Cinéma

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Jeu d’enfant : le cache-cache de l’âme

C'est par sa fascination d'un film télé, sorti en 1975, " La poupée de la terreur ", que Tom Holland avoue n'avoir jamais été aussi effrayé. C'est à partir de ce moment qu'on lui a proposé " Jeu d'enfant ", un projet qu'il a pris à bras-le-corps en y ajoutant l'histoire d'un tueur introduit dans l'âme d'une poupée. Par cette imprégnation, le réalisateur a réalisé un long métrage sur la relation intime d'une poupée tueur avec un enfant. Le premier épisode d'une saga à succès, souvent considéré comme le meilleur, le plus suggestif, le plus proche de l'épouvante, pour un résultat technique et filmique qui, avec du recul, devant la difficulté logistique, impose le respect. Une réussite aussi innovante que véritablement terrifiante grâce à l'importance toute particulière accordée aux différents développements psychologiques des personnages.

La Partition : humour à froid

La Partition ou Sterben, ce qui veut dire "mourir" en allemand, suit les destins parallèles, parfois croisés, des membres d’une famille triste comme un ciel bas sur une plaine brandebourgeoise.

Out : Le travail de la passion, Voyage dans le drag

Dans Out, la jeune réalisatrice Estelle Carbonneau plonge précisément au cœur de la vie de Ely (Elips sur scène), couronnée Miss Sympathie lors de la première saison de DragRace France. Ne vous fiez pas à l’apparence de "bon perdant" que pourrait suggérer son titre, Elips, c’est le haut niveau. Elips, c’est une tenue dont on rêve, cousue en plein défi de l’émission, avec un des matériaux imposés. Elips, ce sont des cagoules, des lunettes, une combinaison militaire. Elips, c’est Brûler le feu.

Kill : la haine et la bête

Depuis sa présentation au festival international du film de Toronto en 2023 et jusqu’à la confirmation de son succès au box-office domestique, "Kill" reste sur les bons rails du divertissement furieux qu'il revendique. Tourné en hindi, ce huis clos dans un train de nuit constitue une belle vitrine sur le cinéma populaire indien et ses codes, qui se veulent interactifs avec le public. De l’hémoglobine à gogo, des monstres malgré eux et une tragédie humaine sont au programme de ce voyage survolté et sans retour.

Le Procès du Chien : la société au banc des accusés

Premier long-métrage de Laetitia Dosch présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2024, "Le Procès du Chien" convoque une comédie burlesque flirtant dangereusement avec les limites du ridicule. Tiré d’un fait réel, le jugement suisse très médiatisé d’un chien qui sert plutôt de prétexte, il dresse le portrait d’une société en crise. Statut de l’animal, domestication de la nature, soumission de la femme, écologie, sécuritarisme et démagogie font ainsi partie des thèmes sur lesquels "Le Procès du Chien" nous invite à réfléchir. Par sa pluralité de sujets un peu étouffés, son ton humoristique, parfois absurde, et ses personnages caricaturaux, le film ne convainc pas totalement mais offre un bon poil d’inventivité.

Alienoid : l’affrontement – turbulences vers le futur

Injustement boudé par une sortie en salle, "Alienoid : Les protecteurs du futur" a essentiellement trouvé son public sur le marché de la vidéo physique et à la demande. L’audacieux voyage dans le temps qui navigue entre le film d’époque, stylisé wu xia pian, et un futur envahi par des aliens de type body snatchers a cependant suscité de l’intérêt pour les nombreux spectateurs qui l’ont découvert pendant une diffusion limitée par la suite, le temps d’un week-end. Conçu comme un diptyque, les bonnes ondes qui se sont dégagées du premier volet ont propulsé sa conclusion sur grand écran, ce qui n’est pas pour notre déplaisir. Il manque toutefois à cet "Alienoid : l’affrontement" toute la fraîcheur et l’aura épique du premier chapitre, tout aussi inégal et maladroit dans sa narration, dont la générosité n’était pas à remettre en question.

Paradise is burning de Mika Gustafson : une sororité mélancolique et lumineuse

Paradise is burning : Aidé de l’acteur Alexander Öhrstrand à l’écriture, la cinéaste peint sans misérabilisme le coming of age de trois sœurs laissées à l’abandon .

Tatami : emprise de conscience

Né d’une collaboration inédite et historique entre l’israélien Guy Nattiv (Skin, Golda) et l’iranienne Zar Amir Ebrahimi (Les Nuits de Mashhad), "Tatami" est un brillant drame qui confronte deux générations de femmes à un état totalitaire faisant obstacle à leur soif de victoire et leur désir de liberté. Sur fond d’un championnat du monde de judo en huis clos, nous suivons une athlète et son coach, en proie à un dilemme qui vont les opposer, mais également les rassembler.

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