Primaire, un film de Hélène Angel : Critique

Retour à l’école avec Primaire ! Sara Forestier serait-elle la professeure parfaite ?

Synopsis : Florence est une professeure des écoles dévouée à ses élèves. Quand elle rencontre le petit Sacha, un enfant en difficulté, elle va tout faire pour le sauver, quitte à délaisser sa vie de mère, de femme et même remettre en cause sa vocation. Florence va réaliser peu à peu qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre…

Avec Primaire, Hélène Angel signe son 5ème long-métrage. Si ce film ne fait pas dans la nouveauté en s’intéressant au quotidien d’une professeure de primaire, interprétée par Sara Forestier, il n’en est pas moins agréable, aux personnages attachants.

Faire jouer des enfants au cinéma est toujours une valeur sure. Ces petits bouts de chou ne peuvent qu’être attendrissants tant leur visage angélique parviennent à ravir le cœur du spectateur. Attendrissants certes, mais compliqué à faire jouer. Dans Primaire, Hélène Angel y arrive avec brio. Chaque enfant est parfaitement dirigé, et aucun ne fait dans la fausseté, ce que l’on pouvait redouter, avec une mention spéciale pour Jules Gaboriau qui interprète Jean-Philippe. Évidemment, impossible d’échapper à deux trois regards caméra, mais cela n’ôte rien au charme du film. En complément, les adultes sont tout autant excellents, Sara Forestier en tête. L’actrice, découverte dans L’Esquive d’Abdellatif Kechiche, ne cesse d’exceller au fil de ses interprétations filmiques. On se souvient de Suzanne, Le nom des gens ou encore La tête haute, qui ne cesse de confirmer le talent de la jeune comédienne. Vincent Elbaz est un parfait complément à  cette dernière, mais ne sort toutefois pas des sentiers battus.

Là où réside toute l’ingéniosité du scénario d’Hélène Angel, c’est dans son portrait qu’elle livre de l’école primaire en ne se concentrant pas sur une seule professeure. S’offre à nous toute une équipe pédagogique : de nombreux seconds rôles, parfois attachants, parfois détestables, viennent donner vie à cette école. Impossible de se lasser et on prend du plaisir à découvrir le quotidien de ces divers professeurs.
Mais elle ne s’arrête pas là et ne se contente pas d’être approximative dans les propos tenus. Hélène Angel s’est renseignée, a côtoyé une équipe pédagogique de primaire et parvient à donner toute véracité à son propos. On parle de RASED, de redoublement et de tous les nouveaux termes imaginés par l’éducation nationale pour compliquer chaque jour un peu plus le travail, déjà difficile, des professeurs. Et impossible d’échapper au traditionnel spectacle de fin d’année ! Même au cinéma, on ne peut éviter cette (douloureuse ?) épreuve, mais il est ici tellement touchant et drôle qu’on ne peut que se laisser entrainer dans l’Histoire.

Toutefois, Primaire n’est pas exempt de défaut. Dans le scénario d’Hélène Angel, tout est un petit trop précipité. Les différentes amourettes sont bien trop rapides, les résolutions également. La relation entre Sara Forestier et Vincent Elbaz prend forme tellement vite qu’elle met presque mal à l’aise. Le comportement d’Elbaz vis-à-vis de Sara Forestier parait bien trop irréel pour être crédible. Dommage, il aurait été possible de faire légèrement plus dans la finesse, sans pour autant créer des longueurs.
Mais quand on y réfléchit, le côté fleur bleue de l’intrigue est-il réellement utile ? Enrichit-il la progression du récit ? On se rend compte que la romance est en fait bien trop superficielle. Se concentrer sur la vie de l’école primaire aurait été plus trépidant, sans hésitation.
On soulignera également quelques clichés dans les relations entre enfants, avec ces amis qui se transforment en ennemis, et vice versa.

Avec Primaire, Hélène Angel nous offre une œuvre qui frôle le documentaire, s’entourant d’acteurs livrant le meilleur d’eux-mêmes. Même s’il ne renouvelle pas le genre, être guidé au long du film par des enfants tous plus attachants les uns que les autres est un réel plaisir.

Primaire : Bande-annonce

Primaire : Fiche technique

Réalisateur : Hélène Angel
Scénario : Yann Coridian, Hélène Angel
Interprétation : Sara Forestier, Vincent Elbaz, Guilaine Londez, Olivia Côte, Lucie Desclozeaux, Ghillas Bendjoudi…
Photographie : Yves Angelo
Montage : Sylvie Lager, Christophe Pinel, Yann Dedet
Musique : Philippe Miler
Direction artistique : Michel Schmitt
Productrice : Hélène Cases
Sociétés de production : Lionceau Films
Distribution (France) : StudioCanal
Durée : 105 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 4 janvier 2017

France – 2017

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 

Gavagai, et autres malentendus : du postcolonialisme mou

"Gavagai" entend nous instruire de la grande affaire des rapports post-coloniaux, mais n'aboutit qu'à un petit drame sans aspérité.
Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.