Top 10 films 2015 : Mad Max: Fury Road, Vice-Versa…

Top 10 films 2015 de la Rédaction Cinéséries-Mag

Le top 10 CSM des meilleurs films de 2015 :

En cette fin d’année, sans surprise axée sous le sceau de Star Wars : Le Réveil de la Force qui, au moment de l’écriture de ces lignes, aura trusté la plus haute marche du box-office (et sera peut-être déjà en lice pour détrôner Avatar), il semblait évident qu’on se prête, à l’instar de nos confrères du web et autres cinéphiles amateurs, au jeu du bilan. Un exercice à la fois vain, très formel mais surtout trop réducteur, parce que tenter de résumer 365 jours et à peu près autant d’heures passées devant un écran, dans un article privilégiant l’épure quand la logique voudrait le contraire, c’est autant impossible qu’inutile. Tout juste, pourra-on dire alors, que cette année 2015 aura été une virée dans l’in-connue, ou dans le connu si l’on s’en réfère au sens étymologique du mot in, entre retours de vieilles légendes (Steven Spielberg, Clint Eastwood, George Miller, Robert Zemeckis ou John Boorman) et de vieilles franchises (Mad Max, Terminator, Jurassic Park). 2015 aura aussi été l’occasion pour nous de constater l’indéfectible soutien que vous tous, lecteurs, vous nous portez, puisque de par votre présence à chaque fois plus nombreuse, le privilège nous a été donné que de pouvoir nous rendre au Festival de Cannes, et couvrir de l’intérieur cet événement inoubliable.
On ne saura omettre toutefois de mentionner l’importance qu’a pris le cinéma au cours de cette année. Qu’il soit passeur de message avec Tomorrowland de Brad Bird ; moyen de montrer la foi en l’être humain avec Le Pont des Espions de Steven Spielberg ou simplement outil de dénonciation avec Much Loved de Nabil Ayouch ; autant dire que le 7ème art aura revêtu une importance accrue au cours de ces 12 derniers mois, n’hésitant ainsi pas à épouser les contours d’une société meurtrie par des attaques terroristes, pour mieux panser ces plaies (les sorties décalées de Made in France et Jane Got a Gun des suites des attentats de Paris étant de cruels exemples). Mais le cinéma aura encore une fois montré que sa beauté réside dans son aspect inter-générationnel, son éclectisme et sa richesse.  Un peu comme notre top d’ailleurs, qui n’a pu voir le jour sans la présence de quelques intrépides crétins – on les appelle cinéphiles à la rédaction – qui courent de salles en salles à la recherche d’une vérité ou émotion qu’un chapelet de personnes à l’aise avec une caméra arrivent à capturer. Mais de là à vous considérer comme des crétins, il n’y a qu’un pas, que nous ne franchirons pas, déontologie oblige. Et pour cause car comme dirait Beaumarchais : sans la liberté de blâmer, il n’y a point d’éloges flatteurs.

À l’année prochaine !

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10. Ex Machina

Une relecture du mythe de Frankenstein à la sauce 2.0

Il fallait bien un génie derrière la caméra pour pouvoir raviver le spectre des dangers de l’intelligence artificielle, véritable marronnier du cinéma SF déjà labouré aussi bien par Spielberg que Kubrick avec son terrifiant HAL 9000 de 2001 l’Odyssée de l’Espace. Du coup, voir Alex Garland (scénariste récurrent de Danny Boyle), déjà à la baguette de récit hautement fataliste comme 28 Jours plus Tard ou Sunshine, exécuter d’une main ferme la relecture 2.0 du mythe de Mary Shelley, le tout servi par une mise en scène sobre, anxiogène et glaçante et des acteurs au sommets (Oscar Isaac et Domnhall Gleeson & la révélation suédoise Alicia Vikander), ça a forcément quelque chose de grisant.

