féminité. Mais l’un des visages marquants de ce film sera aussi celui de la jeune Ramona Edith-William, qui interprète la petite fille dont Bridget s’occupe. Avec un naturel remarquable pour cet âge et une qualité de jeu vraiment épatante, le duo offre de très beaux moments de complicité qui feront fondre le public, autant dans leur manière de s’opposer en se provoquant que de se montrer leur affection.

La force également du film est celle de ne jamais mettre les hommes de côté pour mettre en valeur les femmes, bien que secondaires, tous les personnages masculins ont une place importante, là encore travaillé suffisamment pour qu’on se laisse porter par l’histoire. Saint Frances évite tous les pièges et se sort de toutes les situations avec une grande intelligence d’écriture. Dans la place accordée aux personnages, dans l’utilisation de la musique, dans le jeu entre les différents tons qui font sourire autant que s’émouvoir, il est l’exemple même des films dont le cinéma a besoin actuellement. Simple, fluide, délicat sans être ennuyeux, original sans être désagréable, que de belles qualités pour un premier film, que l’on espère voir très vite distribué en France.

Synopsis : Au début de l’été, Bridget a recours à un avortement au moment même où elle obtient le poste de gouvernante d’une petite fille de six ans dans une riche banlieue de Chicago. Bridget rentre immédiatement en conflit avec la petite Frances et peine à gérer les tensions grandissantes entre ses deux mères. Alors que ses relations personnelles sont au plus mal, une connaissance ressurgit du passé.

Saint Frances, un film d’Alex Thompson
Avec Kelly O’Sullivan, Ramona Edith-Williams, Lily Mojekwu
Genre : drame
Durée : 1h38
ETATS UNIS

Festival

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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