Code Momentum, un film de Stephen S. Campanelli

Une série B efficace…

A son arrivée, l’E-cinema nous a été présenté comme un nouveau mode de distribution n’ayant rien à voir avec une sortie directe en vidéo. Il était tout au plus une occasion de découvrir plus facilement des productions dotées d’une vraie légitimité malgré un avenir commercial peu assuré dans l’encombrement des sorties cinéma. Quelques mois plus tard, on commence à y voir un peu plus clair : si les films distribués par TF1 Vidéo bénéficient toujours d’un très bon casting, il ne s’agit pas forcément de leurs productions les plus prestigieuses et on a déjà eu l’occasion de voir Pierce Brosnan, Ewan McGregor, Salma Hayek ou ici Olga Kurylenko dans des films plus riches en argent et en talent.

Ce n’est pas grave. Il existe un vrai plaisir à regarder une bonne série B : un film qui trace son chemin dans les limites de son budget, que l’on regarde en sachant à quoi s’attendre et dont on ressort satisfait. Code Momentum fait partie de ces films et tire un parti intéressant des ressources dont il dispose.

Son premier atout est d’être divertissant, gardant un tempo élevé durant au moins la première heure. Si nous sommes restés volontairement très vagues dans le synopsis et si nous vous déconseillons de regarder la bande-annonce, c’est qu’une bonne partie du plaisir tient aux nombreux rebondissements qui s’y enchaînent. Parti pour être un film de braquage qui tourne mal, le film devient vite un thriller d’autant plus haletant que l’on ne sait pas qui est l’ennemi et ce qu’il cherche. Les scènes d’action musclées se suivent de manière très rapprochées, et si aucune d’entre elles n’est extraordinaire en elle-même, leur accumulation en est fort appréciable.

Son deuxième atout est d’avoir des personnages plutôt badass. Avec ses braqueurs en tenue high-tech, son méchant en costume so-british, et ses sbires aux looks et aux poses travaillées, le film crie constamment au spectateur son désir de coolitude. On pense régulièrement à Mi$e à prix pour cette arrivée constante de nouveaux personnages tous plus frimeurs les uns que les autres mais à l’espérance de vie pas forcément énorme pour autant, à la différence que Code Momentum donne à chacun une vraie bonne scène d’action pour exister.

Son troisième atout enfin est bien sûr Olga Kurylenko. Peu vêtue durant une bonne partie du film, elle joue pourtant un rôle de femme forte capable de se sortir des pires situations, de sauter dans des gaines d’aération, de frapper de l’agent secret, ou de survivre aux poursuites en voiture les plus périlleuses tout en conservant un certain sens de l’éthique. On comprend l’intérêt de l’actrice pour ce rôle : après avoir joué la James Bond Girl, c’est elle qui mène ici l’action dans un rôle bien plus proche de ceux de Milla Jovovich que de celui qu’elle tenait dans le A la merveille de Terrence Malick.

Trois atouts qui, combinés, procurent un vrai plaisir de série B, celui d’un film pas forcément très intelligent, mais rythmé, avec des acteurs qui en font un peu trop mais dont le plaisir est assez communicatif.

… Mais une série B néanmoins

Le charme opère une heure durant. Le film dure malheureusement 90 minutes, et tel le carrosse de Cendrillon voué à redevenir citrouille, la réalité rattrape peu à peu Code Momentum.

Rendant par le nom de code de ses méchants autant hommage à Point Break (pour le côté présidents américains) qu’à Reservoir dogs (pour le côté Mister), le film bascule dans son dernier acte de l’action de l’un à la psychologie et aux dialogues de l’autre. Malheureusement, n’est pas Quentin Tarantino qui veut, et les tirades de James Purefoy se transforment bien vite en cabotinage assez inintéressant. Le rythme ainsi brisé, la fusillade finale aura un goût de trop peu trop tard, le film ayant en plus l’idée assez douteuse de se terminer par une fin ouverte.

Cette mauvaise note finale a le mauvais goût de faire remonter à l’esprit les défauts que l’enthousiasme initial occultait. En cameraman réputé, Stephen S. Campanelli multiplie les plans et les axes de caméras, pour un résultat pas toujours heureux et peu mis en valeur par une image numérique parfois assez laide. Les détails de production typiques d’une série B deviennent plus apparents aussi : la localisation en Afrique du Sud que rien ne justifie à part la nationalité des producteurs, un Morgan Freeman déconnecté de l’action et qui n’a pas dû avoir plus d’un jour de tournage, ou une musique des plus standards.

Le film d’une Olga sûre ?

Deux âmes se partagent le corps d’Olga Kurylenko : l’une recherche les productions Hollywoodiennes prestigieuses, l’autre se contente de séries B comme ce Code Momentum.
Contrairement à un The raid qui transcendait son peu de moyens par une inventivité et une puissance rarement vues, Code Momentum est un film d’action moyen mais sympathique, qui étonne et séduit dans sa première heure avant que le soufflé ne retombe gentiment sur la fin. On reste tout de même sur une bonne impression, et sur l’idée que ce film ferait un parfait complément au premier Hitman dans une de ces soirées thématiques – action dont les chaînes de la TNT ont le secret.

Synopsis : Après un braquage qui ne s’est pas déroulé sans accrocs, Alex (Olga Kurylenko) découvre bien vite que la police n’est pas son ennemi le plus redoutable, et que toute son équipe est menacée.

Code Momentum – Bande annonce :

Code Momentum: Fiche technique

Titre original :Momentum
Date de sortie : 13 novembre 2015 (E-cinema)
Nationalité : Etats-Unis, Afrique du Sud
Réalisation : Stephen S. Campanelli
Scénario : Adam Marcus, Debra Sullivan
Interprétation : Olga Kurylenko, James Purefoy, Colin Moss, Shelley Nicole
Musique : Laurent Eyquem
Photographie : Glen MacPherson
Décors : Thomas Gubb
Montage : Doobie White
Production : Donald A. Barton , Anton Ernst
Sociétés de production : Azari Media, Thaba Media
Sociétés de distribution : TF1 Vidéo
Budget : 20 000 000 €
Genre : Action
Durée : 01h36

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Benjamin S.
Benjamin S.https://www.lemagducine.fr/
Cinéphile et bédéphile, j'ai grandi dans le regret de ne pas avoir vécu l'époque Starfix. J'aime tous les types de films, bons comme très mauvais, mais je ne supporte pas la tiédeur.

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