Accueil Blog Page 717

Master of None saison 1: critique série

Si Aziz Ansari s’est fait un nom grâce à Park & Rec, le comique et immature Tom Haverford pour être précis, et une très belle ligne sur son CV, il semble vouloir s’en rajouter une autre et non des moindre, avec sa série autobiographique co-écrite avec Alan Yang nommé pour meilleur acteur aux prochains Golden Globes.

Synopsis : Le quotidien de Dev, un acteur new-yorkais de 30 ans, qui a plus de mal à se décider sur ce qu’il veut manger que la direction à donner à sa vie. Ambitieux, drôle et cinéphile, il est à la fois très centré sur son propre bien-être et attaché à des sujets divers et variés tels que la situation critique des personnes âgées, le sort des immigrants et comment dénicher les pâtes les plus délicieuses pour le dîner.

Après Louie, Inside Amy Schumer… la sitcom s’est toujours inspirée du vécu propre. Le Prince de Bel Air et l’arrivée aux USA de Will Smith, Malcolm et Lindwood Boomer qui se moque de sa famille, Friends ou Martha Kaufman et David Crane qui s’inspirent du caractère de leurs véritables amis, Adam F. Goldberg qui donne son nom à la famille juive portée sur écran, sa famille… Sans parler des « dramédies » qui s’articulent autour de l’intime sur lequel on projette nos attentes (Sex and The City, Transparent, Parenthood, Six Feet Under…) La vague de l’autobiographique ne cesse de prendre de l’ampleur. Nicki Minaj a signé avec ABC pour une sitcom retraçant sa jeunesse. Adam Levine avec NBC… La désolation ou l’impatience, les avis divergent, mais le fait est là et Aziz Ansari a signé avec Netflix pour dès à présent une deuxième saison de Master Of None qui devrait voir le jour à la rentrée 2016.

Maître de Rien ou le contrôle de tout ? Pas si dure d’être comédien…

En 10 épisodes de 30 minutes, Aziz Ansari et Alan Yang ont décliné plusieurs thématiques, comme l’intergénérationnel, la routine du couple, l’ethnicité à la télévision ou le plan cul… Autant de sujets peu originaux, mais qui prennent un sens grâce aux personnages clownesques. Le terme est à la frontière entre le risible pathétique et le génial talent. Dev et son meilleur ami Arnold sont les pendants modernes de Laurel et Hardy, duo immature, mais d’une tendresse incommensurable. Puis, vient se greffer Denise, l’amie noire lesbienne au look hip hop vintage et Brian l’asiat BCBG. Un besoin de réunification qui passe pour un conglomérat de minorités plus que pour un véritable groupe d’amis. Le relationnel est par ailleurs bien trop souvent appuyé. Si la simplicité est pourtant de mise (malgré des effets cinématographiques très appréciables comme les partis de flash back ou l’extrait du film catastrophe dans lequel il joue), les répliques ne découlent pour la plupart jamais naturellement. L’écriture est bien trop présente et le jeu de certains comédiens, les parents de Dev pour ne viser personne, est emprunté et souligné. La mécanique des répliques apparaît souvent trop huilée, trop chorégraphiées et répétées à l’extrême, que finalement l’enchaînement devient trop évident, la volonté scénariste criarde et le (sou)rire, téléphoné. On a cette même impression, même devant un excellent Woody Allen. Si les premiers épisodes ouvraient la porte à beaucoup de tendresse, caractéristique première des dramédies urbaines (Girls, Looking, Casual, Younger), couplé d’un humour introspectif et d’une mise en scène allenienne sublimée, la mi-saison n’attire plus autant de curiosité et on finit le 10ème épisode par habitude, non sans regret bien au contraire !

Le principal défaut de Master of None est sa trame quasi anthologique. A chaque épisode, une thématique source d’ironie ou de dénonciation conduit la demi-heure à la manière des cailloux que sèmerait le Petit Poucet jusqu’à sa maison. Sauf que le spectateur voit très vite où Ansari et Yang veulent en venir et seul le plaisir de la ballade reste intact. On aurait aimé apprécié la surprise de la destination, mais peu importe… Chacun semble avoir déjà connu la première rencontre, les hésitations et espoirs de la première fois, puis la vie en couple et les conflits quotidiens. Aziz Ansari se met en scène presque « thérapeutiquement » en se faisant passer pour un grand enfant qui râle, car il ne trouve pas le bon tacos dans le foodtruck qu’il a mis presque une heure à chercher sur internet.

Parfois aussi vain que les sketchs Canal + Bloqués, et pourtant aussi attendrissant qu’un excellent Charlie Chaplin ou Woody Allen, Master of None ne décroche pas le sommet des top de fin d’année, et Netflix ne terminera pas sur les chapeaux de roue, mais Aziz Ansari aura réussi, si ce n’était pas déjà fait, à se faire connaître comme une étoile montante.

Master of None: Fiche Technique

Création: Aziz Ansari, Alan Yang
Réalisateurs : James Ponsoldt, Aziz Ansari, Eric Wareheim, Lynn Shelton.
Production: Aziz Ansari, Alan Yang, Michael Schur, Dave Becky, David Miner
Acteurs principaux: Aziz Ansari, Noël Wells, Eric Wareheim, Kelvin Yu, Lena Waithe, H. Jon Benjamin
Genre: Sitcom
Chaîne d’origine: Netflix
Nb. de saisons 1
Nb. d’épisodes 10
Durée 26-31 minutes

Le dernier loup, un film de Jean-Jacques Annaud : Critique

Alors qu’il s’était littéralement perdu depuis 2007 entre une farce de très mauvais goût (Sa Majesté Minor) et une fresque se voulant épique mais ô combien soporifique (Or Noir), Jean-Jacques Annaud a profité de l’année 2015 pour effectuer son grand retour via un genre de divertissement qui lui est propre : le film animalier. Ainsi, après l’inoubliable L’Ours et le sympathique Deux Frères, le réalisateur du Nom de la Rose s’attaque ici à l’adaptation du best-seller chinois Le Totem du Loup. Autant dire que le cinéaste était attendu au tournant !

Synopsis : 1967, pendant la Révolution culturelle chinoise. Chen Zen et Yang Ke, deux étudiants pékinois, sont envoyés en Mongolie-Intérieure, dans une tribu de bergers nomades en proie aux changements instaurés par le gouvernement chinois, comme l’extermination progressive des loups. Là-bas, Chen Zen capture un louveteau et décide de l’apprivoiser malgré ce qu’en pensent les nomades et l’éradication inévitable de l’espèce dans la région…

Une fresque animalière et historique majestueuse

 

Pourtant, rien n’était gagné d’avance pour Le dernier loup. Et pour cause, le film est sorti quatre ans après le long-métrage de Nicolas Vanier, sobrement intitulé Loup. Bien que les deux projets divergent de par leur stature respective, les bandes-annonces laissaient envisager une similarité scénaristique plus que troublante, à savoir un jeune homme prenant sous son aile un loup, animal tant détesté par ses pairs car s’attaquant au bétail. Dès lors, on pouvait s’attendre aux même défauts que le film de Vanier : niaiserie, loups au second plan, ennuyeux au possible et ce malgré de magnifiques paysages suffisamment mis en valeur pour faire rêver, sans compter une forte impression de déjà-vu du côté du script qui aurait pour le coup instauré une terrible lassitude lors du visionnage. Mais Le dernier loup va bien au-delà de cela !

Fidèle au livre d’origine, le film est avant toute chose un récit historique, celui d’une tribu de bergers nomades mongols qui, par ordre du gouvernement chinois, doit accueillir deux étudiants pékinois afin qu’ils finalisent leur cursus scolaire. En réalisant ce film, Jean-Jacques Annaud nous livre une période peu évoquée dans le cinéma international qu’est la Révolution culturelle chinoise (1967-1976), via un point de vue culturel. Ici, le cinéaste use d’un récit évitant tout artifice niaiseux (la romance entre deux personnages tout particulièrement) afin de servir à son public, non sans pédagogie, une leçon d’histoire à travers ses nomades, leur vie et surtout leurs difficultés face à l’expansion de la civilisation, amenant un message écologique à l’ensemble assez évocateur.

 

Alors qu’il aurait très bien pu se contenter, comme Vanier, d’une splendide photographie pour émerveiller les spectateurs par le biais de paysages grandioses (ici, les steppes mongoles), Annaud décide d’user de son récit pour mettre en lumière les ravages de l’homme sur la nature. Si vous transposez l’époque du film à la nôtre, vous y verrez un film quelque peu alarmiste, voire même pessimiste, clamant que l’humanité, dans sa soif d’ambition et sa folie des grandeurs, détruit l’équilibre naturel de la vie au point de bouleverser un écosystème (les loups s’attaquant de plus en plus au bétail) tout en pensant l’apprivoiser (le louveteau recueilli par le personnage principal) et de perturber tout un peuple (les nomades s’enfonçant dans la misère, le désespoir et l’obligation de se « civiliser »). Vous l’aurez compris, au lieu de faire un tableau tout en couleurs de la Mongolie, Jean-Jacques Annaud préfère donner de l’importance à son histoire, sans éviter l’aspect cru et violent de cette dernière (la manière dont sont tués les louveteaux, les chevaux prisonniers dans la glace, les blessures de certains personnages…).

Et les loups dans tout cela ? Bien que le scénario se penche sur ce qui a été dit dans les paragraphes précédents, les canidés restent assez importants dans ce dernier. Même, ils apparaissent comme des personnages à part entière, loin des adorables peluches sans âme vues chez Vanier. Ici, les loups ne sont pas des coquilles vides à poils mais bien des créatures aussi majestueuses que dangereuses sachant exprimer bien des émotions. Ils se révèlent être plus importants que les protagonistes humains du film et sont suffisamment mis en valeur pour obtenir l’attention du public, notamment grâce à des plans sachant leur offrir toute leur splendeur mais également des séquences d’action, certes maladroites dans leurs enchaînements (montage, raccords) et leur visuel (effets spéciaux un peu trop visibles, surtout les fonds verts) à cause de l’imprévisibilité des animaux lors du tournage, offrant à l’ensemble un souffle épique plus que bienvenu. Sans oublier la somptueuse musique du regretté James Horner (Braveheart, Titanic, Avatar), qui signe avec Le dernier loup sa dernière BO de son vivant.

 

Bien loin de la fable écolo tout belle et toute mignonne qu’elle aurait pu être à l’instar de Loup, le film de Jean-Jacques Annaud se présente comme une œuvre certes imparfaite sur certains points techniques, faisant du Dernier loup un film réalisé de manière un « peu trop facile » (surtout comparé à L’Ours, qui n’abusait pas autant d’effets spéciaux), mais au combien puissante et prenante. Et surtout majestueuse, à l’image des nombreux loups qui redonnent à leur cinéaste toutes ses lettres de noblesse.

Le dernier loup – Bande-annonce

Fiche technique – Le dernier loup

Titre original : 狼图腾
Chine, France – 2015
Réalisation : Gregory Plotkin
Scénario : Jean-Jacques Annaud, John Collee, Alain Godard et Lu Wei, d’après le livre de Jiang Rong
Interprétation : Shaofeng Feng (Chen Zen), Shawn Dou (Yang Ke), Ankhnyam Ragchaa (Gasma), Yin Zhusheng (Bao Shunghi), Basen Zhabu (Bilig), Baoyingexige (Batu), Tumenbayaer (Shartseren), Xilindule (Petit Bayar)…
Date de sortie : 25 février 2015
Durée : 1h55
Genres : Aventure, historique
Image : Jean-Marie Dreujou
Décors : Quan Rongzhe
Costumes : Xiao Jin
Montage : Reynald Bertrand
Musique : James Horner
Budget : 38 M$
Producteurs : Yin Cao, Xavier Castano, William Kong, La Peikang, Alan Wang, Jianshai Xu et Duojia Zhao
Productions : China Film Co., Reperage, Beijing Forbidden City Film, Mars Films, China Movie Channel, Beijing Phoenix Entertainment Co., Chinavision Media Group, Hérodiade, Loull Productions et Edko Films
Distributeur : Mars Distribution

 

The Beast, un film de Hans Herbots: critique

The Beast est un film noir dont seules les premières minutes contiennent de l’innocence et un peu de gaieté : deux enfants jouent aux cow-boys et aux indiens le long d’une voie ferrée. Deux frères, riants, complices, au bord d’un drame qui va survivre longtemps et terriblement à l’événement : Bjorn, le plus jeune des deux enfants est enlevé presque sous les yeux de Nick son aîné, sans jamais plus réapparaître. Le jeune Nick a reconnu le coupable, un voisin, mais celui-ci n’a jamais pu être confondu.

