Sylvain

J’écris principalement sur le cinéma et les séries télévisées. En quête de l’alchimie des regards, des plans, des scènes, des œuvres.

Megalopolis : cité cinéma

Depuis "Coup de cœur", jamais Francis Ford Coppola n’avait signé un pari aussi audacieux. "Megalopolis" incarne comme son aïeul de 1982 la vision d’un cinéma indépendant – financé par le cinéaste –, déroutant et radical. Une fable baroque à 120 millions de dollars sur l’art et son rapport au temps, où la cité reflète le film qui lui donne vie, malheureusement non exempte de dissonances.

John Wick : le Croquemitaine n’existe pas

Débutée en 2014, la saga « John Wick » s’est progressivement imposée dans le cinéma d’action, séduisant une audience de plus en plus large à chaque nouveau volet. Pourtant, les connaisseurs du genre demeurent sceptiques, et pointent à juste titre des chorégraphies martiales et une mise en scène répétitives. Et si le hiatus entre les gardiens du temple et le grand public reposait sur un malentendu ? En effet, l’intérêt de la saga réside moins dans la façon dont elle renouvelle l’action que dans sa synthèse souterraine du parcours de ses créateurs principaux : le réalisateur Chad Stahelski et Keanu Reeves, l’interprète du héros. Avec, au croisement des deux chemins, une place particulière accordée à la virtualité croissante de notre monde.

La Saison sauvage, de Sarah Anthony : les couleurs du feu

Premier roman de Sarah Anthony, « La Saison sauvage » convoque le réalisme magique dans un étouffant été provençal. À la clé, un récit initiatique autour duquel valsent les sentiments, qu’une réflexion sur la jeunesse et une écriture picturale rythment.

Z Event, le jeu vidéo caritatif

Le Z Event a récolté, lors de son édition 2022, 10 millions d'euros pour la deuxième année consécutive. Décryptage des principes vidéoludiques qui l'ont hissé en tête des évènements caritatifs sur Twitch.

Indochine : l’empire et la reine

En 1992, Régis Wargnier signait avec « Indochine » son œuvre phare. Nourrie des récurrences du cinéaste, la fresque offrait à Catherine Deneuve l’un de ses rôles majeurs.

Un jour sans fin : l’accord parfait

Après sa sortie initiale en 1993, « Un jour sans fin » s'est rapidement installé dans le patrimoine cinématographique et le paysage pop-culturel. Au-delà du concept de boucle temporelle, la comédie d'Harold Ramis doit ce statut à une exceptionnelle richesse thématique.

Vanessa et Lily-Rose, d’un Chanel à l’autre

Avec Vanessa Paradis en 1991 et Lily-Rose Depp en 2016, la maison Chanel sut choisir les visages pour incarner ses parfums « Coco » et « Nº 5 L’Eau ». Retour sur l'origine de ces produits et les films publicitaires mettant en scène les deux égéries.

Le cinéma fusionnel d’Edgar Wright

Cinéaste cinéphile, Edgar Wright façonne depuis « Shaun of the Dead » une filmographie incontournable. Sa clé réside en une vision du monde dont le maître-mot est fusion.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.

Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.