Love, Simon, beaucoup plus qu’un teen movie

Love, Simon réussit une des choses essentielles au cinéma : faire rire pour faire réfléchir. En se plaçant porte parole d’une communauté pour laquelle il milite, le réalisateur Greg Berlanti donne la parole à ceux qui l’ont peu et offre aux adolescents un personnage dans lequel se retrouver et se rassurer. 

synopsis : On mérite tous une première grande histoire d’amour. Pourtant pour le jeune Simon, c’est compliqué. Il a une vie normale, dans une famille qu’il adore, et est entouré d’amis extraordinaires, mais il garde pour lui un grand secret : personne ne sait qu’il est gay et il ne connaît pas l’identité de son premier coup de cœur, avec qui il communique en ligne. Alors que son secret est menacé d’être révélé, la vie de Simon bascule dans une aventure aussi drôle que bouleversante… Ses amis prendront alors une place essentielle pour l’aider à changer sa vie et découvrir le premier amour.

/ n’a jamais eu l’ambition de renouveler totalement la forme cinématographique, ce n’est pas le défi du film et il n’en a pas la qualité. Mais il n’est pour autant pas chose aisée de trouver des aspects franchement négatifs à cette histoire qui peut difficilement laisser insensible. Le film parle directement aux adolescents et si l’on s’attend de prime abord à une version LGBTQI+ et coming out de Nos étoiles contraires, Love, Simon dépasse de loin ces craintes. En déjouant le piège du film pour ado à l’eau de rose, Greg Berlanti possède la capacité de sensibiliser les ados aux questions du regard des autres dans la découverte de soi de manière apaisée et naturelle. En retrouvant une partie du casting de la série 13 reasons why et le talent prometteur de Nick Robinson, l’identification est simplifiée et les émotions multipliées pour ceux dans les salles à qui l’histoire parle par leurs âges ou expériences.film-love-simon-nick-robinson-katherine-langford-alexandra-shipp-keiynan-lonsdale-jorge-lendeborg

Jamais moralisateur, le film ouvre le dialogue et offre une vague d’optimisme qui fait du bien quant à la réaction de la famille et de l’entourage au coming out de Simon. Mais le scénario pointe le doigt sur le réel coupable des peurs inconscientes et intériorisées dont sont victimes les ados. La société. Cela n’a jamais été un secret pour personne et on parle de plus en plus du modèle si binaire dans lequel nous tentons tous d’évoluer. Qu’est ce que le coming out et pourquoi ça existe ? Pourquoi doit-on crier haut et fort qui l’on est si l’on n’appartient pas à la catégorie considérée comme normale ? Avec une séquence hilarante où des personnages mettent en scène leur coming out hétérosexuel, le film se moque librement de ce système discriminant et le condamne avec humour. Mais tout n’est pas traité avec comique et décalage, certaines scènes sont aussi sérieuses que touchantes et c’est bien de cette manière que le film réussit à nous prendre d’affection pour son personnage principal.

Love, Simon fuit les clichés et ça fait enfin du bien ! Même quand on croit qu’il sombre dedans en voyant Simon chercher comment s’habiller comme un gay sur internet, on le voit apparaître habillé comme à son habitude dans la scène suivante. Le scénario est d’une grande intelligence qui rend le tout très efficace et oscille entre une sensibilité toujours bien dosée et une insertion directe de la musique ou de l’humour qui donne une dynamique très réussie.

Love, Simon : Bande Annonce

Love, Simon : Fiche Technique

Réalisation : Greg Berlanti
Scénario: Elizabeth Berger, Isaac Aptaker (d’après l’œuvre de) : Becky Albertalli
Interprétation : Nick Robinson, Jennifer Garner, Josh Duhamel, Katherine Langford, Alexandra Shipp, Keiynan Lonsdale, Jorge Lendeborg Jr.
Image: John Guleserian
Montage: Harry Jierjian
Musique: Rob Simonsen
Décors : Aaron Osborne, Britain Cramer
Costumes : Eric Daman
Producteur(s): Wyck Godfrey, Marty Bowen, Bouya Shahbazian, Isaac Klausner
Société de production: Temple Hill, Fox 2000 Pictures
Distributeur: Twentieth Century Fox France
Durée : 109 minutes
Genre : drame, comédie, romance
Date de sortie : 27 juin 2018

Etats Unis – 2018

Festival

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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