Synopsis: Flic brillant, Nick Cafmeyer est hanté par un lourd secret : la disparition jamais élucidée de son jeune frère. Un jour sa supérieure décide de lui confier une affaire similaire. Nick se plonge alors corps et âme dans l’enquête. S’ensuit une véritable chasse à l’homme. Pour que justice soit faite, Nick est prêt à tout…

Interdit aux moins de 16 ans

Noir comme le souvenir

Après cette scène d’ouverture, la noirceur sera la couleur principale du film. Le réalisateur flamand Hans Herbots ne s’embarrasse pas de fioritures, et entre assez abruptement dans le vif du sujet. Nick Cafmeyer, devenu policier, est appelé sur les lieux d’un crime sordide, rappelant son drame personnel. Sous la pluie d’une banlieue grise d’Anvers, dans la pénombre des crépuscules, dans un labo de développement de photos ou dans un tunnel, l’action se déroule dans des endroits sombres qui ne sont pas sans rappeler le glauque de films comme Se7en de David Fincher. Avec ses formules mystérieuses et quasi-incantatoires inscrites au sang sur les murs des victimes, The Beast peut être également rangé du côté de l’excellente première saison de la série True Detective, celle réalisée par le talentueux américain Cary Fukunaga (Sin nombre, Jane Eyre). Seuls les flash-backs portant sur l’enlèvement du petit Bjorn sont éclairés d’une lumière chaude et estivale.

Comme dans sa précédente réalisation, le film de Hans Herbots repose sur l’adaptation d’un roman, cette fois-ci de la britannique Mo Hayder, écrivaine de « romans explicites » (Graphic novels) comme on dit pudiquement de nos jours, pour ne pas évoquer la violence marquée qui caractérise son œuvre. Le scénario de Carl Joos est haletant, ne laissant aucun répit au spectateur, allant de découverte en fausse piste, multipliant les coupables potentiels dans une facture de thriller des plus balisés. Ce qui distingue The Beast est à mettre réellement sur le compte de la réalisation et d’une ambiance moite très anxiogène. Mais surtout, ce thriller doit le trouble intense qu’il provoque chez le spectateur par l’implication de beaucoup de personnages enfantins dans des situations traumatisantes, et ce n’est trahir aucun secret du film d’évoquer la pédophilie qui est au centre du scénario. Le producteur Peter Bouckaert a vite compris l’intérêt de la transposition d’un tel livre au pays de Marc Dutroux, lui donnant une résonance toute particulière, et ce n’est pas la fin du film qui dira le contraire…

Hans Herbots est aguerri à ce qu’on appelle le Noir scandinave, porté par la figure de proue qu’est Millenium, puisqu’il réalise lui-même des séries similaires au Danemark ou en Suède. Comme dans ce milieu (livres, films, séries), l’horreur surgit très brutalement dans un quotidien calme et paisible, et c’est ce qui imprime le caractère angoissant voire terrifiant au film, chacun pouvant s’identifier facilement aux victimes. Mais à aucun moment, le cinéaste ne verse dans le voyeurisme ni dans la provocation ; il y a énormément de respect et même de la tendresse dans toutes ces scènes où des enfants sont les protagonistes. On a pu parler de Prisoners du canadien Denis Villeneuve comme référence récente pour the Beast, on peut aussi trouver quelques similitudes avec Sicario du même Denis Villeneuve dans certaines scènes du début. Mais le traitement du réalisateur belge est définitivement non-américain, plus intimiste bien que pragmatique, davantage tourné vers une violence psychologique.

The Beast , un titre « français » une fois de plus incompréhensible, puisqu’à la fois le livre et le film portent le titre de The Treatment (De Behandeling en flamand), un titre plus subtil et plus en rapport avec le propos, the Beast est un excellent thriller, presque austère mais efficace, porté par un casting très réaliste et des têtes d’affiche peu connues des spectateurs en dehors de la Belgique (Geert van Rampelberg, Ina Gheerts, …), ce qui est toujours un plus pour une meilleure disparition de soi au profit des personnages que l’on incarne (et ce qui est aux antipodes du star-system américain). La noirceur du propos n’est jamais poisseuse, et le fait que les situations criminelles du film sont intimement proches de la vie personnelle du protagoniste, l’enquêteur Nick Cafmeyer, achève de donner une dimension humaine forte et émouvante à un film qui aurait pu n’être qu’un classique whodunnit de plus. C’est une très belle surprise de fin d’année qui vient compléter d’autres excellents films flamands comme Any way the wind blows de Tom Barman (leader charismatique des groupes dEus et Magnus) en 2004, la Merditude des choses et Alabama Monroe de Felix van Groenigen respectivement en 2009 et en 2012, ou encore Bullhead de Mickael Roskam en 2011. De vraies pépites d’autant plus précieuses que rares !

The Beast – Bande annonce

The Beast – Fiche technique

Titre original : De Behandeling (The treatment)
Date de sortie : 30 Décembre 2015
Réalisateur : Hans Herbots
Nationalité : Belgique
Genre : Thriller
Année : 2014
Durée : 131 min.
Scénario : Mo Hayder (roman), adaptation par Carl Joos
Interprétation :   Geert Van Rampelberg (Nick Cafmeyer), Ina Geerts (Danni Petit), Johan van Assche (Ivan Plettinckx), Laura Verlinden (Steffi Vankerkhove), Ingrid De Vos (Nancy Lammers)
Musique : Kieran Klaassen, Melcher Meirmans, Chrisnanne Wiegel
Photographie : Nathalie Leborgne
Montage : Philippe Ravoet
Producteurs : Peter Bouckaert
Maisons de production : Eyeworks films & TV Drama NV
Distribution (France) : KMBO Distribution
Récompenses : Johan van Assche, meilleur second rôle au festival du film d’Oostende
Budget : –

Versailles, saison 1: critique série

Versailles, symbole central de la puissance monarchique et du Roi Soleil, pourrait bien devenir un bastion du rayonnement international des séries françaises. Les lumières étincelantes de l’immense château se diffusent largement à travers l’Europe, du Royaume-Uni, à l’Allemagne et l’Espagne, jusqu’en Finlande, Suède, Pologne et Bulgarie ; leurs vigoureuses lueurs parviennent même outre-Atlantique au Canada et aux Etats-Unis. Certes, les récents succès de the Revenant et d’Engrenages, première série française vendue à la BBC, ont indéniablement permis d’éclairer la voie, mais ce nouveau chantier présentait une toute autre ampleur.

Synopsis : Versailles, 1667. Louis XIV a 28 ans. Pour soumettre la noblesse et imposer définitivement son pouvoir absolu, il lance la construction de Versailles… comme on tend un piège. Louis XIV est un jeune roi hanté par un traumatisme d’enfance, la Fronde, une rébellion des nobles contre son père, Louis XIII… Il va se révéler être un stratège politique hors du commun, manipulateur, machiavélique, et va « inventer » Versailles pour éloigner les nobles de Paris, les garder sous contrôle, et progressivement transformer le château en une prison dorée. Il est aussi capable de passions romanesques. Mais comment les vivre quand on est le plus grand roi du monde ?

Versailles, c’est le pouvoir, le faste, la démesure. Si Louis XIV n’a pas regardé à la dépense pour construire ce somptueux palais fidèle à son image, les producteurs n’ont pas non plus hésité à investir plus de 27 millions d’euros pour bâtir ce gigantesque monument visuel, devenu le plus coûteux dans la production de série française. Il reste à éprouver la solidité comme la splendeur de l’édifice, à l’heure où la saison 2, déjà annoncée, attend d’être tournée.

Un traitement ouvertement antinomique : l’histoire classique traitée dans toute sa modernité

La série Versailles est loin d’être la première représentation de Louis XIV et de sa cour. Le cinéma français a en effet mis en scène le monarque à plusieurs reprises, notamment dans Louis, enfant Roi (1992) de Roger Planchon, l’Allée du roi (1995) de Nina Companéez et le Roi danse (2000) de Gérard Corbiau avec Benoit Magimel. Versailles n’est cependant pas resté dans le seul giron cinématographique français. L’homme au masque de fer, film américain réalisé en 1939 par James Whale, a été réadapté sous le même titre en 1998 par Randall Wallace, avec Léonardo Di Caprio. L’année dernière, l’Angleterre s’est également appropriée l’univers de Versailles avec les Jardins du Roi, un film d’Alan Rickman centré sur la construction des jardins et traitant de la romance entre André Lenôtre et Sabine de Barra, une architecte paysagiste. Chaque acteur ayant incarné le roi Soleil a proposé une interprétation différente du monarque, tantôt jeune danseur, mécène, homme tourmenté, ou souverain âgé sage et bienveillant. L’exploitation des facettes ou figures de Louis XIV pouvait ainsi déjà sembler assez complète et variée.

La série Versailles propose encore autre chose. Le Roi, dans sa 28ème année, est avant tout un individu ambitieux, avide de pouvoir et de conquête, manipulateur et calculateur, souvent narcissique. Mais tout l’intérêt de son personnage réside dans son autre versant. Obnubilé par le traumatisme de la Fronde, Louis XIV reste aussi un homme guidé par ses sentiments, notamment la peur, la peine, le désir, derrière son apparente froideur. Ce traitement plus psychologique s’inscrit dans une vision plus moderne du Roi Soleil, brillamment joué par George Blagden, découvert dans Vikings.

La même logique guide tout l’univers de la série. Celle-ci n’est évidemment pas dénuée de toute forme de classicisme, en raison de l’époque qu’elle dépeint. Les costumes traditionnels et les décors sont somptueux. Les châteaux de Versailles, de Vaux-le-Vicomte, de Lésigny, de Vigny, de Janvry et de Sceaux, principalement utilisés pour le tournage, rendent parfaitement réel le monde de la cour du roi, à la manière du Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Un soin très particulier a été porté à l’esthétique et à la photographie, faisant de Versailles un véritable monument de beauté visuelle.

Malgré ces aspects classiques, la lecture ou la relecture de l’Histoire et des personnages, parfois fictifs, peut au premier abord dérouter. La première question venant à l’esprit reste : qu’est-ce que la série a voulu faire ? Une vérité établie demeure, on rentre assez difficilement à la cour de Versailles. Non seulement il faut être fidèle au roi, mais il faut également présenter des titres de noblesse authentiques. De même, le spectateur étonné ou rebuté par l’approche de Versailles s’arrêtera certainement aux grilles du château. L’accès à Versailles n’est en outre pas facilité par deux premiers épisodes de mise en place assez lents et manquant de rythme. Si à partir du 4ème et du 5ème épisodes, les enjeux enfin lancés commencent à devenir fascinants, la narration continue à conserver quelques passages creux.

Versailles débute en 1667, après la Fronde et pendant le règne personnel de Louis XIV. Elle est pourtant loin de reprendre avec exactitude les faits historiques et joue sur les mythes et les légendes. Par exemple, le désir passionnel mis en scène entre le Roi et Henriette d’Angleterre, la femme de Philippe, le frère du souverain. S’il est certain que Philippe délaissait sa femme, que le mariage du monarque avec la reine Marie-Thérèse n’était pas heureux, et qu’Henriette prenait souvent auprès du Roi la place de la reine, une relation autre que platonique entre le Roi et sa belle-sœur est dure à concevoir. Louis XIV, très catholique, aurait alors commis un adultère, voire un inceste. Le domaine religieux reste néanmoins relativement absent de la série. Il s’incarne presque intégralement en Louise de la Vallière, maîtresse du roi qui se punit pour ses péchés. On peut aussi citer l’affaire du bébé noir dont la Reine accouche. Celle-ci aurait eu une fille avec un nain noir, page appartenant à sa suite. On appelle cette enfant « la mauresse de Moret » en raison du lieu du couvent dans lequel elle restera cloîtrée. Son ascendance demeure toutefois une énigme. Certains prétendent que la mauresse serait plutôt la fille de Louis XIV, tandis que d’autres thèses évoquent un couple d’esclaves. Ces approximations ou partis pris s’expliquent toutefois aisément. Versailles n’est pas une série historique classique au sens strict. Elle ne cherche pas, comme Rome ou Les Tudors, à relater l’Histoire mais plutôt à raconter une histoire fictive dramatisée, utilisant pour cadre le monde de Versailles.

Une fiction contextualisée aux thèmes universels : Versailles comme miroir et microcosme d’un monde

La série Versailles a beau s’inscrire dans un contexte historique déterminé, elle n’en traite pas moins de thématiques universelles : la quête du pouvoir, en appliquant la maxime «  la fin justifie les moyens », et la lutte contre son autorité, la recherche d’une position sociale, en se montrant dévoué au Roi ou en le séduisant, la politique à travers la gestion du domaine et des affaires d’Etat ou la guerre, puis de nombreuses passions humaines, la convoitise, l’argent, la jalousie, la rivalité, la haine, l’amour et le désir.

Versailles reprend en fait le triumvirat thématique gagnant de Games of Thrones (GOT) : pouvoir, complot, sexe. A l’instar d’une des familles de GOT, le Roi est menacé dans son milieu à l’intérieur, par les nobles et les protestants, comme à l’extérieur, par des puissances étrangères, notamment la Hollande. On retrouve également les relations sexuelles adultérines et incestueuses comme la rivalité entre frères. Surtout, comme dans GOT, le but principal du Roi est l’affirmation et la conquête du pouvoir, en écrasant ses ennemis et en usant de la manipulation. Versailles est-il alors un Games of Thrones français ? En aucune façon, même si on sent que l’esprit de GOT plane quelque part au dessus du château et l’a sans doute inspiré.

