Critiques films

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Chime, de Kiyoshi Kurosawa : résonance du mal

Chime est un moyen-métrage qui voit l’auteur de Cure (1997) revenir à l’angoisse psychologique et ambiguë, après une dizaine d’années d’exploration d’autres genres. On y retrouve l’inquiétante étrangeté – quoiqu’un brin frustrante, format oblige – qui fait le sel de son cinéma.

Le Rêve dans le Pavillon rouge (2024) de Hu Mei : un monument de la littérature chinoise au cinéma

La nouvelle adaptation cinématographique du roman fleuve de Cao Xueqin, monument de la littérature chinoise du XVIIIème siècle, Le Rêve dans le pavillon rouge (2024), de Hu Mei, révèle aux spectateurs français ce que serait l’équivalent d’un cinéma hollywoodien venu de Chine.

Chime de Kiyoshi Kurosawa : Sound Killer

Tout commence par un carillon. À peine audible, mais déjà trop net. Dans Chime, Kurosawa ne filme pas l’horreur : il l’infiltre. Un plan fixe, une injonction absurde (« coupe plus droit »), un silence qui devient entaille. L’étrangeté ne surgit pas, elle s’installe. Elle use le réel, l’évide, jusqu’à ce qu’il devienne inquiétant par saturation de normalité.

La Venue de l’avenir : Un puissant héritage collectif

Dans son 15ᵉ long-métrage, Cédric Klapisch nous offre une fresque ambitieuse qui traverse 150 ans d’histoire française, principalement située à Paris. À travers une succession complexe de temporalités, le réalisateur entrelace les destins de quatre héritiers contemporains avec celui d’Adèle, une jeune femme du XIXᵉ siècle en quête de ses origines. Entre peinture et photographie, secrets familiaux et bouleversements sociétaux, ce récit choral explore la transmission, l’évolution de l’art et les liens intergénérationnels dans une mise en scène fluide et immersive. Un voyage cinématographique captivant qui souligne combien comprendre son passé est essentiel pour mieux affronter l’avenir.

Jeunes mères : Veuves-Mères

Avec Jeunes Mères les frères Dardenne -dignes héritiers belges du cinéma naturaliste et engagé de Ken Loach - poursuivent une œuvre sensible, éprise de mesure, presque trop bien écrite dénonçant les déterminismes sociaux au risque d'oublier le choc des déséquilibres et la folie du spontané.

Another End : quand mourir peut toujours attendre

Dans "Another End" de Piero Messina, le deuil et la mémoire sont explorés dans un futur où des implants mémoriels aident à surmonter la perte. Avec un casting captivant, notamment Renate Reinsve et Gael García Bernal, le film questionne les frontières entre vie et mort, tout en mettant en lumière les limites de la technologie et les dérives du déni. Une réflexion poignante sur l’amour, la mémoire et l’artificialité des relations humaines.

Libertate : un bain de terreur

Avec "Libertate", Tudor Giurgiu replonge dans un épisode oublié de la révolution roumaine. Un film coup de poing, entre tension brute, mémoire collective et chaos historique. Fort, imparfait parfois, mais essentiel.

Hurry Up Tomorrow : de l’esbroufe tape à l’œil au ridicule

Si on a envie d’y croire au début, le soufflé retombe vite et, plus il avance, plus ce film à la gloire (ou pas) du chanteur The Weeknd (Abel Tesfaye de son vrai nom) se révèle aussi creux que vain et prétentieux.

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« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

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