Roseanne saison 10 : la critique des deux premiers épisodes

Annoncée en avril 2017, la nouvelle saison de la sitcom Roseanne a débuté le 27 mars 2018 sur l’antenne d’ABC. Retour réussi ? Réponse avec cette critique.

Roseanne, un monument de la télévision

Les années 80 et 90 ont livré certaines des meilleurs séries du petit écran … tous les genres étaient représentés (SF, sitcom, drame, policier) et beaucoup sont devenus cultes. Et c’est toujours avec une certaine appréhension que l’on accueille les annonces de retour, quelle que soit la forme (suite, reboot, remake), des séries qui ont bercé nos jeunes années.

Avec ses quelques 222 épisodes répartis en neuf saisons (diffusés entre le 18 octobre 1988 et le 20 mai 1997 sur l’antenne d’ABC), Roseanne fait partie des piliers de la petite lucarne et, par conséquent, ne fait pas exception à cette règle.
Et si Roseanne Barr parle depuis longtemps d’une suite, il aura fallu attendre 2017, soit vingt ans après la fin de la série originale, pour voir se concrétiser ce projet.

Un double retour

Initialement, une commande de huit épisodes avait été passée par la chaîne ABC en avril 2017.

Finalement le nombre total d’épisodes a été porté à neuf, avec un premier épisode ‘double’.

Ont ainsi été diffusés le 27 mars 2018 les épisodes « Twenty Years To Life » et « Dress To Impress » initialement numérotés 10×01 et 10×03 (un problème de continuité risque de se présenter avec la blessure de Roseanne dans l’épisode #2 mais nous en reparlerons dans la critique de la saison 10).

Entre fan service et renouveau

Avec pas moins de neuf personnages principaux (Roseanne, Dan, Darlene, Becky, DJ, Jackie, Harris, Mark et Mary) au générique de cette saison 10, il y a foule à l’écran !

Et comme il faut bien remettre tout ce petit monde en situation (il y a à présent trois générations à l’écran), chacun doit se manifester (comprenez : se présenter à la fois dans le passé de la série, le cas échéant, et dans son présent).

Ajoutez-y les absent(e)s qu’il faut également présenter pour avoir un portrait complet de la famille, et vous vous retrouvez avec une quinzaine de personnages. Cela fait beaucoup en 21 petites minutes …

Mais c’est le lot de ces suites (comme La Fête à la Maison 20 ans après ou encore The X-Files) qui doivent s’adresser aux fans de la série originale mais également conquérir les téléspectateurs actuels.

Deux épisodes inégaux

Ce qui donne un premier épisode (« Twenty Years To Life ») au rythme très inégal. Si on retrouve les punch lines qui ont fait le succès de la série dès ses débuts, on a vraiment l’impression que chacun(e) attendait de sortir ses lignes de dialogue.

Et puis il y a la politique qui s’invite, comme bien trop souvent dans les séries actuelles (Supergirl en est le pire exemple avec ses discours moralisateurs qui tournent en boucle). Roseanne Barr n’a jamais caché son soutien au locataire actuel de la Maison Blanche, ses tweets vont également dans ce sens et le sujet occupe donc une grande partie du premier épisode. C’est lourd et malheureusement remis sur la table à plusieurs reprises. Mais c’est la preuve que dans la famille Conner comme dans toutes les familles américaines, il peut y avoir divergence d’opinions. Et c’est ce sujet qui explique le froid entre les deux frangines. Un peu plus de créativité quant au sujet n’aurait pas été du luxe après tout ce que la famille a vécu au cours des neuf saisons précédentes.

Par contre, le second épisode (« Dress To Impress ») est bien meilleur et réalise un (quasi) sans faute. Loin des sourires esquissés dans l’épisode #1, celui-ci nous fait vraiment rire (je n’ai pas dit à gorge déployée).

Et pourtant, il n’est pas si facile que ça de par les sujets abordés.

Mention particulière à celles et celui qui sont au centre de cet épisode : Sara Gilbert (alias Darlene), Lecy Goranson (qui retrouve le rôle de Becky qu’elle tenait dans les saisons 1 à 5 puis 8) et Ames McNamara (alias Mark, le fils cadet de Darlene).

Les enfants Conner ont grandi et elles (Darlene et Becky sont ici davantage mises en avant que le cadet DJ) reprennent en quelque sorte le rôle de leurs parents mais en gardant leur propre caractère.

On apprécie.

Au final : on achète !

La saison 10 de Roseanne reste dès le départ fidèle à ce qui a fait son succès : des dialogues acerbes, des sujets de société (en deux épisodes, des sujets aussi variés que la politique, la gestation pour autrui ou encore l’identité sexuelle et le harcèlement scolaire ont déjà été abordés) traités avec justesse.

Roseanne, en tant que série et non comme personnage, représente une bouffée d’air frais dans un paysage télévisuel assez sombre et plutôt super-héroïque. On retrouve une famille que l’on n’a pas l’impression d’avoir quittée il y a déjà 20 ans.

Un retour réussi, bien que (logiquement) perfectible …

« Twenty Years To Life » : 2.5/5

« Dress To Impress » : 4.5/5

Synopsis : Une reprise de la sitcom populaire des années 90 Roseanne, centrée sur la vie quotidienne d’une famille ouvrière américaine.

Roseanne : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=WLWq6L7hs3w

Roseanne : Fiche Technique

Créateur :  Roseanne Barr
Interprétation : Roseanne Barr, John Goodman, Sarah Gilbert, Lecy Goranson, Michael Fishman
Production : Sid Youngers
Sociétés de production : Mohawk Productions et Carsey-Werner Productions
Genre : comédie
Format : 2 x 21 minutes
Chaîne d’origine : ABC
Diffusion aux USA : 27 mars 2018

Episode 10×01 – « Twenty Years To Life »

Réalisation : John Pasquin
Scénario : Bruce Rasmussen
Synopsis : Roseanne et Dan s’habituent à vivre avec Darlene et ses enfants quand cette dernière perd son travail. Becky annonce qu’elle va devenir mère porteuse pour gagner de l’argent. Roseanne et Jackie sont en froid.

Episode 10×02 – « Dress To Impress »

Réalisation : John Pasquin
Scénario : Darlene Hunt
Synopsis : Le fils de Darlene, Mark, se fait prendre avec un couteau de poche après avoir été victime de harcèlement le premier jour dans sa nouvelle école. Pendant ce temps, Becky invite Andrea à rencontrer la famille et est nerveuse de l’amener à la maison.

États-Unis, 2018

Auteur : Grae Leigh

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