Versailles recourt également à des caractères du genre policier ou d’espionnage. Le Roi Louis XIV représente ainsi une véritable autorité de police, chargée d’assurer et de maintenir l’ordre au sein comme à l’extérieur de son château. Le personnage de Fabien, responsable de la sécurité du Roi, à la fois enquêteur, contrôleur et exécuteur, possède ainsi une place privilégiée dans la série. Versailles insiste de plus sur la psychologie de Louis XIV, ses ambitions, ses peurs, ses angoisses et ses luttes intérieures. Rappelons que Simon Mirren et David Wolstencroft, les deux créateurs de Versailles, ont d’abord respectivement travaillé sur Esprits Criminels et MI5, deux séries mettant l’accent sur les tréfonds de l’âme humaine. Cette approche permet de faire de Louis XIV un personnage riche, torturé et assez complexe, mais le Roi Soleil est loin d’être le seul centre de la série.

Versailles regorge de personnages secondaires et d’intrigues parallèles, parfois un peu trop dispersées. On suit, entre autres, la romance entre Philippe et le chevalier, les amours du roi avec ses deux maîtresses, la fervente catholique Madame de La Vallière et l’ambitieuse Madame de Montespan. La série s’attache aussi au travail de Fabien, chef de la sécurité froid et solitaire, et à ses rapports tumultueux avec Béatrice, une veuve calculatrice sans titre prête à tout pour s’assurer une position sociale, notamment en rapprochant sa fille du Roi. Elle développe encore les conspirations de Montcourt, du Duc de Cassel et de Rohan, nobles opposés au pouvoir royal absolu. Elle s’attarde enfin sur les débuts d’une jeune femme scientifique et autodidacte, Claudine, devenue médecin du Roi. En revanche, on peut trouver le personnage de la Reine Marie-Thérèse un peu trop effacé. Sans doute est-ce là une façon de montrer sa propre insignifiance pour le Roi, en dehors de sa tâche de lui fournir des héritiers. L’intérêt de Versailles réside alors avant tout dans les relations et les intrigues entre ces multiples personnages, en particulier de celles entre le Roi et Philippe, mêlées de respect, d’admiration, de jalousie et de rivalité.

En définitive, la série Versailles n’est pas exempte de défauts, mais elle a le mérite d’être très esthétique et novatrice dans son genre en France. Si on arrive à y entrer, elle se révèle de plus en plus passionnante et envoutante malgré un début un peu piétinant. On peut donc dire vive le roi !

Versailles – Bande annonce

Versailles – Fiche technique

Titre original : Versailles
Date de sortie : 2015
Crée par Simon Mirren, David Wolstencroft
Nationalité : français
Réalisation : Christoph Schrewe, Daniel Roby, Jalil Lespert, Thomas Vincent
Scénario : David Wolstencroft, Simon Mirren, Andrew Bampfield, Sasha Hails
Interprétation : George Blagden (Louis XIV), Alexander Vlahos (Philippe), Noémie Schimdt (Henriette), Tygh Runyan (Fabien), Stuart Bowman (Bontemps), Amira Casar (Béatrice), Anna Brewster (Montespan), Evan Williams (Chevalier)
Musique : M83 (générique)
Photographie : Pierre-Yves Bastard
Costumes : Madeleine Fontaine
Production: Nathalie Juchet, Ian Whitehead, John Bureau, Claude Chelli
Sociétés de production: Capa Drama, Zodiak Fiction, Incendo Productions
Diffusion : Canal +
Budget : NR
Genre : Drame, historique
Épisodes: 10 épisodes de 52min

Stargate Atlantis saisons 1 à 5: critique série

0

Le pilote était enthousiasmant, une toute nouvelle galaxie prometteuse, des ennemis redoutables et effrayants, une cité légendaire à découvrir, une nouvelle équipe. Las, force est de constater que la galaxie s’avère bien pauvre, n’ayant rien d’autre à offrir que des peuples de paysans et les omniprésents Wraith qui constituent la majeure partie d’un scénario plutôt rudimentaire. Il y a bien quelques traces d’inventions des Anciens et de très rares autres formes de vie mais ça ne suffit guère, là où SG1 dévoilait dès le début une plus grande richesse de cultures et de races.

Synopsis : En recherchant la légendaire Cité Perdue d’Atlantis, construite par les créateurs mêmes de la porte des étoiles, l’équipe SG1 avait précédemment découvert un avant-poste caché sous l’Antarctique. Après de plus amples recherches, des données permirent de localiser la légendaire Cité dans une autre galaxie. Une expédition internationale composée des meilleurs éléments fut mise sur pied pour s’aventurer dans l’inconnu le plus total, sans retour garantit. A leur arrivé, une nouvelle galaxie à explorer, mais aussi un terrible ennemi, les Wraith, qui régulièrement récoltent des humains pour se nourrir de leur énergie vitale. L’expédition pourra-t-elle vaincre un adversaire si redoutable qui a autrefois poussé la race la plus avancée à fuir ?

Promesses non tenues

L’équipe s’avère nettement moins accrocheuse, constituée de manière presque artificielle, là ou des épreuves douloureuses avaient crée des liens pour SG1. Voir Mckay, scientifique peu courageux avec une arme à feu, que visiblement il ne maîtrise pas, paraît assez étonnant. Ce personnage arrogant et excentrique largement mis en avant pour le côté comique qu’il apporte crée d’ailleurs un déséquilibre dans l’équipe, au détriment principalement de Teyla, censée incarner la moralité de l’équipe mais trop en retrait. Et que dire du lieutenant Aiden Ford, qui joue plus le rôle de figurant que de membre régulier. Quant au colonel Sheppard, dont on a voulu en faire un homologue du colonnel O’Neill et son célèbre sens de l’humour, ses tirades sont peu subtiles et même parfois assez méprisantes.

En un rien de temps, l’expédition parvient à contrôler la cité, trouve très rapidement des interfaces avec une technologie pourtant bien plus avancée, et les problèmes de survie sont rapidement expédiés. L’isolement est de fait mal développé. C’était sans doute une erreur de se concentrer sur une équipe au lieu de la communauté installée dans la cité, ce qui aurait distinguée la série de sa grande sœur. Enfin, la dimension internationale est très peu exploitée. Bref Stargate Atlantis avait tout d’une copie bien moins réussie que SG1.

Une qualité très aléatoire

La deuxième saison suscita néanmoins un nouvel intérêt, qui permit d’avantage de possibilités scénaristiques avec le rattachement à la Terre, un vaisseau exclusivement destiné à l’expédition, et un nouveau membre avec le personnage de Ronon Dex, qui remplace le lieutenant inutile et offrant ainsi une nouvelle dynamique d’équipe, différente de SG1, avec cette fois deux terriens et deux originaires de Pégase. De nouvelles informations sont dévoilées qui viennent complexifier les Wraith : enfant ils peuvent manger de la nourriture comme les humains, et ils peuvent se montrer plus raffinés qu’on pourrait le croire.

Cette tendance se poursuit en saison 3 : Ronon fait face à son passé de runner, et le colonel Sheppard parvient à nouer une alliance avec un Wraith face à un ennemi commun. Ce représentant ennemi si particulier, baptisé Todd, revint souvent par la suite lorsqu’il s’agissait de combattre une menace commune, un allié pas toujours très fiable pour autant. Malheureusement, ses nombreuses apparitions ultérieures ne furent pas toujours exploitées convenablement.

Cette époque fut le début à des crossover remarqués avec la série sœur, ainsi les Goa’ulds tentent de détruire la Cité (2×14, avec en prime une magnifique chanson de Teyla), et lors d’une visite dans Pégase le colonel (devenu général) O’Neill est pris au piège d’une attaque ennemie (3×10 et 11), tandis que Daniel Jackson découvre un nouvel appareil sur Atlantis, ce qui réveille une ancienne menace et un peuple bien connu (5×10-5×11).

Mais déjà s’observe des défauts qui s’aggraveront : recyclage d’ennemis de SG1 (les réplicateurs/Asurans), comique lourd, incohérences, et une étonnante inégalité dans les épisodes, capable de produire du meilleur comme du pire.

Malheureusement les saisons 4 et 5 connaîtront une vraie chute de qualité, accumulant des incohérences horribles (qui sautent aux yeux même sans être particulièrement attentif), des facilités scénaristiques énormes, et surtout des épisodes vraiment mauvais. Les différences de technologie et la société Wraith deviennent du n’importe quoi, modifiées à volonté par les scénaristes.

Les personnages n’évoluent nullement, toujours le même leader militaire irréprochable, le guerrier invulnérable, le scientifique égocentrique agaçant. Ils restent désespérément lisses et inintéressants. Pire encore, ils ne se remettent peu en question alors que certaines de leurs actions s’avèrent assez immorales, entraînant parfois de graves conséquences. Pourquoi après tout, ils finissent toujours pas vaincre alors tant pis pour les milliers d’humains tués !

La présence du personnage de Carter pour la saison 4 n’améliora pas la situation, son nouveau rôle mal traité à l’instar de ses coéquipiers, pas plus que celui de Woolsey, autre personnage de SG1.

Les scénaristes ont voulu prendre de curieuses tentatives audacieuses en début de saison 4, en tuant deux personnages réguliers, mais en les faisant toutefois revenir plus tard. Hélas, si sa « mort » donna lieu à un bel épisode, le personnage de Beckett, devenu simple récurent, ne brilla guère pour ses futures apparitions une fois ce dernier « ressuscité ». Tandis que frustrée d’avoir été ainsi écartée, l’actrice jouant Elisabeth Weir refusa de réapparaître, obligeant les scénaristes à élaborer des astuces pour incarner le personnage par d’autres actrices (épisodes plutôt bons par ailleurs).

L’annulation de SG1 à cette époque incita les scénaristes à multiplier les épisodes se passant sur Terre, pour le meilleur et souvent pour le pire.

Pourtant au sein de cette espace de médiocrité se trouve quelques îlots d’épisodes de qualités, tel l’épisode où Mckay se retrouve projeté dans le futur (4×20), ou encore quand ils passent d’une dimension parallèle à une autre (5×04). On pourra retenir l’intrigue de Michael, Wraith kidnappé pour subir des expériences visant à le transformer en humain, ce qui aboutit à un hybride d’un nouveau genre, rejeté par les siens comme par les humains. Pour survivre, il concocta un plan pour nuire aux deux espèces, et se constituer une armée d’hybrides comme lui.

Notons qu’à part Todd et Michael, la société Wraith manque cruellement de représentants.

La palme du pire épisode revint probablement au tout dernier. Ronon tué puis ressuscité, Mckay qui arrive à mettre au point une technologie que même les Anciens n’étaient pas parvenus à achever, un épisode rempli d’aberrations, comme pour capitaliser les défauts devenus inhérents à la série. Une fin peu glorieuse pour la série comme pour la franchise…

Conclusion, Atlantis s’avère inférieure en tout point à SG1, pâle copie qui n’aura pas su se démarquer. Si certains épisodes font partie des meilleurs de la franchise et la série offrant de très bons moments, ce qui permet d’éviter une note trop mauvaise, la série aura surtout marqué par la déception engendrée, mêlée d’incompréhension face à une telle dérive qualitative.

Alors oui il y a des batailles spatiales, c’est plus futuriste que la série-mère encore que cet avantage apparaît bien mince comparé aux dernières saisons de SG1- mais cela devrait surtout contenter les amateurs de divertissements légers peu regardants.

Fort heureusement, Stargate Universe relèvera grandement le niveau et fera oublier cette erreur de parcours. Même si elle n’a pas rencontré le succès mérité (mais ceci est une autre critique).

Fiche technique: Stargate Atlantis

Titre original : Stargate Atlantis
Nationalité : américaine, canadienne
Genre : science-fiction
Interprétation : Joe Flanigan, Rachel Luttrell, David Hewlett, Jason Momoa, Torri Higginson, Paul McGillion.
Production : Brad Wright, Robert C. Cooper, Joseph Mallozzi, Paul Mullie
Nombre d’épisodes : 100 ; 5 saisons
Durée : 42 minutes

Générique Stargate Atlantis

Critique DVD – Hitman : Agent 47, un film d’Aleksander Bach

Tout le monde a droit à une seconde chance, même l’agent 47 ! Vous savez, ce célèbre tueur à gages tenant l’affiche de la franchise vidéoludique Hitman qui avait déjà eu droit à une (pitoyable) adaptation sur grand écran en 2007 ? Eh bien, le personnage effectue son come-back dans un tout nouveau film qui se présente au public  telle une sorte de reboot et non une suite, comme l’avait été L’Esprit de Vengeance pour le premier Ghost Rider. Et à l’instar de ce dernier, ce second volet réussit l’exploit de faire pire que le précédent. Explications.

