Critique DVD – Hitman : Agent 47, un film d’Aleksander Bach

Tout le monde a droit à une seconde chance, même l’agent 47 ! Vous savez, ce célèbre tueur à gages tenant l’affiche de la franchise vidéoludique Hitman qui avait déjà eu droit à une (pitoyable) adaptation sur grand écran en 2007 ? Eh bien, le personnage effectue son come-back dans un tout nouveau film qui se présente au public  telle une sorte de reboot et non une suite, comme l’avait été L’Esprit de Vengeance pour le premier Ghost Rider. Et à l’instar de ce dernier, ce second volet réussit l’exploit de faire pire que le précédent. Explications.

Synopsis : Une organisation secrète appelée le Syndicat projette de fabriquer génétiquement des agents surpuissants, capables de tuer n’importe qui. Pour ce faire, elle désire retrouver Peter Aaron Litvenko, le scientifique à l’origine des premiers agents afin qu’il puisse subvenir à ses besoins. Mais pour cela, elle va devoir mettre la main sur la fille de ce dernier, Katia van Dees. En parallèle, le célèbre Agent 47 se lance également à la poursuite de Katia pour l’éliminer, étant chargé d’empêcher la création de ces nouveaux surhommes…

De quoi regretter le premier film…

Comme la plupart des jeux vidéo portés au cinéma, Hitman premier du nom se montrait assez insultant envers son modèle. À la manière des films Resident Evil qui oubliaient l’angoisse au profit d’une action décérébrée à la limite du clipesque, le long-métrage de Xavier Gens (charcuté au montage par une production américaine prenant les spectateurs pour des abrutis) était sorti en salles sous la forme d’une série B explosive. Se voulant spectaculaire sans vraiment y parvenir car assez mal fichu dans l’ensemble (mise en scène non maîtrisée, montage anarchique…). Ce qui était bien loin de la discrétion propre au personnage du jeu. D’autant plus que celui-ci, de base sans âme, froid et calculateur mais non sans charisme, se retrouvait pour le coup avec une histoire et des sentiments, le rendant trop humain, limite « faible », et lui retirant pour le coup son aura de tueur au sang-froid (l’interprétation de Timothy Olyphant n’aidait pas grandement). Ici, dans Hitman : Agent 47, les choses ont évolué… dans le mauvais sens.

Pourtant, on sent que l’équipe du film a voulu revenir vers les bases même du protagoniste. À savoir énigmatique, imprévisible et inhumain. Le problème étant qu’elle n’a pas su l’exploiter convenablement. Car si l’idée d’en faire un antagoniste était plutôt ingénieuse sur le papier, le personnage éponyme devient très vite un bourrin totalement inintéressant envoyant des références en veux-tu en voilà (comme effectuer une pose avec ses flingues, se déguiser à tout-va) de manière incongrue. Sans compter que la prestation de Rupert Friend n’est pas du tout convaincante, le comédien étant à côté de ses pompes et ayant le charisme d’une huître. On en reviendrait presque à regretter Timothy Olyphant, c’est dire ! Laisser une seconde chance au film de Xavier Gens serait même un réflexe une fois celui-ci vu, étant donné qu’il possédait bien plus de qualités que ce nanar sans nom.

Le premier Hitman était infidèle au jeu vidéo, mais au moins, il avait une histoire à raconter. Ici, on nous sert une intrigue abracadabrantesque de super-soldats mal agencée qui enchaîne des séquences d’action encore plus décérébrées que précédemment. Ces dernières, en plus de souffrir d’une photographie de piètre qualité, doivent subir un montage hystérique au possible (Agent 47 en devient encore plus clipesque que le premier) mais surtout une incompréhensible surdose de CGI bien vomitive alors que de simples cascades pourtant réalisables (telle une voiture dérapant contre un mur) auraient fait l’affaire dans ce genre de blockbuster. Le long-métrage en ressort encore plus artificiel qu’un produit vidéoludique au point de paraître diablement ridicule à chaque seconde de visionnage. Et ce ne sont certainement pas les comédiens qui vont arranger les choses. Même pas Zachary Quinto, venu se perdre dans ce gloubi-boulga de violence gratuite et d’action sans intérêt.

Censé faire oublier les premiers essais cinématographiques du tueur au code barre, Hitman : Agent 47 enfonce encore plus le clou en se présentant au public comme un grand n’importe quoi se voulant spectaculaire et explosif. En faisant cela, le film insulte à son tour le jeu d’origine mais perd définitivement l’occasion de convaincre les spectateurs, à cause d’un aspect guignolesque aussi bien du côté du scénario que de l’action en elle-même. Une véritable perte de temps bien en-dessous de n’importe quelle production Besson…

Hitman : Agent 47 – Bande-annonce

Fiche technique – Hitman : Agent 47

États-Unis – 2015
Réalisation : Aleksander Bach
Scénario : Michael Finch et Skip Woods, d’après le jeu vidéo éponyme
Interprétation : Rupert Friend (Agent 47), Hannah Ware (Katia van Dees), Zachary Quinto (John Smith), Ciarán Hinds (Peter Aaron Litvenko), Thomas Kretschmann (Antoine Le Clerq), Dan Bakkedahl (Sanders), Emilio Rivera (Fabian), Rolf Kanies (le docteur Delriego)…
Date de sortie : 26 août 2015
Durée : 1h25
Genre : Action
Image : Óttar Guðnason
Décors : Sebastian T. Krawinkel
Costumes : Bina Daigeler
Montage : Nicolas De Toth
Musique : Marco Beltrami
Budget : 35 M$
Producteurs : Adrian Askarieh, Charles Gordon, Skip Woods et Alex Young
Productions : 20th Century Fox Film Corporation, TSG Entertainment, Fox International Productions et Infinite Frameworks Studios
Distributeur : 20th Century Fox

 

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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