Guyane, une série de Fabien Nury : critique des deux premiers épisodes

Malgré une promotion faramineuse, Guyane, la nouvelle création de Canal + réalisée par Kim Chapiron et Fabien Nury (auteur de Il était une fois en France), ne s’annonce pas comme l’aventure effrénée qu’elle promettait.

Moite et sauvage, voilà comment est présentée la Guyane dans la nouvelle création de Canal +. Filmée avec une caméra nerveuse qui s’attarde avec de très gros plans sur les visages en sueur des personnages, Guyane se veut immédiatement suffocante. La série offre beaucoup de très beaux plans, dépeignant ce paysage exotique à merveille, mais si certains plans nous font voyager dans un pays sordide, beaucoup sont superflus et cette description poussive finit par casser le rythme du récit. Car c’est bien là le problème majeur de ce début de saison, son rythme affreusement inégal. On retrouve le talent de Kim Chapiron (Dog Pound, La crème de la crème) et la violence de certaines scènes est par moment palpable. On peut relever l’horrible scène du viol, très bien réalisée, qui se clôt sur les personnages dans le bar avec en fond, les cris de détresse d’Anita, la jeune prostituée. Mais ces scènes efficaces sont entrecoupées de trop nombreux passages lents qui plombent le récit. Guyane prend son temps à démarrer et le pilote n’est qu’une longue exposition de la narration. Le deuxième épisode s’en sort mieux mais peine aussi à trouver un équilibre, il se termine ceci dit avec le lancement réel de l’intrigue et nous laisse alors espérer que la réalisation se montrera, par la suite, moins sage.

Quant au casting, Mathieu Spinosi campe très bien le jeune et naïf Vincent, qui se retrouve quelque peu dépassé par les évènements qui ont lieu dans cette jungle hostile si éloignée de son monde parisien. Cependant, Guyane a son lot de personnages clichés, notamment le “parrain de l’or”, Serra, pour lequel on peine à ressentir de l’empathie. Certains protagonistes, vus et revus, manquent alors de profondeur et ne suscitent pas notre intérêt. Cependant certains personnages secondaires pourraient changer la donne, comme Laetitia, la fille de Serra, têtue et provocatrice, qui permet d’ores et déjà d’étoffer la personnalité de Serra et de Louis, amenant en eux un début de conflit intérieur.

Même si pour l’instant, le lancement de Guyane s’avère en deçà de nos attentes, on salue l’ambition et l’originalité de cette série qui présage une prise de risque plus poussée à l’avenir dans le paysage des séries françaises et dont on ne peut que se réjouir.

Guyane, saison 1 : Bande-annonce

Synopsis : Vincent Ogier, vingt ans, étudiant parisien en géologie, débarque en Guyane pour y effectuer un stage dans une société d’exploitation aurifère : Cayenor. Un goût immodéré pour le danger et un culot à toute épreuve vont pousser le jeune ingénieur à s’associer avec le « parrain de l’or » Antoine Serra, qui règne sur le village perdu de Saint Elias. Vincent croit avoir trouvé un filon d’or mythique : une mine abandonnée depuis 120 ans, nommée « Sarah Bernhardt »… Serra a les compétences requises pour l’exploiter. En apparence paternel et amical, Serra accepte et embarque Vincent au fin fond de la jungle guyanaise… En quelques semaines, Vincent va passer du statut de stagiaire à celui d’aventurier.

Guyane : Fiche technique

Créateur : Fabien Nury
Réalisation : Kim Chapiron (ép. 1 à 4), Philippe Triboit (ép. 5 à 7), Fabien Nury (ép. 8)
Scénario : Fabien Nury
Interprétation : Mathieu Spinosi (Vincent Ogier), Olivier Rabourdin (Serra), Issaka Sawadogo (Louis), Anne Suarez (Nathalie), Flora Bonfanti (Anita), Stany Coppet (Silva), Tia Diagne (Laetitia)…
Directeur de la photographie : Sofian El Fani (ép. 1 à 4), Emmanuel de Fleury (ép. 5 à 7), Stéphane Martin (ép. 8)
Ingénieur du son : Arnaud Lavalaix (ép. 1 à 4) et Frédéric de Ravignan (ép. 5 à 8)
Compositeur : Quarantine (ép. 1 à 4), Stéphane Le Gouvello (ép. 5 à 8)
Directeur de casting : Marc Barrat, Réjane Gay, Gigi Akoka, Hervé Jakubowicz, Swan Pham , Annette Trumel, Béatrice Saorin
Monteuse : Corinne Cahour
Producteur : Bénédicte Lesage, Ariel Askénazi pour Mascaret Films
Directeur de production : David Mitnik (ép. 1 à 4), André Bouvard (ép. 5 à 8)
Producteur exécutif : Didier Hoarau
Distribution France : Studiocanal, Mascaret Films
Genre : Aventure
Format : 8 x 52 minutes
Chaine d’origine : Canal +
Diffusion : Tous les lundis soir depuis le 23 janvier

Festival

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Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

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