Synopsis : Une organisation secrète appelée le Syndicat projette de fabriquer génétiquement des agents surpuissants, capables de tuer n’importe qui. Pour ce faire, elle désire retrouver Peter Aaron Litvenko, le scientifique à l’origine des premiers agents afin qu’il puisse subvenir à ses besoins. Mais pour cela, elle va devoir mettre la main sur la fille de ce dernier, Katia van Dees. En parallèle, le célèbre Agent 47 se lance également à la poursuite de Katia pour l’éliminer, étant chargé d’empêcher la création de ces nouveaux surhommes…

De quoi regretter le premier film…

Comme la plupart des jeux vidéo portés au cinéma, Hitman premier du nom se montrait assez insultant envers son modèle. À la manière des films Resident Evil qui oubliaient l’angoisse au profit d’une action décérébrée à la limite du clipesque, le long-métrage de Xavier Gens (charcuté au montage par une production américaine prenant les spectateurs pour des abrutis) était sorti en salles sous la forme d’une série B explosive. Se voulant spectaculaire sans vraiment y parvenir car assez mal fichu dans l’ensemble (mise en scène non maîtrisée, montage anarchique…). Ce qui était bien loin de la discrétion propre au personnage du jeu. D’autant plus que celui-ci, de base sans âme, froid et calculateur mais non sans charisme, se retrouvait pour le coup avec une histoire et des sentiments, le rendant trop humain, limite « faible », et lui retirant pour le coup son aura de tueur au sang-froid (l’interprétation de Timothy Olyphant n’aidait pas grandement). Ici, dans Hitman : Agent 47, les choses ont évolué… dans le mauvais sens.

Pourtant, on sent que l’équipe du film a voulu revenir vers les bases même du protagoniste. À savoir énigmatique, imprévisible et inhumain. Le problème étant qu’elle n’a pas su l’exploiter convenablement. Car si l’idée d’en faire un antagoniste était plutôt ingénieuse sur le papier, le personnage éponyme devient très vite un bourrin totalement inintéressant envoyant des références en veux-tu en voilà (comme effectuer une pose avec ses flingues, se déguiser à tout-va) de manière incongrue. Sans compter que la prestation de Rupert Friend n’est pas du tout convaincante, le comédien étant à côté de ses pompes et ayant le charisme d’une huître. On en reviendrait presque à regretter Timothy Olyphant, c’est dire ! Laisser une seconde chance au film de Xavier Gens serait même un réflexe une fois celui-ci vu, étant donné qu’il possédait bien plus de qualités que ce nanar sans nom.

Le premier Hitman était infidèle au jeu vidéo, mais au moins, il avait une histoire à raconter. Ici, on nous sert une intrigue abracadabrantesque de super-soldats mal agencée qui enchaîne des séquences d’action encore plus décérébrées que précédemment. Ces dernières, en plus de souffrir d’une photographie de piètre qualité, doivent subir un montage hystérique au possible (Agent 47 en devient encore plus clipesque que le premier) mais surtout une incompréhensible surdose de CGI bien vomitive alors que de simples cascades pourtant réalisables (telle une voiture dérapant contre un mur) auraient fait l’affaire dans ce genre de blockbuster. Le long-métrage en ressort encore plus artificiel qu’un produit vidéoludique au point de paraître diablement ridicule à chaque seconde de visionnage. Et ce ne sont certainement pas les comédiens qui vont arranger les choses. Même pas Zachary Quinto, venu se perdre dans ce gloubi-boulga de violence gratuite et d’action sans intérêt.

Censé faire oublier les premiers essais cinématographiques du tueur au code barre, Hitman : Agent 47 enfonce encore plus le clou en se présentant au public comme un grand n’importe quoi se voulant spectaculaire et explosif. En faisant cela, le film insulte à son tour le jeu d’origine mais perd définitivement l’occasion de convaincre les spectateurs, à cause d’un aspect guignolesque aussi bien du côté du scénario que de l’action en elle-même. Une véritable perte de temps bien en-dessous de n’importe quelle production Besson…

Hitman : Agent 47 – Bande-annonce

Fiche technique – Hitman : Agent 47

États-Unis – 2015
Réalisation : Aleksander Bach
Scénario : Michael Finch et Skip Woods, d’après le jeu vidéo éponyme
Interprétation : Rupert Friend (Agent 47), Hannah Ware (Katia van Dees), Zachary Quinto (John Smith), Ciarán Hinds (Peter Aaron Litvenko), Thomas Kretschmann (Antoine Le Clerq), Dan Bakkedahl (Sanders), Emilio Rivera (Fabian), Rolf Kanies (le docteur Delriego)…
Date de sortie : 26 août 2015
Durée : 1h25
Genre : Action
Image : Óttar Guðnason
Décors : Sebastian T. Krawinkel
Costumes : Bina Daigeler
Montage : Nicolas De Toth
Musique : Marco Beltrami
Budget : 35 M$
Producteurs : Adrian Askarieh, Charles Gordon, Skip Woods et Alex Young
Productions : 20th Century Fox Film Corporation, TSG Entertainment, Fox International Productions et Infinite Frameworks Studios
Distributeur : 20th Century Fox

 

Top 10 films 2015 : Mad Max: Fury Road, Vice-Versa…

Top 10 films 2015 de la Rédaction du MagduCiné

Le top 10 des meilleurs films de 2015 :

En cette fin d’année, sans surprise axée sous le sceau de Star Wars : Le Réveil de la Force qui, au moment de l’écriture de ces lignes, aura trusté la plus haute marche du box-office (et sera peut-être déjà en lice pour détrôner Avatar), il semblait évident qu’on se prête, à l’instar de nos confrères du web et autres cinéphiles amateurs, au jeu du bilan. Un exercice à la fois vain, très formel mais surtout trop réducteur, parce que tenter de résumer 365 jours et à peu près autant d’heures passées devant un écran, dans un article privilégiant l’épure quand la logique voudrait le contraire, c’est autant impossible qu’inutile. Tout juste, pourra-on dire alors, que cette année 2015 aura été une virée dans l’in-connue, ou dans le connu si l’on s’en réfère au sens étymologique du mot in, entre retours de vieilles légendes (Steven Spielberg, Clint Eastwood, George Miller, Robert Zemeckis ou John Boorman) et de vieilles franchises (Mad Max, Terminator, Jurassic Park). 2015 aura aussi été l’occasion pour nous de constater l’indéfectible soutien que vous tous, lecteurs, vous nous portez, puisque de par votre présence à chaque fois plus nombreuse, le privilège nous a été donné que de pouvoir nous rendre au Festival de Cannes, et couvrir de l’intérieur cet événement inoubliable.
On ne saura omettre toutefois de mentionner l’importance qu’a pris le cinéma au cours de cette année. Qu’il soit passeur de message avec Tomorrowland de Brad Bird ; moyen de montrer la foi en l’être humain avec Le Pont des Espions de Steven Spielberg ou simplement outil de dénonciation avec Much Loved de Nabil Ayouch ; autant dire que le 7ème art aura revêtu une importance accrue au cours de ces 12 derniers mois, n’hésitant ainsi pas à épouser les contours d’une société meurtrie par des attaques terroristes, pour mieux panser ces plaies (les sorties décalées de Made in France et Jane Got a Gun des suites des attentats de Paris étant de cruels exemples). Mais le cinéma aura encore une fois montré que sa beauté réside dans son aspect inter-générationnel, son éclectisme et sa richesse.  Un peu comme notre top d’ailleurs, qui n’a pu voir le jour sans la présence de quelques intrépides crétins – on les appelle cinéphiles à la rédaction – qui courent de salles en salles à la recherche d’une vérité ou émotion qu’un chapelet de personnes à l’aise avec une caméra arrivent à capturer. Mais de là à vous considérer comme des crétins, il n’y a qu’un pas, que nous ne franchirons pas, déontologie oblige. Et pour cause car comme dirait Beaumarchais : sans la liberté de blâmer, il n’y a point d’éloges flatteurs.

À l’année prochaine !

10. Ex Machina

Une relecture du mythe de Frankenstein à la sauce 2.0

Il fallait bien un génie derrière la caméra pour pouvoir raviver le spectre des dangers de l’intelligence artificielle, véritable marronnier du cinéma SF déjà labouré aussi bien par Spielberg que Kubrick avec son terrifiant HAL 9000 de 2001 l’Odyssée de l’Espace. Du coup, voir Alex Garland (scénariste récurrent de Danny Boyle), déjà à la baguette de récit hautement fataliste comme 28 Jours plus Tard ou Sunshine, exécuter d’une main ferme la relecture 2.0 du mythe de Mary Shelley, le tout servi par une mise en scène sobre, anxiogène et glaçante et des acteurs au sommets (Oscar Isaac et Domnhall Gleeson & la révélation suédoise Alicia Vikander), ça a forcément quelque chose de grisant.

9. Le Fils de Saul

Une plongée en apnée à Auschwitz

Suffocante, oppressante et immersive, la première œuvre du metteur en scène hongrois Lazlo Nemes fut sans conteste la révélation du dernier Festival de Cannes. Empruntant un procédé de mise en scène déjà utilisé dans le Birdman d’Alejandro Gonzalez Innaritu, en l’occurrence le plan-séquence, cette plongée en apnée dans l’enfer du camp de concentration d’Auschwitz et la vie de Saul, Sonderkommando (juif forcé de participer à la Solution Finale) désireux d’offrir une sépulture décente à ce qu’il croit être le cadavre de son fils, a fortement ému la rédaction, touchée au vif par ce récit expérimental teinté d’une très grande humanité.

8. Star Wars : Le Réveil de la Force

Le réveil de la nostalgie 

Qu’on se le dise mais voir figurer au sein du top le dernier-né de la saga initiée par George Lucas en son temps, n’est presque pas une surprise. Comment refouler la nostalgie attachée à cet univers si familier ou le simple bruissement d’un sabre laser ou d’un fusil blaster suffit pour nous faire retomber en enfance ? La réponse est claire : c’est impossible. Pour autant, bien que la nostalgie soit présente, force est de constater (ouais on aime mentionner la Force partout nous, on est comme ça) que le film remplit toutes ses promesses. Entre des combats spatiaux d’anthologie, un univers visuel proche de la trilogie originale et un vivier de nouveaux personnages déjà culte, autant   dire que le contrat est rempli haut la main. Si bien que maintenant, le plus dur sera d’attendre la sortie de l’Épisode VIII, que prépare déjà Rian Johnson (Looper).

7. Foxcatcher

Du sang, de la sueur et des larmes 

On l’avoue franchement : la lutte gréco-romaine ne fait pas partie de nos sports de prédilection, ni-même des sports les plus racoleurs qui soient (comme le curling en somme). Bennet Miller, bien aidé par un casting poids-lourd (Channing Tatum, Mark Ruffalo, Steve Carrel) nous le rend passionnant, primitif et cérébral, brutal et sensuel à travers cette histoire dingue, convoquant autant domination physique que psychologique, patriotisme déclinant, un milliardaire psychotique avili par le rejet d’affection que lui porte sa mère, et deux frères sportifs qui tombent très vite sous la coupe de ce despote à la richesse infinie. Glaçant, profond et anxiogène, la rédaction est encore sous le choc.

6. Youth

Le temps qui passe…

Issu du cru cannois 2015, qui aura vu de grands films se bousculer sur le tapis rouge (on pensera à Macbeth, Dheepan, Le Fils de Saul pour ne citer qu’eux), nul doute que Youth pourrait se voir décerner la Palme du plus beau film de la Croisette. Michael Caine en compositeur retraité qui donne la réplique à un Harvey Keitel en réalisateur vieillissant, le tout dans une maison de détente plantée dans le paysage suisse, et voilà que le film pose les marques du style de Paolo Sorrentino. Lent, contemplatif, introspectif, jetant un regard acerbe sur le star-system, sur le temps qui passe, sur les illusions de la vie et sur l’amour, le film est une gigantesque toile ou le metteur en scène italien déploie tout son talent de faiseur, nous décollant la rétine à chaque fois. Autant dire qu’à la rédaction, on est encore en extase.

5. Mustang ex aequo avec Sicario

Question de morale contemporaine

Difficile loin s’en faut, d’avoir su départager ces deux oeuvres radicalement opposées par leurs thématiques et leurs approches, mais curieusement liées par cette question de morale, qui infuse jusque dans leur ossature, les deux films. D’un coté, on a Sicario où l’on retrouve Denis Villeneuve, le prodige québécois bientôt à la barre de Blade Runner 2 (excusez du peu) qui livre un cinglant réquisitoire envers l’Oncle Sam et son combat acharné pour éradiquer la menace de la drogue. Approche exacerbée, violence inouïe, et personnage évoluant dans un enfer bureaucratique miné par une morale reléguée en arrière-plan, Villeneuve donne à voir un brûlot curieusement axé sous le sceau d’une gigantesque défaite (la défaite de la politique US) et marque encore un peu plus son territoire dans la profession.

