Stargate Atlantis saisons 1 à 5: critique série

Le pilote était enthousiasmant, une toute nouvelle galaxie prometteuse, des ennemis redoutables et effrayants, une cité légendaire à découvrir, une nouvelle équipe. Las, force est de constater que la galaxie s’avère bien pauvre, n’ayant rien d’autre à offrir que des peuples de paysans et les omniprésents Wraith qui constituent la majeure partie d’un scénario plutôt rudimentaire. Il y a bien quelques traces d’inventions des Anciens et de très rares autres formes de vie mais ça ne suffit guère, là où SG1 dévoilait dès le début une plus grande richesse de cultures et de races.

Synopsis : En recherchant la légendaire Cité Perdue d’Atlantis, construite par les créateurs mêmes de la porte des étoiles, l’équipe SG1 avait précédemment découvert un avant-poste caché sous l’Antarctique. Après de plus amples recherches, des données permirent de localiser la légendaire Cité dans une autre galaxie. Une expédition internationale composée des meilleurs éléments fut mise sur pied pour s’aventurer dans l’inconnu le plus total, sans retour garantit. A leur arrivé, une nouvelle galaxie à explorer, mais aussi un terrible ennemi, les Wraith, qui régulièrement récoltent des humains pour se nourrir de leur énergie vitale. L’expédition pourra-t-elle vaincre un adversaire si redoutable qui a autrefois poussé la race la plus avancée à fuir ?

Promesses non tenues

L’équipe s’avère nettement moins accrocheuse, constituée de manière presque artificielle, là ou des épreuves douloureuses avaient crée des liens pour SG1. Voir Mckay, scientifique peu courageux avec une arme à feu, que visiblement il ne maîtrise pas, paraît assez étonnant. Ce personnage arrogant et excentrique largement mis en avant pour le côté comique qu’il apporte crée d’ailleurs un déséquilibre dans l’équipe, au détriment principalement de Teyla, censée incarner la moralité de l’équipe mais trop en retrait. Et que dire du lieutenant Aiden Ford, qui joue plus le rôle de figurant que de membre régulier. Quant au colonel Sheppard, dont on a voulu en faire un homologue du colonnel O’Neill et son célèbre sens de l’humour, ses tirades sont peu subtiles et même parfois assez méprisantes.

En un rien de temps, l’expédition parvient à contrôler la cité, trouve très rapidement des interfaces avec une technologie pourtant bien plus avancée, et les problèmes de survie sont rapidement expédiés. L’isolement est de fait mal développé. C’était sans doute une erreur de se concentrer sur une équipe au lieu de la communauté installée dans la cité, ce qui aurait distinguée la série de sa grande sœur. Enfin, la dimension internationale est très peu exploitée. Bref Stargate Atlantis avait tout d’une copie bien moins réussie que SG1.

Une qualité très aléatoire

La deuxième saison suscita néanmoins un nouvel intérêt, qui permit d’avantage de possibilités scénaristiques avec le rattachement à la Terre, un vaisseau exclusivement destiné à l’expédition, et un nouveau membre avec le personnage de Ronon Dex, qui remplace le lieutenant inutile et offrant ainsi une nouvelle dynamique d’équipe, différente de SG1, avec cette fois deux terriens et deux originaires de Pégase. De nouvelles informations sont dévoilées qui viennent complexifier les Wraith : enfant ils peuvent manger de la nourriture comme les humains, et ils peuvent se montrer plus raffinés qu’on pourrait le croire.

Cette tendance se poursuit en saison 3 : Ronon fait face à son passé de runner, et le colonel Sheppard parvient à nouer une alliance avec un Wraith face à un ennemi commun. Ce représentant ennemi si particulier, baptisé Todd, revint souvent par la suite lorsqu’il s’agissait de combattre une menace commune, un allié pas toujours très fiable pour autant. Malheureusement, ses nombreuses apparitions ultérieures ne furent pas toujours exploitées convenablement.

Cette époque fut le début à des crossover remarqués avec la série sœur, ainsi les Goa’ulds tentent de détruire la Cité (2×14, avec en prime une magnifique chanson de Teyla), et lors d’une visite dans Pégase le colonel (devenu général) O’Neill est pris au piège d’une attaque ennemie (3×10 et 11), tandis que Daniel Jackson découvre un nouvel appareil sur Atlantis, ce qui réveille une ancienne menace et un peuple bien connu (5×10-5×11).

