La Maison de Bambou, le chef d’oeuvre de Samuel Fuller filmé au pied du Mont Fujii est enfin ressorti en DVD le 8 août 2016

Quand Samuel Fuller partait tourner un polar au pays du soleil levant, on obtenait l’un des plus beaux thrillers des années 50. Une petite perle qui ressort enfin en version restaurée.

Après la mort d’un ancien soldat américain au cours de l’attaque d’un train près de Tokyo, la police charge un de ses ex- compagnons d’armes, Eddie Kenner, fraîchement débarqué, d’infiltrer son équipe de braqueurs. Sous le nom d’Eddie Spannier, il rencontre et tombe éperdument amoureux de la veuve japonaise et va devenir un membre influent du gang mené par le redoutable Sandy Dawson.

La face cachée du protectorat américain

Reconnu comme le « premier film hollywoodien filmé au Japon », La Maison de Bambou est plus qu’un polar construit sur la seule intrigue de la mission d’infiltration de son héros. Ce que Samuel Fuller (Le Port de la drogue, Dressé pour tuer…) a su mettre en place est avant tout un choc des cultures, teinté de politique. Il est en effet impossible de ne pas voir derrière le système mafieux mis en place par les anciens GI’s à la solde de Dawson (incarné par le toujours très juste Robert Ryan, vu notamment dans La Horde Sauvage ou encore Les Douze Salopards) une allégorie évidente de l’outrecuidance de l’impérialisme américain vis-à-vis des vaincus de la Seconde guerre Mondiale. Mais au-delà de la double lecture du film de genre, il est important de noter que le scénario fait la part belle à l’histoire d’amour entre l’enquêteur et la veuve de celui sur qui enquête. Autant dire, que la réalité des sentiments reste trouble, source d’un suspense émotionnel qui vient se greffer à la relation pour le moins ambiguë que va entretenir Eddie avec les braqueurs, et en particulier avec son leader. Enfin, et surtout, La Maison de Bambou est une œuvre picturale d’une qualité visuelle éblouissante, qu’il est encore plus réjouissant de profiter –à défaut de grand-écran– de cette édition HD.

Des bonus limités mais instructifs

Hormis une inévitable bande-annonce d’époque, les éditions Hollywood Legends ont eu la bonne idée de donner la parole à François Guerif, éditeur à la tête de la Collection Rivages/Noir mais aussi critique de cinéma émérite. Lors d’un entretien de moins d’une demi-heure, il revient brièvement sur le parcours de Fuller et la genèse de La Maison de Bambou (en particulier les raisons pragmatiques du choix d’embaucher un inconnu plutôt qu’une star dans le rôle principal) mais aussi sur l’un des angles de lecture qui fit, à l’époque, couler beaucoup d’encre : La relation crypto-gay entre Eddie et Sandy.

La maison de Bambou : Recap DVD

Caractéristiques techniques du DVD :

Bonus DVD: « La maison de Bambou, film d’amour… film de guerre ? » (30 min) / Bande annonce originale du film

Durée du film : 98 minutes

Image : 16/9 compatible 4/3

Format : 2.55

Audio : Français dual et mono, Anglais stéréo

Sous-titres : Français

La Maison de Bambou : Bande-annonce (VO)

Festival

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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