De l’autre, on a Mustang, récit déroutant de la condition féminine en Turquie lorsque celle-ci se voit confrontée à une figure tutélaire/paternelle très à cheval sur la tradition religieuse et qui brime aussi bien leur intégrité en tant que femme, que leur liberté. Sujet grave et contemporain, autant dire que le film donnait de prime clairement l’impression d’agir en tant que plaidoyer pour la condition féminine (et ersatz de Virgin Suicides) que réel effort de cinéma. Qu’elle n’en fut pas la surprise de voir alors un film converti en une ode à la liberté, servie par une mise en scène spontanée, n’hésitant pas alterner moments d’euphorie galvanisants et instants plus dramatiques, sans cesse appuyée par les prestations de ces jeunes femmes épatantes (mention à la plus jeune, effarante de vérité)

 

4. The Lobster

L’O.V.N.I de l’année

Véritable OVNI du dernier Festival de Cannes, ce récit allégorique tendant à condamner les dérives amoureuses de notre société a fortement impressionné la rédaction. Il faut dire qu’avec un synopsis aussi frappadingue (les célibataires ont 45 jours pour trouver l’amour sous peine de se transformer en l’animal de leur choix) et un casting international de très haute volée (Colin Farrel, Léa Seydoux, John C. Reily, Ben Whishaw, Rachel Weisz), le film partait sur de très bonnes bases. Des bases heureusement renforcées par le talent de Yorgos Lanthimos, sorte de cousin éloigné d’un Wes Anderson, qui renforce la froideur de son sujet par des plans millimétrées et un cadre austère, terriblement antipathique.

3. Birdman

La revanche du has-been

Grand vainqueur des Oscars 2015, qui ont vu le film rafler la prestigieuse statuette du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur, la présence de Birdman dans notre top semblait relever de l’évidence même. Il faut dire qu’avoir su réussir à faire sortir de sa pré-retraite le talentueux Michael Keaton et le confronter à une histoire faisant curieusement écho à son passé d’acteur (Keaton a joué Batman pour Tim Burton à deux reprises), était quelque chose de relativement osé. Ça l’est encore plus quand le réalisateur Alejandro Gonzalez Innaritu, non content d’égratigner l’aura du star-sytem et la vacuité de ces personnalités carburant à l’ego, dresse une pique envers les réseaux sociaux, la célébrité et les blockbusters tout en emballant son film dans l’un des plus beaux écrins de l’année : un faux plan-séquence, donnant alors l’illusion d’un film sans coupures. Du génie à l’état pur.

2. Vice-Versa

Pixar encore une fois au sommet

Dans les étoiles avec Star Wars et sur le tapis dans Foxcatcher ; ccette année 2015 se sera fait un malin plaisir à jouer avec notre tête. Rien d’étonnant dans ce cas de voir Vice-Versa, dernier-né des studios Pixar, échouer à la deuxième place du Top 10 films 2015 ; l’histoire de ces 5 émotions gérant la vie de la petite Riley ayant su comme à l’accoutumée avec Pixar, nous émouvoir et nous étreindre comme le ferait une bonne couverture bien chaude. Fort d’un discours psychanalytique sur les tourments juvéniles, Vice-Versa rend hilare autant qu’il émeut et magnifie son tout à l’aide de designs majestueux, de personnages attachants et d’un humour incontournable. Vice-Versa ou comment voir Pixar continuer sa suprématie si ce n’est dictature sur le domaine de l’animation. On pleure encore à la rédaction.

1. Mad Max : Fury Road

Le trip le plus jouissif de l’année

Des bagnoles fonçant à toute berzingue dans le désert, un justicier de la route en quête d’une juste cause, et une guerrière tournant le dos à un dictateur grimé en sosie palot de Dark Vador, difficile de croire qu’avec ce résumé simplifié, George Miller, auquel on doit la trilogie Mad Max, ait su rallier le monde à son récit post-apocalyptique déjanté et ébranlé jusque dans ses fondations-mêmes le genre du film d’action. C’est pourtant l’effet que la rédaction a ressenti devant ce concentré hard-boiled d’action, de violence et d’essence qui n’a jamais aussi bien porté son titre. Exaltant, titanesque et virtuose, Mad Max : Fury Road est la preuve que la vieille génération (Miller a 70 ans quand même) en a encore sous le capot. Et quand c’est aussi bon, pourquoi faire la fine bouche ? Donnes-en un autre George !

A peine j’ouvre les yeux, un film de Leyla Bouzid: Critique

Ces temps-ci, de nombreux films de productions franco-arabes ont fait parler d’eux en mettant en scène des héroïnes qui veulent que soient reconnus leur libre arbitre et leur indépendance.

Synopsis : Tunis, été 2010, quelques mois avant la Révolution, Farah 18 ans passe son bac et sa famille l’imagine déjà médecin… mais elle ne voit pas les choses de la même manière. Elle chante au sein d’un groupe de rock engagé. Elle vibre, s’enivre, découvre l’amour et sa ville de nuit contre la volonté d’Hayet, sa mère, qui connaît la Tunisie et ses interdits.

Telle mère, telle fille

Qu’il s’agisse des impétueuses prostituées de Much Loved, de la jeunesse indomptable de Mustang ou encore de la ténacité et l’humour de Kaouther Ben Hania, la réalisatrice de l’inclassable Challat de Tunis, toutes ces femmes viennent ébranler un peu plus un modèle patriarcal moribond. A peine j’ouvre les yeux s’inscrit dans cette mouvance. Récit initiatique, celui de Farah, jeune fille enthousiaste et courageuse, le film prend la forme d’une confrontation entre deux mondes : la Tunisie d’avant le printemps arabe, muselée par Ben Ali, et l’autre Tunisie, celle de la jeunesse qui veut faire changer les choses. D’un côté, on trouve des adultes qui se sont habitués à vivre dans un État aux libertés restreintes, de l’autre des jeunes qui militent à leur manière, en chantant la réalité tunisienne : la musique comme acte de subversion. Bien sûr, le propos n’est pas si binaire, les nuances, on les trouve à travers des personnages comme les parents de Farah, anciens activistes désabusés mais qui n’ont pas oublié pour autant les luttes de leur jeunesse qui se cristallisent aujourd’hui dans l’attitude de leur fille. La place de la mère s’affirme comme élément clé au cours du récit, miroir tantôt fidèle, tantôt déformant de Farah.

Le film est construit en deux temps, pendant la première heure, l’intrigue s’appuie vraiment sur ce modèle de la confrontation décrit un peu plus tôt. Le microcosme du groupe de musique fait front contre une société tunisienne frileuse et à qui le changement fait peur. Farah est la figure de proue de cette première partie. On la suit en permanence dans ce qui apparaît comme une ascension perpétuelle vers plus d’autonomie, des choix individuels et une motivation sans faille. Les parents sont assimilés ici à la répression : « non ma fille, tu n’iras pas chanter, fais médecine c’est un travail sûr qui te permettra de vivre confortablement. » Sans emprisonner leur enfant dans le carcan du rôle féminin traditionnel, ils sont les principaux obstacles aux rêves musicaux de Farah. La figure maternelle se détache particulièrement car, elle vit seule avec sa fille, le père travaille et vit dans une autre ville dans un exil forcé pour avoir refusé d’adhérer au parti de Ben Ali. Cette première partie atteint son acmé lorsque Farah décide d’improviser un concert a cappella devant la salle qui devait accueillir le groupe et qui a été sommée de fermer sous la pression des autorités, inquiètes des répercussions possibles de ses chansons subversives. Lors de cette séquence, la réalisatrice choisit de réunir les deux pôles antagonistes : mère et fille se retrouvent dans le même cadre et partagent cet instant dans la connivence, la mère se reconnaît dans sa fille.

La seconde partie du film est centrée sur Hayet, la mère de Farah. La jeune fille disparaît littéralement du champ de la caméra (elle est détenue par la police du régime) et toute l’action découle des efforts de sa mère pour la faire sortir. On découvre là un personnage complexe dont les rêves se sont étiolés au fil des années. La vie d’adulte dessinée par le personnage d’Hayet a été ponctuée de compromis, de concessions et d’abandons. La contestation se mêle souvent de souffrances et d’échecs, Hayet le sait et elle voulait en préserver Farah. A présent que celle-ci est prisonnière d’un régime que cette mère a contesté en son temps, sa combativité et son courage se réveillent à nouveau. La réalité est moins belle et flamboyante que ce que voulait croire la fille, mais sa mère est maintenant à ses côtés pour l’aider à avancer. La fin du récit est ouverte à tous les possibles : « Continue » dit Hayet à sa fille revenue meurtrie de sa détention, à la lumière des événements qui ont agité la Tunisie en 2011, on peut se dire dans un épilogue imaginaire que Farah a gagné son combat.

A peine j’ouvre les yeux: Bande-annonce

A peine j’ouvre les yeux : Fiche Technique

France, Tunisie, Belgique, Émirats arabes unis
Durée : 102 minutes
Genre : Drame
Réalisé par : Leyla Bouzid
Scénario : Leyla Bouzid, Marie-Sophie Chambon
Distribution : Baya Medhaffar (Farah) Ghalia Benali (Hayet), Montassar Ayari (Borhène) Aymen Omrani (Ali), Lassaad Jamoussi (Mahmoud), Deena Abdelwahed (Inès), Youssef Soltana (Ska) Marwen Soltana (Sami)
Photographie: Sébastien Goepfert
Montage : Lilian Corbeille
Son : Ludovic Van Pachterbeke
Musique : Khyam Allami
Produit par : Sandra da Fonseca, Imed Marzouk
Distribué par : Shellac
Date de sortie : 23 décembre 2015

Rencontre avec Julien Rappeneau, scénariste-réalisateur de Rosalie Blum

10 ans du Cinemovida : Rencontre avec le Cinéaste Julien Rappeneau pour le film Rosalie Blum

           Le lendemain de la projection presse en avant-première de Rosalie Blum (dont vous pouvez lire notre critique ici), nous avons rencontré avec deux autres collègues son scénariste-réalisateur, Julien Rappeneau, à qui l’on doit notamment les scénarios de Cloclo (Florent Siri, 2012), de 36 Quai des Orfèvres (Olivier Marchal, 2004) ou encore les deux volets de Pamela Rose menés par Kad & Olivier en 2002 puis 2012.

Pourquoi cette histoire en particulier ?

            « Parce-que j’avais été séduit par le roman graphique de Camille Jourdy.« 

Qu’est-ce qui a motivé votre choix de réaliser le film ?

            « Moi je suis pas du tout frustré par le métier de scénariste… Ça me tentait d’aller voir au-delà mais j’attendais de trouver le bon sujet…« 

Cineséries-mag : « Comment avez-vous réfléchi votre casting ? Est-ce que vous avez de suite pensé à Noémie Lvovsky pour le choix de Rosalie après l’avoir vue dans Camille Redouble (N. Lvovsky, 2012) ? Car on a deux personnages très proches, avec des différences certes, mais beaucoup de ressemblances, dans leur humanité, leur conduite, qui cachent un secret, qui ont un trauma… »

            « Alors oui, inconsciemment… Il se trouve qu’il y a quelque chose de particulièrement humain chez Noémie… Elle a une palette très riche…« . Le choix de l’actrice lui est venu pendant le processus d’écriture du film. Il ajoute : « On peut dire qu’il y a dans les deux films qui ne se ressemblent pas du tout une forme de fantaisie et d’humanité…« 

            « Ce sont des gens un peu mis sur pause pour des blocages intimes… Ça n’avance plus… Puis la vie reprend ses droits… »

Sur le choix de Kyan Khojandi, acteur de Bref (Canal +, 2011-2012)

            S’il n’a pas le même personnage que dans Bref, Julien Rappeneau explique l’avoir découvert dans le format court de Canal+ : « j’ai tout de suite été touché par l’empathie qu’il dégage… Naturellement j’ai pensé à lui à l’écriture. » « Un peu un pari que de le choisir » rajoute-t-il à propos du fait qu’il n’avait pas encore eu de rôle important au cinéma. « Je trouve qu’il a assuré avec grâce ce grand rôle. »

Sur le choix d’Alice Isaaz

            « Dans La Crème de la Crème, je me suis dit « Oh la la… »… C’est une très grande actrice, elle a un grand potentiel… Une vraie graine de star… »

Cineséries-mag : « Pouvez-nous nous parler un peu plus de la structure particulière du récit, avec la même histoire vue par plusieurs personnages… ? C’est quelque chose qu’on a pu voir dans Pusher (Refn, 1999-2005), où l’histoire avance à chaque volet cependant… Ou bien même dans la trilogie The Disappearance of Eleanor Rigby (Ned Benson, 2013-2014)… Vous avez pris le risque de mettre les trois volets du texte en un… »

            Il explique avoir été intéressé par cette structure « avec le roman graphique ». C’est « une structure assez singulière dans le film avec des tons qui se mêlent. ». Aussi il explique que c’était un intérêt de scénariste.

Cineséries-mag : « Mais la partie de Rosalie n’a pas l’air d’en être une. On attend la voix-off une minute puis on ne la retrouve jamais. De même, on semble quitte son point de vue dans le même temps pour avoir une partie beaucoup plus linéaire et classique… D’ailleurs c’est la suite de l’histoire, pas un troisième point de vue dessus, et là on a une partie qui semble suivre les trois personnages… »

            « Ça l’est, raconté différemment… On va comprendre pourquoi Rosalie est ce qu’elle est. ». Il poursuit : « Même si elle n’est pas racontée sur le même mode, c’est la partie de Rosalie ». « C’est comme un puzzle qui petit à petit s’assemble… Il y a une épaisseur qui se forme ».