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9. Le Fils de Saul

Une plongée en apnée à Auschwitz

Suffocante, oppressante et immersive, la première œuvre du metteur en scène hongrois Lazlo Nemes fut sans conteste la révélation du dernier Festival de Cannes. Empruntant un procédé de mise en scène déjà utilisé dans le Birdman d’Alejandro Gonzalez Innaritu, en l’occurrence le plan-séquence, cette plongée en apnée dans l’enfer du camp de concentration d’Auschwitz et la vie de Saul, Sonderkommando (juif forcé de participer à la Solution Finale) désireux d’offrir une sépulture décente à ce qu’il croit être le cadavre de son fils, a fortement ému la rédaction, touchée au vif par ce récit expérimental teinté d’une très grande humanité.

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8. Star Wars : Le Réveil de la Force

Le réveil de la nostalgie 

Qu’on se le dise mais voir figurer au sein du top le dernier-né de la saga initiée par George Lucas en son temps, n’est presque pas une surprise. Comment refouler la nostalgie attachée à cet univers si familier ou le simple bruissement d’un sabre laser ou d’un fusil blaster suffit pour nous faire retomber en enfance ? La réponse est claire : c’est impossible. Pour autant, bien que la nostalgie soit présente, force est de constater (ouais on aime mentionner la Force partout nous, on est comme ça) que le film remplit toutes ses promesses. Entre des combats spatiaux d’anthologie, un univers visuel proche de la trilogie originale et un vivier de nouveaux personnages déjà culte, autant   dire que le contrat est rempli haut la main. Si bien que maintenant, le plus dur sera d’attendre la sortie de l’Épisode VIII, que prépare déjà Rian Johnson (Looper).

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7. Foxcatcher

Du sang, de la sueur et des larmes 

On l’avoue franchement : la lutte gréco-romaine ne fait pas partie de nos sports de prédilection, ni-même des sports les plus racoleurs qui soient (comme le curling en somme). Bennet Miller, bien aidé par un casting poids-lourd (Channing Tatum, Mark Ruffalo, Steve Carrel) nous le rend passionnant, primitif et cérébral, brutal et sensuel à travers cette histoire dingue, convoquant autant domination physique que psychologique, patriotisme déclinant, un milliardaire psychotique avili par le rejet d’affection que lui porte sa mère, et deux frères sportifs qui tombent très vite sous la coupe de ce despote à la richesse infinie. Glaçant, profond et anxiogène, la rédaction est encore sous le choc.

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6. Youth

Le temps qui passe…

Issu du cru cannois 2015, qui aura vu de grands films se bousculer sur le tapis rouge (on pensera à Macbeth, Dheepan, Le Fils de Saul pour ne citer qu’eux), nul doute que Youth pourrait se voir décerner la Palme du plus beau film de la Croisette. Michael Caine en compositeur retraité qui donne la réplique à un Harvey Keitel en réalisateur vieillissant, le tout dans une maison de détente plantée dans le paysage suisse, et voilà que le film pose les marques du style de Paolo Sorrentino. Lent, contemplatif, introspectif, jetant un regard acerbe sur le star-system, sur le temps qui passe, sur les illusions de la vie et sur l’amour, le film est une gigantesque toile ou le metteur en scène italien déploie tout son talent de faiseur, nous décollant la rétine à chaque fois. Autant dire qu’à la rédaction, on est encore en extase.

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5. Mustang ex aequo avec Sicario

Question de morale contemporaine

Difficile loin s’en faut, d’avoir su départager ces deux oeuvres radicalement opposées par leurs thématiques et leurs approches, mais curieusement liées par cette question de morale, qui infuse jusque dans leur ossature, les deux films. D’un coté, on a Sicario où l’on retrouve Denis Villeneuve, le prodige québécois bientôt à la barre de Blade Runner 2 (excusez du peu) qui livre un cinglant réquisitoire envers l’Oncle Sam et son combat acharné pour éradiquer la menace de la drogue. Approche exacerbée, violence inouïe, et personnage évoluant dans un enfer bureaucratique miné par une morale reléguée en arrière-plan, Villeneuve donne à voir un brûlot curieusement axé sous le sceau d’une gigantesque défaite (la défaite de la politique US) et marque encore un peu plus son territoire dans la profession.