Mais déjà s’observe des défauts qui s’aggraveront : recyclage d’ennemis de SG1 (les réplicateurs/Asurans), comique lourd, incohérences, et une étonnante inégalité dans les épisodes, capable de produire du meilleur comme du pire.

Malheureusement les saisons 4 et 5 connaîtront une vraie chute de qualité, accumulant des incohérences horribles (qui sautent aux yeux même sans être particulièrement attentif), des facilités scénaristiques énormes, et surtout des épisodes vraiment mauvais. Les différences de technologie et la société Wraith deviennent du n’importe quoi, modifiées à volonté par les scénaristes.

Les personnages n’évoluent nullement, toujours le même leader militaire irréprochable, le guerrier invulnérable, le scientifique égocentrique agaçant. Ils restent désespérément lisses et inintéressants. Pire encore, ils ne se remettent peu en question alors que certaines de leurs actions s’avèrent assez immorales, entraînant parfois de graves conséquences. Pourquoi après tout, ils finissent toujours pas vaincre alors tant pis pour les milliers d’humains tués !

La présence du personnage de Carter pour la saison 4 n’améliora pas la situation, son nouveau rôle mal traité à l’instar de ses coéquipiers, pas plus que celui de Woolsey, autre personnage de SG1.

Les scénaristes ont voulu prendre de curieuses tentatives audacieuses en début de saison 4, en tuant deux personnages réguliers, mais en les faisant toutefois revenir plus tard. Hélas, si sa « mort » donna lieu à un bel épisode, le personnage de Beckett, devenu simple récurent, ne brilla guère pour ses futures apparitions une fois ce dernier « ressuscité ». Tandis que frustrée d’avoir été ainsi écartée, l’actrice jouant Elisabeth Weir refusa de réapparaître, obligeant les scénaristes à élaborer des astuces pour incarner le personnage par d’autres actrices (épisodes plutôt bons par ailleurs).

L’annulation de SG1 à cette époque incita les scénaristes à multiplier les épisodes se passant sur Terre, pour le meilleur et souvent pour le pire.

Pourtant au sein de cette espace de médiocrité se trouve quelques îlots d’épisodes de qualités, tel l’épisode où Mckay se retrouve projeté dans le futur (4×20), ou encore quand ils passent d’une dimension parallèle à une autre (5×04). On pourra retenir l’intrigue de Michael, Wraith kidnappé pour subir des expériences visant à le transformer en humain, ce qui aboutit à un hybride d’un nouveau genre, rejeté par les siens comme par les humains. Pour survivre, il concocta un plan pour nuire aux deux espèces, et se constituer une armée d’hybrides comme lui.

Notons qu’à part Todd et Michael, la société Wraith manque cruellement de représentants.

La palme du pire épisode revint probablement au tout dernier. Ronon tué puis ressuscité, Mckay qui arrive à mettre au point une technologie que même les Anciens n’étaient pas parvenus à achever, un épisode rempli d’aberrations, comme pour capitaliser les défauts devenus inhérents à la série. Une fin peu glorieuse pour la série comme pour la franchise…

Conclusion, Atlantis s’avère inférieure en tout point à SG1, pâle copie qui n’aura pas su se démarquer. Si certains épisodes font partie des meilleurs de la franchise et la série offrant de très bons moments, ce qui permet d’éviter une note trop mauvaise, la série aura surtout marqué par la déception engendrée, mêlée d’incompréhension face à une telle dérive qualitative.

Alors oui il y a des batailles spatiales, c’est plus futuriste que la série-mère encore que cet avantage apparaît bien mince comparé aux dernières saisons de SG1- mais cela devrait surtout contenter les amateurs de divertissements légers peu regardants.

Fort heureusement, Stargate Universe relèvera grandement le niveau et fera oublier cette erreur de parcours. Même si elle n’a pas rencontré le succès mérité (mais ceci est une autre critique).

Fiche technique: Stargate Atlantis

Titre original : Stargate Atlantis
Nationalité : américaine, canadienne
Genre : science-fiction
Interprétation : Joe Flanigan, Rachel Luttrell, David Hewlett, Jason Momoa, Torri Higginson, Paul McGillion.
Production : Brad Wright, Robert C. Cooper, Joseph Mallozzi, Paul Mullie
Nombre d’épisodes : 100 ; 5 saisons
Durée : 42 minutes

Générique Stargate Atlantis

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William
Williamhttps://www.lemagducine.fr/
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