Sur ce qui le pousse à se lancer sur un projet

            « Le cinéma, enfin… moi… J’ai des goûts très éclectiques… Moi je veux être embarqué dans un récit… J’aime l’idée que l’histoire m’emporte… »

Sur l’aspect voyeuriste de deux des personnages principaux

            « Oui c’est vraiment une volonté de ma part, chez l’un comme chez l’autre, il n’y a rien de pervers. » Il continue : « Pour moi c’est l’aspect intriguant puis ludique qui vient. » On n’est « pas dans le film policier ».

Cineséries-mag : « Ne pourrait-on pas voir dans votre film, notamment avec le personnage de Kyan Khojandi, le spectateur de cinéma qui vient sortir de son quotidien au cinéma, pour rentrer alors dans une position de voyeuriste ? »

            « Effectivement on peut faire un parallèle avec le spectateur de cinéma… Et du coup, il faudrait presque aller le voir sans rien savoir » ajoute-il pour rapprocher le spectateur de cinéma au personnage de Khojandi. « Mais oui oui, on pourrait dire ça, même si ça n’est pas conscient chez moi. »

            « Un des gros enjeux du scénario, c’est justement de penser où est-ce qu’on révèle les choses sur le personnages… Il s’agit de penser à la place du spectateur… » rajoute-t-il.

Sur le cinéma français et son expérience de scénariste-réalisateur

            « J’ai plutôt eu la chance de travailler avec des gens variés. Je trouve que la vie est plus riche… Alors je sais bien que dans la vie française, on aime bien catégoriser… Mais voilà, pour moi, c’est plutôt une chance…. Ça me correspond, ça s’était aussi trouvé comme ça et je considère que c’est plutôt une chance. »

Cineséries-mag : « Vous travaillez déjà un nouveau projet de film ? »julien-rappeneau-film-rosalie-blum-interview-realisateur

            « Euh non, pas encore, je cherche… » répond-il amusé.

Cineséries-mag : « Vous avez un fantasme cinéphile que vous aimeriez écrire ou réaliser ? »

            « Euh non, j’ai beaucoup de fantasmes, mais pas encore Un ! » répond-il avec amusement.

Sur le travail d’adaptation

            « Comme j’avais déjà travaillé sur des adaptations, je savais qu’il fallait que je prenne des libertés… Donc c’est très fidèle et très libre… Visuellement c’est peu contraignant, j’ai pas cherché à faire un décalque. »

Sur le commencement de son travail de l’œuvre de Camille Jourdy et sa rencontre

            Cela s’est passé « assez vite, même si on s’est très peu vu, j’ai senti une proximité avec elle (l’auteur), en plus je l’admire beaucoup et l’apprécie beaucoup. Une chance ! En plus, elle a beaucoup aimé le film donc pour moi c’est un bonheur ! »

Cineséries-mag : « comme il a été dit, en France on aime tout catégoriser, et votre film est classé sur Allociné comme étant une comédie… Or, comme on l’a tous dit, votre film est à la fois dramatique, drôle, intriguant… Ne pourrait-on pas juste dire qu’il est un film humain ? »

            D’abord surpris par le classement d’Allociné, il répond, amusé : « Alors je sais pas si ça parlera aux gens ». « Mais effectivement il n’est pas facile à classer dans un genre, pourquoi faut-il toujours classer les choses et les gens ?! » conclut-il.

            C’est sur cette question que notre rencontre avec le très gentil et modeste Julien Rappeneau a pris fin. Nous remercions l’équipe du Cinémovida d’Arras pour son formidable travail, de même que les restaurants l’Amalgame et la Rapière pour leurs accueils.

Dunkirk: le prochain Christopher Nolan

0

Dunkirk : le prochain film de Christopher Nolan sur la Bataille de Dunkerque

Le réalisateur Christopher Nolan (Interstellar) sera bientôt à Dunkerque en France pour le tournage de son prochain film : Dunkirk. Un long métrage historique qui portera sur la Bataille de Dunkerque durant la Seconde Guerre Mondiale d’après un scénario original de Nolan lui-même. Le titre Dunkirk n’est pas sans rappeler le film britannique de Leslie Norman sorti en 1958 et qui traitait du même sujet. Les négociations sont en cours avec les acteurs Mark Rylance (Le Pont des Espions), Kenneth Branagh (Cendrillon) et Tom Hardy (Mad Max : Fury Road) tandis que des talents plus jeunes ont été castés à Londres pour interpréter les premiers rôles.

La Warner Bros prévoit la sortie du film pour le 21 Juillet 2017 et Greg Silverman, président du développement créatif et de la production pour Warner Bros est véritablement enjoué : «Dunkirk est une histoire captivante et puissante et nous sommes ravis de voir Chris, Emma, ​​et leur fonte en rendre compte sur grand-écran.» Car Christopher Nolan produira également le film avec sa partenaire et épouse, Emma Thomas. Le tournage devrait débuter en mai 2016 dans un grand nombre de lieux authentiques et historiques à commencer par la célèbre « poche de Dunkerque ».

Du 25 mai au 3 juin 1940, se joua à Dunkerque le combat sacrificiel de l’Armée française pour sauver quelques 400 000 alliés belges et surtout britanniques pris en étau par les Allemands d’un côté et par la mer de l’autre dans une sorte de poche. L’Opération Dynamo, également appelée « Miracle de Dunkerque », sera engagée le 27 mai 1940 car, par chance ce jour-là, Hitler donnera l’ordre à ses blindés de stopper momentanément leurs avancées. Pourquoi ? Le film nous apportera sans doute sa version mais certains pensent que le Fuhrer voulait ménager la Grande Bretagne pour obtenir une paix plus rapide quand d’autres affirment qu’il voulait tout simplement prendre Paris au plus vite.

L’évacuation de la « poche de Dunkerque » par un petit corridor de troupes françaises se fera dans des conditions atroces, anarchiques et presque irréelles. Les Anglais font appel à tout ce qui flotte pour participer à l’évacuation des soldats alliés : des navires, des yachts, des chalutiers, des remorqueurs, des péniches. Jusqu’au bateau-pompe de la Tamise ! Près de 340 000 combattants seront évacués dont plus de 123 000 français qui seront à nouveau débarqués en France pour continuer le combat.  Au sujet de cette bataille, le premier ministre Churchill dira : «Pendant ces quatre jours critiques, les Français ont contenu sept divisions allemandes. Ils ont ainsi apporté une splendide contribution au salut de leurs camarades. L’Angleterre n’aurait pas pu continuer la guerre sans eux.»

38è Festival International du Court-Métrage: Clermont-Ferrand 2016

Retour attendu au Cannes du Court

Et c’est reparti pour le grand rendez-vous international du court métrage! Clermont-Ferrand 2016 offrira, du 5 au 13 au février, sa 28ème compétition internationale, sa 38ème compétition nationale et sa 15ème compétition labo, son 31ème Marché du Film Court. Avec en 2015, 160.000 entrées dont 3.500 professionnels, malgré une météo peu clémente et la neige. Clermont-Ferrand représente le 2ème festival de cinéma en termes de fréquentation après Cannes.

Créé à l’initiative de l’association Sauve qui peut le court métrage, Clermont, c’est le grand rendez-vous du court métrage depuis 38 ans, point de rencontre incontournable des réalisateurs avec leurs spectateurs : professionnels, jeunes publics, scolaires, mordus de films, amateurs aventureux ou simples curieux.

Alors que nous réserve ce nouveau cru tant attendu? D’abord une affiche du célèbre illustrateur et grand cinéphile Blutch [1], dévoilée un peu tardivement en juillet, un véritable instantané au parfum balnéaire, une échappée onirique dans des tons pastel, une interprétation intimiste de l’événement. Un petit bain de soleil  en février!

Ensuite, au programme de cette 38ème édition, plus de 600 films retenus, toutes compétitions confondues, et toujours 3 compétitions (nationale, internationale et Labo) pour se faire plaisir, en découvrant ou redécouvrant ce format à part, plébiscité par le public pour sa créativité, et qui a permis de révéler de nombreux talents du 7ème Art. Un appel à la collaboration internationale aussi : au total, ce sont 64 pays qui viendront défendre leurs couleurs lors de cette 38e édition!

 Les 3 compétitions du Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand :

Compétition nationale (57 films français, 12 programmes)

57 élus parmi 1714 inscrits! Fictions, animations et documentaires au rendez-vous, en français mais pas que : la compétition nationale s’ouvre au monde pour nous offrir un regard riche et neuf sur notre société contemporaine, les fantômes du passé et les promesses de demain. Parmi les films retenus, neuf ont bénéficié de coproductions étrangères (Suisse, Québec, Canada, Belgique, Roumanie, Autriche, Géorgie). Au final, la sélection compte 37 films de fiction, 14 d’animation et 6 documentaires, expérimentaux pour la plupart. La durée des courts varie de 4 (Blanquette de Charlie Belin) à 52 minutes (Le gouffre de Vincent Le Port).  Parmi les noms déjà connus, on citera ceux de Mathias Gokalp, Emmanuel Parraud, Marina Diaby, Morgan Simon, Vladilen Vierny, Armand Lameloise, Sarah Van den Boom, Stéphanie Lansaque et François Leroy.

Jury: cette année, 5 artistes venus d’horizons très différents offriront leur expérience et poseront leur regard sur les 57 films qui composent cette compétition nationale. Réalisateurs, scénaristes ou virtuoses, autant de caractères et de parcours qui fondent la diversité de ce jury. Leyla Bouzid, réalisatrice et scénariste tuniso-française dont le dernier long métrage À peine j’ouvre les yeux vient de sortir dans les salles; Guillaume Brac, incontournable réalisateur de Un monde sans femmes côté court et du très beau Tonnerre, premier long sorti en 2014; Émilie Brisavoine, jeune première dans la cour des réalisateurs : son premier (remarquable) long métrage documentaire, Pauline s’arrache, fait déjà parler de lui depuis sa sortie en salles. Philippe Faucon, réalisateur et scénariste de génie récemment auréolé du Prix Louis-Delluc pour son magnifique long métrage Fatima; Dom La Nena, cadette de ce jury, jeune virtuose franco-brésilienne, nous offrira également son œil (et son oreille) de compositrice : en avant la musique !

1992, Anthony Doncque (France, 2015), Fiction, 25’00
Les Amours vertes, Marine Atlan (France,2015), Fiction, 32’00
Au bruit des clochettes, Chabname Zariab (France, 2015), Fiction, 26’00
Au loin les dinosaures, Arthur Cahn (France, 2015), Fiction, 30’00
Blanquette, Charlie Belin (France, 2015), Animation, 04’18
Brume, cailloux et métaphysique, Lisa Matuszak (France, 2014), Animation, 05’46
Café froid, Stéphanie Lansaque, François Leroy (France, 2015), Animation,14’44
Chalon, Jean-Luc Dang (France, 2015, Documentaire, 12’09
D’ombres & d’ailes…, Elice Meng, Eleonora Marinoni (France, Suisse, 2015), Animation, 12’55
Dans les eaux profondes, Sarah van den Boom (France, Canada, Québec, 2015), Animation, 12’04
La Danse des mots, Jean-Marc Rohart (France, 2015), Animation, 05’30
Des millions de larmes, Natalie Beder (France, 2015), Fiction, 22’55
Des racines, Jeanne Traon-Loiseleux (France, 2015), Fiction, 24’00
Le Déserteur, Jeanik Barot (France, 2015), Fiction, 30’00
Du plomb dans l’aile, Uriel Jaouen Zrehen (France, 2014), Fiction, 28’20
E.T.E.R.N.I.T., Giovanni Aloi (France, 2015), Fiction, 14’20
Ennemis intérieurs, Sélim Azzazi (France / 2015), Fiction, 27’33
Fais le mort, William Laboury (France, 2015), Fiction, 08’40
La Fin du dragon, Marina Diaby (France, 2015), Fiction, 26’00
Free Bullet, Caroline Detournay, Paulina Pisarek (France, 2015), Documentaire, fiction, 50’00
Fuck l’amour, François Zabaleta (France, 2015), Fiction, 05’40
Le Gouffre, Vincent Le Port (France, 2015), Fiction, 52’12
L’ Ile jaune, Paul Guilhaume, Léa Mysius (France, 2015), Fiction, 30’00
Isabella Morra, Isabel Pagliai (France, 2015), Documentaire expérimental, 22’15
Jason Krist, Matthieu Vigneau (France, 2015), Fiction, 14’34
Jay parmi les hommes, Zeno Graton (France, Belgique, 2015), Fiction, 28’27
Je ne suis pas un cygne, Armand Lameloise (France, 2015), Fiction, 16’47
Journal afghan, Cédric Dupire (France, 2015), Documentaire expérimental, 24’00
Jukai, Gabrielle Lissot (France, 2015), Animation, 09’20
Livreur, Vladilen Vierny (France, Belgique, 2015), Fiction, 11’00
Maître-Chien, Jean-Alain Laban (France, 2015), Fiction, 31’56
Maman(s), Maïmouna Doucouré (France, 2015), Fiction, 21’00
L’ Ours noir, Méryl Fortunat Rossi, Xavier Seron (France, Belgique, 2015), Fiction, 15’20
Peripheria, David Coquard-Dassault (France, 2015), Animation,12’00
Première séance, Jonathan Borgel (France, 2015), Fiction, 10’00
Le Printemps, Clélia Schaeffer (France, 2015), Fiction, 18’31
Punk à chien, Rémi Mazet (France, 2015), Fiction, 34’00
Reisende auf einem Bein, Alexandru Petru Badelita (France, Roumanie, 2015), Expérimental, fiction, 50’00
Le Repas dominical, Céline Devaux (France, 2015), Animation, 13’47
Réplique, Antoine Giorgini (France, Belgique, 2015), Fiction, 18’48
Réveiller les morts, Morgan Simon (France, 2015), Fiction, 11’11
Rhapsody, Constance Meyer (France, 2015), Fiction, 15’29
Les Rosiers grimpants, Lucie Prost, Julien Marsa (France, 2016); Fiction, 30’50
Sabine, Sylvain Robineau (France, 2016), Fiction, 14’00
Samedi, Hannibal Mahé (France, 2015), Fiction, 15’18
Samsung Galaxy, Romain Champalaune (France, 2015), Documentaire expérimental, 06’44
Tombés du nid, Loïc Espuche, (France, 2015), Animation, 04’19
Tout, tout a continué, Emmanuel Parraud (France, 2015), Fiction, 38’00
Tranche de campagne, Hannah Letaïf (France, Belgique, 2015), Animation, 07’00
Uncanny Valley, Paul Wenninger (France, Autriche, 2015), Animation, 13’30
Une sur trois, Cecilia de Arce (France, 2015), Fiction, 19’03
Victor ou la piété, Mathias Gokalp (France, 2015), Fiction, 16’00
La Voie rouge, Frédéric Ramade (France, 2015), Documentaire, 35’58
Wake Man, Tornike Bziava (France, Géorgie, 2015), Fiction, 29’27
Wellington Jr., Cécile Paysant (France, 2015), Animation, 12’15
Yaadikoone, Marc Picavez (France, 2015), Fiction, 22’00
Yùl et le serpent, Gabriel Harel (France, 2015), Animation/fiction, 13’11

