Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Depuis "Coup de cœur", jamais Francis Ford Coppola n’avait signé un pari aussi audacieux. "Megalopolis" incarne comme son aïeul de 1982 la vision d’un cinéma indépendant – financé par le cinéaste –, déroutant et radical. Une fable baroque à 120 millions de dollars sur l’art et son rapport au temps, où la cité reflète le film qui lui donne vie, malheureusement non exempte de dissonances.
Après le succès de "L’Événement", Audrey Diwan propose un remake raté du film érotique de Just Jaeckin avec une Noémie Merlant en beauté glaciale et monolithique dans l'iconique rôle-titre tenu par Sylvia Kristel en 1974. Ici, l'intime quête féministe du désir éteint d’Emmanuelle se traduit par une masturbation cérébrale qui tourne à vide et laisse un goût d’inachevé. En outre, les badinages bavards, les molles séductions et les rythmes lascifs parasitent la mise en scène à tous les niveaux.
Entre admiration et paranoïa, Ludwig est incompris de ses semblables, aspirant à une vie régie par l'art, en particulier par la musique et le théâtre. Retour sur un film historique inoubliable.
Dans un documentaire captivant sorti au printemps 2024, Ovidie retrace la vie de l’écrivaine étasunienne Valerie Solanas, restée célèbre dans nos imaginaires pour la publication de son texte explosif le "Scum Manifesto" et pour sa tentative d’assassinat de l’artiste d’Andy Warhol en 1968. Mêlant documents d’archive, images de reconstitution, lectures et performances, Ovidie signe un portrait complexe et dense de Solanas de son enfance dans le New Jersey jusqu’à son décès à San Francisco en 1988.
Alexandre Aja nous livre paradoxalement une œuvre faible et inaboutie, la faute à un scénario aussi simple dans son principe que confus dans son déroulement et doté d’une conclusion ambiguë et frustrante qui ne nous a pas convaincu. D’autant plus que "Mother Land" ne fait jamais peur pour un suspense horrifique, que la métaphore qui le sous-tend est lourde au possible et que tout cela se révèle plutôt ennuyant malgré une belle photographie et un joli travail sur l’ambiance.
Grand classique de la filmographie Burtonienne, le nom de 'Beetlejuice' est resté immaculé pendant 36 ans. Pour le plus grand plaisir de ses fans, le cinéaste américain a décidé de prendre un grand risque en déterrant son fantôme le plus loufoque. Alors, réussite ou chaos?
C'est par sa fascination d'un film télé, sorti en 1975, " La poupée de la terreur ", que Tom Holland avoue n'avoir jamais été aussi effrayé. C'est à partir de ce moment qu'on lui a proposé " Jeu d'enfant ", un projet qu'il a pris à bras-le-corps en y ajoutant l'histoire d'un tueur introduit dans l'âme d'une poupée. Par cette imprégnation, le réalisateur a réalisé un long métrage sur la relation intime d'une poupée tueur avec un enfant. Le premier épisode d'une saga à succès, souvent considéré comme le meilleur, le plus suggestif, le plus proche de l'épouvante, pour un résultat technique et filmique qui, avec du recul, devant la difficulté logistique, impose le respect. Une réussite aussi innovante que véritablement terrifiante grâce à l'importance toute particulière accordée aux différents développements psychologiques des personnages.
La Partition ou Sterben, ce qui veut dire "mourir" en allemand, suit les destins parallèles, parfois croisés, des membres d’une famille triste comme un ciel bas sur une plaine brandebourgeoise.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.