Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Porté par la remarquable performance de Marisa Abela, Back to Black célèbre le talent pur et la résilience d’Amy Winehouse, jeune rebelle anglaise au chignon choucroute dont le cœur brisé, ivre de jazz, chantait à la fois l'amour, le deuil et le spleen des sixties pour trouver le sens de sa trop courte et dramatique existence. Elle qui, comme un frêle canari s’échappant de sa cage, découvrait à peine l’ivresse de la liberté face aux démons de l’éternelle mélancolie.
Avec ses multiples Oscars, sa renommée de plus en plus puissante au fil des années, sa générosité visuelle et créative encore quasiment inégalée aujourd'hui, difficile de surpasser le monstre. Et, sachez une chose, c'est qu'avec "Furiosa", Miller ne veut pas faire mieux, ni même aussi bien. Cette jeune femme, c'est quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre. Il en sera de même pour son film. Alors, dites au revoir à Charlize Theron, accueillez Anya Taylor-Joy et replongez dans cette nouvelle traversée désertique.
Les Trois fantastiques est le premier long métrage de Michaël Dichter. Tourné dans les Ardennes (près de Sedan), magnifique décor que le réalisateur rend vivant, le film se démarque par une urgence permanente car tout touche à sa fin : année scolaire, insouciance, amitié. Les Trois fantastiques est habité par la question de l'abandon, de la perte avec pourtant une rage qui sommeille. Une histoire de liens fraternels et amicaux qui se font et se défont, de cabane dans les arbres aussi, de vie rêvée et de rêves brisés.
"Jacquot de Nantes" est un film hybride. Un film de tendresse et de poésie. Un film documentaire, un film de famille, un film sur la famille. Un film sur l’enfance, sur la guerre, sur la mémoire et, bien sûr, sur le cinéma et sur la manière dont naissent les vocations. C’est enfin et surtout un film qui crée un lien tangible entre l’univers de deux cinéastes immenses du XXe siècle.
En passe de recevoir une palme d’or d’honneur à la clôture de cette 77e édition du Festival de Cannes, George Lucas a longtemps été un référent de la pop culture et de la science-fiction. Retour sur un petit bijou du Nouvel Hollywood, dont le cinéaste californien fait partie des pionniers. Et quoi de mieux que de revenir sur son tout premier long-métrage, qui contient notamment les prémices de sa célèbre saga d’une autre galaxie. "THX 1138" est une dystopie qui chasse le peu d’humanité qui reste dans une société où les désirs et la liberté sont régulés, voire prohibés.
Le mal est à l’œuvre dans "When Evil Lurks" et ce n’est pas pour notre déplaisir. Dans un jeu de possession viscéral et une ambiance anxiogène dans la cambrousse argentine qui rappelle la brutalité observée dans "The Strangers", le film qui a mis la critique et le public sur un pied d’égalité au dernier festival de Gérardmer nous montre enfin ses crocs, toujours aussi aiguisés.
Si votre quotidien est stressant, déprimant et anxiogène, attendez-vous à revivre des situations d'abandon similaires dans "Roqya". Ce thriller a l'audace de confronter les absurdités et les contradictions sur la diffusion d'informations sur les réseaux sociaux, tout en édifiant les droits des femmes au cœur d’une misogynie ambiante. Le personnage de Golshifteh Farahani y est piégée entre une chasse aux sorcières moderne et le besoin de renouer avec son fils, son seul phare dans un monde où la violence peut éclater à tout instant.
Qu’est-ce que le singe peut apprendre de l’Homme et que peut apprendre l’Homme du singe ? Il s’agit d’une boucle de réflexion sans fin pour une franchise qui ne semble pas avoir dit son dernier mot. La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume est le premier volet d’une nouvelle histoire sous la tutelle de Disney. Une initiative qui divertit à peine, à force de rallonger son exposition et à freiner ses envolées dramatiques. Un début de trilogie qui inquiète, mais qui colmate les brèches avec un savoir-faire esthétique, durement acquis et revendiqué sans réserve.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.