Les Dossiers secrets du Vatican, un film de Mark Neveldine : critique

Les films d’horreur fleurissent sur nos écrans et pourtant, à quelques exceptions près, on a souvent l’impression de voir la même chose. Même les films réussis du genre (Conjuring, pour ne citer qu’un exemple) ne brillent pas par leur originalité, mais plutôt par leur capacité à instaurer une ambiance, à accrocher le spectateur, à lui faire croire à la réalité de ce qui se déroule à l’écran.
Alors, ces Dossiers Secrets du Vatican échappent-ils à la règle ?

Synopsis : au Vatican, un cardinal est alerté d’un cas qui pourrait être une possession. Une jeune Américaine, Angela Holmes, est victime de phénomènes étranges et se comporte de façon bizarre.

Déjà-vu
Tout d’abord, le film, une fois de plus, n’apporte rien de nouveau au genre. Le titre est alléchant et aurait laissé présager bien des scénarios possibles. Et pourtant, qu’avons-nous ? Une simple histoire de possession et d’exorcisme. Avec le découpage habituel du film : d’abord des signes qui pourraient laisser présager une certaine maladie, puis des indices qui prouvent que ce n’est pas une maladie habituelle (quelle surprise !), et enfin l’exorcisme. Rien de nouveau depuis 40 ans maintenant.

Ambiance
Échec aussi en ce qui concerne l’ambiance d’un film qui ne parvient pas à faire peur, ni même à faire naître la moindre petite angoisse. Le cinéaste multiplie les tentatives, en vain. Il convoque les signes sataniques habituels : parler une langue inconnue, avoir un corbeau comme inséparable animal de compagnie, contrôler les humains à distance, montrer toutes les caractéristiques opposées au Christ…
Il fait aussi appel à différents procédés qui ont fait leurs preuves ces dernières années. Il y a quelques « jump scare » (apparition brutale d’un personnage à l’écran dans le but de faire sursauter le spectateur) mais, comme d’habitude, ce procédé ne parvient pas à faire peur, juste à surprendre. Le cinéaste mêle aussi un film « normal » avec des scènes en « found footage » censées être tournées par les caméras de surveillance de l’hôpital. Moyen qui permet de lorgner du côté des Paranormal Activity (un des gros succès du genre ces dernières années). Mais ici, cela n’apporte rien de plus à l’action, ce n’est même pas un procédé narratif.
Il y a bien quelques côtés sympathiques qui font que ce film n’est pas un échec complet. Les acteurs se débrouillent plutôt bien, Angela Taylor Dudley en tête. Le final se laisse voir (tout en laissant habilement la porte ouverte à une suite).
On ne peut pas dire que Les Dossiers Secrets du Vatican soient un mauvais film. C’est un film indifférent, qu’on a l’impression d’avoir déjà vu des dizaines de fois. Vite vu et vite oublié.

Les Dossiers Secrets du Vatican : Bande Annonce

Les Dossiers Secrets du Vatican : Fiche Technique

Titre original : The Vatican tapes
Date de sortie : 29 juillet 2015
Nationalité : USA
Réalisation : Mark Neveldine
Scénario : Christopher Borrelli, Michael C. Martin, Chris Morgan
Interprétation : Angela taylor Dudley (Angela Holmes), Michael Peña (Frère Lozano), Dougray Scott (Roger Holmes), John Patrick Amedori (Pete), Djimon Hounsou (Vicaire Imani), Peter Andersson (Cardinal Bruun).
Musique : Joseph Bishara
Photographie : Gerardo Mateo Madrazo
Décors : Jerry Fleming
Montage : Eric Potter
Production : Chris Cowles, Gary Lucchesi, Chris Morgan, Tom Rosenberg
Société de production : H2F Entertainment, Lakeshore Entertainment, Lionsgate, Pantelion Films
Société de distribution : Metropolitan Filmexport
Budget : 8,495 millions de dollars
Genre : Horreur
Durée : 91’
Interdit en France aux moins de 12 ans.

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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