Compétition internationale (79 films, 52 pays, 14 programmes)

Découvrez quatorze programmes de courts métrages en provenance des quatre coins du monde et signés par les meilleurs réalisateurs du moment. La 28e compétition internationale comprend soixante-dix-neuf films, de soixante-deux nationalités différentes, qui témoignent de la grande richesse et de l’incroyable créativité du format court de Madagascar à Taïwan, en passant par la Nouvelle Zélande et la Bolivie : surprises, perles rares et nouveautés de la scène internationale seront au rendez-vous.
Cette année encore, les thématiques sociales sont à l’honneur – familles en rupture, jeunes en mal d’avenir, galères au quotidien, immigration bien sûr, mais la vie moderne réserve aussi bien des peines que des joies… Comédies, regards espiègles sur la société, projets expérimentaux qui bousculent notre façon de voir les choses figurent également au programme. Autant de bons moments porteurs de cet espoir qui fait tourner le monde.

Jury: Arta DOBROSHI, actrice, productrice (Kosovo), JH Engström, photographe (Suède), Paz Fabrega, réalisatrice, scénariste, productrice (Costa Rica), Riccardo Guasco, peintre, illustrateur (Italie), Patrick Wang, réalisateur, acteur, scénariste, producteur, écrivain (États-Unis).

1992, Anthony Doncque (France, 2015), Fiction, 25’00
2037, Enric Pardo (Espagne, 2015), Fiction, 12’00
9 Days – From my Window in Aleppo, Floor van der Meulen, Thomas Vroege, Thomas Vroege (Pays-Bas, Syrie, 2015), Documentaire, 12’50
Accidents, Blunders and Calamities, James Cunningham (Nouvelle-Zélande, 2015), Animation, fiction, 05’10
El Adiós, Clara Roquet (Espagne, Etats-Unis, 2015), Fiction, 14’55
Ainda sangro por dentro, Carlos Segundo (Brésil, 2016), Fiction, 24’00
Alb, Paul Cioran (Roumanie, 2015), Fiction, 19’43
Amal, Aïda Senna (Maroc, 2015), Fiction, 15’00
Amazonas, Carlos Piñeiro (Bolivie, 2015), Fiction, 14’06
Anay ny lalana, Nantenaina Fifaliana (Madagascar, 2015), Documentaire, 11’23
Auto Copa Park, João Atala (Brésil, 2015), Fiction, 24’00
Babor Casanova, Karim Sayad (Algérie, Suisse, 2015), Documentaire, 35’00
Die Badewanne, Tim Ellrich (Autriche, Allemagne, 2015), Fiction, 12’58
Blast Beat, Esteban Arango Manchola (Etats-Unis, 2015), Fiction, 16’20
Boiler, Young-A Lee (Corée du Sud, 2015), Fiction, 11’54
Bow Wow Bow, Ayako Fujitani (Corée du Sud, Etats-Unis, 2015), Fiction, 14’52
Cham, Yotam Guendelman (Israel, 2015), Fiction, 29’00
Change in the Weather, Muiris Crowley (Irlande, 2015), Fiction, 17’04
Cokolwiek się zdarzy, kocham cię, Justyna Mytnik (Pologne, 2015), Fiction,13’45
Las Cosas simples, Alvaro Anguita (Chili, 2015), Fiction, 26’00
Courber l’échine, Kadija Ben-Fradj (Suisse, 2015), Fiction, 15’00
dark_net, Tom Marshall (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Fiction, 12’31
Den Tha Gerasoume Pote, Spiros Charalambous (Grèce, 2014), Fiction, 21’26
Dernière Porte au Sud, Sacha Feiner (Belgique, France, 2015), Animation, 14’20
Dokument, Marcin Podolec (Pologne, 2015), Animation, 07’00
Edmond, Nina Gantz (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Animation, 09’25
Entre la tierra, Sofia Quirós Ubeda (Argentine, Costa Rica, Chili, 2015), Fiction, 24’57
Ernie Biscuit, Adam Elliot (Australie, 2015), Animation, 20’00
Fata Morgana, Amelie Wen (Etats-Unis, Chine, 2015), Fiction, 20’0
Ferris Wheeln, Phuttiphong Aroonpheng (Thailande, 2015), Expérimental, fiction, 24’30
Freeze, Nelicia Low (Singapour, Taiwan, 2015), Fiction, 15’00
Fuel To Fire, Sam McMullen (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Fiction, 26’05
Garasz Inventory, Alyx Ayn Arumpac (Hongrie, Philippines, 2014), Documentaire, 12’40
A Gloria de Fazer Cinema em Portugal, Manuel Mozos (Portugal, 2015), Documentaire, fiction, 16’00
O Guardador, Rodrigo Areias (Portugal, 2015), Fiction, 17’00
Har Gaf Sayfan, Sherif El Bendary (Egypte, Allemagne, 2015), Fiction, 30’33
Homebodies, Yianni Warnock (Australie, 2015), Fiction, 14’33
Huaso Chileno, Diego Acosta (Chili, 2015), Documentaire, 18’00
El Hueco, Germán Tejada, Daniel Martin Rodriguez (Pérou, 2015), Fiction, 14’00
Ihr Sohn, Katharina Woll (Allemagne, 2015), Fiction, 23’00
In the Distance, Florian Grolig (Allemagne, 2015), Animation, 07’30
La indiferencia del viento, Ruben Guzman (Argentine, 2015), Documentaire, 17’41
Isand, Riho Unt (Estonie, 2015), Animation, 18’00
Just Another Day In Egypt, Nikola Ilic, Corina Schwingruber Ilic (Suisse, Serbie, 2015), Documentaire, 10’50
Kasco, Mojtaba Ghasemi (Iran, 2015), Fiction, 25’00
Keep Going, Geon Kim (Corée du Sud, 2015), Fiction, 19’48
The Lasting Persimmon, Kei Chikaura (Japon; 2015), Documentaire/fiction, 15’00
The Light Side, Khayyam Abdoullayev, Elmaddin Aliyev (Azerbaidjan, 2015), Fiction, 07’30
Lost Village, George Todria (Espagne, Géorgie, 2015), Fiction, 15’33
Madam Black, Ivan Barge (Nouvelle-Zélande, 2015), Fiction, 11’19
The Manliest Man, Anuj Gulati (Inde, 2015), Fiction, 24’00
Manoman, Simon Cartwright (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Animation, 10’40
Midland, Oliver Bernsen (Etats-Unis, 2015), Fiction, 27’21
Mil capas, Tess Anastasia Fernández Massieu (Mexique, 2015), Fiction, 20’00
Nia’s Do, Kek Huat Lau (Taiwan, 2015), Fiction, 26’00
No One Gets Out Of Here Alive, Ramzi Bashour (Liban, 2015), Fiction, 11’15
Le Nom que tu portes, Hervé Demers (Canada, Québec, 2015) Fiction,14’50
Odnajdi v SSSR, Mikhail Zheleznikov (Russie, 2015), Expérimental/fiction, 05’56
Panorama, Virginia Urreiztieta (Vénézuela; 2015), Fiction, 20’00
Piknik, Jure Pavlovic (Croatie, 2015), Fiction, 13’00
Polski, Rubén Rojas Cuauhtemoc (Cuba, 2015), Fiction, 21’35
Raisa, Pavel Cuzuioc (Moldavie, Autriche, 2015), Fiction, 15’00
Red-end and the Factory Plant, Bethany De Forest, Robin Noorda (Pays-Bas, Belgique, 2015), Animation, 15’35
Le Repas dominical, Céline Devaux (France, 2015), Animation, 13’47
Ri Guang Zhi Xia, Yang Qiu (Australie, Chine, 2015), Fiction, 18’55
Riders, Jesper Vidkjær Rasmussen (Danemark, 2015), Fiction, 28’45
Seide, Elnura Osmonalieva (Kirghizstan, 2015), Fiction, 13’40
Şeva Dirêj, Kamiran Betasi (Irak, Emirats Arabes Unis, 2014), Fiction, 14’00
Sexy Laundry, Izabela Plucinska (Allemagne, Canada, Pologne, 2015), Animation, 12’00
Son in the Barbershop, Nathan Douglas (Canada, 2015), Fiction, 07’21
Stoerre Vaerie (Norra Storfjället), Amanda Kernell (Suède, 2015), Fiction, 15’00
Subotika – Land of Wonders (Peter Volkart, Suisse, 2015), Documentaire, fiction, 13’30
Syn, Philip Sotnychenko (Ukraine, 2015), Fiction, 16’00
Takk for turen, Henrik Martin K. Dahlsbakken (Norvège, 2016), Fiction, 18’55
Talvisydän, Jussi Hiltunen (Finlande, 2015), Fiction, 18’00
Touch, A. Stephen Lee (Etats-Unis, 2015), Fiction, 10’40
Uzak mı…, Leyla Toprak (Turquie, 2015, Documentaire, expérimental, 16’12
Venerdi, Tonino Zangardi (Italie, 2015), Fiction, 15’00
Vozvrashenie Erkina, Maria Guskova (Russie, Kirghizstan, 2015), Fiction, 28’08
Zakat, Andrei Annenski (Russie, Roumanie; 2015), Fiction, 37’00

Compétition labo (30 films, 21, pays, 5 programmes)

Trente films au programme pour cette quinzième édition de la compétition Labo du festival du court métrage de Clermont-Ferrand, pour découvrir des œuvres détonantes, littéralement hors du ton. Pas de risque de s’ennuyer! De manière classique la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis se taillent la part du lion avec pas moins de la moitié de cette sélection ; l’Australie, le Vietnam, l’Inde, la Nouvelle-Zélande, l’Autriche ou encore le Lesotho complètent une palette très haute en couleurs : du suicide assisté par manège grand-huit en passant par les déambulations d’une fanfare vietnamienne déchaînée, la répétition de nouveaux numéros de strip-teaseuses philippines au moment de la venue du pape, la dramatique montée des eaux en Corée du Nord ou encore la prise d’assaut du Brooklyn Bridge par des artistes casse-cou, difficile de ne pas se laisser entraîner dans ce tourbillon imaginatif!
On y verra notamment les derniers travaux de Peter Tscherkassky (The Exquisite Corpus, qui a été présenté à la dernière Quinzaine des réalisateurs) et Christophe Girardet, ainsi que, côté français, The Reflection of Power de Mihail Grécu et Ghost Cell d’Antoine Delacharlery, produit par Autour de minuit.

Jury: Cascadeur (de son vrai nom Alexandre Longo), auteur, compositeur, interprète (France), Eilleen Hofer, réalisatrice, journaliste, photographe (Suisse), Kleber Mendonça Filho, réalisateur, monteur son, producteur (Brésil).

