Sortie DVD/BLU RAY le 6 septembre du film Les Ardennes de Robin Pront

On ne choisit pas sa famille : tel pourrait être le credo de ce règlement de compte glacial et morbide entre deux frères 

Un cambriolage tourne mal. Dave (Jeroen Perceval) arrive à s’enfuir mais laisse son frère Kenneth (Kévin Janssens) derrière lui. Quatre ans plus tard, à sa sortie de prison, Kenneth, au tempérament violent, souhaite reprendre sa vie là où il l’avait laissée et est plus que jamais déterminé à reconquérir sa petite amie Sylvie (Veerle Baetens). Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’entre-temps, Dave et Sylvie sont tombés amoureux et mènent désormais une vie rangée ensemble. Avouer la vérité à Kenneth pourrait rapidement tourner au drame…

Petit bijou cinématographique en provenance du plat pays

Les Ardennes belges étaient le lieu préféré de ces deux frères lorsqu’ils étaient enfants : synonyme de joie et de parties de foot endiablées, ils étaient au plus fort de leur complicité. Ce temps paraît bien loin, leur relation ne se résumant maintenant qu’à des tentatives de méfaits et d’un grand manque de communication. Les Ardennes seront finalement le lieu de leur confrontation.

Cette fraternité ainsi que l’imbroglio amoureux de ces derniers avec Sylvie constituent le cœur même du long métrage. D’apparence classique, cette histoire d’amour n’en devient que plus dramatique grâce à une atmosphère pesante, où tous les personnages, débordant de rage face un contexte social et familial des plus désespérés, sont prêts à exploser. Cette tension palpable montera d’un cran lors de la dernière demi-heure, où l’ambiance froide et austère vire rapidement au glauque, au cœur de la forêt ardennaise, renforcé par l’apparition de deux nouveaux personnages des plus sombres et inquiétants (formidables Jan Bijvoet et Sam Louwyck !).

Pour un premier film, on peut affirmer que Robin Pront frappe fort ! Son sens de l’esthétique, accompagné de sa direction d’acteurs et de leur impeccable interprétation, renvoie directement aux débuts cinématographiques des frères Coen ou de David Michôd. Sa mise en scène est très appliquée et soignée, avec un souci très prononcé du cadrage et conjugué à une bonne gestion de la lumière. Si l’on regrette certaines maladresses tels que l’expédition de quelques personnages (notamment la mère des deux frères), on ne peut nier que Les Ardennes est un polar noir réussi.

 

Panne sèche au niveau des bonus

Pas de quoi s’extasier au niveau des bonus cependant. Tout juste aurons-nous droit à un entretien anecdotique du réalisateur, passant en revue très rapidement (8 min !) la conception du film (la rencontre avec les acteurs, l’adaptation de la pièce de théâtre initiale, le rôle de la musique…). On aurait davantage préféré que cette interview soit plus explicite et détaillée, en montrant en parallèle des images du tournage plutôt que des extraits du film. Vient s’ajouter à cela la bande-annonce officielle du film…et c’est tout !

Recap DVD/Blu-Ray

Caractéristiques techniques du DVD :

Image: 2.35 (16/9 compatible 4/3)

Audio: Néerlandais et Français Dolby Digital 5.1 et Stéréo

Sous-titres: Français

Durée du film: 1h29

Bonus du DVD : Entretien avec Robin Pront (8 min) – Bande Annonce

Caractéristiques techniques du Blu-ray :

Image : 2.35 (16/9 compatible 4/3)

Audio: Néerlandais et Français DTS-HD Master Audio 2.0 et 5.1

Sous-titres : Français

Durée du film : 1h33

Bonus du Blu-ray : Entretien avec Robin Pront (8 min) – Bande Annonce

Les Ardennes : Bande-Annonce

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.
Kevin Beluche
Kevin Beluchehttps://www.lemagducine.fr/
Grand passionné de cinéma depuis mes 3 ans, âge auquel j’ai pour la première fois mis les pieds dans une salle de cinéma (Aladdin !), je n’ai depuis cessé d’alimenter mon amour vis-à-vis du septième art. A travers des critiques ponctuelles, des discussions endiablées entre passionnés et amis, de nombreux achats d’objets collector et de sorties, cet art est devenu un réel besoin ne demandant qu’à être assouvi encore davantage. Ayant un double diplôme dans la finance et la comptabilité à Nancy, je travaille actuellement dans une boite de BTP en tant que responsable administratif. Mais fort heureusement, le cinéma ne m’a jamais réellement lâché, l’écriture me permettant de transmettre les rouages et mécanismes de ma passion.

Eega, la mouche vengeresse : l’amour revient toujours

Un homme tué par son rival amoureux revient en mouche domestique pour se venger. Entre les mains de S.S. Rajamouli, ce pitch impossible devient l'un des films les plus singuliers et les plus rafraîchissants du cinéma contemporain. Sortie en 2012, "Eega, la mouche vengeresse" constitue l’œuvre pivot d'une filmographie qui donnera naissance au monumental dyptique "La Légende de Baahubali" et la merveille "RRR".

Torso (1973) de Sergio Martino : tripes et nichons en 4K

Au carrefour du giallo et du slasher, Torso de Sergio Martino marqua son époque par sa violence exacerbée et son lot généreux de scènes érotiques. Succès important à sa sortie en 1973, le film s’est depuis lors vu certifier un label « culte ». Pur divertissement coupable ou grille de lecture plus subtile qu’on ne le pense ? Ou vous laisse juger, mais cette magnifique édition vaut en tout cas le détour.

Le Maître du Kabuki : le nouveau « trésor national vivant » japonais ?

Davantage qu’une ode à un art théâtral ancestral – par ailleurs difficile à apprécier pour un spectateur occidental – "Le Maître du kabuki" est une véritable saga qui aborde de multiples thématiques dont l’écho résonne bien au-delà des frontières de la péninsule nippone.