De l’autre, on a Mustang, récit déroutant de la condition féminine en Turquie lorsque celle-ci se voit confrontée à une figure tutélaire/paternelle très à cheval sur la tradition religieuse et qui brime aussi bien leur intégrité en tant que femme, que leur liberté. Sujet grave et contemporain, autant dire que le film donnait de prime clairement l’impression d’agir en tant que plaidoyer pour la condition féminine (et ersatz de Virgin Suicides) que réel effort de cinéma. Qu’elle n’en fut pas la surprise de voir alors un film converti en une ode à la liberté, servie par une mise en scène spontanée, n’hésitant pas alterner moments d’euphorie galvanisants et instants plus dramatiques, sans cesse appuyée par les prestations de ces jeunes femmes épatantes (mention à la plus jeune, effarante de vérité)

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4. The Lobster

L’O.V.N.I de l’année

Véritable OVNI du dernier Festival de Cannes, ce récit allégorique tendant à condamner les dérives amoureuses de notre société a fortement impressionné la rédaction. Il faut dire qu’avec un synopsis aussi frappadingue (les célibataires ont 45 jours pour trouver l’amour sous peine de se transformer en l’animal de leur choix) et un casting international de très haute volée (Colin Farrel, Léa Seydoux, John C. Reily, Ben Whishaw, Rachel Weisz), le film partait sur de très bonnes bases. Des bases heureusement renforcées par le talent de Yorgos Lanthimos, sorte de cousin éloigné d’un Wes Anderson, qui renforce la froideur de son sujet par des plans millimétrées et un cadre austère, terriblement antipathique.

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3. Birdman

La revanche du has-been

Grand vainqueur des Oscars 2015, qui ont vu le film rafler la prestigieuse statuette du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur, la présence de Birdman dans notre top semblait relever de l’évidence même. Il faut dire qu’avoir su réussir à faire sortir de sa pré-retraite le talentueux Michael Keaton et le confronter à une histoire faisant curieusement écho à son passé d’acteur (Keaton a joué Batman pour Tim Burton à deux reprises), était quelque chose de relativement osé. Ça l’est encore plus quand le réalisateur Alejandro Gonzalez Innaritu, non content d’égratigner l’aura du star-sytem et la vacuité de ces personnalités carburant à l’ego, dresse une pique envers les réseaux sociaux, la célébrité et les blockbusters tout en emballant son film dans l’un des plus beaux écrins de l’année : un faux plan-séquence, donnant alors l’illusion d’un film sans coupures. Du génie à l’état pur.

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2. Vice-Versa

Pixar encore une fois au sommet

Dans les étoiles avec Star Wars et sur le tapis dans Foxcatcher ; ccette année 2015 se sera fait un malin plaisir à jouer avec notre tête. Rien d’étonnant dans ce cas de voir Vice-Versa, dernier-né des studios Pixar, échouer à la deuxième place du Top 10 films 2015 ; l’histoire de ces 5 émotions gérant la vie de la petite Riley ayant su comme à l’accoutumée avec Pixar, nous émouvoir et nous étreindre comme le ferait une bonne couverture bien chaude. Fort d’un discours psychanalytique sur les tourments juvéniles, Vice-Versa rend hilare autant qu’il émeut et magnifie son tout à l’aide de designs majestueux, de personnages attachants et d’un humour incontournable. Vice-Versa ou comment voir Pixar continuer sa suprématie si ce n’est dictature sur le domaine de l’animation. On pleure encore à la rédaction.

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1. Mad Max : Fury Road

Le trip le plus jouissif de l’année

Des bagnoles fonçant à toute berzingue dans le désert, un justicier de la route en quête d’une juste cause, et une guerrière tournant le dos à un dictateur grimé en sosie palot de Dark Vador, difficile de croire qu’avec ce résumé simplifié, George Miller, auquel on doit la trilogie Mad Max, ait su rallier le monde à son récit post-apocalyptique déjanté et ébranlé jusque dans ses fondations-mêmes le genre du film d’action. C’est pourtant l’effet que la rédaction a ressenti devant ce concentré hard-boiled d’action, de violence et d’essence qui n’a jamais aussi bien porté son titre. Exaltant, titanesque et virtuose, Mad Max : Fury Road est la preuve que la vieille génération (Miller a 70 ans quand même) en a encore sous le capot. Et quand c’est aussi bon, pourquoi faire la fine bouche ? Donnes-en un autre George !

Rédacteur LeMagduCiné