A Coat Made Dark, Jack O’Shea (Irlande, 2015), Animation, 09’56
A Smile in the Back of My Head, John Angus Stewart (Australie, 2015), Expérimental, fiction, 10’17
Ardeidae, Daniele Tucci, Chiara Faggionato, Corrado Chiatti (Italie, 2014), Fiction, 13’19
The Atom Station, Nick Jordan (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Documentaire expérimental, 13’20
Behemoth – or the Game of God, Lemohang Jeremiah Mosese (Lesotho, Allemagne, 2015) Expérimental, fiction, 12’37
Camrex, Mark Chapman (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Documentaire expérimental, 13’05
The Couple, David White (Nouvelle-Zélande, 2015), Fiction, 07’43
Deer Flower, Kangmin Kim (Etats-Unis, Corée du Sud, 2015), Animation, expérimental, 07’33
Eden’s Edge (Three Shorts on the Californian Desert), Gerhard Treml, Leo Calice, Autriche, 2014), Animation, documentaire, 19’00
The Exquisite Corpus, Peter Tscherkassky (Autriche, 2015), Expérimental, 19’00
La Fin d’Homère, Zahra Vargas (Suisse, 2015), Documentaire, fiction, 22’40
Freedom & Independence, Bjørn Melhus (Allemagne, 2014), Expérimental, fiction, 15’01
Ganjouriho, Mathias Minne (France, 2015), Fiction, 18’40
Gelem, Alon Sahar (Israel, 2014), Fiction, 12’30
Ghost Cell, Antoine Delacharler (France, 2015), Animation, 06’00
Greener Grass, Paul Briganti (Etats-Unis, 2015), Fiction, 14’57
H Positive, Glenn Paton (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Fiction, 07’42
Hotaru, William Laboury (France, 2015), Expérimental, fiction, 21’37
In Between Identities, Aleksandar Radan (Allemagne, 2015), Expérimental, 08’50
Junilyn Has, Carlo Francisco Manatad, Philippines (2015, Fiction), 15’00
Kamakshi, Satindar Singh Bedi (Inde, 2015), Expérimental, fiction, 24’40
The Living Need Light The Dead Need Music, Matt Lucero, Tuan Andrew Nguyen, Phunam Ha (Vietnam, 2015), Documentaire, fiction, 21’15
Le Park, Randa Maroufi (France, 2015), Expérimental, fiction, 14’00
The Pride of Strathmoor, Einar Baldvin (Etats-Unis, Islande, 2015), Animation, 08’30
The Reflection of Power, Mihai Grecu (France, 2015), Documentaire, expérimental, 09’00
Sugar Lump, Ryo Okawara (Japon, 2015), Animation, 13’55
Symbolic Threats, Matthias Wermke, Mischa Leinkauf, Lutz Henke (Allemagne, 2015), Documentaire, 15’00
Synthesis, Christoph Girardet (Allemagne, 2015), Expérimental, 07’10
Teeth, Daniel Gray, Tom Brown (Royaume-Uni, Pays de Galles, Hongrie, Etats-Unis, 2015), Animation, 06’00
Voor Film, Douwe Dijkstra (Pays-Bas, 2015), Documentaire, expérimental, 11’37

Clermont-Ferrand 2016, c’est aussi:

– À ceux qui ont la tête dans les étoiles et rêvent d’évasion : levez le pied et laissez votre curiosité mordiller vos sens ! Les rétrospectives autour de la Suède et de l’espace sont faites pour vous. Après les Etats-Unis en 2014 et la Chine en 2015, l’étendue de la diversité créative suédoise s’offrira à nous à travers six programmes de films la plupart du temps inédits (31 films au total). Une exploration de la diversité du court métrage suédois qui fête également le centenaire de son cinéma d’animation. Par ailleurs, avant d ’aller sur mars, cette nouvelle édition vous invitera à embarquer pour une rétrospective du 3e type « Star Systems » (19 films au programme): l’espace et la science-fiction s’invitent sous toutes leurs formes à travers 3 programmes vers l’infini… et au-delà ! En partenariat avec Sauve qui peut, le Court-Métrage et le concours de Plein Champ (Association des cinémas en Auvergne), venez à la découverte d’une sélection de films primés ou repérés au Festival 2016. A l’image de la production mondiale, cette sélection mettra en lumière la diversité de genres à travers des courts-métrages vivants et imaginatifs. La Fémis, prestigieuse école publique de cinéma, fêtera ses 30 ans à Clermont avec trois programmes de courts, des films de fin d’études et des films du département montage de l’école, jamais diffusés.

– Comme chaque année Regards d’Afrique et séances scolaires. Des expositions et des débats avec les professionnels, un regards sur la guerre d’Indochine, le programme Décibels pour découvrir des créations musicales électriques et surprenantes,  les Brèves digitales, une sélection projetée en ligne ! Visionnez et votez pour votre film préféré; une carte blanche Takami Productions (films choisis par le producteur lauréat du prix Procirep 2015)…  Quant aux jeunes et moins jeunes qui souhaitent sauter à pieds joints dans la programmation, prenez votre maillot et une grande inspiration : le ciné-piscine revient, ainsi que les séance 3D et Audiodescription.

Vous l’aurez compris, pas de place pour l’ennui !…

Alors ouvrez vos mirettes, le spectacle va bientôt commencer!

Pour de plus amples informations : http://www.clermont-filmfest.com/

Voici la bande annonce officielle, dynamique, éclectique, et intrigante qui vous donnera un aperçu de ce tourbillon cinématographique, qui aura lieu du 5 au 13 février 2016 au festival du court métrage de Clermont-Ferrand (Montage : David Chambriard (Atalante Productions), Musique : Arnaud Dumatin & Emmanuel Mario (Institut)).

[1] Né à Strasbourg en 1967, Christian Hincker, dit Blutch, est connu pour ses dessins qui ornent les colonnes de Libération, du New-Yorker et des Inrockuptibles, mais il se veut surtout chroniqueur graphique de la vie quotidienne et de ses turpitudes. Il démarre sa carrière à travers la bande-dessinée en publiant dans Fluide Glacial à partir de 1990. Cette collaboration donnera lieu à la sortie de 3 albums : Waldo’s Bar (Audie, 1992), Mademoiselle Sunnymoon et Blotch. Suivront ensuite Peplum, une tragédie homosexuelle qui marque un tournant dans son œuvre, Blutch n’hésitant désormais plus à aborder des thèmes dérangeants. Son style particulier, traité dans un vigoureux noir est blanc, reste très reconnaissable. Blutch, un illustrateur made in France, acteur et cinéphile qui offre à la 38ème édition du festival une affiche, un repère, son point de départ.

Pauline s’arrache, un film d’Emilie Brisavoine: Critique

A la fin du film d’Emilie Brisavoine, voire à la fin de son générique, les spectateurs sont restés dans la salle, recroquevillés au fond de leur siège, comme sonnés par ce qu’ils venaient de voir…Pauline s’arrache est un documentaire très intime qui se passe dans une famille atypique et conflictuelle.

Synopsis: Pauline, 15 ans, est la seule de la fratrie à vivre encore avec ses parents. Entre sa mère, une ancienne reine de la nuit, et son père qui se travestit, son quotidien est explosif. Pauline est filmée pendant deux ans par sa demi-soeur Emilie, qui mélange des archives familiales et des images prises sur le vif… On y découvre une jeune fille pleine de vie, parfois agaçante mais au charme désopilant, très amoureuse d’un musicien. Pendant les deux années où la caméra la suit se joue une question fondamentale : quand et comment devient-on adulte ? Quel est le bon moment pour quitter le giron familial, pour «s’arracher»…

Pauline à la plage

Frédéric est le père gay aimant beaucoup se travestir, à ses heures très violent verbalement, constamment dans les excès à la mesure de son traumatisme d’enfance ; Meaud est la mère néo-baba, ancienne gloire de la nuit, vieillissante et dépressive, elle non plus pas avare de cris en tous genres, elle aussi charriant son lot personnel de perfidies de la part des adultes de sa propre enfance. Ce couple tumultueux, présenté par Emilie Brisavoine comme le roi et la reine d’un château de conte de fées, a donné vie à trois enfants dont les deux aînés Anaïs et Guillaume ont réussi à s’extirper de ce milieu très perturbant en allant vivre qui chez une grand-mère, qui chez une marraine, et dont la petite dernière Pauline, vit encore avec eux. Par moments, on serait tenté de dire survivre plutôt que vivre, tant l’existence de Pauline est chaotique et difficile sur la période du documentaire.

Derrière la caméra, une caméra rudimentaire allant de l’iPhone au simple caméscope DV, œuvre Emilie, la grande demi-sœur issue du premier mariage de la mère. Il est évident que la jeune réalisatrice pose un acte cathartique au travers de Pauline s’arrache qui implique sa propre famille, elle arrive non seulement à se mettre à distance de cette histoire que l’on devine difficile si ce n’est douloureuse, mais également à mettre les protagonistes eux-mêmes à distance de la caméra, à distance de leur propre outrance (« je ne peux pas dire librement baiser, baiser devant ta camera, dit la mère, un peu mal à l’aise, et de fait avec le regard vaguement fuyant »).

Seule Pauline est constamment en osmose avec la caméra, et le film Pauline s’arrache prend véritablement l’allure d’un journal filmé. Les moments où l’héroïne prend la caméra à partie ne sont pas rares ; elle est comme l’exutoire d’un quotidien qui lui est trop lourd à porter. Pauline a entre un peu moins de 15 ans et un peu plus de 17 ans lorsqu’ Emilie Brisavoine la suit dans ses pérégrinations adolescentes : ses disputes fraternelles, ses embrouilles filiales, ses amours torturés, ses doutes et sa lassitude. Mais à ce stade, Pauline ne s’arrache pas, au contraire elle reste bien ancrée dans sa famille, tétanisée par la peur pense-t-elle dans un premier temps, expérimentant bientôt des épiphanies plus ou moins fondées sur les raisons de son immobilisme et de son attachement à ces parents qui ne la rendent pas toujours heureuse. «Je viens de comprendre un de ces trucs, c’est comme si mon cerveau avait chié ! » dit-elle à la caméra dans un large sourire de soulagement. Pauline est extrêmement émouvante dans son mélange explosif de révolte et de résignation, et malgré une image pas toujours belle à voir, pixellisée et sombre, saccadée et imprécise, la réalisatrice et sa monteuse Karen Benainous parviennent à nous toucher profondément, plus profondément peut-être que ce qu’on aurait pu imaginer…

Mais Pauline s’arrache n’est pas un dépliant sur les traumas familiaux, et le but n’est pas de soutirer les larmes du spectateur. Emilie Brisavoine entremêle ses propres images avec des archives familiales, du temps de l’enfance, du temps de l’innocence, comme par exemple ce petit film avec Pauline et ses frère et sœur, intitulé « Pauline, 1990, à la plage » par son grand-père, un titre énoncé d’une voix laconique et dont on ne sait s’il est accidentel ou volontaire…C’est ce mélange entre un présent tourmenté et cette innocence passée, cette absence totale de conscience des choses suivie d’un réveil douloureux qui nous rendent empathiques de Pauline, agaçante dans sa mue, voire insupportable par moments, il faut bien le dire, mais fragile et perdue parmi sa parentèle aussi aimante que compliquée….

Il n’y a pas si longtemps, le canadien Jonathan Caouette a réalisé ce même type de documentaire familial très intime avec Tarnation en 2003, et Walk away Renée en 2011, deux films très forts et marquants qui pourraient faire figure de grands frères au film d’Emilie Brisavoine : les mêmes méthodes de tournage et de montage, la même famille déjantée, le même sous-texte queer (Pauline s’arrache a été nominé au Queer Palm de 2015, prix finalement reçu par Carol de Todd Haynes). Une telle affiliation est tout à l’honneur de la plus jeune réalisatrice, et si le moteur de la jeune femme est le travail sur la porosité entre l’inconscient et le réel, Caouette avoue également s’être inspiré du Twilight Zone de David Lynch. Mais surtout tous ces films ont en commun d’être une véritable déclaration d’amour des réalisateurs à leur famille, et c’est sans doute ce qui séduit dans Pauline s’arrache, cette bienveillance et cette tendresse qui imprègnent sa caméra de bout en bout.

Pauline s’arrache – Bande annonce

 Fiche technique : Pauline s’arrache

Date de sortie : 23 Décembre 2015
Réalisateur : Emilie Brisavoine
Nationalité : France
Genre : Documentaire
Année : 2015
Durée : 88 min.
Scénario : Emilie Brisavoine
Interprétation : Pauline Lloret-Besson, Meaud Besson, Frédéric Lloret, Anaïs Lloret-Besson, Emilie Brisavoine…
Musique : –
Photographie : Emilie Brisavoine
Montage : Karen Benainous
Producteurs : Nicolas Anthomé
Maisons de production : Bathysphère Production
Distribution (France) : Jour2fête
Récompenses : Sélectionné à l’ACID au Festival de Cannes 2015
Budget : –