"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Avec Peacock, Bernhard Wenger donne à voir le parcours résilient d'un individu qui avait perdu tout contact avec son intériorité. Sur un mode ironique...
Avec "28 ans plus tard", Danny Boyle signe un film de zombies audacieux et viscéral, entre mise en scène inventive, paysages saisissants et tension constante. Une suite tardive mais inspirée, qui redéfinit le genre avec panache.
Le film s’enlise dans une démonstration didactique, où chaque scène, trop lisse, semble plaider la cause de l’autisme plutôt que d’en incarner la vitalité désordonnée. On y cherche en vain la friction du réel, noyée sous les bonnes intentions.
Avec "Elio", Pixar signe une aventure spatiale aussi audacieuse que fragile. Entre visuels éblouissants et émotion en demi-teinte, le film explore la solitude, le deuil et le besoin de connexion. Malgré ses imperfections, "Elio" reste une œuvre sincère portée par une nouvelle génération de talents Pixar.
"Life of Chuck", adaptation sensible d'une nouvelle de Stephen King par Mike Flanagan, est un conte métaphysique bouleversant qui émerveille par sa poésie, sa mise en scène et son humanité.
Raphaël Quenard, c'est l'acteur-foudre qui électrise l'écran entre génie et autodérision, entre fureur sacrée et clowneries de comptoir. Dans "I Love Peru", lui et Hugo David jouent à cache-cache avec la vérité, transformant leur amitié en un spectacle déjanté où l'intime devient performance. Du trou de balle flouté aux tirades lyriques, tout n'est que traquenard et c'est jubilatoire.
Fidèle à ses habitudes, Kiyoshi Kurosawa trompe les attentes et s’affranchit des règles de genre, en tentant avec Cloud un grand écart entre thriller psychologique et comédie d’action, le tout teinté de mystère et de critique sociale. Pari à moitié tenu : si le film tisse une toile d’intrigue et de menace dans sa première moitié, le basculement narratif est ensuite mal maîtrisé.
Adapté du roman de Luc Blanvillain, le cinquième long-métrage de Fabienne Godet explore avec finesse et sensibilité la rencontre improbable entre un écrivain en quête de solitude et un imitateur en difficulté. À travers un jeu d’identité orchestré par une sonnerie emblématique, le film mêle quiproquos savoureux et révélations profondes, célébrant la beauté intérieure et la transformation des êtres au gré des rencontres. Une comédie subtile et lumineuse portée par Denis Podalydès et Salif Cissé, sous la direction délicate de Fabienne Godet.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.